Le Sahel

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Invité


inviteL'Institut Africain d'Informatique (IAI) est un Etablissement inter-Etats d'enseignement supérieur spécialisé dans le domaine de l'informatique. Créé, à Fort-Lamy, actuel N'Djamena, au Tchad, le 29 janvier 1971, par les Chefs d'Etat et de Gouvernement des pays membres de l'Organisation Commune Africaine et Malgache (OCAM), par Résolution N°33/AEFT/ Fort-Lamy du 29 janvier 1971, l'IAI est un outil d'intégration régional et un centre d'excellence technologique avec le statut d'Organisme International. Avec son siège à Libreville, au Gabon, l'IAI compte trois représentations nationales dans ses pays membres, à savoir, l'IAI-Cameroun, l'IAI-Niger et l'IAI-Togo. L'institution se dote d'un Conseil d'Administration, d'une Direction Générale, d'un Comité scientifique, d'un Conseil de Perfectionnement, d'un Conseil des Professeurs et d'un Comité d'Etudiants.
En mission de travail au Niger, la Directrice Générale de cette prestigieuse école de formation des cadres supérieurs des pays
africains, Mme Binta Fatouma KALME a accordé, à notre journal, cette interview dans laquelle, elle a relevé l'importance de cette école pour les pays africains.
Mme, vous êtes la Directrice Générale de l'Institut Africain d'Informatique (IAI) qui a son siège à Libreville au Gabon. Une école qui forme des cadres supérieurs des pays africains dans plusieurs domaines en lien avec l'Informatique. Pouvez vous parler davantage de cette Institution Académique Africaine, à nos
lecteurs.

Merci beaucoup pour cette opportunité que vous avez bien voulu nous offrir pour informer davantage les africains sur l'Institut Africain d'Informatique (IAI). L'institut est créé par les Etats membres de l'OCAM, à savoir, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Il a pour mission de contribuer au développement d'une véritable économie numérique de ses Etats membres par la formation des compétences, le transfert des technologies et la valorisation, une recherche innovante d'envergure internationale et la diffusion du savoir dans le domaine du numérique. Pour ce faire, l'IAI forme des cadres dans plusieurs domaines de formation dont entre autres, Ingénieur des Travaux (BAC+5), avec les diplômes de Licence en Informatique ou ingénieur des travaux (BAC+3) et la Maitrise en Informatique appliquée à la Gestion des Entreprises (BAC+4 et 5) ; Ingénieur de Conception en Informatique (BAC+5), avec des diplômes de Master Conception de Système d'Informatique, Master Informatique et Management des Entreprises et Master Administration Réseau et Télécom.
Notre vision, à l'IAI, c'est de mettre en œuvre une gouvernance performante et un modèle économiquement viable adapté au contexte mondial de l'éducation ; être un centre d'élite pour la formation et la recherche dans le domaine du numérique ; être un centre d'élite de la production et de la vulgarisation de technologie ; érigé l'IAI en un centre de catégorie 2 de l'UNESCO et faire de l'IAI un bras séculier du CAMES pour la formation dans le domaine des technologies.

Quelles sont les conditions et les modalités d'admission dans cette école ?

Pour être admis à l'IAI, les candidats sont soumis à un concours national, que chaque pays membre organise. A l'issu de ce concours, seul les quatre premiers sont retenus pour être admis à l'IAI. Mais en fonction des besoins, chaque pays est libre de choisir jusqu'à 15 meilleurs premiers à l'issu du concours.
Toutefois, dans le souci de faire de l'IAI une école panafricaine, les inscriptions ont été ouvertes depuis quelques années à tous les étudiants africains qui désirent étudier dans l'institut. C'est pour dire que l'IAI est aujourd'hui ouvert à toutes les nationalités et à tous les Etats africains. Ainsi, une plateforme de concours en ligne a été créée en 2017 pour permettre à tous ceux qui le souhaitent d'étudier à l'IAI.
Cette ouverture est née du constat, que ces derniers temps, les résultats des admissions sur dossier ne sont pas bons, donc il faut donner la chance aux candidats des autres pays de s'inscrire à l'IAI. Les concours en ligne sont organisés en fonction des pays dans des campus numériques ou autres centres numériques bien identifiés par la tutelle.

Vous avez pris fonction en Novembre 2016, quelles ont été vos priorités ? Et quelles sont les actions que vous avez réalisées en fonction de votre cahier de charges ?

