Le Sahel

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Tinni Abdou


conferenceLe ministre de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, M. Assoumana Malam Issa, était récemment en visite à Paris, où il a pris part à une conférence de presse organisée au siège de l'Unesco. Principale annonce faite au cours de cette rencontre avec les médias : la tenue d'un FIMA spécial, à Niamey, à l'occasion du sommet de l'Union Africaine, prévu pour se tenir en juillet prochain dans notre pays. Il sera placé sous la thématique ''industrie et créativité, une nouvelle dynamique vers l'intégration africaine'', comme indiqué dans un dossier de presse, distribué au gotha de la mode, particulièrement africaine, qui était au rendez-vous.
Il faut signaler la présence des ambassadeurs du Niger à l'Unesco et en France, leurs excellences Inoussa Ousseini et Ado Elh. Abou, du sous - directeur général de l'Unesco pour la Priorité Afrique et les relations extérieures et de Sid Ahmed Seidnaly Alphadi, président fondateur du FIMA, ambassadeur de bonne volonté du Niger et artiste de l'Unesco pour la paix.
Dans son intervention introductive, le ministre Assoumana Malam Issa a précisé que c'est au regard de l'engagement politique des autorités nigériennes, qui ont fait de la culture un pilier de la renaissance et de la modernisation sociale, que la décision de la tenue de cette 12ème édition a été prise. Un engagement national, sous-tendu par l'objectif, plus global, au niveau continental, de la valorisation du savoir-faire artistique africain et de notre patrimoine culturel commun.
Cela d'autant plus qu'au Niger, « nous sommes convaincus par les capacités réelles du secteur de la mode, donc de la culture, à s'ériger, aujourd'hui plus hier, en vecteur de développement à part entière, de nos sociétés et de nos Etats », a-t-il dit, ajoutant que « la culture permet, à l'occasion des grandes rencontres internationales (à l'image du prochain sommet de l'UA), de sensibiliser les uns et les autres, sur la nécessité de rapprochement des peuples de ce monde. »
Même son de cloche de la part du président fondateur du FIMA. M. Alphadi a tenu à remercier les autorités nigériennes et les responsables de l'Unesco pour leurs soutiens multiformes, depuis la création du festival, qui fut le point de départ de cette magnifique aventure, de la création et de l'imagination, il y a aujourd'hui plus d'une vingtaine d'années.participants Il a précisé que cette douzième édition s'étalera sur 4 jours et réunira de nombreux artistes, à travers plusieurs défilés et un déroulé de 4 nuits dédiées respectivement au Niger, à la musique, aux panafricanistes et enfin aux chefs d'Etats, qui seront tous habillés et griffés de la marque Alphadi.
Intervenant à leurs tours, le sous-directeur de l'Unesco, le représentant permanent du Niger à l'Unesco et d'anciens mannequins africains ont tenu à rendre hommage à Alphadi pour les énormes efforts qu'il aura déployés jusqu'ici pour le rayonnement de la mode africaine. Il a, ont-ils dit en chœur, « grâce à son audace, à son courage, à son tempérament de battant et à son immense créativité, conquis le monde entier. »
Ils se sont félicités qu'il ait ainsi « ouvert la voie à de nombreux jeunes stylistes et créateurs de mode africains, qui n'ont plus besoin de traverser les frontières et les mers, à la recherche de paradis illusoires. »
L'ambassadeur du Niger en France a lui donné l'assurance, à tous ceux qui voudront participer au FIMA spécial 2019, que le service consulaire de l'ambassade prendra toutes les dispositions utiles pour la délivrance, à cet effet, des visas de voyages. Il faut enfin noter que la conférence de presse a débuté après l'exécution de l'hymne national, chanté par une grande cantatrice française.
Moussa Hamani A/P Ambassade du Niger en France
10/05/19


