Le Sahel

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Culture


filo ladiva-1Dans un univers musical nigérien totalement dominé par des hommes, Philomène fait partie des rares femmes qui essaient de s'affirmer et d'émerger.Depuis son jeune âge, elle chante dans les gospels, les chorales des églises. A dix ans déjà, elle passait tout son temps à chanter et à danser. Une décennie après, elle s'est frayée un chemin dans un monde fait de hauts et de bas ; elle possède une voix angélique qui fait d'elle aujourd'hui une chanteuse sollicitée partout. Et à chacune de ses apparitions sur scène, elle soulève des tonnerres d'applaudissements.
L'artiste est une chanteuse-auteur-compositeur. Fayosseh Fawoubo Philomène est originaire du Togo ; elle est née et a grandi à Niamey, il y a 26 ans. Bercée dans la musique depuis l'enfance, elle ne trouve pas de difficultés à intégrer en 2007 plusieurs groupes de musique de la capitale où, elle fait véritablement ses premiers pas et trouve sa voie. Sept ans après, voulant faire une carrière solo, Philomène prend ''Filo La Diva'' comme nom de scène. Elle fait alors ses premières scènes et emmagasine de l'expérience en solo. Celle-ci se concrétise en 2014 avec un de ses tous premiers tubes « Ne t'éloignes pas » qui rencontre un beau succès. Depuis, elle multiplie ses références au zouk, à l'afro pop, à la soul music, au funk...
Démarche élégante, taille moyenne, toujours souriante, Philo fait parler d'elle dans le monde artistique nigérien. « Les gens ont tendance à considérer les artistes comme des délinquants ; c'est un métier comme tout autre qui nous permet de gagner notre pain et c'est un choix », explique-t-elle. Dans une énumération bien cousue, elle nous parle de son amour pour la nature, le paysage : « je préfère aller faire mes clips hors des brouhahas de la ville, des grands bâtiments, loin des regards inquisiteurs. J'utilise plus les endroits éloignés, je préfère la brousse, respirer l'air pur et être en contact avec mes frères et sœurs qui vivent bien loin des centres urbains. Il faut valoriser cette richesse qu'est la brousse. Niamey ne se limite pas aux grands bâtiments, aux piscines des hôtels, aux grands carrefours et aux ponts et échangeurs, je veux montrer l'autre facette de mon pays qui est le milieu rural ou périphérique ».

Le vrai messager, c'est d'abord l'artiste
« Le public nigérien, particulièrement mes fans, constituent ma force. Il m'encourage dans tout ce que je fais. C'est le public qui fait un artiste et en retour, nous devons les satisfaire. J'aime beaucoup le public nigérien ; quand tu es sur scène, il suit attentivement et arrive souvent à chanter en chœur avec toi ; il répond, tu le sens présent, il donne la joie lors des spectacles ; c'est ce que j'aime », soutient Filo.
Elle vient juste de mettre dans les bacs son premier album audio de onze titres dénommé « Phénoménal », qui est un jeu de mots.
Dans les onze titres, on trouve la world music, l'afro pop, le zouk... Pour avoir une ouverture à toutes les générations, je ne veux pas me limiter à un seul genre. Ses sources d'inspiration, c'est le vécu quotidien et la chorale de l'église.
« Mes tournées musicales se sont limitées au Burkina Faso, au Sénégal et au Bénin ; mais bientôt, je compte aller un peu partout au Niger, au Togo et en Côte d'Ivoire. J'ai eu à participer à des festivals au Bénin : lors de CONAVAB Bénin, j'ai remporté le premier prix ; j'ai valablement défendu les couleurs nigériennes et c'est un honneur pour moi et pour mon pays », a-t-elle commenté.

Pour une production de qualité, il faut un coût énorme
Notre artiste nous fait comprendre que la production d'un album coûte excessivement cher ; c'est pourquoi, il n'est pas facile de mettre sur le marché un CD. Rien que pour produire, on dépense des centaines de mille dans un studio local. De l'enregistrement audio en passant par un clip vidéo sans compter la publicité pour promouvoir le produit, la duplication, la distribution, c'est un long processus financièrement difficile. C'est pourquoi elle invite les populations, notamment les jeunes à acheter les CD, à éviter le piratage et à ne pas hésiter à venir aux concerts des artistes. Quand un artiste est invité à un concert, son plus grand soulagement, c'est de voir les gens faire le déplacement en masse. C'est un soutien énorme, le fait de payer les tickets d'entrée aux concerts. Rares sont les sponsors qui nous épaulent en investissant dans ce secteur.
Elle dit compter sur l'équipe forte et dynamique, un staff qu'elle a mis en place et qui est composé de managers, de conseillers et des expérimentés pour l'aider à faire valoir ses talents. « Ces derniers temps, je communique plus ; dès que j'ai un projet, je suis ouverte, je communique, expose mes ambitions et discute avec mes fans en tenant compte de leurs suggestions », affirme-t-elle.
Notre vedette dit compter sur son public, sur les autorités de tutelle pour que la musique nigérienne sorte de l'ornière ; les jeunes en font beaucoup mais ils manquent d'accompagnement. « J'apprécie beaucoup le comportement de mes sœurs et frères artistes, notre collaboration est parfaite ; avec plusieurs titres déjà dans les bacs et trois clips vidéos », a dit Filo.
Elle se dit prête à chanter pour la bonne cause, et à chaque fois que le collectif des artistes fait appel à elle pour chanter et décrier certains maux qui minent la société, c'est avec plaisir qu'elle le fait. A l'exemple de la chanson dédiée à la paix où ils étaient nombreux à appeler les populations à la culture de la tolérance, de la paix...»
L'artiste Filo est aussi déterminée à apprendre dans d'autres domaines. Ainsi parallèlement à la musique, elle poursuit ses études et effectue des stages de perfectionnement pour multiplier ses chances.

Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)

21/07/17

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