Le Sahel

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Tinni Abdou

 

 

 


culture-1Le département de Boboye vibrera du 9 au 10 février prochain aux rythmes du festival '' Hottungo''. Cette fête basée sur le pastoralisme, vise à promouvoir et à maintenir les liens culturels entre communautés sédentaires et nomades. Cet évènement de grande envergure est porté par l'Association Kawtal Waafakey, les organisations d'éleveurs et la Commune Urbaine de Birni'N'Gaouré. Le thème de cette année est ''Paix et Développement à travers la culture''. Pour en savoir un peu plus sur le déroulé de cette manifestation culturelle, nous avons interviewé Mme Sani Fatouma Marou, présidente de l'association Kawtal Waafakey.
Pour Mme Sani, le Hottungo est devenu presque une institution permanente célébrée annuellement dans le but d'instaurer de façon perenne, l'unité, la sécurité et le dialogue entre les communautés, de promouvoir la fraternité, le travail et le progrès. Cette fête vise aussi à assurer un développement permanent de la localité. Selon elle, l'élevage est un facteur important de l'économie nigérienne ; il a des systèmes complexes et diversifiés. Le système d'élevage pastoral basé sur l'exploitation optimale des ressources naturelles grâce à une mobilité itinérante des troupeaux encore appelé pastoralisme reste une pratique courante au Niger. « En célébrant cet évènement hottungo, nous voulons faire la promotion du pastoralisme qui est un sujet d'actualité et occupe une place de choix dans les débats politiques et les stratégies de développement », a-t-elle fait savoir.
Au cours de cet évènement, plusieurs sous thèmes seront développés, notamment la recherche de solution consensuelle pour permettre une bonne cohabitation entre éleveurs et agriculteurs, et la sensibilisation des éleveurs et des acteurs impliqués dans la mobilité pastorale de façon à obtenir une meilleure prise de conscience pour une cohabitation pacifique, a précisé Mme Sani. Il est prévu également, d'identifier les meilleurs éleveurs qui se sont faits distingués par une bonne conduite de leur troupeau en vue de les récompenser.culture-2
Kawtal Waafakey compte aussi organiser des séances de sensibilisation sur la santé animale, faire comprendre aux populations la mise en œuvre de la stratégie de l'Initiative 3N et ses atouts pour l'élevage. Les acteurs de l'élevage et de l'agriculture vont discuter de la possibilité de créer un réseau des leaders des éleveurs mobiles pour permettre d'échanger sur les problématiques de la transhumance transfrontalière.
Pour elle, l'idée de lancer cet évènement culturel vient naturellement d'un constat qui est là visible partout : en tant que nigérien et/ou africain de façon générale, on tend à délaisser la tradition. « On perd les repères ; il faut changer la donne et la seule façon de réinsuffler un esprit de fierté, c'est de magnifier notre culture, de l'exhiber. C'est pour cela que notre association organise des manifestations de ce genre pour s'inspirer du savoir-faire ancestral des peulhs et du talent des éleveurs à s'occuper de leur troupeau. Aussi, il s'agit pour l'organisation kawtal Waafakey de créer une belle occasion de partager un message fort interpellateur, celui d'une paix et d'un développement durable à travers la culture. Durant deux jours, plusieurs délégations venues des quatre coins du Niger vont échanger sur des thématiques relatives à la paix et à la cohabitation pacifique.

Au menu, un programme riche et varié

Pour la présidente de l'Association, Mme Sani Fatouma Marou, c'est une organisation qui vise l'intégration des hommes et des femmes dans le processus de développement économique, social et culturel, elle contribue à l'éducation et à la sensibilisation des communautés rurales, trouve des mécanismes et des solutions adéquates à leurs problèmes, surtout par rapport aux conflits agriculteurs et éleveurs, à travers des activités récréatives.
Selon la présidente, le choix du département de Boboye pour accueillir ces festivités s'explique d'abord par la proximité avec la capitale ; c'est une zone admirablement sécurisée et qui offre toutes les facilités culturelles nécessaires à l'organisation de ce genre d'activités. Cet évènement est l'expression concrète de la solidarité et de la coopération interculturelle. Et c'est une zone avec une forte communauté d'agriculteurs et d'éleveurs. A Boboye, il y a un vrai mélange ; la population est cosmopolite et plutôt bien intégrée. Et, avec des festivals culturels comme ''Hottungo'', ce sont des évènements ouverts à tout le monde qui permettront d'offrir des opportunités à des gens qui ne connaissent pas véritablement la culture peuhle de la découvrir avec toute sa richesse et sa diversité. Le Hottungo sera une manifestation d'envergure et sera un évènement à la fois festif, jeune et populaire.
Elle a expliqué qu'au programme, on y trouvera « des prestations des artistes, des concours culturels notamment des poèmes, des hommages aux éleveurs, des expositions de créations d'œuvre d'art, de décoration intérieure des maisons favorisant ainsi un brassage. Nous allons recevoir le dimanche des officiels ; leur faire des visites autour des tentes Il y aura ensuite une prestation une artiste directement venue du Burkina Faso, Hamsatou Barry, puis de Fati Mariko. Suivra le défilé faggo et le défilé des vaches avec en ligne de mire un éleveur qui parle aux vaches. Il y aura un langage mimique entre lui et les vaches : tout ce que le berger dira aux vaches, les vaches vont exécuter. '' Courez, elles vont courir ; ''levez-vous'', elles vont se lever ; ''asseyez-vous'', elles vont s'asseoir», a-t-elle expliqué.
Cette manifestation sera un moment de retrouvailles entre les éleveurs de la région et ceux des autres régions. Durant 48 heures, ces bergers vont oublier le stress de la vie et sûrement les couacs de certaines organisations faitières pour ne voir et retenir que l'essentiel, celui qui fait notre identité : la culture. Défilés, chants et danses vont ponctuer cette rencontre.
Les spectateurs vont suivre avec enthousiasme toutes ces animations des peulhs. Ils seront là pour magnifier cette culture dans toute sa diversité et l'importance de son apport socio-économique dans notre pays.
Mme Sani Fatouma mentionne que les woodabés ou Peuls nomades du Niger fêtent la fin de la saison des pluies à travers Geerewol qui consiste en un concours de beauté masculine. Au cours de ladite cérémonie, les jeunes adolescents se présentent parés de leurs plus beaux habits et mettent en évidence leurs dents blanches et leurs yeux brillants. Les peulhs célèbrent notamment le Sharoo, le Hotungo, le Geroual, la flagellation, les défilés de mode.
Parlant du secteur culturel, elle a soutenu le travail abattu pour faire la promotion entrepreneuriale et culturelle. C'est un combat important conduit par les acteurs pour restaurer cet esprit et de plus en plus le nigérien est jaloux de sa culture. « Nous devons apprendre à aimer notre culture, à nous l'approprier en parlant des coiffures et des habits importés. Aujourd'hui, on doit être fier d'arborer ces coiffures et tenues traditionnelles. Avoir un style propre à nous, je conseille aux gens d'être fiers de leur identité culturelle. Porter son héritage partout où on va, c'est important. Cela peut être un boubou, un collier, un sac typiquement africain et c'est magnifique. C'est un message parlant que tu lances aux autres, d'enclencher une conversation avec des gens qui ne connaissent pas vraiment ta culture, un moyen de pouvoir parler de notre pays, de faire sa promotion, présenter l'endroit où on vit et d'où on vient », a-t-elle soutenu. A travers des rencontres culturelles, la présidente estime «qu'on doit montrer une autre image de notre pays et mettre en avant notre beauté, notre créativité, car nous avons cette authenticité qui nous est propre et qu'il serait dommage de négliger. Nos cultures sont si riches si variées ».

