Le Sahel

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Invité


almostaphaMonsieur le Ministre, notre pays, célèbre le 03 Août 2017, le 57ème anniversaire de son accession à l'indépendance, une commémoration essentiellement marquée par les festivités de la Fête Nationale de l'Arbre (FNA). Quelles sont les activités inscrites au programme de cette édition 2017 ?
Je vous remercie de cette opportunité que vous m'offrez de m'adresser à nos compatriotes à l'occasion de la 42ème édition de la Fête Nationale de l'Arbre. En effet, il faut rappeler que c'est depuis 1975 que la commémoration de la Fête Nationale de l'Indépendance est consacrée aux festivités de la Fête
Nationale de l'Arbre.
Pour répondre à votre question, il faut noter que plusieurs activités sont programmées sur toute l'étendue du territoire national. Ainsi, au niveau national, je peux citer la nuit écologique qui offre l'occasion de faire passer les messages sur l'impérieuse nécessité de préserver l'environnement non seulement pour améliorer notre cadre de vie mais aussi pour protéger les bases productives.
Il est organisé également un concours national sur la lutte contre la désertification. A travers cette activité, nous voulons récompenser les communautés villageoises et ou les producteurs ruraux qui se sont distingués dans la restauration de l'environnement.
Le clou de la fête sera évidemment le lancement de la campagne nationale de reboisement par le Président de la République, Chef de l'Etat le 3 Août 2017 à Dosso. En dehors de ces activités nationales, chaque région est appelée à conduire des activités spécifiques dans le même cadre.

Quelle est la particularité de cette édition de la Fête Nationale de l'Arbre ?

Plusieurs innovations sont apportées à la présente édition de la fête. La première particularité réside dans le fait que, conformément aux orientations définies par Son Excellence Monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l'Etat, dans son message à la nation le 3 août 2016, les cérémonies officielles nationales sont délocalisées à Dosso. Ce caractère tournant sera, bien entendu, maintenu à l'image de la fête du 18 Décembre.
L'autre particularité porte sur le choix du site de lancement officiel de la campagne nationale de reboisement. En effet, cette année, le site de la Garde Nationale du Niger de Dosso est retenu pour abriter ce lancement officiel dans l'optique d'accompagner les réalisations faites dans le cadre de Dosso Sogha.

Cette année, le thème retenu pour la célébration de la Fête Nationale de l'Arbre est : «L'arbre dans les champs, facteur d'accroissement des productions Agricoles ». Qu'est-ce qui justifie le choix de ce thème ?
La pratique de la régénération naturelle des arbres dans les champs est une technique peu coûteuse et à la portée des producteurs. Dans plusieurs localités de notre pays, cette technique a démontré sa grande contribution à l'amélioration et à la lutte contre l'insécurité alimentaire à travers l'amélioration des rendements agricoles. A titre d'illustration dans la région de Maradi, sur certains sites, il a été observé une augmentation des rendements en grains de mil qui varie de 32 à 165 kg /ha pour la Régénération Naturelle Assisté (RNA) de moins de 3 ans, de 59 à 220 kg/ha pour la RNA de 3 à 6 ans et de l'ordre de 120 à 210 kg/ha pour la RNA de 6 ans à plus.

A travers ce thème, il s'agit de mener des campagnes d'information et de sensibilisation visant la mise à l'échelle de cette technologie dont la contribution à l'atteinte des objectifs de l'initiative 3N est évidente.
Par ailleurs, notre pays a adhéré à l'Initiative Africaine de restauration des paysages forestiers qui ambitionne de restaurer 100 millions d'hectares de terres à l'horizon 2030, initiative qui tiendra d'ailleurs sa deuxième conférence à Niamey du 25 au 30 septembre 2017. La promotion de la RNA contribuera à la mise en œuvre de notre engagement dans ce cadre.