J'étais venu avec un plan d'actions à très court, moyen et long terme. Donc les priorités, étaient les plans à très courts termes où il fallait l'application effective des accords du siège, concernant les prises en charge de l'eau et l'électricité, les enlèvements des ordures et le traitement des eaux usées, la sécurité des biens et des personnes, la sécurité incendie. En plus de ces priorités pour l'accord du siège, il fallait délocaliser l'IAI le temps de la restructuration. Pour cette délocalisation, il fallait trouver un site de transition. C'est dans cette démarche que l'Institution International Barth et Jean de l'actuelle Présidente de la Cour Constitutionnelle du Gabon, a accepté de nous accueillir. Il fallait aussi trouver la qualité au niveau des enseignements et pour cela, j'avais décidé de délocaliser une école d'ingénieur d'Europe avec laquelle nous avons les mêmes programmes et qui dispose des enseignants de qualité. Cela permettra à nos enseignants de renforcer leur capacité pour assurer la formation de nos étudiants. Les priorités, c'est aussi d'assurer la mobilisation des ressources, c'est-à-dire, effectuer le recouvrement des frais de scolarité des étudiants.

Au regard de cette présentation, on comprend que la tâche n'est pas du tout facile. Comment avez vous réussi la réalisation de toutes ces activités ?
Pour ce qui est des actions, il reste beaucoup à faire faute de ressources, notamment financières et humaines. Nous avons beaucoup évolué dans la recherche du partenariat.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez fait face et comment comptez-vous leur trouver des solutions ?

Les difficultés sont entre autres, la résistance au changement, l'insuffisance des ressources financières. Aujourd'hui nous sommes dans un blocage puisque nous avons traversé une année blanche, nous n'avons pas encore fait la rentrée de cette année. Nous pensons que la rentrée peut être effective avec les moyens qu'on peut mobiliser d'ici là et je pense que les Etats doivent faire les efforts pour que les cours reprennent. C'est un cri de cœur que je lance, et je pense que les Etats peuvent faire un effort pour sauver cette
jeunesse. La nouvelle réforme de l'IAI rentre dans le programme de la renaissance de l'Institut. Les Etats doivent le comprendre. Il faut que les Etats membres comprennent cette nécessité de l'intégration et de l'appropriation du numérique à tous les niveaux quel que soit le domaine d'activité et s'engagent résolument à nous accompagner.

Vous êtes une femme à la tête d'une institution inter étatique, est-ce qu'il y a des difficultés particulières auxquelles vous étiez confrontée du fait de votre statut de femme ?

Je n'ai rencontré aucune difficulté dans l'exercice de mes missions en tant que femme. D'abord chef d'une mission diplomatique, un statut respecté et honoré. J'ai été très bien accueilli au Gabon par toutes les autorités et par l'ensemble de mes collaborateurs. Je ne pense pas avoir rencontré une difficulté en fonction de mon statut de femme.

Le domaine de la science et de la technologie a tendance à être dominé par les hommes et cela commence dès la formation. Y a-t-il des dispositions spécifiques prises par l'école pour encourager les filles à s'orienter vers la technologie ?

Oui, cela fait partie de mon plan d'action. J'avais programmé d'encourager les filles à venir à l'IAI à travers un programme de prise en charge par l'école d'une fille par pays membre de l'IAI. Nous avons aussi une stratégie de communication que nous comptons mettre en œuvre à travers laquelle nous sensibilisons les filles pour les encourager à venir se former à l'IAI.

Quelles sont les perspectives de l'Institut ?
Les perspectives de l'IAI, c'est la renaissance de l'institut. Nous avons une nouvelle mission. Il nous faut un nouveau modèle économique parce qu'on ne peut plus continuer à compter sur les frais des scolarités. A la base, les étudiants qui sortaient de l'IAI, allaient directement servir leurs Etats. Mais aujourd'hui, on constate que les étudiants qui sortent, servent, à 90%, les opérateurs en charge du numérique et c'est la raison pour laquelle il faut changer le modèle économique pour faire participer tous les opérateurs en charge du numérique à la formation de ces étudiants. Cela fait partie d'ailleurs de leur cahier de charges où le fonds d'accès universel prévoit des formations dans le domaine des TIC (Techniques de l'Information et de la Communication). Les perspectives sont énormes, il nous faut un nouveau local, un cadre de norme universelle, des programmes adaptés au contexte...

Réalisé par Ali Maman(onep)
18/01/19

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