Par Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)
08/02/19

 

 

 

 

 

 


sportOriginaire de la République Populaire de Chine, le Kung-Fu se perpétue de plus en plus au Niger grâce à l'engagement et à la détermination des nigériens œuvrant depuis des années dans la pratique de cette discipline sportive.
Les amateurs de cette discipline sportive se sont organisés afin de mettre en place une structure qui va coordonner de manière officielle toutes les activités visant à promouvoir le Kung-fu au Niger et au-delà dans la sous région. La Fédération Nigérienne de Kung-fu Wushu, qui a été créée en 2013, est à pied d'œuvre pour vulgariser la pratique du Kung-fu wushu qui accueille de plus en plus de disciples compte tenu de la richesse dont regorge cette discipline sportive qui se pratique depuis les années 1980 au Niger, a confié le président de la fédération Nigérienne de Kung-fu, Maître Abdou Samad Yahaya.
Il a précisé que, de sa création à nos jours, la Fédération a entrepris diverses activités consistant à promouvoir le Kung-fu Wushu. Il s'est agi d'abord pour la Fédération de s'atteler en vue de mettre en place les ligues régionales de Kung-fu Wushu. Ce qui a permis de doter toutes les régions de ligues qui sont en train de mener un travail remarquable. Selon lui, la Fédération procède chaque année au lancement des activités entrant dans le cadre de l'ouverture de la saison sportive. Maître Abdou Samad a confié que la fédération appuie chaque région pour s'offrir un tournoi. C'est un cadre fédérateur pour apprécier les niveaux techniques des différents disciples et éventuellement détecter les talents qui constituent la crème de la fédération pour représenter le pays aux grandes messes régionales.
Ainsi notre pays a pris part au Championnat Ouest Africain de Wushu qui s'est déroulé à Lomé en 2016, et au Championnat africain de Wushu tenu à Cotonou au Bénin en 2017. A Lomé, la fédération a aligné trois athlètes. A l'issue du tournoi, notre pays a remporté une médaille en or. Quant à la rencontre qui s'est tenue à Cotonou, , le Niger, qui a présenté six athlètes, a raflé deux médailles en argent et trois en bronze.
Poursuivant ses activités, la fédération a organisé une série de formations à l'attention des arbitres. Après cinq ans d'installation, la fédération a organisé la première édition du Championnat national grâce à l'appui de l'Etat et de l'Ambassade de la République Populaire de Chine qui est un partenaire stratégique pour la dite fédération. Dans la même lancée, la fédération organise à partir du 10 février 2019 la 2ème édition du Championnat national. Elle regroupera 56 athlètes dont 7 par région qui seront repartis en trois composantes. 40 de ces athlètes s'affronteront en Sanda ou la boxe chinoise, soit cinq athlètes par région. Quant à la compétition de « taolu » moderne, à savoir les enchainements, elle mettra aux prises huit athlètes soit un athlète par région. Et enfin, la compétition de « taolu » traditionnel enregistra aussi la participation d'un athlète par région.
Par ailleurs, le président de la Fédération Nigérienne de Kung-fu Wushu a annoncé qu'il sera organisé une séance de formation de recyclage destinée aux arbitres en marge des activités de la 2ème édition du Championnat national de Kung-fu Wushu. La formation sera assurée par des experts africains à savoir un expert de la Confédération Africaine de Wushu, un expert de la Fédération Ouest Africaine de Kung-fu Wushu. Il a dit avoir invité également des experts qui viendront de Bamako, d'Abidjan et de Lomé.
Maître Abdou Samad Yahaya a annoncé que l'Ambassade de la République Populaire de Chine qui est le partenaire financier de la fédération procédera par la même occasion à la remise d'un lot de matériels d'entrainements en kung-fu Wushu. Il a par ailleurs apprécié le soutien de l'Etat et celui de l'Ambassade de Chine qui depuis 2018 continuent à accompagner les actions de la fédération. Précisons que l'Ambassade de Chine a offert trois bourses à la fédération ayant permis à trois maîtres de suivre un stage de trois mois au Temple de Shaolin en Chine afin de se perfectionner et de découvrir des nouvelles techniques et perpétuer le savoir acquis aux autres disciples. C'est pourquoi la fédération a placé la 2e édition du Championnat national de Kung-fu Wushu sous le signe de la coopération sino-nigérienne pour témoigner du soutien que l'Ambassade de Chine est en train de consentir pour accompagner la Fédération Nigérienne dans ses activités de développement de Kung-fu Wushu.
Sur un tout autre plan, le président de la Fédération Nigérienne de Kung-fu a lancé un appel pressant d'abord à l'Etat du Niger à travers le ministère de la Jeunesse et des Sports de continuer à soutenir les fédérations sportives et les sportifs connaissant que l'Etat est en train d'accompagner les sportifs pour le développement des sports et l'épanouissement de la jeunesse nigérienne, mais il est important d'accroitre cet appui. A l'endroit des sportifs, il a demandé de s'investir pleinement dans la pratique du sport du fait que c'est une activité qui permet de maintenir sa santé, et de redorer l'image de son pays au plan international. A l'attention des partenaires, il a invité les organismes nationaux et internationaux de prêter mains fortes à sa fédération précisant qu'ils ont amorcé à travers leurs activités de sensibilisation en collaboration avec des organismes portant sur diverses thématiques. Il s'agit des thématiques consistant à sensibiliser les jeunes sur des sujets d'actualité, à savoir les dividendes démographiques, les violences basées sur le genre, l'autonomisation des femmes, la paix, la non-violence, etc. C'est dans ce cadre, avec l'appui de l'OIM, que la fédération a organisé un tournoi en 2018 à Agadez en vue de sensibiliser la jeunesse sur la paix et la non-violence ainsi que la cohabitation pacifique en milieu des jeunes. En 2018 également, la fédération a organisé en collaboration avec la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix un tournoi visant à sensibiliser la jeunesse sur la paix.

Par Laouali Souleymane(onep)
08/02/19

 

 

 

 

 

 