Pensez-vous, Monsieur le Ministre que le paysan nigérien a bien perçu le lien qui existe entre l'arbre et la productivité de son champ ?
Oui dans plusieurs localités de notre pays, les producteurs ont adopté des nouvelles stratégies de conservation de la fertilité des sols en intégrant l'arbre dans les champs. Aujourd'hui, environ 5 millions d'hectares de parcs agroforestiers ont été constitués à travers la RNA. Dans ces localités, les producteurs ont effectivement bien cerné le lien qui existe entre l'arbre et les productions dans leurs champs.
Vu le potentiel en la matière dans la plupart de nos régions les efforts doivent être poursuivis. C'est d'ailleurs pour cette raison que la cible de 70 000 hectares par an en utilisant la régénération naturelle assistée a été fixée, au plan national, dans le Programme de Renaissance pour le Niger, acte 2.

Quelles sont les actions de longue haleine envisagées ou entreprises par votre département ministériel pour permettre à l'arbre de soutenir la productivité agricole à travers la préservation de l'environnement?

Comme vous le dites, la lutte contre la désertification est un combat de longue haleine. Plusieurs actions sont prises par le gouvernement visant à mieux intégrer l'arbre dans les systèmes agraires. Parmi ces actions, il faut retenir, la bonne prise en compte de la RNA dans les différents documents officiels de planification du développement.
C'est le cas du Programme de Renaissance du Niger, Acte 2 qui prévoit entre autres, la réalisation de 70 000 hectares de RNA chaque année ; c'est aussi le cas du Cadre Stratégique de Gestion Durable des Terres et son Plan d'Investissement pour la période 2015-2029 adopté par le Gouvernement en 2014 ainsi que notre Contribution Déterminée au Niveau National qui placent toutes la RNA au cœur des stratégies d'adaptation retenues.
De façon plus opérationnelle, des supports techniques utiles à la promotion des techniques agroforestières ont été produits par nos services compétents, en collaboration avec des projets. C'est le cas de la fiche technique produite par la Direction Générale des Eaux et Forêts avec le soutien du Programme d'Actions Communautaires, Phase II, déjà vulgarisée auprès des services d'encadrement et même des producteurs.

Le Président de la République, à travers notamment l'Initiative 3N, a engagé le Niger dans une dynamique de lutte contre l'insécurité alimentaire. Quelles sont, Monsieur le Ministre, les actions majeures entreprises au volet environnemental, en vue de la réalisation des objectifs de l'Initiative ''3N'' ?
Le Plan d'Action de l'Initiative 3N s'articule autour de cinq axes stratégiques, déclinés en plusieurs axes d'interventions, parmi lesquels, l'axe relatif à la Gestion Intégrée et Durables des Ressources Naturelles et Protection de l'Environnement dont le Ministère de l'Environnement et du Développement Durable est le principal responsable de la mise en œuvre. Mon Département Ministériel contribue également à la mise en œuvre de l'axe intitulé Promotion des Filières Agro-sylvo-pastorales et halieutiques. Cela est confirmé, je le rappelle par les cibles ci-après assignées à mon Département Ministériel dans le Programme de Renaissance du Niger, Acte 2, dont l'Initiative 3N constitue une des composantes majeures.
Ces cibles sont notamment :
- Récupérer en moyenne 213 000 ha de terres dégradées par an, soit 1 065 000 ha sur les 5 ans du mandat ;
- Traiter 182 500 ha de dunes de sables, sur les 5 ans, soit 36 500 ha par an ;
- réaliser 200 000 km linéaires de bandes pare feux, soit 40 000 km linéaires par an ;
- réaliser 35000 ha de régénération naturelle assistée, soit 70 000 ha par an ;
- lutter contre les plantes envahissantes terrestres sur 70 000 ha, soit 14 000 par an ;
- lutter contre les plantes envahissantes aquatiques sur 10 000 ha, soit 2000 ha par an ;
- empoissonner 500 mares, soit 100 par an, pour ramener la production de poisson à 150 000 tonnes, soit 30 000 tonnes par an ;
- assurer la gestion des écosystèmes par le renforcement et l'extension des aires protégées pour passer de 7 aires à 9 aires protégées tous écosystèmes confondus.
Tout naturellement, les actions entreprises par le volet environnement de l'Initiative 3N sont celles qui entrent dans le cadre de la réalisation des cibles ci-dessus. Les résultats enregistrés font régulièrement l'objet de diffusion et de communication au
Comité Interministériel d'Orientation.

