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Quartier Birni de Zinder : Siège des Sultans fondateurs et bâtisseurs du Damagaram


zderLa ville de Zinder, ancienne capitale du Niger de 1911 à 1926, chef -lieu de la région présente des sites historiques et culturels incontestables. La capitale du Damagarawa était un carrefour entre l'Afrique au nord et celle au sud du Sahara avec les cités-Etats du Nigéria dans le cadre du commerce transsaharien et entre l'ouest (Niamey) et le kanem (Tchad).
Le vieux noyau urbain ou vieille ville, plus connu sous l'appellation de ''Birni'' construit autour d'énormes massifs granitiques revêt une importance historique avec le Sultanat du Damagaram. L'imposant ensemble architectural couvre une superficie d'environ 1,2 ha clôturé d'un mur d'enceinte comprenant de nombreux bâtiments à l'intérieur.
Le quartier ''Birni''était protégé par une impressionnante muraille construite entre 1855 et 1856. Les vestiges sont encore visibles en quelques endroits. Les remparts de Birni comptent 7 portes qui sont les suivantes : à l'ouest la porte de Sankara ; au sud-ouest la porte de Cianciandi ; au sud la porte de Bawréwa ; au sud-est la porte de Murya ; au nord-est la porte de Badaawa ; au nord-est la porte de Dan Ladi ; au nord la porte de Zongo. Toutes ces portes ou''Koffa'' en haoussa ont joué un rôle socio-économique, culturel et/ou religieux dans la ville de Zinder.
Selon le capitaine Foureau qui y séjourna en novembre 1899, ce sont des murailles en terre de 9 à 10 m de hauteur sur 12 à 14 m à la base aux environs des portes. Lors de la construction du mur sur recommandation des marabouts et des chasseurs (qui détiennent des pouvoirs mystiques) plusieurs sacrifices ont été faits par les bâtisseurs. Aussi, l'explorateur allemand Henri Barth a séjourné quelque temps au milieu du XIXe siècle plus précisément en 1855, dans le quartier de Birni et l'emplacement de sa maison, aujourd'hui détruite est marqué par une plaque.
Le quartier a gardé son tissu urbain ancien et toutes ses caractéristiques. C'est à Birni que l'on trouve les maisons les plus emblémamtiques de Zinder. Les bâtiments dominant à Birni, sont le Palais du Sultan de Zinder et la grande mosquée de Zinder. Le réseau de rues du XIXe siècle et l'architecture haoussa traditionnelle avec les maisons aux façades ornées. Ces infrastructures ont été préservés dans leurs structures de base. De nombreuses maisons qui étaient en mauvais état ont été restaurées en 2005 dans le cadre d'un projet culturel. Elles présentent les témoignages de la splendeur et de l'intérêt artistique et esthétique de l'architecture haoussa.
À côté du Palais, se trouve la mosquée considérée comme la mosquée du Sultan qui fut longtemps Mosquée du Vendredi. Sa réalisation remonte au début du règne et pour d'autres, pendant le règne de Tanimoune, entre 1850 et 1855. Mosquée soudanaise de type tombouctien, la construction présente un plan globalement carré et un aspect extérieur relativement massif.

Le Sultan Tanimoune bâtisseur du sultanat

Le Palais aurait été construit sous le règne de Tanimoune l'un des plus célèbres fondateurs de le sultanat du Damagaram entre 1850 et 1852 sous la supervision du maître maçon Mahaman Giwa. Situé au cœur de Birni, capitale historique du Damagaram, le Palais est la propriété du sultanat. Il représente donc le pouvoir coutumier. Chaque sultan est en quelque sorte le gardien du Palais ; il a l'obligation d'y résider et de l'entretenir. Environ 450 personnes fréquentent régulièrement le Palais, parmi elles, 82 notables, 162 gardes, 12 personnes chargées de son entretien ainsi que de très nombreux serviteurs. Le palais vit également au rythme des fêtes et autres cérémonies qui se déroulent tout le long de l'année. Il est largement ouvert sur l'extérieur et représente ainsi le patrimoine culturel de Zinder. La particularité de ce site est également son caractère décoratif qu'on peut assimiler à certaines régions haoussa de Katsina ou de Kano au Nigeria. La vieille ville de Zinder, le district de Birni et le palais du Sultanat ont été ajoutés au site du patrimoine mondial de l'UNESCO au Niger en 2006.

Par Abdoulaye Harouna
Source : Direction du Patrimoine Culturel et des Musées - Ministère de la Culture

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