Le Sahel

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Dossier

Dossier1 DSC8160A quelques heures du début du mois béni de Ramadan, les prix des céréales tels que le mil, le maïs, le sorgho et le haricot connaissent une hausse. Cette flambée des prix de ces céréales inquiète plus d'un consommateur au regard leur ancrage dans les habitudes alimentaires des populations nigériennes. En effet, au marché de Katako qui est l'épicentre en matière de vente des céréales, les camions gros porteurs accèdent aux points de décharge après plusieurs manœuvres. Quant aux piétons, ils sont obligés de faire des acrobaties pour accéder au marché.
A l'intérieur du marché, d'autres camions sont stationnés à côté des magasins. Les dockers se bousculent en s'invectivant souvent. Chacun veut intégrer le groupe chargé d'accomplir ce travail qui consiste à décharger le camion et stocker les céréales dans les magasins prévus à cet effet. Nombre des magasins sont déjà remplis de diverses céréales Cette disponibilité renseigne déjà le visiteur ou le consommateur sur le niveau des préparatifs du mois béni de Ramadan du côté des commerçants.
Mais concrètement, où est-ce que les commerçants s'approvisionnent en céréales ? Sont-elles de bonne qualité ? Comment le circuit de vente est-il organisé ? Les prix des céréales sont-ils abordables ? Selon le président du syndicat des céréales, M. Abdou Hassane, il n'est un secret pour personne que le marché de Katako est une référence en matière de vente des céréales. C'est la raison pour laquelle, en tant que commerçants, '' nous nous efforçons d'aller partout où on peut importer ces céréales pour les mettre à la disposition de nos populations. Avec les problèmes de notre grand voisin le Nigeria ou avec le Bénin dans une certaine mesure, les produits céréaliers sont importés à partir des pays comme le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire et le Mali.
Mais, l'épineux problème des importateurs de ces produits réside dans le transport. Notre pays étant enclavé, le coût de transport reste et demeure un facteur explicatif de la cherté des produits à forte consommation pendant le mois béni de Ramadan. Le problème fondamental que vivent les importateurs des céréales est dû au fait que les camions ne sont pas disponibles à temps. A cela s'ajoutent les tracasseries routières, a expliqué M. Abdou Hassane. S'agissant de la disponibilité des céréales pour permettre aux populations de jeûner, le président du syndicat des céréales nous a rassuré que des dispositions sont prises par l'ensemble des commerçants pour faciliter l'approvisionnement de la capitale à temps. La preuve, c'est que les céréales sont stockées dans les différents magasins que nous avons visités sans compter les sacs de mil, maïs et sorgho exposés à la devanture des boutiques. Par rapport, à la qualité des céréales, M. Abdou Hassane a relevé que le mil importé ne peut être de la même qualité que celui du Niger. '' Nous sommes obligés d'importer les céréales à partir du moment où la campagne agricole 2016-2017 n'a pas répondu aux attentes des populations. 90 % des céréales sur les marchés nigériens sont importés des pays précités.
En ce qui concerne les prix du mil, maïs, sorgho et haricot, il y a lieu de retenir que, chez les grossistes, la tonne du mil se vend à 250.000F soit 25.000F le sac de 100Kg ; la tonne du maïs à 190.000F, soit 19.000F le sac de 100 Kg ; le sac de 100 kg du sorgho à 22.000F, soit 220.000F la tonne et le sac de 100 kg de haricot à 37.000F soit 370.000F la tonne.
Si chez les grossistes, les prix des céréales sont abordables, le mot spéculation est sur toutes les lèvres des détaillants. Certains d'entre eux vont jusqu'à chercher une marge bénéficiaire de 2000F voire 3000F sur chaque sac de 100 kg de mil ou de maïs. C'est l'exemple d'un détaillant que nous avons rencontré lors de la visite du ministre du Commerce en date du 12 mai 2017 au niveau du marché de céréales de Katako. A la question de savoir combien coûte un sac de mil, ce vendeur détaillant répond nonchalamment. '' Je vends le sac de mil à 28.000F'', soit une marge bénéficiaire de 3000F. Mais M. Sanoussi, un vendeur détaillant du marché de céréales de la rive droite, joint par téléphone, ne s'inscrit pas dans cette logique visant à rendre la vie impossible aux consommateurs : '' nous revendons le sac de 100 kg du mil à 26.000F ; le maïs à 19.500F, soit un bénéfice de 1000F sur le sac de mil et 500F sur celui du maïs''.
Du côté du gouvernement, le ministre en charge du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé, M. Sadou Seydou, avait déjà anticipé sur d'éventuelles intentions de certains commerçants qui profitent du mois béni de Ramadan pour augmenter les prix des produits de première nécessité en entreprenant les 12 et 18 mai 2017 une série de visites dans les marchés de céréales, les unités industrielles et au niveau des établissements d'import-export de la capitale. L'objectif principal de ces visites était justement de s'assurer que les produits à forte consommation pendant le carême sont disponibles ; s'informer des prix d'une part et demander aux commerçants de consentir un minimum de sacrifice en baissant légèrement les prix des produits ou à défaut les stabiliser pour permettre aux citoyens de jeûner tranquillement.
Toutes ces visites ont été sanctionnées par une rencontre entre le ministre du Commerce et les opérateurs économiques. A l'issue de cette rencontre, des engagements ont été pris par les commerçants notamment au niveau des prix de certains produits spécifiques.
Par Hassane Daouda (ONEP)
26/05/17

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AG/ONU

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