Pour préserver la survie des arbres et promouvoir le reboisement de notre environnement, il faudra alors gagner le pari de substituer, de façon considérable, le bois de chauffe par les énergies alternatives comme par exemple le gaz et le charbon au sein des foyers nigériens. Y a-t-il une politique nationale œuvrant dans ce sens ?
Effectivement, notre pays, du reste à ¾ désertique, dispose d'énormes potentialités de substitution du bois comme combustible domestique, et c'est le cas du gaz et du charbon minéral comme vous le dites. Nous sommes conscients du fait que la lutte contre la désertification dans notre pays passe par la diminution des pressions humaines sur les ressources forestières, donc par la promotion des combustibles de substitution et des mesures d'économie d'énergie. C'est pourquoi, depuis 2015, un Programme National des Energies Domestiques Du Niger (PNED) a été élaboré avec l'appui de la Banque Mondiale.

Justement, l'objectif du PNED est d'assurer un approvisionnement en énergie domestique des villes et des campagnes garant d'une gestion durable des ressources naturelles et de la biodiversité, tout en garantissant un coût accessible.
De même, un Programme Conjoint
(Ministères en charge de l'Energie, de l'Environnement et du Commerce) est élaboré dans le cadre de la vulgarisation des combustibles de substitution et de promotion des mesures et équipements d'économie d'énergie.
Du reste, la promotion des énergies de substitution au bois énergie et la valorisation des ressources énergétiques nationales à des fins domestiques figurent parmi les axes majeurs de la Déclaration de Politique Energétique du Niger.

On sait, Monsieur le ministre, que chaque année, à l'occasion de la célébration du 3 août, ce sont des milliers d'arbres qui sont plantés dans toutes les régions de notre pays. Comment mesurez-vous aujourd'hui l'impact des différentes opérations et autres actions de plantations d'arbres dans notre pays ?
Mon département ministériel mesure l'impact des différentes opérations et autres actions de plantations réalisées à l'occasion de la célébration du 3 Août à travers le suivi des indicateurs spécifiques particulièrement les taux de reprise, de survie et de réussite des plantations.
A titre indicatif, en 2016, une évaluation sur les dix années passées des sites officiels de plantations a été effectuée dans les huit (8) régions du pays. Elle a porté sur 249 sites et a conclu que 46 % de ces sites ont un taux de réussite de plus de 60%, ce qui constitue dans le contexte du sahel, une réussite.
De même, les diverses actions de formation, d'information et de sensibilisation ont permis à plusieurs citoyens d'adopter les techniques de productions et de plantations. De plus en plus, nous observons des sites de plantations réalisés par des individus, à titre privé.
Monsieur le ministre, il existe un célèbre slogan bien connu des Nigériens qui dit « planter un arbre, c'est bien ; l'entretenir, c'est mieux». Pensez-vous que dans la pratique, le message véhiculé par ce slogan reste toujours de rigueur ?

Notre pays fait effectivement d'énormes efforts (d'ailleurs reconnus et salués même au niveau international) en matière de plantation et de foresterie en général. Mais force est de reconnaitre que le réflexe de protection et d'entretien des arbres, aussi bien naturels que plantés, ce réflexe dis-je est de moins en moins évident dans le comportement de plusieurs de nos concitoyens. Il est regrettable de constater que plusieurs investissements réalisés à grands frais dans le domaine du reboisement font l'objet aujourd'hui de toutes sortes d'agressions humaines, particulièrement en milieu urbain. Le cas choquant de la Ceinture Verte de Niamey est assez illustratif à cet effet.

A la lumière de la participation active de notre pays aux éditions de la COP21 à Paris, à la COP22 au Maroc, et à bien d'autres rencontres sur les questions du climat, il apparait que le Niger est un acteur déterminé dans la lutte contre les effets du changement climatique. Qu'est-ce qui a été fait en la matière, et quelles sont les avancées réalisées par notre pays ?