prn-1Les Chefs d'Etat se félicitent des progrès dans l'opérationnalisation de la Force conjointe et s'engagent à la rendre pleinement opérationnelle dans les meilleurs délais
1. La 5ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d'Etat du G5 Sahel s'est tenue le 5 février 2019 à Ouagadougou, au Burkina Faso, sous la présidence de S.E.M. Issoufou
MAHAMADOU, Président de la République du Niger, Président en exercice sortant du G5 Sahel.
2. Etaient présents à cette Conférence les Chefs d'Etat ci-après : S.E.M. Roch Marc Christian KABORE, Président du Burkina Faso ; S.E.M. Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la
République du Mali ; S.E.M. Mohamed OULD ABDEL AZIZ, Président de la République Islamique de Mauritanie ; S.E.M. Issoufou MAHAMADOU, Président de la République du Niger ; S.E.M. Idriss DEBY ITNO, Président de la République du Tchad.
3. La Conférence a enregistré la participation des Institutions et Organisations , sous régionales, régionales et internationales suivantes : l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), l'Autorité de Développement intégré des Etats du Liptako - Gourma (ALG), le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(CEDEAO), la Commission de l'Union Africaine (UA), l'Union Européenne (UE), l'Organisation des Nations Unies (ONU) et l'Alliance Sahel.
4. Les Chefs d'Etat, après avoir examiné la situation dans l'espace G5 Sahel, expriment leur profonde préoccupation face à la menace persistante du terrorisme et d'autres formes de criminalité dans la région.
5. Les Chefs d'Etat condamnent fermement tous les attentats terroristes et en particulier ceux survenus récemment au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Tchad et expriment leur solidarité avec les peuples de ces pays.
6. Face à la recrudescence des conflits inter communautaires dans certains pays du G5 Sahel, les Chefs d'Etat appellent les populations à cultiver la tolérance pour une meilleure cohésion sociale et les exhortent à collaborer étroitement avec les Forces de Défense et de Sécurité dans la lutte contre le terrorisme.
7. Les Chefs d'Etat sont préoccupés par la perturbation des activités socio-éducatives conduisant à la fermeture d'écoles dans certains pays du G5 Sahel. Ils ont relevé la nécessité de la prise de mesures fortes pour la reprise des activités scolaires.
8. Relevant le caractère sensible des risques permanents de tension sociale, les Chefs d'Etat appellent les médias à un traitement responsable des informations concernant les attaques terroristes et les conflits inter communautaires
9. Les Chefs d'Etat félicitent les Forces de Défense et de Sécurité pour les efforts et sacrifices consentis et s'inclinent devant la mémoire de ceux d'entre eux tombés au champ d'honneur notamment celle des 11 soldats tchadiens lors de l'attaque terroriste de la base de la MINUSMA d'Aguel Hoc et des soldats burkinabè. Ils présentent leurs condoléances aux familles endeuillées et souhaitent un prompt rétablissement aux blessés.
10. Les Chefs d'Etat réitèrent leur appel à la communauté internationale pour une juste appréciation de l'ampleur régionale et internationale de la crise libyenne et pour une harmonisation des efforts de tous les pays concernés dans la perspective de la réconciliation nationale et de la stabilisation de la Libye.
11. Les Chefs d'Etat lancent un appel à la communauté internationale pour soutenir les efforts du G5 Sahel dans le combat pour la sécurisation et le développement de son espace.
12. Tout en se félicitant du succès de la Conférence sur le Sahel tenue le 23 février 2018 à Bruxelles, les Chefs d'Etat exhortent tous les donateurs à respecter leurs engagements.
13. Les Chefs d'Etat réitèrent leur appel au Conseil de Sécurité des Nations Unies à examiner favorablement leur requête de placer la Force conjointe du G5 Sahel sous le chapitre VII de la Charte des Nations Unies. Ils plaident en faveur d'une coopération plus étroite entre le G5 Sahel et les Nations Unies et saluent, à cet égard, l'engagement et le soutien constants du Secrétaire Général de l'ONU aux efforts du G5 Sahel.
14. Les Chefs d'Etat se félicitent de la réussite de la Conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds du G5 sahel pour le financement du Programme d'investissements prioritaires (PIP) première phase 2019-2021, tenue le 06 décembre 2018 à Nouakchott, en République Islamique de Mauritanie. Ils remercient tous les partenaires pour les intentions de financement exprimées et les exhortent à concrétiser leurs engagements.
15. Les Chefs d'Etat se félicitent également de la synergie qui se met en place à tous les niveaux entre le G5 Sahel et l'Alliance Sahel permettant d'assurer la mise en cohérence des projets de l'Alliance avec ceux du Programme d'Investissements Prioritaires.
16. Les Chefs d'Etat saluent l'engagement de l'Union Européenne et de l'Alliance Sahel pour le financement du Programme de développement d'urgence (PDU) et les encouragent à accélérer la mise à disposition des fonds annoncés.
17. Les Chefs d'Etat se félicitent des progrès dans l'opérationnalisation de la Force conjointe et s'engagent à la rendre pleinement opérationnelle dans les meilleurs délais. Ils réaffirment leur volonté de mobiliser davantage de ressources internes à son profit.
18. Après avoir pris connaissance du relevé de conclusions de la 5ème session ordinaire du Conseil des Ministres, tenue à Ouagadougou le 03 février 2019, les Chefs d'Etat :
- Décident de l'implantation du Centre Sahélien d'Analyse des Menaces et d'Alertes Précoces (CSAMAP) à Ouagadougou, à l'image du Collège de Défense à Nouakchott, du Centre Sahélien de Sécurité à Bamako, de l'Académie Régionale à Koundoul, du Centre de Fusion des Renseignements à Niamey.
19. Instruisent :
- le Conseil des Ministres, les Ministres en charge des transports et le Secrétariat Permanent de prendre les dispositions pour la création de la compagnie aérienne sous le format de l'option 5 adopté par les Ministres en charge des transports les 27 et 28 septembre 2018 à N'Djamena, tout en s'assurant de la réalisation d'un audit financier, d'un audit technique et opérationnel et d'un audit des capacités humaines des compagnies existantes;
- le Conseil des Ministres et le Secrétariat Permanent à prendre toutes les dispositions nécessaires pour opérationnaliser le dispositif de suivi des annonces de la Conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds du G5 sahel pour le
financement du Programme d'investissements prioritaires (PIP) ;
- le Conseil des Ministres et le Secrétariat Permanent de prendre les mesures idoines pour l'accélération de la mise en place de l'Académie Régionale de Police à Koundoul au Tchad ;
- le Conseil des Ministres et le Secrétariat Permanent à œuvrer au renforcement des autres instruments du dispositif de défense et de sécurité, notamment le Collège de Défense, le Collège Sahélien de Sécurité et la Plateforme de Coopération en matière de Sécurité ;
- le Conseil des Ministres et le Secrétariat Permanent de réaliser l'étude de faisabilité du projet de Chemin de fer à partir de ressources propres.
20. Les Chefs d'Etat remercient leur frère Son Excellence Monsieur Issoufou MAHAMADOU, Président de la République du Niger, Président en Exercice sortant, pour son engagement constant à la cause du G5 Sahel et pour les avancées remarquables réalisées au cours de son mandat.
21. Les Chefs d'Etat expriment leur profonde gratitude à Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Burkina Faso, au Gouvernement et au peuple burkinabè, pour l'accueil chaleureux et l'hospitalité dont ils ont bénéficié durant leur séjour.
22. Les Chefs d'Etat ont décidé que la Présidence en exercice du G5 Sahel sera assurée par Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Burkina Faso, pour l'année 2019.
23. Les Chefs d'Etat ont par ailleurs décidé de tenir leur prochain Sommet ordinaire en février 2020, à Nouakchott, en République Islamique de Mauritanie.
Fait à Ouagadougou,
le 5 Février 2019
Pour la Conférence
S.E.M. Issoufou MAHAMADOU
Président de la République du Niger
Président en Exercice

 

 

 



FoumakoyeLe Ministre du Pétrole, M. Foumakoye Gado a présidé, mardi 4 février dernier à Zinder, l'ouverture des assises de la Journée des cadres au titre de l'année 2019. La cérémonie s'est déroulée en présence du Gouverneur de la région de Zinder M. Issa Moussa, de l'Honorable Sultan du Damagaram, Aboubacar Sanda et de plusieurs invités. Le thème central de cette journée est « Le pétrole, moteur de développement économique et social du Niger ».
D'après les organisateurs, cette journée a pour objectif principal d'échanger sur les enjeux, les défis et les perspectives du secteur pétrolier en vue de trouver les solutions idoines et proposer des recommandations pour une mise en œuvre efficace et effective des actions futures. De manière spécifique, il s'agira d'informer le public sur le développement du secteur pétrolier, de présenter les rapports d'activités des différentes structures du Ministère, d'élaborer la stratégie du développement du secteur pétrolier et de s'approprier les documents programmatiques du Ministère.
Pour le Ministre du Pétrole, le ''Secteur pétrolier constitue de nos jours l'un des secteurs prioritaires sur lesquels repose la politique du Gouvernement de la 7è République en matière de mobilisation des ressources internes contribuant au développement socio-économique du pays.'' Le Niger, a rappelé, M. Foumakoye Gado, est devenu un pays producteur de pétrole depuis 2011 qui marque l'aboutissement d'importants efforts déployés dans le domaine de la recherche pétrolière. Ce qui ouvre, en même temps, de nouvelles perspectives pour le pays.'' Avec l'exploitation du bloc pétrolier Agadem et la construction de la Raffinerie de Zinder, le Niger a engrangé de revenus substantiels. En effet, déclare le ministre Foumakoye « de 2012 à 2018, plusieurs millions de barils bruts et des produits raffinés ont été produits dont les revenus au profit du trésor national se chiffrent à 612 Milliards de FCFA ».
Le développement du secteur pétrolier est pris en compte dans le Plan de Développement Economique et Social (PDES) 2017-2021, cadre unique de référence de la politique économique et sociale du Niger, qui a fait du secteur pétrolier un des leviers de l'économie nationale. Le ministre du Pétrole indique par ailleurs que pour ''atteindre les objectifs assignés au secteur pétrolier dans le PDES, le Ministère du Pétrole a élaboré sa politique nationale pétrolière, son document de programmation pluriannuelle des dépenses (DPPD 2019-2021) ainsi que son Projet Annuel de performance (PAP 2019). « L'internalisation et l'appropriation de ces documents programmatiques passent inévitablement par une forte implication et une participation active et coordonnée de l'ensemble des principaux acteurs de l'industrie pétrolière, en particulier les cadres du Ministère, principaux acteurs de l'industrie pétrolière dans la gestion efficace et effective des enjeux, des défis et des perspectives du secteur » a insisté M. Foumakoye Gado. Le Ministre du Pétrole a enfin abordé d'autres questions relatives à la stabilisation des prix du pétrole à la pompe, la construction du pipe-line en vue de l'exportation du pétrole brut et les avancées significatives obtenues dans la recherche pétrolière qui attendent d'être évaluées.AAAA
Pour sa part, le Gouverneur de Zinder a dans son intervention déclaré que sa ''région est devenue une plaque tournante dans la production pétrolière au Niger avec la mise en exploitation de la SORAZ (Société de Raffinage de Zinder) qui contribue au développement économique et social de la Région. Quant au Secrétaire e Général Adjoint du Ministère du Pétrole et Président du Comité d'organisation de la Journée des cadres du Ministère, M. Boubacar Issa, il a salué la tenue de ces assises qui permettront aux participants de jeter un regard neuf sur les réalisations obtenues, les défis et les perspectives du secteur pétrolier au Niger. M. Boubacar Issa a enfin adressé ses remerciements aux autorités régionales et aux membres du comité régional d'organisation, à la SONIDEP, la SORAZ notamment pour toutes les facilités accordées et leur précieuse contribution pour la tenue de ces assises.

