Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

Célébration de la Fête des éleveurs ou ''Hottungo'' à Birni' N'Gaouré : Promouvoir le pastoralisme et la cohésion sociale

 

 

 


culture-1Le département de Boboye vibrera du 9 au 10 février prochain aux rythmes du festival '' Hottungo''. Cette fête basée sur le pastoralisme, vise à promouvoir et à maintenir les liens culturels entre communautés sédentaires et nomades. Cet évènement de grande envergure est porté par l'Association Kawtal Waafakey, les organisations d'éleveurs et la Commune Urbaine de Birni'N'Gaouré. Le thème de cette année est ''Paix et Développement à travers la culture''. Pour en savoir un peu plus sur le déroulé de cette manifestation culturelle, nous avons interviewé Mme Sani Fatouma Marou, présidente de l'association Kawtal Waafakey.
Pour Mme Sani, le Hottungo est devenu presque une institution permanente célébrée annuellement dans le but d'instaurer de façon perenne, l'unité, la sécurité et le dialogue entre les communautés, de promouvoir la fraternité, le travail et le progrès. Cette fête vise aussi à assurer un développement permanent de la localité. Selon elle, l'élevage est un facteur important de l'économie nigérienne ; il a des systèmes complexes et diversifiés. Le système d'élevage pastoral basé sur l'exploitation optimale des ressources naturelles grâce à une mobilité itinérante des troupeaux encore appelé pastoralisme reste une pratique courante au Niger. « En célébrant cet évènement hottungo, nous voulons faire la promotion du pastoralisme qui est un sujet d'actualité et occupe une place de choix dans les débats politiques et les stratégies de développement », a-t-elle fait savoir.
Au cours de cet évènement, plusieurs sous thèmes seront développés, notamment la recherche de solution consensuelle pour permettre une bonne cohabitation entre éleveurs et agriculteurs, et la sensibilisation des éleveurs et des acteurs impliqués dans la mobilité pastorale de façon à obtenir une meilleure prise de conscience pour une cohabitation pacifique, a précisé Mme Sani. Il est prévu également, d'identifier les meilleurs éleveurs qui se sont faits distingués par une bonne conduite de leur troupeau en vue de les récompenser.culture-2
Kawtal Waafakey compte aussi organiser des séances de sensibilisation sur la santé animale, faire comprendre aux populations la mise en œuvre de la stratégie de l'Initiative 3N et ses atouts pour l'élevage. Les acteurs de l'élevage et de l'agriculture vont discuter de la possibilité de créer un réseau des leaders des éleveurs mobiles pour permettre d'échanger sur les problématiques de la transhumance transfrontalière.
Pour elle, l'idée de lancer cet évènement culturel vient naturellement d'un constat qui est là visible partout : en tant que nigérien et/ou africain de façon générale, on tend à délaisser la tradition. « On perd les repères ; il faut changer la donne et la seule façon de réinsuffler un esprit de fierté, c'est de magnifier notre culture, de l'exhiber. C'est pour cela que notre association organise des manifestations de ce genre pour s'inspirer du savoir-faire ancestral des peulhs et du talent des éleveurs à s'occuper de leur troupeau. Aussi, il s'agit pour l'organisation kawtal Waafakey de créer une belle occasion de partager un message fort interpellateur, celui d'une paix et d'un développement durable à travers la culture. Durant deux jours, plusieurs délégations venues des quatre coins du Niger vont échanger sur des thématiques relatives à la paix et à la cohabitation pacifique.