CultureC'est à travers le personnage d'Aline dans la série" Monia and Rama " de la réalisatrice burkinabè Apolline Traoré, qu'Amélie M'Baye a fait son entrée dans le cinéma en 2002. Et l'aventure continue avec cette réalisatrice, puisque dans son long métrage Frontières, sorti en 2016 c'est Amélie qui joue le rôle principal, celui d'Adjara. Elle a joué le rôle principal dans ce film qui raconte la vie des commerçantes africaines confrontées aux violences douanières, à la corruption et aux stéréotypes. Débordante d'énergie, cette Sénégalo-Américaine, vivant depuis 1999 entre Dakar et Los Angeles, est aussi sollicitée par d'autres réalisateurs, et sur d'autres scènes. L'un des derniers films dans lequel on la retrouvera est la série policière Sakho et Mangane qui passe sur Canal+ Afrique depuis le 25 mars 2019.
Présenter Amélie M'Baye juste comme actrice, c'est méconnaitre son caractère polyvalent comme l'illustre le chemin qu'elle a parcouru. Après des études de langues étrangères et de tourisme à l'Ecole Internationale de Tunon en Normandie (France), cette dame née à Dakar, a fait d'abord carrière dans le tourisme, l'aéronautique en tant que membre du Personnel Navigant Commercial (PNC) pour Air Luxembourg, Air Sénégal, à la télévision en tant que présentatrice de programmes à la RTS. Amélie M'Baye est également Maîtresse de Cérémonie(MC) dans différents shows à Dakar, et Los Angeles, ou mannequin. Mimi, comme elle est surnommée par son entourage, qui est chanteuse, enregistre des voix en studio, pour les doublages. Elle est interprète, car elle parle le Français, l'Anglais, l'Espagnol, le Portugais, et bien sûr le Woloff sa langue maternelle.
Une carrière d'actrice qui lui réussit
Mais c'est surtout le cinéma qui révèle Mimi. Et, c'est son amie, Apolline Traoré qui lui a mis le pied à l'étrier en 2002 avec sa série " Monia and Rama " tournée à Ouaga. Amélie y a joué le personnage d' "Aline la vipère". « C'était assez difficile car étant aussi amie avec Apolline, certaines personnes dans l'équipe avaient du mal à accepter qu'elle fasse venir une actrice Sénégalaise de Los Angeles pour ce rôle principal. Alors qu'ayant été présente depuis l'écriture et ayant lu le scénario j'ai aussitôt aimé le personnage d'Aline et Apolline m'a fait confiance », explique Amélie. Teint noir, du haut de ses 1,78 cm, Mimi s'affirme bien sur toutes les scènes comme chanteuse, actrice, MC. « J'aime bien jouer les rôles de femme à forte personnalité, battante, défendre la condition féminine en général ». Mais tient-elle à relever, « je suis fatiguée des rôles où je suis méchante car en Afrique ça colle à la peau et les gens vous identifient comme telle ; aussi je n'aime pas jouer les rôles ou je suis obligée de montrer mon corps, car je suis pudique ». Ainsi, Mimi soutient-elle le mouvement #mêmepaspeur à travers lequel des femmes qui sont dans le métier du cinéma ont dénoncé ouvertement les violences et harcèlements dont sont victimes des actrices. «Trop c'est trop, il faudrait que hommes comme femmes sachent que la Loi est pour tout le monde, quel que soit le pays, quels que soient les coutumes et quel que soit la culture. Dans notre milieu du cinéma, l'intimidation pour obtenir un rôle a été pendant longtemps un problème et continue hélas de l'être », s'indigne Amélie.
Déterminée, Amélie M'Baye continue de tourner en tant qu'actrice. Les cinéphiles la retrouvent dans Sakho & Mangane, une série policière réalisée en 2018 par Jean-Luc Herbulot, Toumani Sangaré et Hubert Laba Ndao et qui est diffusée sur Canal +Afrique depuis le 25 mars. Dans cette série, Amélie joue le rôle de la femme d'un des policiers. Elle intervient vers la fin dans un « rôle assez spécial ».
Amélie M'Baye est aussi le personnage principal de Golden une autre série télévisée que les téléspectateurs pourront suivre à partir du 27 avril sur la télévision du groupe TFM, en s'abonnant sur Marodi TV.
Quand on lui demande si elle envisage de devenir réalisatrice ou de se lancer dans la production, Amélie répond : «pour l'instant je continue à tourner dans les propositions de contrat en tant qu'actrice. On verra pour la suite, car oui il y a des projets qui se profilent à l'horizon ».
Souley Moutari (ONEP)
(3/04/2019)


CultureBasée à Paris en France, la styliste, créatrice de mode et conseillère en image Mme Bellamy Biba Amadou Kountché, est nigérienne. Après trois (3) ans d'exercice pratique, elle sort la marque ''Mabiba'' qui propose un style moderne avec un détail qui frappe et qui fait la différence, créant ainsi la surprise. Le samedi 28 février dernier, à l'occasion de la présentation de sa première collection avec pour thème''la paix au Niger ''et pour slogan ''le Niger se porte et s'exporte'', elle a fait découvrir au public, composé notamment de grands stylistes comme Alphadi, la touche Mabiba qui est une signature de la culture occidentale et africaine par des pièces
sublimes.
Alliant inspiration occidentale et africaine, Mabiba maitrise son travail, du dessin à la confection. Sa vision de la mode : pas d'extravagance, il faut seulement selon elle que l'originalité, la simplicité prime sur tout autre aspect. Dans ses créations, elle utilise beaucoup de matières tirées de la culture nigérienne, notamment la broderie, l'artisanat d'Agadez et met en avant différents types de tissus, de textiles qu'elle assemble, ajuste dans un style novateur. Selon ses explications, pour ce défilé de sa première collection, le hall d'entrée du Palais des Congrès de Niamey a été complètement réaménagé avec un décor sublime pour accueillir l'édition de défilé de mode de la nouvelle marque de ligne de vêtement et accessoires '' Mabiba''. Une collection en toute fluidité, en toute simplicité dans l'élégance, la modernité également avec des détails de la couture, inspiration touarègue. Ses filles ont défilé en couleur blanche qui représente la pureté, le mélange des matières comme le Bazin, la soie, le coton et tous ces tissus achetés ici au Niger pour contribuer à l'économie locale et surtout confectionner avec finesse pour créer de l'emploi au Niger. Les vêtements Mabiba sont particulièrement destinés aux hommes et aux femmes actives et modernes. Mabiba crée des tenues audacieuses à la fois actuelles et pratiques.
Suite à une reconversion professionnelle, elle a eu à travailler en immersion dans des magasins très connus en France lui permettant de comprendre le métier et de monter parallèlement son projet de création de mode. Mme Bellamy développe d'autres activités à sa marque pour la faire rayonner davantage tout en essayant de faire tout en douceur pour inonder les marchés.
'' J'aime des tissus et des créations qui racontent des histoires''
« Je me suis lancée dans la mode, j'aime voir les gens qui entreprennent et qui ont envie d'être utiles. Je puise mon inspiration de mon environnement, surtout je m'inspire de ma culture, des hommes et des femmes. Je suis toujours à l'affût de la nature, du paysage et de tout ce qui est beau et bien à regarder », raconte-t-elle. Mabiba commence effectivement à se faire connaitre pour ses modèles futuristes au style à la conquête de l'espace. L'idée qu'on se fait de la mode africaine nous pousse à être ambitieux, de proposer des nouvelles choses et d'aller toujours plus loin.
Mme Bellamy avoue que la création n'est pas du tout facile ; c'est comme, a-t-elle dit, être un chanteur où il y'a des hauts et des bas. Malgré les difficultés, il ne faut point baisser les bras. Pour la styliste, il n'y a pas de magie : seul le travail, la détermination, la rigueur paient. L'Afrique peut renaitre et elle y croit fermement. Ce que Biba donne comme conseils, c'est de vraiment s'investir et petit à petit les choses iront mieux, il ne faut point se presser.
« Je ne suis pas toujours habillée en wax mais c'est un tissu que j'aime beaucoup, que j'ai déjà travaillé dans une de mes collections. On peut le porter pour être moderne, ce n'est pas uniquement réservé à nos ainées et ou à nos mamans. Ce tissu est non plus une tenue réservée exclusivement pour les cérémonies de baptême et de mariage. On peut porter le wax pour des sorties entre amis, des diners, des cocktails ; en le travaillant, on essaie juste de le faire revivre, de l'ennoblir à notre goût. J'aime surtout tous les tissus qui racontent une histoire, montrer la valeur, l'identité de ces derniers. Nous créateurs, nous devons aller au fin fond des villages et hameaux à la rencontre des artisans, des tisserands traditionnels qui font du très beau travail, valoriser nos tissus au plan international, c'est ainsi que nous grandissons », a soutenu Biba Amadou Kountché.