Siddo Yacouba ANP-ONEP/Zinder
07/02/19



visiteConformément à son calendrier d'information du public sur l'état d'avancement des projets d'infrastructures, initiés en prélude à la 33ème Conférence de l'UA prévue en Juillet prochain à Niamey, l'Agence UA Niger 2019 a organisé, hier matin, une visite guidée sur le chantier de construction des Résidences Fayel et celui de la Cité Futura. Cette visite conjointement conduite par le Directeur Général de l'Agence UA 2019, M. Mohamed Saïdil Moctar et le ministre du Tourisme et de l'Artisanat, M. Ahmed Boto, vise à s'enquérir de l'état d'avancement de ces chantiers et à insister sur le respect du délai du mai prochain.

La première étape de la visite a conduit la délégation sur le chantier des Résidences Fayel, situées au quartier Kouara Kano Nord de Niamey, à 100 mètres du boulevard Tanimoune. Ce sont des travaux d'extension qui ont été entrepris depuis le 1er Juin 2018 et qui devraient prendre fin le 31 Mai 2019. Ils consisteront à l'augmentation de la capacité d'accueil de ces résidences pour porter les chambres de 20 à 33 (18 chambres standards et 15 suites), mais aussi à la construction d'un restaurant, d'une salle de réunion, d'une salle de sport, d'une piscine et d'un SPA etc.
Le chantier de la Cité Futura, située non loin du Fleuve Niger, sur la grande voie goudronnée Goudel-Tondibiah, a constitué la seconde étape de ce déplacement. Les travaux qui ont débuté en octobre 2017, vont prendre fin, selon les responsables des chantiers en mai 2019. Cette cité qui s'étend sur une superficie de 40 000 m² est un Complexe de 44 villas ( dont 20 seront livrées avant le Sommet), un Centre Commercial de 41 boutiques, une salle des fêtes et une aire de jeux. Les villas de cette cité sont des duplexes de 238 m² d'emprise au sol construites sur des parcelles de 400 m². Chaque villa est composée de deux Salons, une salle à manger, quatre chambres avec salle d'eau, une cuisine aménagée, trois terrasses, un parking pour trois véhicules, un garage ouvert pour deux véhicules, des locaux annexes (boyerie et cuisine extérieure), une guérite, une grande terrasse et des espaces verts.
Le centre commercial est composé de 41 boutiques de Types 1, 2 et 3 construites sur 2 niveaux : RDC+Mezzanine. La cité dispose en outre d'autres commodités, dont un terrain de tennis.
Aux termes de cette visite, le ministre du Tourisme et de l'Artisanat, M. Ahmed Boto, s'est réjoui du fait que les deux chantiers sont exécutés par deux promotrices. Au niveau de la Cité Fayel, la capacité d'accueil sera doublée avec une cinquantaine de chambres par rapport au nombre initial. Pour ce qui est de la Citée Futura, le ministre a remarqué, nonobstant quelques difficultés, que les travaux des 20 villas sont très avancées, les grands travaux sont pratiquement achevés. C'est au total plus d'une centaine de chambres qui seront disponibles. Ce qui permettra de résorber le besoin en hébergement lors de cet important évènement. Par ailleurs, le ministre Ahmed Boto a encouragé les deux promotrices au respect du délai convenu.

Mamane Abdoulaye(onep)
07/02/19

Santé : Le syndrome de malabsorption

Publié dans Société


santLe syndrome de malabsorption est un trouble de l'absorption des aliments. Tout se déroule au niveau de l'intestin. Ce syndrome est généralement lié à une atrophie des villosités de la paroi intestinale, autrement dit, une diminution de la hauteur ou de l'épaisseur d'un tissu au niveau d'un organe. Le thème ''syndrome'' en lui-même désigne un ensemble des symptômes qui caractérisent une maladie.

Selon les techniciens de la santé, il existe un certain nombre de maladies, d'affections, qui peuvent provoquer la malabsorption. On retiendra entre autres, le kwaskiokor, la maladie cœliaque (en rapport avec les troubles du métabolisme), certaines maladies parasitaires intestinales, le diabète, etc...
Pour la maladie cœliaque (elle est surtout enfantine mais peut concerner la tranche de 40-60 ans), elle entraîne une atrophie des parois muqueuses et des carences parfois massives. C'est une maladie qui ne peut être guérie que grâce à un régime sévère. Le kwachiorkor, lui est une maladie due à une alimentation carencée en protéines et entraîne une malabsorption qui aggrave la malnutrition. Il y a des maladies parasitaires intestinales et inflammatoires de l'intestin qui provoquent un syndrome de malabsorption. Le diabète, une maladie de la nutrition, peut elle aussi être à l'origine d'un syndrome de malabsorption.
Il existe d'autres sources de malabsorption. Le traitement par certains médicaments, les interventions chirurgicales avec ablation d'une partie de l'intestin, les ablations de l'estomac, les maladies pancréatiques, biliaires et gastriques. Tous ces maux entraînent une mal digestion puis, nécessairement, une malabsorption.
Quels sont les symptômes du syndrome de malabsorption ?
Selon les techniciens, ce syndrome associe plusieurs symptômes : une diarrhée s'installe, faite de selles très volumineuses, jaunâtres ou grisâtres, graisseuses, luisantes, très malodorantes (gonflements du ventre), de douleurs abdominales, lenteur de digestion. Des signes de carence, conséquence des troubles de l'absorption apparaissent : un amaigrissement important, une fatigue excessive, un manque d'appétit, des crampes et un gonflement des jambes (œdème), une anémie liée à une carence en vitamines, en fer ou en protides. Le syndrome de malabsorption peut se révéler chez l'enfant par un arrêt de croissance.
Selon les techniciens de la santé, le traitement du syndrome de malabsorption consiste à traiter la cause et à compenser les carences nutritionnelles multiples, en particulier en protéines, calcium, fer et vitamines.

Issaka Saïdou(onep)
07/02/19


AliLa commune rurale de Damagaram Takaya se trouve à 70 km à l'Est de Zinder. Elle couvre une superficie de 2.140km2 avec une population estimée en 2012 à 61.580 habitants dont 49% d'hommes pour 51% de femmes. Le taux d'accroissement de la population est de 5,6% alors qu'au niveau de la région il est d'environ 4%. Damagaram Takaya est limitée au Nord par la commune de Kagna Wamé, à l'Est par les communes de Garazou, et Gamou, au sud par la commune de Guidimouni et une partie de la commune de Guidiguir, au sud- ouest par la commune de Mazamni, et à l'ouest par la commune d'Albarkaram. La commune est subdivisée en trois grandes zones : Nord, Centre et Sud. Dans la partie Nord, la commune est surtout constituée de dunes de sable, mais des dunes vives fixées. C'est la zone par excellence de l'agriculture et de l'élevage. Le centre est la partie du socle, où il ya aussi des agro pasteurs. Par contre le Sud est la partie dunaire au sol lessivé, mais qui a beaucoup de cuvettes.

M. le Maire, de manière générale les communes du Niger sont confrontées à d'énormes difficultés de mobilisation des ressources fiscales. Est-ce que vos administrés s'acquittent de leurs devoirs civiques ?
Dans ce domaine, je peux dire que nous ne sommes pas loin des autres. Nous vivons les mêmes problèmes. La population a tendance à cultiver l'incivisme fiscal. Les arriérés de taxe municipale ne font que s'accumuler. A titre d'exemple, le budget de 2018 que nous avons voté est d'à peu près 61.500.000 FCFA. Et dans ce montant, nous avons un stock très important d'arriérés étalé sur trois ans d'environ 45.000.000 FCFA. Le recouvrement à la date de septembre 2018, était de 14.500.000 FCFA. Vous voyez donc à quel point nous sommes confrontés au même problème que les autres communes. Il ya donc lieu d'en faire un peu plus pour que cet incivisme soit enrayé.

Dans ce cas de figure, quelles sont les actions que mène la mairie pour amener les populations à honorer leurs devoirs civiques ?
Nous avons constaté que cette année, il ya eu une amélioration par rapport aux années antérieures d'autant plus que nous disposons d'une radio communautaire. Cette radio communautaire nous permet de toucher l'ensemble de la commune. Nous sommes écoutés dans un rayon de 70 kilomètres. Nous utilisons cet outil précieux pour sensibiliser la population, et lui faire comprendre ses droits et ses devoirs. Si tant elle veut que la commune vit, prospère et investit, il faut nécessairement un sursaut de conscience. C'est ce que nous ne cessons de répéter tous les jours à la population. Et c'est ce qui a fait que nous avions constaté cette année une nette amélioration dans le recouvrement, puisque nous avons recouvré jusqu'à 23,6% sur les ressources liées aux impôts, aux taxes municipales et aux taxes des marchés. C'est un travail de longue haleine. Nous sommes en démocratie, et les moyens de coercition doivent être bannis. Il faut sensibiliser les gens de manière à leur imposer une discipline qui sera librement consentie. C'est cela qui est plus durable.

