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Paludisme : Le choix de lutte


d-3La lutte contre le paludisme a été entreprise, à l'échelle internationale, par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Par la suite, chaque Etat devait élaborer et conduire un Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLS). Il y a belle lurette que le Niger mène son combat dans le cadre de son PNLP...
Au tout début de la lutte engagée, au plan mondial, contre le paludisme (ou Malaria), il était question d'éradication de cette maladie parasitaire. Mais, à l'épreuve des faits, ce concept d'éradication a été abandonné et ce, dès 1968 au profit d'une nouvelle formule qui est « la lutte antipaludique ». Pourquoi cette révision de stratégie, d'approche ?
Les experts de l'Organisation Mondiale de la Santé ont soutenu que c'est en raison de l'apparition de souches de plasmodium résistantes aux différents produits contre le paludisme qu'on appelle « les antipaludiques » ; mais également du fait que les insectes, les moustiques qui transmettent à l'homme les parasites du paludisme, sont eux aussi devenus résistants aux insecticides que sont les produits de pulvérisation ou d'épandage utilisés pour les tuer.
Aussi, l'Organisation spécialisée des Nations Unies sur les questions de Santé a jugé plus prudent d'arrêter, d'abandonner le traitement à titre préventif du palu à travers une prise régulière des médicaments. Les praticiens ont en effet remarqué que du fait de la résistance des parasites du paludisme aux antipaludéens, non seulement le traitement à titre préventif n'empêche pas aux gens de tomber malade, c'est-à-dire de développer un vrai palu, mais aussi lorsque ces mêmes personnes qui font le préventif tombent malades, c'est tout un problème pour les médecins de trouver, de quantifier les doses nécessaires à donner aux malades pour qu'ils guérissent.
Dès lors, et des suites de l'apparition de cette forme de chimiorésistance, l'accent a été ramené au traitement curatif du palu, c'est-à-dire uniquement lorsqu'on est malade. Toutefois, ce traitement préventif du palu peut se faire, et doit même se faire, chez les femmes enceintes, chez les nouveau-nés et des jeunes enfants. Le préventif est aussi recommandé pour les étrangers venant des zones indemnes du paludisme et qui sont de passage dans les zones infestées de paludisme.

D'une manière générale, dans le cadre de la lutte contre le paludisme, maladie qui tue plus que toute autre affection en Afrique, surtout chez les enfants de 0 à cinq ans et les femmes enceintes ainsi que chez les vieillards, de nombreuses analyses recommandent que dans les zones d'endémie, c'est-à-dire là où le paludisme est présent toute une année, « devant toute fièvre, il faut penser au paludisme. Les malades doivent être correctement traités, les modalités du traitement et le choix des médicaments incombent au médecin ».
Actuellement, et dans presque tous les pays concernés par la maladie, les programmes de lutte font appel à la chimiothérapie qui est le traitement à partir de produit de synthèse (c'est le traitement curatif) ; la chimio prophylaxie ou traitement préventif ; la lutte anti-vectorielle et la lutte contre le moustique du paludisme et, enfin, l'éducation sanitaire, c'est-à-dire l'information et la sensibilisation du public pour que les gens se protègent, se prémunissent.
Tous ces choix de lutte doivent aller ensemble ; ils doivent se conjuguer, être complémentaires. Il faut aussi dire que compte tenu du phénomène de chimiorésistance, le suivi de l'efficacité des antipaludiques ou antipaludéens, est un élément essentiel de la lutte contre le paludisme car il est primordial de surveiller toute résistance d'un produit, aussi nouveau qu'il soit, au traitement de la maladie palu.

Issaka Saïdou(onep)
27/10/17

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