Aïssa Abdoulaye Alfary (ONEP)
(29/03/2019)


cultureL'actrice principale du film fiction de ''Toula'' du réalisateur nigérien feu Moustapha Alassane a aujourd'hui la soixantaine sonnée. L'ancienne actrice incarnait la fille sacrifiée par son oncle, le roi du village de ''Yalambouli'' où loge dans la mare un génie. ''Toula'' est aujourd'hui mère de deux enfants (une fille et un garçon). Depuis sa retraite, Solange Delanne vit en France où elle dirige une association de chorale. « Nous organisons des concerts dans les lieux de culte religieux pour collecter des recettes afin de soutenir des centres d'orphelinat ou des centres médicaux en produits pharmaceutiques. Nous faisons des actions de charité pour aider les enfants en difficulté», a-t-elle
expliqué.

Le contexte du film
Parlant du titre du film fiction en question, ''Toula'', l'artiste pense que c'est toute une culture, c'est tout un peuple, tout un Niger. Le film est tiré de la légende qui raconte le sacrifice d'une jeune fille pour mettre fin à la colère des dieux, qui font régner une terrible sécheresse sur le pays. Il n'y a plus d'espoir pour les hommes ni pour les animaux. Un devin convoqué par le roi exige le sacrifice d'une jeune femme pour apaiser leur colère. C'est ainsi que Toula est désignée. En face de la situation, un jeune homme amoureux de Toula, le nommé Ado, décide de la sauver. Ce dernier décide de partir à la recherche de l'eau pour sauver sa bien-aimée et éviter le sacrifice. Mais quand il revient avec de bonnes nouvelles de l'eau, il est trop tard : le sacrifice est déjà fait. Les dieux ont été satisfaits et Toula a disparu dans l'étang sacré, avalée par le génie des eaux qui est un serpent.

Casting de la fiction
Solange Delanne a été détectée à l'âge de 17 ans par le réalisateur du film lors de la semaine sportive scolaire. Elle était une jeune lycéenne jouant dans l'équipe de basketball du Niger. Le fait de jouer le rôle de ''Toula'' n'avait pas provoqué de résistance auprès de ses parents. Au contraire, a-t-elle indiqué, sa famille l'avait encouragée. « J'étais une jeune fille très attirée par ma culture. Ceci m'avait motivé à accepter d'être l'actrice. Et depuis ce film, je n'avais plus continué la carrière du cinéma. Vous savez, dans la vie, il y a des choses qui arrivent d'elles même. Après, j'avais poursuivi mes études en lettres modernes et je me suis mariée pour avoir une fille et un garçon qui sont devenus tous grands», a-t-elle confié.
Après ses études à l'université de Niamey, elle avait enseigné l'anglais et le japonais au CEG I de Niamey en qualité d'auxiliaire. Toula était traductrice d'anglais en français avec le programme de l'USAID. Toula-dans-le-rle-du-gnie-de-leauElle avait également
travaillé avec le corps de la paix. Solange Delanne a ensuite passé 17 ans à l'ICRISAT en tant
qu'adjointe à l'administration de l'institution.
Pour l'actrice, le film peut être revu et amélioré surtout avec le développement de la technologie en matière d'audiovisuel. Mais, «la vision de l'un est différente de l'autre en matière d'œuvre. Sinon, Moustapha Alassane a sa propre inspiration dans la réalisation du film de ''Toula'' tourné ici même à Niamey», apprécie-t-elle avant d'appeler les jeunes artistes à vivre leur passion et dépasser ses limites pour défendre leur identité et les intérêts de leur pays.
Seini Seydou Zakaria(onep)
22/03/19


CultureApolline Traoré est surtout connue à travers ses longs métrages, notamment Moi Zaphira en 2013, Frontières en 2017, Desrances sorti en fin 2018. Mais elle a commencé à réaliser des courts métrages depuis les années 2000 avec The Price of Ignorance (Le Prix de l'ignorance) en 2000, (sur la victime d'un viol à Boston, aux États-Unis), et Kounandi (La Personne qui porte chance) en 2003, sur une naine rejetée de tous. Elle réalise son premier long-métrage Sous la clarté de la lune en 2004, et en 2008, une série télévisée, Le Testament.
Agée aujourd'hui de 43 ans, Apolline Traoré a fait ses études à l'Emerson College de Boston, aux Etats Unis, un établissement réputé dans les domaines de l'art et de la communication. En 2005 elle rentre au Burkina Faso et travaille avec le cinéaste Idrissa Ouedraogo, son mentor.
Dans cette interview réalisée à l'occasion du 26ème FESPACO, la réalisatrice parle des thèmes de ses films, notamment Frontières doublement récompensé au Fespaco 2017, Desrances qui venait juste de sortir.