Quelles sont les potentialités dont regorge la commune rurale de Damagaram Takaya ?
Pour l'alimentation du budget, nous avons les taxes de voirie, appelées communément taxe municipale ; nous avons les impôts directs et indirects qui sont prélevés dans le cadre des patentes ou des taxes de marché ; nous avons également les subventions de l'Etat à travers l'ANFICT ; et les appuis des partenaires dans le cadre du
développement de la commune.

Justement dans le cadre du développement de la commune quelles sont les actions que vous menez au cours de cette mandature ?
Nous sommes en train de faire ce que nous pouvons, en tenant compte de ce que nous engrangeons. Je peux vous citer dans le domaine de l'environnement, nous avons eu à récupérer plusieurs hectares de terres dégradées. Cela est une grande fierté pour nous parce que nous avons de la terre latéritique qu'il faut viabiliser. Nous avons entrepris la récupération des terres, la protection des aires de pâturage ; nous avons construit des classes. Nous avons acheté un Tracteur pour 10.900.000Fcfa. Dans le domaine de l'agriculture, nous avons axé nos efforts surtout sur l'amélioration des semences. Le temps actuel milite en faveur des changements ; et le changement ne peut s'opérer qu'à travers des semences améliorées, hâtives. Nous avons une banque céréalière construite par un partenaire en collaboration avec la Mairie. Elle permet de résoudre le problème de l'alimentation des animaux. Il ya le siège de la Mairie que nous avions construit grâce à l'apport des partenaires et à la contribution de la commune. Nous avions distribué des chèvres grâce à l'appui des partenaires, et confectionné des microprojets dans le cadre de l'embouche bovine et des AGR.

M. le maire que prévoit votre Plan de Développement Communal (PDC)?
Notre PDC a été renouvelé en 2015. C'est un programme ambitieux étalé sur cinq ans. Pour toutes nos réalisations, nous nous inspirons du PDC. Il ya plusieurs domaines qui sont concernées comme l'agriculture, l'élevage, la santé, les AGR, la promotion de la femme, la promotion de l'enfant etc. Tout cela est réparti sur cinq années, et il faut évaluer au fur et à mesure de l'exécution.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans l'exécution de votre mission ?
La première des difficultés c'est le niveau d'instruction de la population. Très peu de gens ont été à l'école française ou à l'école coranique, et ils perçoivent tous ces changements qui interviennent comme étant une rupture avec le passé. Ceci est difficile pour nous d'autant plus qu'il faut un changement de comportement. C'est cela notre attente vis-à-vis des populations. Et c'est dans ce sens que nous œuvrons. Mais notre problème le plus crucial et le plus important, est celui de l'eau. Nous souffrons terriblement du manque d'eau. Bien sûr, nous sommes au centre sur le socle, mais au sud et au nord, c'est la zone sédimentaire ; et c'est là qu'il faut aller pour chercher l'eau. A l'heure où je vous parle à Damagaram Takaya, allez-y voir la queue que font les gens au niveau des bornes fontaines. A défaut ils sont obligés d'aller avec leurs charrettes ou leurs véhicules chercher de l'eau à 3 ou 4 kilomètres. C'est le problème le plus criard de Damagaram Takaya. Nous avons connu aussi à Damagaram Takaya, quatre inondations pendant la saison pluvieuse. La dernière inondation, celle de 2010 a mis à terre beaucoup de maisons. Il fallait donc tout reconstruire, et imaginer ce qu'il faut faire pour lutter contre ce phénomène naturel. Nous avions imaginé qu'il fallait faire une digue pour protéger le village. Cela fait aujourd'hui huit ans que cette digue nous protège contre les inondations. Si vous venez ici pendant l'hivernage, vous verrez déferler les eaux de ruissèlement. Et quelque part on doit être interpelé par rapport à l'utilisation de ces eaux là. En grandes quantités ces eaux vont vers le sud, en détruisant tout sur leur chemin alors qu'on pouvait faire des retenues d'eau pour permettre à la population de faire des cultures maraîchères pendant la période sèche.

Oumarou Moussa, envoyé spécial(onep)
07/02/19


1--Clients-impateints-devant-un-point-de-vente--NiameyDe longues files d'attente, d'interminables rangées de bonbonnes de gaz butane devant les dépôts de vente, aux alentours du rond-point Maurice Delens de Niamey. Dans cette zone, le gaz est introuvable. Depuis plusieurs semaines, en effet, Niamey connait une pénurie de gaz sans précédent, une pénurie qui n'épargne aucun quartier. Alors que les uns et les autres se rejettent la responsabilité de cette situation, la spéculation sur les prix de gaz gagne du terrain, les consommateurs se plaignent, l'Etat propose des solutions, pour l'instant temporaires. Certains disent ne pas comprendre que le Niger, pays producteur du pétrole, soit dans une situation de pénurie de gaz domestique alors que le besoin de cette source d'énergie est de plus en plus croissant, surtout avec les campagnes faites autour de ce combustible, dans le cadre de la lutte contre la déforestation. Beaucoup de questions sur cette de pénurie de gaz.