Au menu, un programme riche et varié

Pour la présidente de l'Association, Mme Sani Fatouma Marou, c'est une organisation qui vise l'intégration des hommes et des femmes dans le processus de développement économique, social et culturel, elle contribue à l'éducation et à la sensibilisation des communautés rurales, trouve des mécanismes et des solutions adéquates à leurs problèmes, surtout par rapport aux conflits agriculteurs et éleveurs, à travers des activités récréatives.
Selon la présidente, le choix du département de Boboye pour accueillir ces festivités s'explique d'abord par la proximité avec la capitale ; c'est une zone admirablement sécurisée et qui offre toutes les facilités culturelles nécessaires à l'organisation de ce genre d'activités. Cet évènement est l'expression concrète de la solidarité et de la coopération interculturelle. Et c'est une zone avec une forte communauté d'agriculteurs et d'éleveurs. A Boboye, il y a un vrai mélange ; la population est cosmopolite et plutôt bien intégrée. Et, avec des festivals culturels comme ''Hottungo'', ce sont des évènements ouverts à tout le monde qui permettront d'offrir des opportunités à des gens qui ne connaissent pas véritablement la culture peuhle de la découvrir avec toute sa richesse et sa diversité. Le Hottungo sera une manifestation d'envergure et sera un évènement à la fois festif, jeune et populaire.
Elle a expliqué qu'au programme, on y trouvera « des prestations des artistes, des concours culturels notamment des poèmes, des hommages aux éleveurs, des expositions de créations d'œuvre d'art, de décoration intérieure des maisons favorisant ainsi un brassage. Nous allons recevoir le dimanche des officiels ; leur faire des visites autour des tentes Il y aura ensuite une prestation une artiste directement venue du Burkina Faso, Hamsatou Barry, puis de Fati Mariko. Suivra le défilé faggo et le défilé des vaches avec en ligne de mire un éleveur qui parle aux vaches. Il y aura un langage mimique entre lui et les vaches : tout ce que le berger dira aux vaches, les vaches vont exécuter. '' Courez, elles vont courir ; ''levez-vous'', elles vont se lever ; ''asseyez-vous'', elles vont s'asseoir», a-t-elle expliqué.
Cette manifestation sera un moment de retrouvailles entre les éleveurs de la région et ceux des autres régions. Durant 48 heures, ces bergers vont oublier le stress de la vie et sûrement les couacs de certaines organisations faitières pour ne voir et retenir que l'essentiel, celui qui fait notre identité : la culture. Défilés, chants et danses vont ponctuer cette rencontre.
Les spectateurs vont suivre avec enthousiasme toutes ces animations des peulhs. Ils seront là pour magnifier cette culture dans toute sa diversité et l'importance de son apport socio-économique dans notre pays.
Mme Sani Fatouma mentionne que les woodabés ou Peuls nomades du Niger fêtent la fin de la saison des pluies à travers Geerewol qui consiste en un concours de beauté masculine. Au cours de ladite cérémonie, les jeunes adolescents se présentent parés de leurs plus beaux habits et mettent en évidence leurs dents blanches et leurs yeux brillants. Les peulhs célèbrent notamment le Sharoo, le Hotungo, le Geroual, la flagellation, les défilés de mode.
Parlant du secteur culturel, elle a soutenu le travail abattu pour faire la promotion entrepreneuriale et culturelle. C'est un combat important conduit par les acteurs pour restaurer cet esprit et de plus en plus le nigérien est jaloux de sa culture. « Nous devons apprendre à aimer notre culture, à nous l'approprier en parlant des coiffures et des habits importés. Aujourd'hui, on doit être fier d'arborer ces coiffures et tenues traditionnelles. Avoir un style propre à nous, je conseille aux gens d'être fiers de leur identité culturelle. Porter son héritage partout où on va, c'est important. Cela peut être un boubou, un collier, un sac typiquement africain et c'est magnifique. C'est un message parlant que tu lances aux autres, d'enclencher une conversation avec des gens qui ne connaissent pas vraiment ta culture, un moyen de pouvoir parler de notre pays, de faire sa promotion, présenter l'endroit où on vit et d'où on vient », a-t-elle soutenu. A travers des rencontres culturelles, la présidente estime «qu'on doit montrer une autre image de notre pays et mettre en avant notre beauté, notre créativité, car nous avons cette authenticité qui nous est propre et qu'il serait dommage de négliger. Nos cultures sont si riches si variées ».