Frontières, votre long métrage sorti en 2017 aborde des thèmes comme l'insécurité sur les routes, les tracasseries et obstacles à la libre circulation, la lutte des femmes pour leur autonomisation. Qu'est-ce qui vous a inspiré pour la réalisation de ce film ?
Il y a des débats ces derniers temps par rapport aux conventions de la CEDEAO ; on entend les populations qui se plaignent des tracasseries au niveau des frontières. Ce que moi je n'arrivais pas à comprendre, pourquoi il y a des tracasseries, si on veut partir au Benin, au Niger, au Nigéria, etc. alors que les lois autorisent de voyager librement. Il y a donc un problème par rapport à ce que les gens vivent et ce que je connais des lois. Je me suis dit que ce serait une bonne idée de raconter une histoire, puisqu'on n'entend parler que de l'immigration entre l'Afrique et l'Occident, entre le Nord et le Sud, or on a encore des problèmes entre nous ici. Finalement, j'ai décidé de prendre moi-même la route avec une équipe, pendant trois semaines. J'ai recueilli tout ce que vous avez vu dans le film, et j'ai même un peu adouci certaines choses, puisqu'il y a des réalités qui étaient encore plus dures. C'est comme ça que j'ai monté Frontières, après avoir entendu et vécu la réalité. Il était important pour moi de dévoiler ce qui est inconnu pour beaucoup de personnes.
On découvre aussi à travers le film, un autre aspect, la volonté des femmes de gagner leur autonomie, au prix de beaucoup d'efforts. Avez-vous cherché à donner une certaine image de la femme à travers le film ?
Oui, quand vous voyez le film, la première image, c'est une femme qui ouvre la fenêtre sourit et qui prend de l'air. C'est la liberté, parce que concernant la femme africaine on a tendance à la mettre dans un cocon, c'est une personne qui s'occupe de sa famille. Et après mes recherches, beaucoup d'interviews, j'ai appris que beaucoup de femmes ont des problèmes : avec leurs maris, la société, il y a ces tracasseries sur la route. Pour ce qui est d'autres, elles se battent, à la fin de la journée elles n'ont pas grand-chose comme recette et bien que ce soit dur, elles continuent de faire des efforts pour nourrir leurs familles. Il y a un aspect de « free dom » chez ces femmes. Cette liberté de faire ce qu'elles voulaient, de la manière dont elles voulaient, ce qui est pour elles très important que de rester à la maison.

Juste deux ans après Frontières vous sortez Desrances qui est en compétition à ce 26ème FESPACO ; cela veut dire que vous ne rencontrez pas les problèmes de financement dont se plaignent beaucoup de cinéastes africains ?
Rires... Ah oui je rencontre ce problème-là. Mais la solution est peut être, que ce que je me refuse de faire, c'est prendre trop de temps pour avoir un projet. J'ai toujours des projets dans le sac, dès que je termine un, je commence le développement de l'autre et puis après ce sont les opportunités qui viennent. Quand j'ai fini Frontières, pendant que j'étais en train de faire la promotion, et j'ai la chance que les actrices principales du film étaient aussi dans une disposition d'aller faire aussi la promotion du film, j'ai commencé à écrire Desrances. Et c'est aussi le succès de Frontières qui ouvre les portes pour les prochains. J'ai donc commencé à travailler sur ce scénario-là, et on a eu la chance au niveau du Burkina Faso, le Chef de l'Etat a donné une subvention pour des films. Comme j'étais déjà avancé sur mon film j'ai postulé et j'en ai bénéficié. Pour vous dire que si je n'avais pas reçu la subvention de l'Etat, je ne serai pas là au FESPACO avec ce film, parce que cette subvention a participé à 50% de mon budget, qui était d'environ 700 millions de francs CFA.
Concernant justement Desrances, qu'est-ce qui vous a motivé pour sa réalisation ?
Le film a deux sujets principaux : premièrement c'est le traumatisme de la guerre sur un être humain, parce que mon acteur principal est un haïtien qui vit le traumatisme de la guerre chez lui, et puis il vient en Côte d'Ivoire et revit encore une guerre civile. Je m'interroge donc sur ce que la guerre peut faire à un être humain. Le deuxième sujet est la question de la transmission du nom. Nous avons une société où le garçon « est très important ». Mais, je me demande, si on transmet le nom à un enfant, est ce que cela n'est pas aussi important quand c'est une fille ? Est-ce que finalement donner le nom suffit, plus que donner l'éducation, la culture ? Desrances, le nom de l'acteur principal du film c'est l'héritage que cet haïtien qui vient d'un pays que la guerre a détruit, veut garder. Si son nom disparait, son identité disparait, d'où l'importance pour lui d'avoir un garçon pour perpétuer ce nom. Mais il oublie qu'il a une fille de douze ans qui sera extraordinaire. Et on s'interroge si la transmission dont il est question est juste un nom ou aussi un héritage spirituel, éducatif,... Et si vous regardez l'affiche du film, il y a une phrase qui dit : « il lui a donné un nom, elle lui a donné un espoir ».
Dans notre société j'entends dire qu'il a 4, 5 filles, il n'a pas de garçon, il n'est pas important... C'est aberrant ! Je vois des familles où justement il y a des filles, un garçon et les filles ont réussi et le garçon traine. Est-ce que ça veut dire que cette famille n'est pas représentative ou elle n'a pas réussi ? C'était donc important pour moi de faire ce film. Quand j'ai commencé à l'écrire, j'ai posé la question à beaucoup de personnes qui me disaient "Ah oui, la fille est importante, mais je veux quand même le garçon " ! Ça reste toujours quelque chose de cette culture africaine.
Comment voyez-vous l'avenir du cinéma ? Croyez-vous aussi qu'il est en Afrique comme le disent certains cinéastes africains ?
Oui, bien sûr puisqu'on n'a pas encore exploité tout ce qui peut être exploité. L'Occident, fait du cinéma depuis très longtemps ; je crois qu'ils sont "saturés au niveau originalité, contexte, histoire". L'Afrique est neuve sur ce plan, il y a beaucoup de pays aux cultures peut être similaires. L'Afrique a d'énormes opportunités d'histoires extraordinaires. Il y a encore de longues années d'exploitation.

