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Dossier



ecoadoungou si vous pensez canne à sucre un nom vient automatiquement en tête : alhadj
Maman fari. a 65 ans, ce maraicher et planteur est le roi de la canne à sucre dans la vallée de doungou où, pendant plus de 30 ans il a courbé l'échine et travailler dur pour gagner ses galons. c'est un homme patient, courtois et affable disent de lui les villageois et les intermédiaires de vente de la canne à sucre de doungou. « il n'a jamais eu la grosse tête malgré le statut qu'il a acquis et la fortune qu'il a accumulée dans la production et le commerce de la canne à sucre »,
nous confie un agent de la Maison du paysan. la canne à sucre, nous explique alhadji
Maman fari, est une plante difficile à travailler. « J'ai grandi aux cotés de mon père alhadj ousman abdou qui fait partie des pionniers dans la culture de la canne à sucre dans la vallée de doungou. Nous avons commencé au bas fond de mon village natal, Wawou, à 2 km de doungou. il faut beaucoup de rigueur et de patience pour produire la canne à sucre. elle demande environ huit mois d'entretien avant d'être à maturité. Plus difficile c'est sa récolte qui demande la mobilisation d'une grande main d'oeuvre.
Mais à terme, c'est une plante à haute valeur marchande. elle s'exporte, elle se conserve longtemps après sa récolte et la canne de bouche que nous produisons est prisée à tout âge comme produit de saison ».
Pour être rentable, la canne à sucre exige de son planteur plus qu'un simple lopin de terre, mais beaucoup d'hectares. elle se plante en fin de saison froide et se récolte dès l'installation de la nouvelle saison froide. c'est une plante tropicale qui demande beaucoup d'eau et de soleil. a cause de ce harassant travail de la canne à sucre, beaucoup de ceux qui n'ont pas les reins solides l'ont quittée au profit des spéculations moins exigeantes comme la laitue, la courge ou la tomate. alhadj
Maman est de ceux qui pensent que la victoire ne s'obtient pas par les plus forts mais par ceux qui n'abandonnent jamais. il a tenu le coup et tous les chocs bon an, mal an. il lui arrivait même de s'endetter pour racheterdes champs de canne de
ceux qui, tentés par une aventureailleurs, vendent leurs terres. Plus souvent des planteurs à bout de souffle vendent la récolte sur pied. sollicité, alhadj Maman est toujourspartant pour toute acquisition qui se présente. outre ses propres cinq champs de canne à sucre il a acquis plusieurs autres. sa persévérance a été payante. il règne aujourd'hui
sur un vaste domaine de plusieurs hectares. face aux demandes de plus en plus croissantes en canne à sucre vers des grands marchés comme tessaoua, Maradi, Madaoua,
Konni, niamey, agadez et arlit, le cours de la canne à sucre a, depuis une dizaine d'années, repris du poil de la bête. aujourd'hui il est à la fois producteur et négociant de canne à sucre.
Une stratégie qui lui a permis de garder un pied dans les plantations et l'autre sur les stands de vente. Le marché est aujourd'hui si porteur
que de la plateforme paysanne de doungou des dizaines de véhicules de 10 à 60 tonnes quittent chaque semaine à destination des marchés d'agadez, arlit, Konni et niamey. Selon alhadj amadou adamou, un autre poids lourd dans le commerce de la canne à sucre, le marché était si saturé qu'il leur a fallu trouver une solution pour le réguler. a partir de la plateforme de doungou, le nombre de camions chargés
pour l'exportation a été ramené de 40 à 10 par semaine. Mieux les négociants,
qui sont pour la plupart aussi producteurs, ont organisé des représentations au niveau des marchés de destination. si par exemple un camion de 60 tonnes débarque
la marchandise à agadez, le deuxième qui suit ne peut vendre sa cargaison tant que celle de son prédécesseur n'est pas épuisée. Une stratégie qui permet de maintenir un prix rémunérateur toute la saison de vente. « le seul marché qui nous fatigue, explique elhadj amadou, est celui de tessaoua où 40 camions peuvent déverser leur cargaison par semaine.
Mais comme c'est un immense marché pour la canne produite à doungou les prix sont moins rémunérateurs mais le marché absorbe toute la cargaison en un laps de
temps ». en fait tessaoua est pour les producteurs de doungou un hub où les différents grossistes acheteurs de canne à sucre venus des départements de Gazaoua, aguie,
Mayahi, sud dakoro et sud tanout se retrouvent. le Marché de niamey
est aussi porteur pour la canne de doungou, mais il est ravitallé exprès avec beaucoup de retard pour éviter la saturation avec la canne à sucre d'un autre pôle de production qu'est dioudou et doutchi.
Une telle organisation du commerce de la canne à sucre a permis aux
grands producteurs comme alhadj Maman fari d'être également négociants
pour exporter la canne hors du département de Kantché. il peut faire jusqu'à 4 à 5 millions de chiffre d'affaires annuel uniquement en canne à sucre. tandis que les autres cultures comme la courge lui procurent presque autant annuellement. il investit également en saison pluvieuse pour la production du mil sur ses champs dunaires. « Bref,
dit-il, la terre est généreuse, dans cette vallée de doungou tant que tu
peux courber l'échine tu t'en sortiras
».au fait, que fait alhadj Maman fariavec tous ces revenus ? il est mariéà 4 femmes et père de 32 enfants.
Une charge même en milieu rural.Malgré tout il doit encore lui resterde l'argent à dépenser. Un villageois nous chuchote qu'il est propriétaire d'environ 400 têtes de gros ruminants.
Un autre investissement occupant pour cet homme qui ne se repose décidément pas toute
l'année.
Mahaman Bako, envoyé spécial

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AG/ONU

Editorial

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

lundi 17 décembre 2018

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !
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