En effet, je vous rappelle que les tenues de la COP21 et de la COP22 respectivement à Paris en 2015 et Marrakech en 2016, ont été couronnées dans le même ordre par l'adoption de l'Accord de Paris et le premier Sommet africain de l'Action climatique en faveur d'une co-émergence continentale.
De 2015 à aujourd'hui, le Niger a enregistré beaucoup de progrès dans la mise en œuvre de l'Accord de Paris à savoir l'opérationnalisation de la Contribution Déterminée au Niveau national par : la sélection d'un premier lot de projets structurants sur la base des priorités nationales de restauration de l'environnement, de la maitrise de l'eau pour l'agriculture, de la maison paysan ainsi que la maitrise et la diversification des sources d'énergie. Toutes ces questions sont inscrites sur la voie primordiale pour la résilience des populations et des écosystèmes d'une part et d'autre part de l'Initiative 3 N « les nigériens nourrissent les nigériens ».
Tous les projets prioritaires identifiés seront mis sous le format pour le financement du Fonds Vert pour le Climat avec l'appui des partenaires de coopérations bilatérales et multilatérales.
D'ores et déjà, le Niger doit se doter très prochainement d'une feuille de route claire pour l'opérationnalisation effective de notre CDN notamment sur les questions regardant : la mise en place d'un cadre institutionnel pluridisciplinaire et multisectoriel pour la coordination et le suivi de la mise en œuvre de la CDN et de l'Accord de Paris ; la mise en cohérence des documents stratégiques et de planification de la CDN, des ODD et la SDDCI Niger 2035 ; le développement des projets et programmes structurants pour l'opérationnalisation de la CDN ; la mobilisation des ressources auprès des PTF et du Fonds Vert pour le Climat ; la revue du cadre réglementaire et institutionnel pour le développement des énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et la qualité des équipements au Niger. De même, le Niger a pris une part active au sommet de Paris et a déjà signé et ratifié l'Accord de Paris.
En marge de la COP22, les Chefs d'Etat Africains ont tenu, à l'initiative de Sa Majesté le Roi du Maroc, un Sommet des Chefs d'Etat dit « Sommet Africain de l'Action en faveur d'une co-émergence continentale », cette réunion de haut niveau s'est tenue le 16 novembre 2016 à Marrakech et a créé trois commissions dont celle de la
Région du Sahel qui est actuellement présidée par la République du Niger.

En parlant de cette commission, sous l'impulsion de son Excellence Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l'Etat, le Niger a commencé l'opérationnalisation de la Commission par des missions ministérielles dans la sous-région du Sahel pour sensibiliser les pays sur la démarche proposée par le Niger pour rendre opérationnelle la Commission du Sahel.
On notera également la tenue en mai dernier d'une réunion du Groupe de travail conjoint des seize pays du Sahel qui a entériné la feuille de route, la note conceptuelle de la démarche et les termes de référence d'une étude qui sera très bientôt lancée pour l'élaboration d'un Plan d'investissement climat pour la Région couvrant la période 2018-2030 et un Programme régional prioritaire de 2018 à 2020. Il faut ajouter aussi que, très bientôt, un atelier de cadrage de l'étude sera tenu avec les experts du groupe de travail conjoint des pays du Sahel et l'équipe des consultants qui vont mener l'étude.
En outre, dans le cadre du renforcement de l'Accord de Paris, le Niger a ratifié en mars 2017, l'Amendement de Doha au Protocole de Kyoto en vue d'accélérer la mise à disposition des ressources aux pays en développement par les pays industrialisés.

Quel serait l'appel que vous voudrez lancer à l'endroit des populations nigériennes en vue d'obtenir un indispensable changement des comportements dans le domaine de la préservation de notre environnement ?
Je voudrais rappeler aux Nigériens que la protection de notre environnement incombe à chaque citoyenne et à chaque citoyen, car il s'agit d'un devoir patriotique et républicain. Nous avons la lourde responsabilité de ne pas compromettre l'existence des générations futures, par nos comportements inappropriés vis-vis de notre environnement et de ses ressources.
Je voudrais donc inviter chaque
Nigérienne et chaque Nigérien à s'approprier ce slogan historique que vous avez bien voulu rappeler, à savoir «planter un arbre, c'est bien ; l'entretenir, c'est mieux ».

Réalisée par Assane Soumana(onep)
04/08/17

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AG/ONU

Editorial

Editorial : Chapeau Nigelec !

lundi 10 septembre 2018

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