Quelles sont vos attentes en tant que cinéaste, au moment où la FEPACI vient de tenir son congrès, en marge du cinquantenaire du FESPACO ?
Nos attentes c'est d'arriver à unir notre Afrique. C'est vrai que la FEPACI, on en parle depuis longtemps, moi personnellement je n'ai pas vu grand-chose d'accompli. Et j'espère avec tout l'engouement que le cinéma est en train de susciter aujourd'hui, que la FEPACI fasse plus de choses. Ce n'est pas que des congrès, des débats. Quelles sont les actions qu'ils ont menées, quels sont les cinéastes qu'ils ont pris sous leurs ailes, pour en faire quelque chose. C'est ça que moi j'attends, qu'ils nous aident à avoir une industrie cinématographique, non seulement dans chaque pays, et nous unir.
Pour ce qui est du FESPACO, je suis particulièrement fière qu'il ait 50 ans. Et je suis fière d'être burkinabè ; mon seul regret est que je fête ce cinquantenaire sans mon parrain, mon mentor, Idrissa Ouédraogo. J'essaierai au plus profond de moi de l'honorer.

Réalisée par Souley Moutari (ONEP)
(19/03/19)


FespacoC'est en 1983, soit 14 ans après la création du Festival Panafricain du cinéma et de la télévision d'Ouagadougou (FESPACO) que le Marché International du Cinéma Africain (MICA) a vu le jour. Cet espace qui, depuis fait partie des activités du FESPACO est né de la volonté des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel du continent d'avoir un marché autonome et propre au film africain. Pour sa 19ème édition qui a eu lieu du 24 février au 1er mars 2019, en marge du cinquantenaire du FESPACO, le MICA s'est installé à la Place de La Nation, au centre de Ouagadougou. La délégation du Niger était présente à ce 19ème MICA où elle a pris un stand, avec au programme plusieurs activités pour la visibilité et le développement du cinéma nigérien.

