Le Sahel

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Entretien avec le philosophe Paulin J. Hountondji :« Je pense que l'une des premières urgences en Afrique, dans les différentes disciplines est de nous autonomiser en regardant en face les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées aujourd'hui

Agrégé de philosophie, docteur ès lettres, le Professeur Pauli J. Hountondji a enseigné aux universités de Besançon, Kinshasa, et Lubumbashi. Depuis 1972, il enseigne à l'Université d'Abomey-Calavi au Bénin. Il est membre fondateur du Conseil Inter-Africain de Philosophie (CIAP). Suite au changement de régime consécutif à la Conférence des Forces Vives de la Nation de février 1990 au Bénin, il a successivement occupé les fonctions de Ministre de l'Éducation Nationale dans le gouvernement de transition (1990-1991), puis Ministre de la Culture et de la Communication (1991-1993). Chargé de mission du Président de la République, il démissionne en octobre 1994 pour reprendre ses enseignements. En 2009, il est Directeur du Centre Africain de Hautes Études dont le siège est à Porto-Novo au Bénin. Paulin J. Hountondji est auteur de nombreuses publications dont, Sur la « philosophie africaine »; « l'appropriation collective du savoir : tâches nouvelles pour une politique scientifique » ; « Les Savoirs endogènes : pistes pour une recherche » ; « Combat pour le sens ; un itinéraire africain » etc. De passage à Niamey où il a participé à au colloque international organisé par l'Institut de Recherche en Sciences Humaines (IRSH), le Professeur a bien voulu se confié au Sahel.
Professeur, vous participer au colloque de Niamey sur les sciences humaines et le défi du développement en Afrique. Et à cette occasion vous rendez un hommage à trois chercheurs nigériens décédés en 2014 et 2015. Peut-on savoir les sentiments qui vous animent?
Je ne les connaissais pas tous, mais parmi eux, il y a un que j'ai particulièrement connu, que j'ai souvent vu, que j'ai souvent rencontré, et que j'ai considéré comme un ami. Je ne savais pas qu'il était mort. C'est en recevant l'annonce de ce colloque que j'ai appris que Diouldé Laya était mort. J'ai aussi très bien connu celui qui lui avait succédé à l'époque, Mangoné Niang, qui était un brillant anthropologue et linguiste sénégalais, et qui est mort il ya deux ans et demi. Je suis heureux de me retrouver une fois de plus au Niger. J'ai déjà eu plusieurs occasions d'y venir.

Le thème de votre colloque, c'est le rapport entre les sciences humaines et le développement ; quel rapport vous établissez entre le développement en Afrique et les sciences humaines ?
Il y a plusieurs volets, plusieurs aspects, et plusieurs niveaux de développement. Disons qu'en ce qui me concerne, je mets beaucoup l'accent sur le développement intellectuel et scientifique, ou plus exactement, je mets l'accent sur l'effort que nous devons faire pour devenir parfaitement autonomes et maîtres de notre savoir et de notre technologie. Je pense que les intellectuels africains, les hommes de science africains, dans toutes les disciplines, y compris dans les sciences humaines et sociales, ne doivent pas se contenter de ressasser ou de rabâcher les thèmes qui font l'actualité chez leurs homologues occidentaux. Je pense que l'une des premières urgences en Afrique, dans les différentes disciplines est de nous autonomiser en regardant en face les problèmes auxquels nos sociétés sont confrontées aujourd'hui.

Professeur, est-il illusoire de penser qu'en Afrique le développement sera en laissant en marge les sciences humaines et sociales ?
Non, absolument pas ! Je dis que les sciences humaines et sociales sont soumises aux mêmes exigences et aux mêmes nécessités que toutes les autres disciplines. C'est-à-dire qu'il s'agisse des sciences exactes et naturelles, ou des sciences humaines et sociales, la première chose que nous avons à faire est de devenir nous-mêmes. C'est à cette condition que nous pourrons participer efficacement au développement économique, au développement politique, au développement social, et au développement humain en général.

Quelle est donc l'attitude que doivent avoir les décideurs africains par rapport aux sciences humaines et sociales qu'on a tendance à négliger ?
Je crois qu'il ne faut pas en vouloir aux décideurs africains. Il faut les laisser faire, et qu'il appartient aux hommes de sciences africains de s'imposer progressivement par la qualité et la pertinence de leurs travaux. Mais d'un autre côté, les décideurs politiques, doivent être eux-mêmes suffisamment intelligents, et suffisamment conscients des problèmes de leurs sociétés pour interpeller directement ou indirectement les intellectuels et les chercheurs qu'ils ont à leur disposition. Ils doivent poser à leurs intellectuels, à leurs universitaires, à leurs chercheurs les questions qui leur paraissent les plus importantes, les plus décisives, pour améliorer la situation actuelle de leurs sociétés, et de ce fait, ils doivent pouvoir encourager les chercheurs et les soutenir par tous les moyens y compris par des moyens financiers conséquents pour améliorer effectivement la qualité de leurs productions.

Oumarou Moussa(onep)
www.lesahel.org

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