Par Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)
08/02/19

 

 

 

Culture

Interview : Apolline Traoré, réalisatrice Burkinabè : «L'Afrique a d'énormes opportunités d'histoires extraordinaires à …

Interview : Apolline Traoré, réalisatrice Burkinabè : «L'Afrique a d'énormes opportunités d'histoires extraordinaires à raconter. Il y a encore de longues années d'exploitation», estime la réalisatrice burkinabè

Apolline Traoré est surtout connue à travers ses longs métrages, notamment Moi Zaphira en 2013, Frontières en 2017, Desrances sorti en fin 2018. Mais elle a commencé à réaliser des courts métrages depuis les années 2000 avec The Price of Ignorance (Le Prix de l'ignorance) en 2000, (sur la victime d'un viol à Boston, aux États-Unis), et Kounandi (La Personne qui porte chance) en 2003, sur une naine rejetée de tous. Elle réalise son premi...

19ème édition du Marché International du Cinéma Africain, en marge du 26ème FESPACO : Une participation remarquable pour…

19ème édition du Marché International du Cinéma Africain, en marge du 26ème FESPACO : Une participation remarquable pour le Niger

C'est en 1983, soit 14 ans après la création du Festival Panafricain du cinéma et de la télévision d'Ouagadougou (FESPACO) que le Marché International du Cinéma Africain (MICA) a vu le jour. Cet espace qui, depuis fait partie des activités du FESPACO est né de la volonté des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel du continent d'avoir un marché autonome et propre au film africain. Pour sa 19ème édition qui a eu lieu du 24 février a...

12ème édition du FIMA en marge du Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Africaine en 2019 à Niamey : Le …

12ème édition du FIMA en marge du Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Africaine en 2019 à Niamey : Le FIMA de retour à Niamey

Le Promoteur du Festival International de la Mode en Afrique (FIMA) M. Seidnaly Sidahmed Alphadi a organisé une conférence de presse, hier matin, à l'auditorium Sani Bako du Ministère des Affaires Etrangères. Cette conférence de presse a pour Objectif d'informer l'opinion nationale et internationale sur la tenue, en juillet 2019, à Niamey, de la 12ème édition dudit festival. C'est le ministre du Tourisme et de l'Artisanat M. Ahmed Boto ...

Musique moderne nigérienne : John Sofakolley refait surface

Musique moderne nigérienne : John Sofakolley refait surface

A l'état civil, il se nomme Abdou Halidou Maiguizo, mais tout le monde l'appelle John Sofakolley. Une carrière en dents de scie mais un talent indéniable pour celui qui vient de loin et qui participe à des causes humanitaires.Avant les années 2000, Abdou Halidou Maiguizo était en vue sur la scène musicale nigérienne. Il l'était tant pour son savoir-faire, que pour son engagement et sa créativité. A travers cet art, il a inspiré plus d'u...

26ème FESPACO / "La vie de Château" long métrage, 81 mn des réalisateurs Cédric Ido et Modi Barry, sorti en 20…

26ème FESPACO / "La vie de Château" long métrage, 81 mn des réalisateurs Cédric Ido et Modi Barry, sorti en 2017, projeté en séance spéciale au Ciné Burkina : Dans le quotidien tumultueux d'une communauté cosmopolite

"La vie de Château" : ce sont les différentes facettes de ces communautés dont les membres venus d'horizons divers poursuivent leurs rêves. Un film sur une thématique qui n'est certainement pas nouvelle, mais qui reste toujours d'actualité comme le désir de tous ceux-là qui s'illusionnent pour une meilleure vie de l'autre côté de la méditerranée.Nous sommes dans la zone de la Station Château d'Eau de Paris, où le film "la Vie de Château...

« Ma belle-mère Ma Coépouse » : La vie mouvementée d'une mégère

« Ma belle-mère Ma Coépouse » : La vie mouvementée d'une mégère

Sorti en 2018, « Ma belle-mère Ma Coépouse », 75 mn du réalisateur nigérien Moussa Hamadou Djingarey, était en projection panorama au FESPACO 2019.Tourné à Agadez, ville du nord Niger, « Ma belle-mère Ma Coépouse » porte sur la vie d'un jeune couple, Raicha une femme touarègue de 25 ans, mariée à Hamada, un instituteur d'une autre ethnie. La vie paisible que mène ce couple sera mise à rude épreuve par Agaïsha, la mère de Hamada qui, obn...

