Le Sahel

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Baignade interdite !



assane-soumanaLa décision du Gouverneur de la région de Niamey est tombée en début de semaine, comme un couperet : la baignade est désormais strictement interdite sur les berges du fleuve Niger. Si pour les jeunes de la capitale cette décision, assimilée à une entrave à leur droit aux loisirs, suscite encore des grincements de dents, pour les parents et autres observateurs avertis, elle n'a que trop tardé. Il se trouve en effet que les berges du fleuve, véritable lieu de prédilection pour cette jeunesse en mal de distraction, sont devenues très dangereuses pour ces ardents randonneurs.
Tout récemment, en l'espace de cinq jours (du 10 au 15 avril 2018), ce sont dix corps de jeunes morts par noyade qui ont été repêchés des eaux du fleuve, dont quatre pour la seule journée du 12 avril 2018. Dix jeunes morts, c'est vraiment trop! D'où la décision suffisamment motivée du Gouverneur Issaka Hassane Karanta, soucieux de mettre fin à cette hécatombe. On se rappelle qu'en août 2017, la même raison a amené les mêmes autorités régionales à procéder à la fermeture de la ''Pilule'', cette tristement célèbre plage située à environ 15 km de Niamey, sur la route de Say.
Ces derniers temps, sous prétexte de se protéger contre la chaleur ambiante, les jeunes se ruent par vagues sur les rives du fleuve. En fait, la réalité est toute autre ! Il s'agit pour les jeunes randonneurs de s'éloigner des regards inquisiteurs des parents pour s'adonner à des escapades au bord de l'extrême. On les voit, surtout le week-end, prendre d'assaut les berges du Djoliba, en couples ou en groupes d'amis. Une véritable armada !...
Une fois sur place, ces adolescents entièrement livrés à eux-mêmes s'adonnent à toutes sortes d'extravagances, jusqu'au péril de leur vie. Surtout que, le plus souvent, ces sorties envoûtantes s'arrosent à coups de rasades de liqueur frelatée ou de doses de produits stupéfiants. Le drame, c'est que beaucoup de parents ignorent que leurs progénitures fréquentent ces lieux dissolus. Dans certains cas, ils ne le comprennent que tard, lorsque l'irréparable s'est déjà produit. Et ceux d'entre eux qui savent quelque chose de ces randonnées clandestines ne mesurent pas assez la portée des dangers auxquels s'exposent leurs enfants. Parce que si c'était le cas, il n'y aurait pas un seul parent qui accepterait que son poupon s'y rende pour risquer sa vie.
Assane Soumana(onep)

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