Présents lors des différentes projections, les membres de la délégation nigérienne ont mené également, d'autres activités. Comme l'a indiqué le Directeur général du CNCN, M. Sani Magori, ils ont saisi cette opportunité pour des rencontres professionnelles et vendre aussi l'image du pays. Entres autres activités, il y a eu la cérémonie de vernissage du livre intitulé Oumarou Ganda, le cinéaste de la révolte des pauvres, coécrit par Harouna Niandou et Maizama et édité par le CNCN. Aussi, les centres de la cinématographie de la Tunisie, du Maroc, du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso et celui du Niger représenté par M. Sani Magori ont signé dans le cadre d'un projet, un mémorandum en vue de permettre la réalisation des films dans de bonnes conditions. Le Niger a adhéré également au projet d'ouverture d'un pavillon de cinéma africain à Cannes.
La conférence sur le thème « mémoire et avenir du cinéma nigérien»animée par M. Harouna Niandou, a permis au public d'avoir une vue sur le cinéma nigérien. Le conférencier qui fut à l'origine journaliste, critique de cinéma, a évoqué les trois temps du cinéma nigérien. La période, a-t-il rappelé, celle dite des anciens va de 1950 aux années 1980. Ce temps a été marqué par des difficultés, mais aussi la détermination des acteurs. Malgré tout, a relevé le conférencier, les cinéastes comme Oumarou Ganda, Moustapha Alassane, Inoussa Ousseini, etc ..., ont réussi à montrer la voie à tous ceux qui sont venus dans le domaine par la suite. La deuxième période que M. Harouna Niandou appelle celle « des vaches maigres », de la léthargie du cinéma nigérien va approximativement des années 1980 à 2000. Il y a eu selon le conférencier une stagnation dont personne ne voulait assumer la responsabilité. « Nous avons vogué de l'espoir à la désillusion », a-t-il fait remarquer.
Le troisième moment est selon M. Harouna Niandou celui de la relance, du cinéma au Niger. « Cette période que nous vivons actuellement s'est enrichie de plusieurs événements ayant permis de promouvoir le secteur », a-t-il déclaré, citant entre autres faits caractéristiques la montée de jeunes réalisateurs, acteurs, et techniciens, formés aussi bien à l'IFTIC, que dans la sous-région et à travers le monde. «Pour eux, le cinéma, c'est la seconde école professionnelle ; ils se sont ouverts à la profession avec succès », explique M. Harouna Niandou. Parmi ces jeunes, il cite Kandine Aborak, Sani Magori réalisateur du documentaire Koukan Koutchia ; Moussa Hamadou Djingarey réalisateur des films Retour au Pays, le Pagne, Ma belle-mère, ma coépouse ; Aicha Macky réalisatrice de l'Arbre sans fruit, etc. Aussi, il a relevé l'avènement de la femme dans le cinéma nigérien. En tant que réalisatrices, actrices ou techniciennes, les Nigériennes ont décidé de s'investir dans le 7ème art, et parmi ces femmes, Aicha Macky a remporté ces dernières années plusieurs prix avec son documentaire l'Arbre sans fruit, portant sur l'infertilité chez les couples.
Le mode de diffusion des films s'améliore également comme l'a mentionné le conférencier et la technique passe de l'analogique au numérique ; ce qui donne plus de facilité de travail et une meilleure qualité de l'image, du son. Autant d'éléments qui fondent les acteurs du domaine à croire à une relance du cinéma nigérien. «Les talents existent, ils ont surtout besoin d'appuis » s'accordent-ils à dire.
Avis des professionnels du 7ème art sur le MICA
M. Berni Goldbat, est un cinéaste, réalisateur, producteur helvético burkinabè, et pilote le projet du ciné Guimbi à Bobo Dioulasso. Il est le réalisateur du long métrage Wallay. M. Berni Goldbat, trouve qu'il y a une grande différence entre le 19èmeMICA et les éditions précédentes. La préoccupation posée entre les deux FESPACO, concernant l'emplacement du site MICA qui était à la périphérie de la ville, a été prise en compte, car le marché est logé cette année au centre-ville de Ouaga. M. Berni Goldbat apprécie bien le MICA, qui est un lieu de rencontres professionnelles, avec des conférences de presse qui ne désemplissent pas, des projections de films, des stands pour les centres nationaux de cinématographie, des boites de production, des médias. « On peut vraiment appeler ça un marché de cinéma africain », estime le cinéaste. A la tête du projet de la renaissance du Ciné Guimbi à Bobo Dioulasso, dont l'ouverture est annoncée pour novembre 2019, M. Berni Goldbat se réjouit également de la célébration du cinquantenaire du FESPACO. «C'est un moment important pour le cinéma africain », souligne-t-il.
À propos du MICA, c'est un avis un peu diffèrent qu'exprime M. Alex Moussa Sawadogo, de Ouaga Film Lab, un dispositif mis en place par le "Collectif génération film" depuis 2016 pour soutenir les réalisateurs africains. Pour M. Alex Moussa Sawadogo, le MICA aurait pu être mieux organisé pour ce cinquantenaire, afin qu'il y ait plus d'acheteurs, de producteurs de films.
Ouaga Film Lab appuie les jeunes réalisateurs à faire aboutir leurs projets, explique-t-il. Le film Duga, en compétition au 26ème FESPACO fait partie des premiers projets portés par ce dispositif, ainsi que le documentaire nigérien Etincelles qui était en panorama.

Souley Moutari Envoyé spécial (ONEP)
(14/03/19)


FIMA-077A1431Le Promoteur du Festival International de la Mode en Afrique (FIMA) M. Seidnaly Sidahmed Alphadi a organisé une conférence de presse, hier matin, à l'auditorium Sani Bako du Ministère des Affaires Etrangères. Cette conférence de presse a pour Objectif d'informer l'opinion nationale et internationale sur la tenue, en juillet 2019, à Niamey, de la 12ème édition dudit festival. C'est le ministre du Tourisme et de l'Artisanat M. Ahmed Boto qui a présidé cette conférence de presse en présence du Ministre Conseiller du Président de la République et Directeur Général de l'Agence UA 2019 M. Mohamed Saidil Moctar, du Secrétaire Général du Ministère de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, M. Harou Moussa, du Coordonnateur du CELHTO et chef de mission de l'Union Africaine au Niger, M. Komi Tublu, du Représentant Résident de l'UEMOA au Niger, M. Serigne Mbacke Sougou et de plusieurs autres invités.
A l'entame de cette conférence, le promoteur du FIMA a, dans son mot introductif, salué l'ensemble des partenaires du FIMA. Il a exprimé toute sa reconnaissance aux plus hautes autorités nigériennes pour le soutien et les appuis nécessaires qu'elles ne cessent d'apporter au Festival.
Il a profité de cette occasion pour exprimer tout son engagement et toute sa volonté de poursuivre son effort de promotion de l'Art, de la Mode et de la Culture africaine en générale et celle du Niger en particulier.
Alphadi a aussi réitéré son engagement à apporter son soutien au Niger dans l'organisation du Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union Africaine.
Le FIMA sera de retour au Niger. Ainsi en prélude à l'organisation de ce sommet, la 12ème édition se tiendra à Niamey.
A cette occasion, le promoteur a annoncé plusieurs activités dont entre autres : un salon de mode, un colloque international pour le financement de la mode, un cadre d'échange entre les artisanats, les créateurs et les acteurs de la chaine artistique et de la mode, et bien d'autres surprises, a-t-il annoncé.
Prenant la parole à leur tour, le Coordonateur du CELHTO, le Chef de Mission de l'Union Africaine au Niger, M. Komi Tublu, et le représentant Résident de l'UEMOA au Niger, M. Serigne Mbacke Sougou ont réitéré l'engagement de leurs institutions respectives à accompagner l'organisation de cette 12ème édition. Ils ont aussi rendu un grand hommage au promoteur du FIMA pour son engagement dans la promotion de l'Art et de la culture
africaine.
Au nom du ministre de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale, empêché, le Secrétaire Général dudit ministère M. Harou Moussa, a lui aussi salué cette initiative avant de réitéré les encouragements de son ministère.
Le ministre du Tourisme et de l'Artisanat et le Directeur de l'Agence UA-Niger 2019 ont quant à eux réitéré l'engagement du Gouvernement a accompagné cette initiative d'Alphadi. Ils ont souligné que c'est une occasion en or pour notre pays de se faire connaitre
davantage aux yeux du monde entier. Les deux ministres ont aussi invité tous les Nigériens à soutenir cette initiative, creuset de paix, d'intégration africaine et du développement.
Ali Maman (ONEP)
(08/03/19)


