Le Sahel

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Société


utiLa région de Tillabéry connait ces dernières années, une recrudescence de l'insécurité, avec des attaques terroristes, obligeant les autorités nigériennes à déclarer l'état d'urgence dans cinq (5) départements sur les treize (13) que compte la région qui partage plusieurs kilomètres de frontières avec le Mali voisin,. C'est dans ce contexte que l'Université de Tillabéry en étroite collaboration avec les autorités régionales et l'Institut de Recherche en Sciences Sociales a décidé d'apporter sa contribution en organisant samedi dernier dans la salle de conférence du Gouvernorat de Tillabéry, une journée de réflexion autour d'une thématique répondant à la préoccupation de l'heure. Le thème est ainsi libellé : « Conflits armés transfrontaliers et enjeux sécuritaires : Quelles solutions pour une paix durable ». La réflexion a été conduite par Dr Moussa Zangaou, socio-anthropologue à l'IRSH et spécialiste des questions de conflits armés et tensions intercommunautaires sous l'œil d'un modérateur en la personne de Docteur Moulaye Hassane, Islamologue à l'IRSH et membre du Comite Scientifique du Centre National d'Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS).
Au regard de la thématique qui est au centre de cette journée de réflexion, plusieurs personnalités ont fait le déplacement de Tillabéry. Outre le Gouverneur de la région Tillabéry, M. Tidjani Ibrahim Katchala, qui a présidé l'ouverture de la rencontre, on notait la présence du médiateur de la République, du président de la Commission Nationale pour la Collecte et le Contrôle des Armes Illicites (CNCCAI) ; des députés nationaux ; des responsables locaux et coutumiers ainsi qu'un parterre de sommités du monde universitaire de notre pays. Dans leurs mots de bienvenue, le maire de la Commune Urbaine de Tillabéry M. Morou Kaboye et le gouverneur de la région se sont réjouis du choix de la capitale du fleuve pour abriter les assises de la conférence débat. Ils ont reconnu que la région de Tillabéry est en guerre et qu'il faut faire ce combat aussi bien sur le terrain qu'a travers des réflexions afin de parvenir à une paix durable. Par ailleurs, ils ont relevé que la question sécuritaire transfrontalière, figure en bonne place dans le programme de Renaissance du Président de la République. Pour le Recteur de l'Université de Tillabéry Pr. Boureima Alpha Gado, cette jeune université a un ancrage de spécificité régionale. «Nos Universités ne doivent plus fonctionner comme avant avec comme préoccupation majeure l'enseignement et la recherche. Il faut repenser nos méthodes en
donnant une dimension de recherche action à vos Universités. Ces dernières doivent être soucieuses des préoccupations du moment pour apporter des contributions substantielles aux besoins des populations», a souligné Pr. Boureima Alpha Gado.
Quant au conférencier Dr. Moussa Zangaou, il a dans son exposé montré que les questions de paix et de sécurité constituent un enjeu majeur pour notre pays. La paix est une condition sine qua non pour le développement économique et social des différentes régions du Niger et des pays de la sous-région. « Aucun pays pris isolement ne peut vaincre l'insécurité dans la sous-région. En effet, depuis la chute du régime de Khadafi en Lybie, la bande sahélienne est devenue l'une des plus grandes zones de déstabilisation du monde. Le Niger qui est déjà affectée par plusieurs facteurs d'insécurité se trouve sur le qui-vive. Cette insécurité constitue un grand fardeau sur nos Etats ou tout est prioritaire. Toute la sous-région est fragilisée par des milices ou de conflits armés, du banditisme et de rebellions. Face à cette insécurité permanente, des appels à la paix ne suffissent pas. Il faut agir et de façon rigoureuse pour enrayer le mal à la racine », a déclaré Dr. Moussa Zangaou. Le conférencier devait ensuite s'appuyer sur des exemples concrets tels que les violences extrêmes qui ont été observées au Mali avec l'occupation de Gao et l'enlèvement des jeunes lycéennes de Tchibok au Nigeria pour montrer véritablement le caractère régional de la guerre et la conquête de l'espace sahélien. Selon le conférencier, l'ambition des groupes terroristes est de conquérir une zone sans administration, une sorte de poudrière où le trafic de stupéfiants, de la cigarette et la vente d'armes sera facile. S'agissant du trafic, Dr. Moussa Zangaou précise qu'il a commencé depuis les années 1995. Parlant du terrorisme, le conférencier a noté qu'il est l'arme de la ruse et de la traitrise. C'est un fantôme sans visage d'une odeur puante et d'une saveur infecte. Il est sans couleur très dangereux parce qu'il a l'exclusivité de l'initiative.
Le contenu de la conférence a suscité chez les participants un débat au point où la liste des intervenants n'a pas pu être épuisée. Les interventions des participants sont pour l'essentiel des contributions, des remarques et des recommandations pour une sortie de crise.
Hassane Daouda, envoyé spécial(onep)
03/07/17

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AG/ONU

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