Karimou Issa est un fonctionnaire de 48 ans vivant au quartier Soni de Niamey. Ses deux bouteilles de gaz (l'une de 12 kg et l'autre de 6 kg), solidement attachées derrière sa moto, il fait le tour de Niamey à la recherche du précieux combustible. «Aujourd'hui, j'ai parcouru plus de trente kms, dans Niamey, pour acheter ne serait-ce qu'une bouteille de gaz. En effet, j'ai d'abord été chez mon fournisseur habituel à Yantala, qui m'a fait savoir que son stock est terminé il y a de cela 10 jours. Il a dit avoir lancé la commande mais en vain », indique M. Issa. Par la suite, poursuit-il, «j'ai été à la rive droite, à Wadata, au Plateau, à la Poudrière, et même au quartier Niamey 2.000 mais je n'ai pas eu le moindre kg de gaz ». «Il parait que c'est l'approvisionnement au niveau de la Soraz qui fait défaut », dit-il. D'autres sources, selon Karimou Issa, évoquent une pénurie orchestrée par les sociétés de commercialisation de gaz, pour dénoncer la non- attribution de fonds pour l'énergie, promis par les autorités en charge du secteur.
« Dans tous les cas, cela fait deux jours que je mange du Dibi-gadan, c'est-à-dire un plat froid fait à base de feuille de moringa et de farine de manioc. C'est certes nutritif mais cela ne peut pas être continuel. Comme solution, je compte acheter du bois pour la préparation des plats quotidiens. C'est dommage, mais je n'ai pas le choix », se désole M. Issa. Devant le magasin d'un vendeur du gaz, avec sa bouteille de 12 kg, Salamatou Insa, une enseignante de 25 ans, est énervée. « Je ne comprends vraiment pas ce pays, quand on ne produisait pas le gaz on avait moins de problème de disponibilité du gaz. Maintenant qu'on le produit, chaque année nous avons quatre à cinq fois de rupture et de manque de gaz, surtout à Niamey. Où passe le gaz que produit quotidiennement la SORAZ », s'interroge-t-elle.
« On nous a fait abandonner notre bois traditionnel pour le gaz et voilà que ce combustible fait défaut et cela dure non seulement des années mais aussi plusieurs fois pas ans », se plaint-elle. « Comme il n'y a pas de gaz, les commerçants ont doublé le prix de leur stock restant. Il y a quelques jours, la bouteille de 2.000 FCFA était montée à 4.000 FCFA et celle vendue à 4.000 revient à 8.000 FCFA. Là encore, il va falloir trouver là où il est disponible. Ce qui n'est pas le cas à Niamey», explique-t-elle. Dans son foyer, Salamatou dit avoir pris l'habitude de faire la cuisine avec le gaz domestique. Le bois et le charbon ne lui rappellent que des mauvais souvenirs. « Le gaz nous a facilité la cuisine. Aujourd'hui nous n'en trouvons plus sur le marché, nous revenons au bois et au charbon, c'est dur mais avons-nous le choix ? il faut bien qu'on prépare pour la famille », se résigne-t-elle. Ces cas illustrent la situation difficile que vivent les populations de la capitale, suite à cette pénurie qui dure depuis plusieurs semaines.
Les causes des pénuries toujours non maitrisées, et les explications non satisfaisantes
Le Directeur Général de GANI-GAZ, M. Mohamed Mahamoud Ali et le Directeur des opérations de la société nigérienne des hydrocarbures SONIHY, M. Abass Samaila, expliquent que cette situation résulte du sous approvisionnement en gaz au niveau de la société de raffinerie de Zinder (SORAZ). Selon M. Mohamed Mahamoud Ali, «c'est le manque de gaz au niveau de la Raffinerie de SORAZ, parce qu'aujourd'hui cela fait plus de 2 à 3 mois que la Raffinerie ne nous donne que 5 à 6 citernes par jour au maximum et pour toute la consommation nationale, c'est très peu alors que GANI-GAZ à elle seule a besoin de 5 camions par jour. La seule solution à envisager pendant cette période est que l'Etat nous autorise à importer du gaz nous-mêmes de l'extérieur», propose le Directeur Général de GANI-GAZ.
Pour sa part, le Directeur des opérations de la société nigérienne des hydrocarbures SONIHY, estime que cette pénurie est due à des difficultés qui datent de longtemps. « Mais le principal problème du moment c'est au niveau de l'approvisionnement. Nous ne recevons pas les quantités suffisantes pour nos exploitations » précise M. Abass Samaila. « Ces difficultés ont été signalées à la SONIDEP depuis mai 2017, et aujourd'hui la SONIHY reçoit à peine une citerne par jour. Etant entendu que nous sommes représentée sur l'ensemble du territoire national, quelques 20 à 22 tonnes par jour ne peuvent pas régler le problème» ajoute-t-il. «En 2012, avec la mise en activité de la SORAZ, Société de Raffinage de Zinder, le gaz est produit localement et l'Etat, pour faciliter l'accès à cette source d'énergie aux populations, a fixé des prix à la vente sans subvention à 3.750 FCFA pour la bouteille de 12 kg et 1.800 FCFA pour la bouteille de 6 kg, a rappelé le directeur des opérations de la SONIHY».
Il faut noter que la société de raffinage de Zinder (SORAZ) a une capacité de chargement de 8 citernes par jour mais selon des explications techniques, la société nationale de produits pétroliers et d'hydrocarbures, comme les autres sociétés de distribution et de commercialisation, et même la SORAZ ne dispose pas, suffisamment, de réservoir pour stocker le gaz. En plus une partie de la production destinée à la consommation serait exportée frauduleusement. Selon un livreur qui a requis l'anonymat, en prenant le gaz à la SORAZ avec indication de desservir la région de Niamey, par exemple, certains opérateurs indélicats transportent en réalité leurs cargaisons jusqu'en territoire nigérian où ils les vendent à un prix d'or. Sans jamais payer le moindre franc en termes de taxe d'exportation. Malgré plusieurs dénonciations, ces fraudes continuent manifestement, privant les foyers nigériens de gaz domestique tandis que des sociétés bien connues se font de l'argent sur leur dos grâce à des activités illégales et attentatoires à la vie des utilisateurs. «Les pénuries de gaz continuent, donc, au gré des fraudes massives organisées par des hommes d'affaires ayant pignon sur rue à Niamey et ailleurs », estime-t-il. Selon une autre source, cette situation de pénurie est due à « un retard accumulé par les transporteurs qui sont chargés de livrer le produit ici à Niamey. Quand ils vont à Zinder, ils tardent avant de rentrer ».
M. Hamadi Youssef est membre l'Association pour la Promotion et la Défense des Droits des Consommateurs du Niger (APDDCN-Sawki), qui vise à contribuer à la lutte contre la vie chère et à faire la promotion des produits locaux et de leur production en qualité et en quantité. Pour lui, les premières pénuries de gaz dans notre pays, seraient dues au non versement par l'Etat des subventions prévues dans le cadre de la commercialisation de ce produit. En effet, lorsque le Niger a commencé à produire son propre gaz en 2011 à la raffinerie de Zinder (SORAZ), le gouvernement et les professionnels de la distribution de ce produit ont signé un accord pour fixer un prix subventionné. Ainsi la bouteille de 12,5 kg est vendue à 3.500 FCFA et celle de 6 kg à 1.800 FCFA par les sociétés de distribution à qui l'Etat reverse une compensation de 1.250 FCFA par bouteille de 12 kg à travers un mécanisme appelé Fonds de l'Energie.
«Le choix est clair, le gouvernement doit autoriser les distributeurs à vendre le gaz au prix réel», estime cet activiste. Ce prix dit réel tournerait autour de 6.000 FCFA pour la bonbonne de 12 Kg, vendue actuellement à moins de 4.000 et 3.000 FCFA la bonbonne de 6 Kg qui est à 2.000 FCFA. «En tant que source d'énergie, le gaz a beaucoup d'avantages comparé aux autres sources comme le bois ou le charbon. Il reste et demeure le combustible le plus utilisé après le bois de chauffe dans les ménages car ne coutant pas cher. Il est disponible en temps normal, presque dans tous les coins et recoins des quartiers de Niamey. Le marché de ce produit a favorisé la création des petites entreprises qui permettent principalement aux jeunes sans emplois de gagner leurs pains quotidiens », explique M. Youssef.
Cette pénurie est, selon le responsable du groupement des professionnels du gaz, prévisible depuis fort longtemps. Depuis 2011, les prix fixés par l'Etat étaient jugés irréalistes par les professionnels en l'occurrence les compagnies de distribution. Ces prix n'ont jamais été pratiqués par les détaillants qui augmentent 200 FCFA sur la bouteille de 6 kg, vendue à 2 000 FCFA au lieu de 1.800 FCFA, et 4.000 FCFA celle de 12 kg, cédée à 4.000 FCFA au lieu de 3.750 FCFA. « Ainsi, les détaillants ont officieusement augmenté leur marge bénéficiaire. Chose que ne pouvaient faire les sociétés formelles du domaine. Mais face aux mécontentements de ces dernières, le gouvernement s'était engagé à revoir les tarifs 6 mois après la fixation des prix. Hélas quatre années plus tard, le gouvernement ne tient toujours pas sa promesse », ajoute –t-il.
« Après plusieurs tentatives de dialogue initiées par le Groupement des professionnels du gaz (GPG), un comité Ad'hoc a été mis en place par le gouvernement mais, les conclusions auxquelles ont abouti les travaux de ce comité sont restées lettre morte. Pour ainsi décanter la situation des solutions ont même été enregistrées dans un document intitulé ''Rapport de synthèse des travaux du comité ad' hoc chargé de réfléchir sur la commercialisation du gaz domestique GPL''. Aussi en dehors des propositions de sorties de crise, ce rapport dresse également un certain nombre de recommandations devant permettre de préserver et pérenniser le secteur du gaz domestique au Niger », précise M Youssef. « Pour l'heure, il ne manque donc plus que la volonté politique pour sortir de l'impasse et aller de l'avant et pour cela seul le gouvernement est capable de parvenir à cette fin», estime-t-il. A défaut du versement de la compensation, les sociétés de distribution espèrent un retour aux anciens prix pratiqués (5.250 voire 5.500 FCFA pour la bonbonne de 12 kg et 2.500 à 3. 000 FCFA pour celle de 6 kg.

2000 tonnes de Gaz commandées pour juguler la pénurie
Face à la pénurie de gaz domestique à laquelle sont confrontées certaines localités du Niger et particulièrement Niamey depuis quelques semaines, le ministre du Commerce et de la Promotion du secteur privé Sadou Seydou, a animé, le 29 janvier dernier, un point de presse, pour expliquer les raisons de cette énième rupture de l'approvisionnement de ce combustible. Après avoir fait la genèse de la situation et ses conséquences, M. Seydou a expliqué les raisons de cette rupture. Il a aussi profité de cette sortie pour rassurer les consommateurs des dispositions prises par le gouvernement afin de stabiliser la situation. Selon lui, la SORAZ livrait jusqu'à huit citernes par jour et aujourd'hui, avec les quelques difficultés que nous observons dans le système, elle arrive à livrer moins de quatre citernes par jour. Ce qui ne couvre qu'une partie minime de la demande nationale. Une faible disponibilité du gaz domestique qui est accentuée par son exportation frauduleuse. Et la conséquence, c'est la rupture de l'approvisionnement.
En dehors de l'approvisionnement qui fait défaut, les besoins sont également en très grande hausse par rapport à la demande nationale. Pourtant, du gaz est exporté frauduleusement, ce qui réduit davantage la disponibilité nationale. « Ce qui crée la rupture, c'est aussi cette situation qui engendre l'augmentation des prix. Pour combattre ce problème il faut approvisionner le marché. Le gouvernement nous a instruits pour créer un stock de régulation et la SONIDEP a lancé une commande de 2.000 tonnes uniquement destinées aux marchés de Niamey. Quant à la quantité fournie présentement par la SORAZ, elle permettra de ravitailler les autres localités», avait annoncé le ministre du Commerce, devant la presse. M. Sadou Seydou a ensuite indiqué que l'Etat mettra tout en œuvre pour que les prix qui sont en vigueur soient respectés, mais aussi pour assurer l'approvisionnement du gaz au Niger. Il a mentionné que ce sont plus de 600 millions FCFA de différentiel que l'Etat supporte pour les 2.000 tonnes commandées pour couvrir les besoins pour deux à trois mois. « C'est insuffisant, mais nous devons agir pour que ce que nous disposons puisse être équitablement réparti à travers le pays », a-t-il ajouté.
Le ministre en charge du Commerce a assuré que la situation est sous contrôle et que le gouvernement est conscient du problème d'approvisionnement du gaz. « Mais, je dois vous rassurer que la situation que nous connaissons actuellement ne doit plus se répéter, avec les 2.000 tonnes que l'Etat a commandé », a-t-il indiqué. Le Ministre Seydou a rassuré les Nigériens que la SORAZ va reprendre sa production et l'Etat continuera à disposer d'un stock de sécurité pour des éventuelles ruptures. « Le Gouvernement est conscient de la situation, il a pris les choses en main et la situation sera très bientôt stabilisée par l'approvisionnement du pays à travers des interventions ponctuelles », a dit le ministre Sadou Seydou, tout en insistant sur les mesures prises pour veiller au respect des prix à tous les niveaux, ainsi que les dispositions prises pour maitriser les sorties frauduleuses. « Nous ne pouvons pas l'interdire, parce que nous sommes dans un commerce libéralisé, mais nous pouvons le rationaliser pour que l'approvisionnement du pays soit assuré » a-t-il indiqué.2--Chaine-de-remplissage-des-bouteilles-dans-une-socit-de-la-place