JohnA l'état civil, il se nomme Abdou Halidou Maiguizo, mais tout le monde l'appelle John Sofakolley. Une carrière en dents de scie mais un talent indéniable pour celui qui vient de loin et qui participe à des causes humanitaires.
Avant les années 2000, Abdou Halidou Maiguizo était en vue sur la scène musicale nigérienne. Il l'était tant pour son savoir-faire, que pour son engagement et sa créativité. A travers cet art, il a inspiré plus d'un. Il aime jouer de la guitare, un instrument avec lequel il se balade partout, toujours accroché à ses épaules
« Mes parents étaient des exodants qui ne voulaient point que je chante car ne venant pas d'une lignée de griots. Mais à force de chanter et d'imiter les grandes voix musicales, j'ai abandonné les bancs de l'école en classe de 3ème pour me consacrer uniquement à ma passion. Ainsi, de 1974 à 1881, j'étais parti voir mon oncle au Mali pour apprendre les BA.ba de cet art, lui fait de la musique et a su se frayer un chemin dans le monde musical malien. Une fois là-bas, j'étais ''la bonne à tout faire'' en ce sens que tous les sales boulots me sont confiés. Je transportais leur matériel de musique, on m'envoyait pour acheter les paquets de cigarettes, des petites choses de moindre importance pour me décourager. Et moi je savais pourquoi je suis là, donc j'acceptais sans broncher et au finish ils ont compris ma témérité et ont commencé à m'apprendre la musique » a souligné l'artiste. Ainsi, il fait ses premiers pas avec les maliens avant de retourner au bercail et là, dans les années 85, il a commencé à fréquenter le Centre de Formation Professionnelle et Technique. « Je partais pour des répétitions et je rends grâce à Allah pour cet apprentissage. Et remercier profondément ceux qui m'ont soutenu et continuent à m'épauler. Merci pour tous ceux qui ont pris de leur temps pour me polir et m'aider dans cette carrière musicale » se réjouit-il.

Le temps de gloire et le retour sur scène

A travers ces mots aimables, on comprend aisément, la joie qui anime notre artiste de faire de cet art un vrai métier. Mes amis et mon oncle m'ont d'ailleurs encouragé. C'est de mon oncle que vient mon goût pour la musique, il aimait beaucoup chanter et s'adonnait corps et âme à ce métier, donc je ne peux que suivre ses pas. J'ai fait le tour du pays avec lui pour ses concerts. J'ai un peu pris de l'âge et ce qui est d'ailleurs inévitable, le plus important aujourd'hui pour moi c'est d'aimer ce que je fais et de continuer à servir mon pays. Toutes ces années passées à l'extérieur c'est de l'expérience.
Parlant toujours de sa carrière il rappelle qu'il a été pour la première fois sur scène en 1982. Il était guitariste et chanteur. C'est ainsi qu'il s'est fait connaitre par le public nigérien à travers le Prix Dan Gourmou lors duquel il a décroché le premier prix en février 1989. Il composait des supers sons depuis Dosso dont les plus connus par les Nigériens Dosso Bangou, Taboussissé,.... Parmi ses tubes, plusieurs ont eu un succès fou auprès du public, grâce auquel il a beaucoup voyagé dans tout le Niger. John s'est également produit dans plusieurs pays notamment au Japon où on lui a appris à jouer la guitare. Un parcours qui n'a pas été sans difficultés, a-t-il expliqué la première difficulté est d'ordre financier. «Trouver de l'argent pour se produire, ce n'est pas facile. Raison pour laquelle de nombreux artistes talentueux restent dans l'ombre. L'autre difficulté, c'est la piraterie, une vielle maladie qui nous ronge progressivement. Nous sommes là les anciens qui avions tout donné à la musique mais nous sommes négligés. Beaucoup de nos artistes, nous les avions formés pour être là où ils sont présentement. Je veux sortir un album, par manque de moyens, j'ai un peu arrêté. J'ai mon groupe arc en ciel avec Sofakolley en février 1989 le premier prix dan Gourmou. En 1993, j'ai changé le groupe en ''Saguera'' et cela a bien marché car j'arrivais à avoir des commandes pour des animations lors des grandes soirées culturelles. Je viens de finir l'album qui veut tout simplement dire en langue locale '' je suis de retour''. Nous avions plein de projets avec Malam Barka mais malheureusement il nous a quittés » a-t-il soutenu.

