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Invit 3402Monsieur le Directeur Général, lors du Conseil des ministres du 10 juillet dernier, le Haut-commissariat aux NTICs a été érigé en Agence Nationale pour la Société de l'Information (ANSI). Pouvez-vous nous donner les raisons de cette réorientation dans le domaine des NTICs au Niger?
Les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) jouent un rôle de plus en plus important dans la vie socio-économique, et particulièrement dans ceux en voie de développement comme le Niger. De plus, ils s'avèrent être un outil transversal qui touche toutes les couches de notre société. L'analyse profonde des défis de développement auxquels notre pays fait face, révèle que les TIC sont une composante incontournable dans l'atteinte de nos objectifs de développement durable.
Au vu de tous ces éléments, le Président de la République a estimé que le Niger devrait être résolument engage dans la révolution numérique, qui nous touche de plein fouet. Le Chef de l'état voudrait que nous nous servions de cette révolution pour moderniser notre économie, renforcer notre croissance, renfoncer notre sécurité, améliorer la gouvernance, et renforcer les programmes et secteurs prioritaires tels que les 3N, la Santé, l'Education et l'entrepreunariat des jeunes.
Il s'est naturellement avéré qu'une structure comme l'ANSI serait mieux habilitée que le Haut Commissariat a mener cette mission. De plus, vue son importance capitale, le Président de la République a tenu a personnellement suivre l'évolution de ce vaste chantier stratégique pour notre pays et sa population, surtout la jeunesse et le monde rural.

Mais concrètement, quels sont les résultats enregistrés par le Haut-commissaire aux NTICs ? Est-ce à dire que ces résultats n'ont pas répondu aux attentes ?
Beaucoup d'efforts et de ressources ont été déployés dans le secteur des TICs en général. Malheureusement, nous devons constater que les résultats n'ont pas été a la hauteur des attentes. Il est triste de constater que le Niger se retrouve a la dernière place de l'indice de développement des télécoms. Bien sur la faute n'incombe pas totalement au Haut Commissariat. Un manque de vision commune et de coordination des efforts et, l'inexistence d'un écosystème réel a pour beaucoup plombe les efforts entrepris dans ce secteur. On peut constater par exemple que malheureusement les efforts d'automatisation de l'administration Nigérienne ne sont toujours pas coordonner. Plusieurs entités définissent et exécutent elles mêmes leur stratégie et plan TIC. Ceci est non seulement très couteux pour notre pays, mais surtout très dangereux, car non sécurisé. Nous n'avons même pas par exemple une messagerie gouvernementale; de plus nous constatons que des cadres supérieurs de notre administration utilisent des adresses email privées, faute d'option. L'épisode du scandale autour de la messagerie de Hilary Clinton, sénatrice américaine et ex candidate aux élections présidentielles a fait le tour du monde et a révèlé la nécessité de messagerie gouvernementale.

Quels sont, Monsieur le Directeur Général, les objectifs précis assignés à l'Agence Nationale pour la Société de l'Information ? Et quelles en sont les priorités dégagées ?
l'ANSI a pour mission de conduire la transformation de la société nigérienne en une société digitale/numérique, afin d'accélérer notre marche vers l'atteinte de nos objectifs de développement durable. De façon spécifique il s'agira de mettre en œuvre le plan stratégique Niger2.0, socle de l'aménagement numérique de notre territoire, et de gérer le fonds d'accès universel, qui contribuera à désenclaver numériquement nos villages. L'exécution de ce plan se fera autour de 4 axes:

la numérisation de l'administration à travers la mise en place du e-gouvernement (intranet et extranet gouvernemental), qui rendrait notre administration plus efficiente et qui lui permettrait d'offrir un service de meilleur qualité aux populations ;
Le déploiement des "Villages Intelligents" qui consiste à désenclaver numériquement tous nos villages, en y déployant de façon efficiente et pérenne des services de base: Santé (eSante), éducation (eEducation: standard et formation professionnelle et technique), Agriculture & Elevage (eAgriculture-eElevage), eAdministration (extension eGouvernement) et faciliter le développement des paiements électroniques (eFinance) ;
La mise en place d'une cité de l'innovation et de la technologie (technopole) autour d'un Centre de données nationales, d'incubateurs, de R&D, de promotion de start up locales ;
L'organisation d'activités de promotion et de sensibilisation des TIC telles que les "Journées Portes Ouvertes", qui se tiendront mensuellement dans toutes les régions, et une compétition annuelle des TIC, e-Takara, permettra de détecter le talent nigérien partout où il se trouve et de contribuer à établir une culture d'excellence autour de la Jeunesse.

Malgré tous les efforts menés, l'Internet n'est pas très développé au Niger, notamment dans certaines régions de notre pays. Quelles sont les dispositions que vous comptez prendre d'abord pour doter ces localités des infrastructures nécessaires ?
Je le disais plus haut, l'ANSI s'est aussi vu confier la gestion du fonds d'accès universel. L'utilisation de ces fonds, la mobilisation de ressources supplémentaires auprès des partenaires au développement, la mutualisation des ressources humaines et financières au sein de tout l'écosystème constitue la base qui nous permettra de connecter les non-connectés au Niger. Nous avons déjà mis en place plusieurs comités pour réfléchir sur la mise en œuvre d'une phase pilote qui couvrira 100 villages. Les comités réfléchissent notamment sur les options techniques et technologiques, les solutions (santé, éducation, agriculture-élevage-halieutique, commerce-finance, administration). Les ministères sectoriels, le régulateur, le Haut Commissariat aux 3N, les opérateurs télécoms, les compagnies d'électricité (Nigelec et ANPER), Niger Poste, les partenaires au développement prennent part aux discussions. Je rencontrerais bientôt les start-up et les organisations des Femmes et Jeunes, la Société civile pour débattre avec eux de la question. La phase pilote nous permettra de mieux définir la mise en œuvre à grande échelle du programme « Villages Intelligents », qui vise à connecter l'ensemble des villages administratifs du Niger.

Mais, Monsieur le Directeur Général, comment comptez-vous mettre en œuvre des projets comme le E-commerce, le E-éducation ..., dans un pays où, la majorité de la population n'a pas accès à Internet ?
Vous avez soulevé une question très pertinente. Nous sommes en train de travailler tous ensemble, les différentes parties prenantes de l'écosystème, à améliorer sensiblement la qualité et la fourniture de l'internet sur l'ensemble du territoire: Niger Telecom est en train d'accroitre la capacité sur la fibre optique, les opérateurs GSM sont en train de réinvestir et de « upgrader » leurs infrastructures après la décision courageuse du Niger de réviser la fiscalité dans le domaine, le régulateur est en train de créer de meilleurs conditions de déploiement des réseaux avec notamment l'accès aux 900 MHz pour la 3G. La mutualisation des infrastructures facilite aux opérateurs la maintenance et la gestion de leurs sites. Le Cipmen, la maison de l'entreprise accompagneront l'incubation des Start up locales, développeurs de contenus et de solutions. Les partenaires au développement et les ONG utilisent de plus en plus et font la promotion du numérique.
Nous travaillons depuis plusieurs mois, avec les ministères en charge de l'éducation, sur l'introduction de l'informatique dans le système scolaire nigérien (les phases pilotes ont donné d'excellents résultats) et par exemple l'INDRAP a déjà numérisé le programme scolaire du primaire.
Nous travaillons aussi avec Niger Poste depuis plusieurs mois à la mise en place d'offres qui stimuleraient le commerce électronique.

Par Idé Fatouma(ONEP)
17/08/2017

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