L'Etat initie plusieurs actions pour une meilleure gestion du secteur des hydrocarbures
Pour les acteurs de ce secteur d'activité, il est temps, au regard de la demande sans cesse grandissante, que le gouvernement autorise l'importation du gaz pour permettre de résoudre une fois pour toutes ce problème de pénurie. Dans le but d'assainir la gestion du secteur des hydrocarbures, dont la distribution et la commercialisation du gaz domestique, une convention a été signée le mardi 29 janvier 2019 entre le Ministère des Finances et le Bureau Veritas-GSIT et la SICPA pour un contrat de marquage des hydrocarbures. Ce qui permettra d'assurer un contrôle afin de sécuriser les recettes des produits pétroliers. Avec cette signature, le Niger vient ainsi de mettre en œuvre une technologie de marquage des hydrocarbures pour sécuriser ses recettes. A cette occasion, le ministre des Finances sortant M. Massoudou Hassoumi avait déclaré que « l'industrie pétrolière et gazière mondiale est confrontée à des fraudes de plus en plus sophistiquées, entraînant des pertes de recettes importantes pour les Etats producteurs du pétrole en raison de la contrebande, de l'adultération des produits, du vol de pipelines et des abus de subventions, qui constituent une menace importante pour nos économies ».
C'est pour faire face à ce fléau, que le gouvernement nigérien a retenu la technologie de marquage du carburant qui représente de manière précise l'une des voies légales de contrôle de tout le carburant (essence, diesel, kérosène) destiné à la consommation. Pour rappel, le Niger, déjà producteur et exportateur de pétrole depuis 2011, dispose actuellement d'une industrie pétrolière complète. Bientôt, le pays va augmenter sa production qui passera de 20.000 barils/jour à environ 110.000 barils/jour, d'ici 2021. Le Niger va aussi bénéficier d'importants revenus grâce à l'adoption en juin dernier d'un avenant avantageux au contrat de partage de production de son bloc pétrolier d'Agadem (nord-est), exploité par le consortium China National Petroleum Corporation (CNPC). D'après le ministre des Finances sortant, la signature de ce contrat de marquage des hydrocarbures permettra au Niger de tirer divers avantages, notamment la sécurisation et l'augmentation des recettes fiscales, la protection des consommateurs, la création d'emplois et le renforcement des capacités, le contrôle de la chaîne de valeurs avec des statistiques fiables, la protection de l'environnement, le développement de la qualité des carburants et des équipements.
La demande nationale en gaz domestique ne cesse de croître. Elle a progressé ces dernières années de façon fulgurante, passant de 3.000 tonnes par an à plus de 35 000 tonnes aujourd'hui. En effet, le gaz, ce combustible naturel, économique et disponible dans notre sous-sol, commence à prendre la place dans le bilan énergétique des ménages surtout urbains dans un pays en grande partie désertique et où la biomasse est la principale source d'énergie. Cependant, la récurrence et la multiplication, depuis quelques années, des pénuries de gaz à Niamey notamment, émoussent les efforts déployés chaque jour par les autorités et les populations pour lutter contre la déforestation et désertification dans un si vaste pays aux deux tiers (2/3) désertiques. Le Niger étant un pays producteur du pétrole, les autorités et les responsables de la Soraz doivent prendre des dispositions, pour éviter, à l'avenir, ces pénuries qui renvoient les ménages vers l'utilisation de bois de chauffe et qui engendrent des désagréments aux consommateurs. Le Niger a produit 44.000 tonnes de gaz depuis 2011. Avant la vulgarisation du gaz domestique, le pays consommait 200.000 tonnes de bois par an, ce qui correspond à 100.000 hectares de forêts détruits pour un pays aux 2/3 désertiques.

Mahamadou Diallo(onep)
07/02/19


prn-1Le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM. Issoufou Mahamadou, a regagné Niamey, hier en début de soirée, de retour de Ouagadougou (Burkina Faso), où il a pris part aux travaux du 5ème Sommet des Chefs d'Etat du G5 Sahel.
Au cours de ce Sommet, le Président Isssoufou Mahamadou, Président en exercice de G5 Sahel, et ses pairs du Burkina, du Mali, du Tchad et de la Mauritanie, ont échangé sur plusieurs points relatifs aux questions de sécurité et de développement dans la zone sahélienne. S'y ajoutent également de grandes orientations et options stratégiques assignées au G5 Sahel. Il importe de souligner qu'à l'issue des travaux du Sommet, le Président Isssoufou Mahamadou a passé le relai de la présidence en exercice du G5 Sahel à SEM. Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso.
Il ressort du communiqué final issu de ce 5ème Sommet que les Chefs d'Etat ont vivement remercié le Président en exercice sortant du G5 Sahel, SEM. Isssoufou Mahamadou, «pour son engagement constant à la cause du G5 Sahel et les avancées remarquables réalisées au cours de son mandat ». Cette détermination sans faille, dont a fait preuve le Président Issoufou Mahamadou à la tête du G5 Sahel, et qui a permis d'aboutir à des résultats édifiants, a été également soulignée et saluée, lors de la conférence de presse conjointe, par le Président en exercice entrant du G5 Sahel, SEM. Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso. Celui-ci a d'ailleurs clairement exprimé sa volonté de s'inspirer de ce bel exemple d'engagement du Président Issoufou, pour conduire le G5 Sahel à bon port.

SEM. Roch Marc Christian Kaboré, nouveau Président en exercice du G5 Sahel

A son tour le Président Issoufou Mahamadou, après avoir exprimé sa profonde satisfaction relativement aux conclusions issues du Sommet, a rappelé que le G5 Sahel a été créé sur la base de deux préoccupations, à savoir la sécurité et le développement. Il a ensuite donné un aperçu exhaustif sur les avancées réalisées sur le plan de l'opérationnalisation de la force conjointe qui est mise en place sur trois fuseaux qui sont le fuseau Est
(Niger-Tchad), le fuseau centre (Mali-Niger-Burkina Faso) et le fuseau Ouest (Mali-Mauritanie).
Il faut rappeler qu'à l'ouverture des travaux, le Président Issoufou Mahamadou, Président sortant du G5 Sahel, a prononcé une allocution dans laquelle il a réaffirmé sa ferme conviction, ainsi que celle de ses quatre autres homologues des pays du G5 Sahel à aller de l'avant dans le combat contre l'insécurité et pour le développement de nos Etats. « Notre combat pour la paix et la sécurité, dans notre espace, est inséparable de notre lutte pour le développement. Le terrorisme et le crime organisé sont des symptômes. Nous sommes déterminés à nous attaquer à la maladie dont ils sont le reflet : la pauvreté et les inégalités. A terme, c'est non pas les armes, mais l'éradication de celles-ci, qui nous permettra de vaincre définitivement le terrorisme», a-t-il souligné.