L'album '' John et wizza''

Selon John, «cette génération des années 80-90 fait de la bonne musique et l'actuelle est en train de tituber. De nos jours les musiciens veulent s'enrichir vite. Ils rêvent beaucoup. Ils ne veulent pas fournir assez d'efforts et veulent à tout prix grandir. Seule la patience paie ». Le nouveau groupe de John s'appelle donc'' Wizza'' pour dire qu'il est de retour, «je reviens en force pour montrer les vrais talents du Niger. Nous sommes huit dans le groupe, avec des choristes, des batteurs, des guitaristes, des solistes, des pianistes, des chorégraphes....Nous évoluons en équipe et nous nous entendons bien. J'ai collaboré avec beaucoup d'artistes qui sont bien connus sur le plan national. J'aborde des thématiques les plus sensibles sans heurter la sensibilité des uns et des autres. Cela n'empêche pas à ce que le message passe. Je reste respectueux de toutes nos valeurs positives. D'ailleurs, tout le monde sait que travailler honnêtement et à la sueur de son front pour gagner sa vie est une règle de la vie qui est très recommandée par l'islam » a-t-il précisé avant d'indiquer que les autorités doivent aider les artistes afin de faire sortir des vrais albums, des albums dignes et compétitifs. La culture a besoin d'être réorientée, et aux artistes de s'unir, d'être solidaires.
«En ce qui concerne mes projets, j'en ai plusieurs que je suis en train de préparer avec mon groupe wizza. Nous sommes en répétition pour des nuits nostalgiques que nous comptons organiser en collaboration avec certaines institutions de la place.»
Aïssa Abdoulaye Alfary (ONEP)
(08/03/19)


Fespaco"La vie de Château" : ce sont les différentes facettes de ces communautés dont les membres venus d'horizons divers poursuivent leurs rêves. Un film sur une thématique qui n'est certainement pas nouvelle, mais qui reste toujours d'actualité comme le désir de tous ceux-là qui s'illusionnent pour une meilleure vie de l'autre côté de la méditerranée.
Nous sommes dans la zone de la Station Château d'Eau de Paris, où le film "la Vie de Château" a été tourné. Homme imposant, Charles est le chef d'un groupe de rabatteurs employés par les salons de coiffure afro. Surnommé le « Prince », Charles le sapeur officie sur son "territoire", ici juste un bout de trottoir, où les éventuelles clientes sont recherchées. Mais ce n'est pas sans frictions entre les concurrents. Malgré tout Charles semble tirer son épingle du jeu. Il envisageait même de racheter le salon d'un barbier kurde et tourner le dos à la vie de rabatteur. Mais c'est sans compter avec les intrigues de ses rivaux.
Sur un scénario riche en paroles, qu'ils ont coécrit avec Joseph Denize, et avec un bon casting, des plans d'ensemble, gros plans sur des personnages plein d'humour, les réalisateurs Cédric Ido et Modi Barry donnent agréablement à apprécier le visage d'une certaine Afrique, en France. Un milieu où chacun cherche à s'affirmer. On le voit à travers les personnages de Moussa et Bebe qui vont jusqu'à tremper dans des larcins. Moussa en prend bien pour son indélicatesse, de la part de Sonia qui avec Djenaba, s'efforcent de gagner leur vie dignement. Tout comme le Prince qui se reprend, apparaissant dans une des dernières séquences du film, bien fringué, tout de blanc vêtu résolu à continuer ce qu'il sait faire de mieux.
Dans ce film, il y a un peu tout ce qui fait la vie de cette communauté cosmopolite : les moments de désillusion, d'amour, d'espoir, mais aussi la bonne ambiance des soirées animées par Serge Beynaud, la star ivoirienne du coupé-décalé. Un film à voir.

Souley Moutari Envoyé spécial (ONEP)

07/03/19


image-daffiche--Ma-belle-mre-Ma-Copouse---Sorti en 2018, « Ma belle-mère Ma Coépouse », 75 mn du réalisateur nigérien Moussa Hamadou Djingarey, était en projection panorama au FESPACO 2019.
Tourné à Agadez, ville du nord Niger, « Ma belle-mère Ma Coépouse » porte sur la vie d'un jeune couple, Raicha une femme touarègue de 25 ans, mariée à Hamada, un instituteur d'une autre ethnie. La vie paisible que mène ce couple sera mise à rude épreuve par Agaïsha, la mère de Hamada qui, obnubilée par ses préjugés contraint son fils à mettre fin à ses relations avec Raicha.
Le couple a dû recourir à un simulacre de divorce avec la complicité malicieuse d'Aghali, le mari de la mère de Hamada. Le stratagème comporte un arrangement qui fait de Raicha la seconde épouse d'Aghali. La vieille femme, confrontée au casse-tête de la vie polygamique avec son ex belle fille comme coépouse, est d'un comique hilarant. Cette belle-fille s'amuse à agacer la vieille Agaisha avec ses coquetteries et cette dernière s'efforce de les contrer maladroitement...A la fin, la mère de Hamada constatera que sa coépouse n'est rien d'autre que l'ex-femme de son fils. La vieille finit par craquer, suppliant la jeune Raicha de divorcer et de reprendre son mari Hamada, jurant même de veiller à la tranquillité de leur couple.
La morale qui se dégage du film est une leçon à l'intention de ces nombreuses belles-mères mégères. C'est du moins ce que pense le réalisateur.
Avec « Ma belle-mère Ma Coépouse » le réalisateur Moussa Hamadou Djingarey semble opérer un changement de registre dans ses fictions. Comparativement à «Hassia, amour ou châtiment » ou « Le pagne » dans lesquels le réalisateur est sur des sujets qui évoquent surtout la souffrance, causée par le mariage précoce et forcé, le viol et leurs conséquences, ce dernier film est plutôt amusant, même si on y retrouve des thèmes des films précédents : le mariage, la femme, la famille, la tradition, la religion.
Le réalisateur nigérien met également en lumière la vieille ville d'Agadez. Il filme admirablement cette ville dont certains quartiers sont inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Son casting avec des acteurs que l'on voit à l'écran pour la première fois, Aboubacar Hamma, Mariama Boukari, Djamila Almoctar, Bachir Djibo est une réussite.
Souley Moutari Envoyé spécial(onep)
06/03/19

Culture

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