Cinéma/Bibata est partie : La véritable histoire d'une femme

Cinéma/Bibata est partie : La véritable histoire d'une femme

Sorti en 2018, le film "Bibata est partie'', est un court métrage de 30 mn de la réalisatrice nigérienne Nana Hadiza Akawala. Dans ce documentaire, elle est à la recherche de son amie perdue de vue depuis une dizaine d'années. En selection aux compétitions du 26ème FESPACO, le film tourné en langue Zarma, et sous titré en français a été projeté le 27 février dernier au ciné Nerwaya de Ouagadougou.Bibata était une de ces femmes communéme...

Fin de la 26ème édition du FESPACO : L'étalon d'or de Yennenga pour Joel Karekezi du Rwanda avec ''the Mercy of the jung…

Fin de la 26ème édition du FESPACO : L'étalon d'or de Yennenga pour Joel Karekezi du Rwanda avec ''the Mercy of the jungle''

Les lampions du 26ème Festival Panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) se sont éteintes le 2 mars dernier au Palais des sports de Ouaga 2000, avec une cérémonie officielle de clôture très grandiose. Plusieurs personnalités dont les présidents Paul Kagamé du Rwanda, Ibrahim Boubacar Keita du Mali et l'ancien président ghanéen John Jerry Rawlings étaient à cette occasion aux côtés de Roch Marc Christian Kaboré, ...

Culture/concert live au CCFN/JR : Le Rwandais Yvan Buravan, lauréat 2018 du Prix Découvertes RFI enchante le public de N…

Culture/concert live au CCFN/JR : Le Rwandais Yvan Buravan, lauréat 2018 du Prix Découvertes RFI enchante le public de Niamey

      Dans le cadre de sa tournée africaine, l'artiste, chanteur rwandais Yvan Buravan, lauréat 2018 du Prix Découvertes RFI s'est produit en concert live, le samedi 2 mars 2019, dans la soirée, au Centre Culturel Franco-Nigérien Jean Rouch (CCFN/JR) de Niamey. Cette tournée africaine se tient en partenariat avec l'Institut français de Paris, l'un des partenaires du prix découverte RFI. A cette étape de Niamey, les mel...

Cinéma / Desrances : En quête d'un héritier, il doit se contenter d'une héritière

Cinéma / Desrances : En quête d'un héritier, il doit se contenter d'une héritière

      «Desrances », le long métrage de Appoline Traoré du Burkina Faso,sorti en fin 2018 est un des 20 films en lice pour l'étalon d'or de Yennenga au Fespaco 2019. En 1h45 mn, la réalisatrice nous mène en Haïti que Francis a dû quitter après le massacre de sa famille par les soldats d'un régime dictatorial, et la Côte d'Ivoire où l'infortuné espère refonder la famille Desrances. Mais, est-il au bout de ses peines ?Une...

AG/ONU

Editorial

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

lundi 17 décembre 2018

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

L'invité de Sahel dimanche

Audiences

Dossier

Education : Rencontre de validation des curricula …

Education : Rencontre de validation des curricula des écoles de formation artistique et culturelle

Les cadres du ministère de la renaissance culturelle, des arts et de la modernisation soci...

mardi 19 mars 2019

Rencontre cinématographique : Au cœur du cinquante…

Rencontre cinématographique : Au cœur du cinquantenaire du FESPACO

Le Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) est sans do...

jeudi 14 mars 2019

52ème Session de Formation des Jeunes Journalistes…

52ème Session de Formation des Jeunes Journalistes au Caire : L'Egypte entre tradition et modernité

Du 9 au 30 novembre dernier, l'Union des Journalistes Africains (UJA), en partenariat avec...

jeudi 7 mars 2019

L'air du temps

Quand la racaille excelle dans le vol à l'arraché

Quand la racaille excelle dans le vol à l'arraché

Mais enfin, quelle mouche a pu piquer tous ces jeunes gens qui écument les rues de notre c...

jeudi 14 mars 2019

Newsletter

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.