Assane Soumana(onep)
06/02/19


discour-prnMesdames et Messieurs,
Depuis le Sommet ordinaire de notre organisation, tenu à Niamey le 6 Février 2018, le terrorisme a fait de nombreuses victimes, civiles et militaires, dans l'espace du G5-Sahel. Ces victimes viennent s'ajouter à celles enregistrées les années précédentes. En leur mémoire, je vous demande d'observer une minute de silence...... Je vous remercie.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi d'exprimer nos sincères remerciements à notre hôte, mon frère et ami Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso, pour l'accueil chaleureux réservé à toutes les délégations participant à ce cinquième sommet ordinaire du G5 Sahel. Permettez moi également de saluer et de remercier nos différents partenaires qui nous honorent de leur présence et qui font preuve d'un engagement remarquable à nos côtés.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Le G5 Sahel a été créé, il y a cinq ans, autour de deux préoccupations majeures : la sécurité et le développement. Le bilan de la mise en œuvre de la feuille de route de la présidence nigérienne du G5 Sahel, centré sur ces deux questions majeures, vient s'agréger aux bilans précédents : ceux des présidences Mauritanienne, Tchadienne et Malienne.
S'agissant de la sécurité, on se rappelle qu'à partir de 2011, la crise libyenne, dans le déclenchement de laquelle les pays du Sahel n'ont aucune responsabilité, a amplifié les menaces des organisations terroristes et criminelles dans notre espace commun. Le terrorisme et le crime organisé n'ont pas de frontière : ils ont non seulement effacé les frontières géographiques entre pays, mais aussi la frontière traditionnelle qui existait entre sécurité intérieure et sécurité extérieure. Conscients de cela et au regard de la faiblesse de nos capacités, nous avons décidé de mutualiser nos moyens en mettant en place la Force-Conjointe du G5-Sahel.
A la prise de la présidence en exercice du G5 Sahel par le Niger, les ressources disponibles pour la première année de son opérationnalisation étaient de 294 millions d'euros pour des besoins de 423 millions d'euros. Une conférence fut convoquée, à Bruxelles, le 23 Février 2018, en vue d'obtenir le complément du financement. Cette conférence fut un grand succès et permit de mobiliser 414 millions d'euros.
En tenant compte des annonces supplémentaires faites après la conférence, les promesses se chiffrent aujourd'hui à 431 millions d'euros environ dont 267 millions effectivement versés. Le fonds fiduciaire créé pour recevoir les contributions des partenaires est opérationnel. C'est le lieu de remercier tous les partenaires pour cette marque de solidarité dont ils ont fait preuve vis-à-vis des populations du Sahel.
Pour rendre cette force opérationnelle, plusieurs autres activités ont été menées par les différents organes du G5 Sahel, notamment le Conseil des Ministres, le Secrétariat permanent et le comité de défense et de sécurité. Repartie en trois fuseaux, le fuseau Est (Tchad-Niger), Centre (Niger-Burkina-Mali) et Ouest (Mali-Mauritanie), je me réjouis de dire que la force conjointe est opérationnelle et a déjà mené plusieurs opérations notamment au niveau du fuseau centre. Je me réjouis également des accords de coopération signés entre cette force et la force Barkhane d'un côté et la MINUSMA de l'autre. Par contre, je regrette que nous ne soyons pas encore parvenus à la placer sous le chapitre 7 de la Charte des Nations-Unies.
Excellences, mesdames et messieurs,
La lutte que nous menons contre le terrorisme et le crime organisé est une lutte pour les droits humains. Voilà pourquoi nous nous efforçons de renforcer les liens entre justice et sécurité. Dans cette perspective, deux conférences ont été organisées le 22 Février 2018 et le 21 Janvier 2019, respectivement à Bruxelles et à Niamey.
C'est dans ce cadre aussi que la composante police, dont le concept est bien intégré dans les architectures sécuritaires de nos Etats, sera bientôt déployée dans les trois fuseaux de la force conjointe, avec des unités d'investigation spécialisées, des brigades prévôtales, des pôles judiciaires spécialisés ainsi que les autres éléments de la chaîne pénale, telle que l'administration pénitentiaire.
C'est le lieu de se féliciter de la mise en place récente, à Niamey, du réseau des Institutions Nationales de Défense des Droits de l'Homme (INDH) du G5-Sahel. Nous attachons beaucoup de prix à cette dimension de notre combat qui nous permet de nous démarquer des actes barbares de l'ennemi tout en consolidant la trinité peuple-Gouvernement et armée dans nos pays respectifs, ce qui permet de prévenir par ailleurs les conflits intercommunautaires que se propose d'exploiter le terrorisme. Les actions civilo-militaires entreprises par nos armées, contribuent certainement à renforcer la confiance des populations vis-à-vis des Etats.
S'agissant des organes de sécurité-défense du G5-Sahel, l'Académie Régionale de Police de N'Djamena est en cours d'opérationnalisation pendant que celle du Collège de Défense du G5 Sahel de Nouakchott est effective. Les activités du Collège Sahélien de Sécurité, quant à elles, ont démarré au mois de Mai 2018 à Bamako. Le centre de fusion des renseignements, installé à Niamey, est lui aussi opérationnel. La Plateforme Régionale de Coopération en Matière de Sécurité et ses démembrements nationaux ont pu commencer leur échange.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Notre combat pour la paix et la sécurité, dans notre espace, est inséparable de notre lutte pour le développement. Le terrorisme et le crime organisé sont des symptômes. Nous sommes déterminés à nous attaquer à la maladie dont ils sont le reflet : la pauvreté et les inégalités. A terme, c'est non pas les armes, mais l'éradication de celles-ci, qui nous permettra de vaincre définitivement le terrorisme.
Avec l'explosion démographique que connaissent nos pays, notre jeunesse, si nous n'arrivons pas à la nourrir, à l'éduquer, à la former, à la soigner et à lui trouver des emplois, aura tendance à céder de plus en plus aux sirènes du terrorisme. Voilà pourquoi, en plus de ce que nous faisons isolément au niveau national, nous avons conçu le Plan d'Investissements Prioritaires du G5-Sahel, validé en Juin 2017 à Bamako, plan qui a pour objectifs
la réalisation d'infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques, le renforcement de la gouvernance, de la défense et de la sécurité, la résilience et le développement humain dans les zones frontalières fragiles exposées aux menaces terroristes.
Ce plan était constitué de 105 projets dont le coût global est estimé à environ six (6) milliards d'euros. La première phase de ce plan, couvrant la période 2019- 2021, d'un montant de deux (2) milliards d'euros a fait l'objet de la conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds le 6 Décembre 2018 à Nouakchott. Cette conférence a permis d'enregistrer 2,4 milliards d'euros d'annonces. Le cadre de suivi de la mise en œuvre de cette première phase a été adopté au conseil des Ministres du G5 Sahel, le 3 Février 2019, ici-même, à Ouagadougou. Par ailleurs, des requêtes ont été déjà transmises à des partenaires pour des projets d'infrastructures routières, les termes de référence de l'étude de faisabilité du projet de chemin de fer reliant les capitales du G5-Sahel sont disponibles tandis que la réflexion sur la création d'une compagnie aérienne commune se poursuit.
S'agissant de la jeunesse et des femmes, couches les plus vulnérables dans le conflit qui nous oppose au terrorisme et au crime organisé, la Stratégie Intégrée de la Jeunesse (SIJ) et son plan d'action sont en cours d'élaboration pendant que la plateforme des femmes a été lancée le 12 Octobre 2018.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Le combat que nous menons contre le terrorisme et le crime organisé est multiforme. Il est non seulement sécuritaire et économique mais aussi idéologique.prn-2 C'est pourquoi nous avons décidé de mettre l'accent sur la prévention. Ainsi nous avons installé, au Niger, le 31 Octobre dernier, l'Antenne Nationale de prévention de la Radicalisation et de l'Extrémisme violent. Je sais que chacun de nos pays dispose de structures similaires mais nous devons organiser la riposte idéologique à l'échelle du G5-Sahel.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi, à nouveau de saluer et de remercier nos partenaires pour leur engagement à nos côtés. J'ai pu, tout au long de mon mandat à la tête de notre organisation, apprécier le niveau de cet engagement à plusieurs reprises notamment à Bruxelles, le 23 Février 2018, à l'occasion de la table ronde sur le financement de la force conjointe et à Nouakchott, le 6 Décembre 2018, à l'occasion de la conférence de coordination des partenaires
sur le financement du Plan d'Investissements Prioritaires (PIP). J'ai pu également le constater, sur le terrain, à travers les actions menées par la Force Barkhane. Je fonde l'espoir que cet engagement se poursuivra et se renforcera davantage et qu'ensemble nous triompherons du terrorisme et du crime organisé.
C'est sur cette note d'espoir que je déclare ouverts les travaux du 5ème Sommet ordinaire du G5-Sahel.
Je vous remercie. ».
Onep
06/02/19

AG/ONU

Editorial

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

lundi 17 décembre 2018

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !
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