Le Sahel

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Culture


cultureRahina Balarabé est une conteuse, d'ailleurs une des rares femmes qui pratique ce métier au Niger. Cette diplômée de l'Institut de Formation aux Techniques de l'Information et de la Communication (IFTIC) est bien connue du grand public nigérien grâce à son émission télévisée « c'est l'heure du conte ».
Passionnée de contes depuis son jeune âge, Rahina Balarabé a commencé à écrire en 2006, avec l'ambition de faire un livre de contes, mais elle n'envisageait pas de conter elle-même. En 2007 elle a fait ses premiers pas sur scène à l'occasion du festival international de contes et des Arts de l'Oralité de Dogon Doutchi (Gatan-Gatan). C'est là qu'elle a fait la connaissance d'une autre conteuse du nom de Adama Akili, l'épouse du directeur de ce festival, qui lui avait appris à conter. Rahina s'est fait connaitre du grand public nigérien grâce à son émission télévisée «l'heure du conte» sur la deuxième chaine publique nigérienne TAL TV.
Pour cette amoureuse des traditions orales, le conte est un récit, une histoire imaginaire. « Le conte est une histoire qu'on invente, un récit qui est inspiré de l'imagination. C'est la première forme conceptuelle que l'homme a trouvé pour exprimer la vision qu'il a pour le monde. Le conte dont les récits varient à travers les langues est universel», affirme-t-elle. Rahina Balarabé conte sans compter, elle se laisse guider par son imagination « Avant je ne savais pas que cela existait de raconter les histoires oralement, ou qu'il existait des conteurs et des conteuses, j'ai donc créé quelques contes à travers mon imagination, qui se focalise beaucoup plus sur le réel comme par exemple : pourquoi on ne peut pas regarder longtemps le soleil au Sahel ? Pourquoi les maisons ont des portes ?... », dit-elle.
Les contes de Rahina sont inspirés de son quotidien, des Hommes, de la beauté des choses mais aussi des animaux. «Je ne dis pas que le conte est un fait réel ou un fait qui n'existe pas. Certes c'est un fait qui n'a pas existé, qui n'existe pas, mais qu'on fait exister, et à la fin de chaque récit, on se retrouve avec une leçon de morale », explique-elle. En plus d'être conteuse, Rahina est aussi comédienne. Elle a joué dans plusieurs pièces théâtrales comme « Madame la juge » en 2008, et au festival Emergences dans une pièce intitulée « Chez Tifa ». Rahina préfère plus le conte que le théâtre, car elle dit s'y retrouver mieux.
« Les contes, font partie de nous, les contes ont toujours existés ici. C'était la première école, c'est là que les messages se transmettaient avant. C'est à travers les contes qu'on éduquait les enfants ; les sages y faisaient passer tous les messages. Donc le conte est très important au Niger. Les Nigériens aiment les contes, mais maintenant avec la modernisation, c'est de plus en plus rare de voir des gens conter», dit-elle. Elle a aujourd'hui à son actif un album de contes musicaux de quatre titres. En 2013 Rahina Balarabé a représenté le Niger au 7ème jeu de la francophonie à Nice, en France, à travers un conte, intitulé, le « Génie inné », qui a capturé l'attention du public. La conteuse recommande à la jeunesse nigérienne, de ne pas abandonner ce grand héritage que nous ont légué nos ancêtres.
Fatouma Aiya Attahirou Akiné (stagiaire)
31/08/17

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AG/ONU

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