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Société


enfants-population-niger-demographie-unicefLe Niger est au début de sa transition démographique. Selon un rapport du FMI publié le 21 juillet dernier, l'accélération et la gestion de la transition démographique au Niger par la promotion d'un environnement propice à une croissance forte et durable sont essentielles pour tirer parti du dividende démographique, mais aussi pour atteindre les objectifs macroéconomiques essentiels d'un programme de financement appuyé par la Facilité élargie de crédit. Le rapport précise que la forte croissance de la population et une diminution significative du taux de mortalité sont des tendances démographiques qui vont permettre à la « fenêtre» du dividende démographique de s'ouvrir au Niger. « Mais très lentement, après 2020, pour se maintenir éventuellement au-delà de 2100 ». Aussi, pour saisir au mieux cette opportunité, le rapport recommande notamment de maintenir la stabilité macroéconomique pour jeter les bases d'un environnement propice au développement du secteur privé ; de mettre en place des politiques publiques permettant de maintenir le cap vers le dividende démographique, d'investir dans l'éducation, les services de santé, et de construire des infrastructures destinées à accompagner le développement du secteur privé.
Le rapport a en outre expliqué que le dividende démographique est en général abordé dans deux cadres. D'abord, « les changements dans la structure par âge de la population suite à la baisse du taux de fécondité et du taux de mortalité infantile, pourrait se traduire par une fenêtre d'opportunité pour une croissance rapide du revenu par habitant et une réduction de la pauvreté ». Ensuite, « en l'absence de fortes politiques gouvernementales pour accompagner la génération des plus âgés et d'un transfert intergénérationnel du revenu, la population active confrontée à une période de retraite plus longue est incitée à épargner des actifs. De tels actifs peuvent permettre d'augmenter le revenu par habitant et stimuler la performance économique, entraînant un développement durable ».
Selon le rapport, le Niger se retrouve dans le premier cadre et son actif économique le plus important pourrait bientôt être sa population. En effet explique le document du FMI, « à mesure de son évolution démographique, le pays pourrait bénéficier d'une solide croissance, si les politiques sont conçues pour exploiter ce potentiel (Thakoor et Wakeman-Lin, Finance & Développement, mars 2016). Ce d'autant plus que selon la même source, le Niger connaît une forte croissance démographique. «Il pourrait devenir dans un avenir proche le pays le plus peuplé de l'UEMOA ».

Baisse du taux de mortalité

Aussi, le rapport annonce que le Niger est sur le point de franchir la première étape de sa transition démographique, comme en témoigne la baisse rapide du taux de mortalité enregistrée récemment. « Jusqu'en 1985, à la différence de la tendance observée dans d'autres régions du monde, notamment en Afrique Subsaharienne (AfSS), le taux de mortalité des moins de 5 ans au Niger s'est stabilisé à un niveau très élevé de 319 décès pour 1.000 enfants. Toutefois, depuis 1985, le taux de mortalité a fortement baissé pour se situer à environ 87 décès pour 1.000 enfants en 2015, rattrapant ainsi les taux moyens de mortalité de l'UEMOA et de l'AfSS », ajoute le rapport. Ce recul du taux de mortalité peut s'expliquer selon la même source par l'amélioration des niveaux de vie, notamment un meilleur accès à l'eau potable, aux réseaux d'assainissement, et une meilleure qualité de l'alimentation, de l'accès accru aux soins de santé, une plus forte sensibilisation aux vaccins, les programmes de compléments nutritionnels pour enfants, et un meilleur accès au traitement des maladies courantes (comme le paludisme). « En revanche, la deuxième étape de la transition démographique ne s'est pas encore concrétisée », en raison du taux de fécondité important qu'enregistre le pays.
Le rapport relève également que l'immigration est relativement faible au Niger, qui constitue pourtant l'une des voies d'accès vers l'Europe par la Libye. « Ces mouvements transfrontaliers constituent, au même titre que les naissances et les décès, un autre mode de concrétisation de la transition démographique, du fait de leur impact sur la taille et la structure de la population », ajoute le document. Citant l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), il indique que « seuls 1,8 % de Nigériens vivaient à l'étranger en 2015, la majorité d'entre eux se trouvant au Bénin, au Togo, et au Nigéria. Ceux qui émigrent en Amérique du Nord et en Europe sont essentiellement des étudiants qui ont décidé de rester dans leurs pays d'accueil une fois leurs études terminées ». Le ratio de migrations nettes est de -0,3 émigrant pour 1.000 personnes, ce qui selon le rapport est très faible par rapport à d'autres pays similaires, tels que le Mali dont le taux est de -2,1 émigrants pour 1.000 personnes.
Dans le domaine de l'urbanisation, avec une population urbaine qui augmente de 5,4 % par an en 2015, en raison essentiellement de l'exode rural et/ou de l'expansion de zones rurales en villes, le rythme d'urbanisation reste inférieur à celui de pays comparables.

Des opportunités et des défis

Quant à la structure des âges, elle révèle un moindre niveau de transformation et devrait rester pyramidale et dominée par les jeunes au-delà de 2050. Le pourcentage de la population en âge de travailler (PPAT) serait tout juste supérieur à 50 % en 2050 indique le document. Le PPAT au Niger devrait augmenter pour passer de 47 % en 2015 à 53,5 % en 2050, soit 10 points de pourcentage en-dessous des niveaux moyens prévus dans les régions d'Asie du Sud-Est et d'Amérique latine et Caraïbes. D'ici 2050, la population âgée de 15 à 24 ans aura atteint 20 % de la population totale, indique le rapport du FMI qui précise que l'augmentation du nombre des jeunes nécessite davantage d'investissements.
En somme, selon le rapport du FMI, l'évolution démographique du Niger présente des opportunités à long terme, mais d'importants défis devront être relevés avant de pouvoir tirer parti du dividende démographique.
Ainsi, pour le rapport, le Niger « doit notamment renforcer sa résilience pour être moins sensible aux chocs exogènes, mettre en place des politiques qui assurent la création d'emplois pour la jeunesse de plus en plus nombreuse et une éducation de meilleure qualité, et accroître une main-d'œuvre mieux formée qui pourrait être plus inclusive avec une plus forte représentation des femmes ».

Plus précisément, le rapport indique que le Niger devra mettre en œuvre plusieurs politiques suivantes afin de tirer parti au maximum de sa transition démographique. Il s'agit notamment de mettre en place des politiques pour accélérer la transition démographique ; promouvoir la stabilité macroéconomique afin de jeter les bases d'une croissance forte, durable, et inclusive ; investir dans le capital humain afin de renforcer la productivité de la main-d'œuvre ; réaliser une solide transformation structurelle de l'économie et de la société et créer des emplois en encourageant la contribution du secteur privé ; profiter de l'intégration régionale pour accéder à un marché plus vaste et développer les possibilités d'échanges commerciaux ; et enfin de développer le secteur financier en mettant en œuvre les plans récemment adoptés.

Par Fatouma Idé(onep)
28/07/17

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