Le Sahel

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M. Abass Dawoui, coordonnateur national de parrainage de SOS Villages d'Enfants : ''Nous avons le devoir d'aider ces enfants là et de ne pas trop compter sur l'extérieur pour leur prise en charge''

invitM. le Coordonnateur, pouvez-vous nous rappeler les raisons qui ont conduit à la création de SOS Village d'Enfants ?

SOS Villages d'Enfants est une ONG humanitaire internationale apolitique et non-confessionnelle créée 1949 en Autriche. Son histoire est liée aux conséquences de la deuxième guerre mondiale (1939-1945). Ces conséquences étaient la famine, le manque de logement, la misère, les pertes en vies humaines, l'abandon des enfants, l'accroissement des conflits conjugaux conduisant à des divorces, la délinquance juvénile, la prostitution. Des enfants et adolescents orphelins et abandonnés qui souffrent et qui ne voient à l'horizon que le ''désespoir'', des femmes veuves et célibataires, des millions de personnes sans-abris, etc. Dr Hermann Gmeiner et ses amis, qui étaient étudiants à l'époque, avaient décidé d'aider les enfants en détresse, notamment des enfants dont les parents ont disparu pendant la guerre.
Donc c'est ainsi que l'organisation a évolué et elle a eu une dimension internationale. Au Niger, SOS a commencé ses activités en 1993 avec la création du premier village à Niamey suite à un protocole d'accord signé entre l'Etat nigérien et SOS Kinderdorf International en 1989. Comme je le disais, ce n'est pas un centre, c'est une organisation qui a pu installer plusieurs programmes, notamment le Village d'Enfants SOS que tout le monde connait et qui accueille des enfants en détresse. Ce sont généralement des enfants orphelins qui ont perdu la prise en charge parentale et des enfants qui risquent de perdre la prise en charge familiale pour des raisons diverses.

Quels sont les objectifs que vous visez à travers vos programmes ?
Le premier objectif, c'est de donner à ces enfants une famille pour qu'ils puissent être en sécurité, et les encadrer jusqu'à leur autonomie en ce qui concerne le village d'enfants SOS. Le deuxième programme installé en 2005 pour donner plus de chance à plusieurs enfants en détresse d'être pris en charge, est le Programme de Renforcement de la Famille. Ce programme s'occupe des enfants qui ont été identifiés, et qui ne peuvent pas être au village parce que la capacité du village est très limitée, (il ne peut contenir que 120 enfants dans douze maisons familiales). Donc c'est pour donner la chance à d'autres enfants d'accéder à la prise en charge de SOS que le Programme de Renforcement de la Famille a été initié. Et ce programme consiste à prendre en charge les enfants au sein même de leurs familles biologiques, les parents étant identifiés vulnérables. SOS a formulé ce programme pour les assister, les aider à être résiliants face à toutes les vicissitudes de la vie.

Comment se matérialise cette assistance du Programme de Renforcement de la Famille ?
Cette assistance se matérialise par des aides directes en fonction des vulnérabilités. Les parents sont assistés à travers des dons de vivres, à travers la prise en charge d'une partie des frais de scolarité des enfants, à travers la prise en charge sanitaire des enfants, et à travers l'encadrement des parents dans le cadre des activités génératrices de revenus. A Niamey, il y a 300 enfants qui sont pris en charge dans leurs familles. On est en train de prévoir un autre programme qui va étendre ses activités au-delà de ces 300 enfants. Nous sommes présents aussi à Tahoua, où nous avons créé un village en 2008, et à Dosso en 2010, avec toujours une capacité de 120 enfants. Des programmes de renforcement des familles ont également été mis en place dans ces mêmes régions. Nous avons aussi les programmes d'aide d'urgence I et II exécutés à Diffa en 2015 et 2016.

Quels sont les critères d'admission à vos programmes ?
Pour être admis dans les deux programmes précités, les critères ne sont pas les mêmes. Au niveau du Village par exemple, il faut être orphelin de père ou de mère, être un enfant abandonné, ou un enfant dont les parents sont reconnus comme étant incapables de prendre l'enfant en charge. C'est ce qu'on appelle l'orphelin social. Ce sont des enfants âgés de 0 à 8 ans, filles et garçons, à moins que ça ne soit une fratrie.

Quelle est la durée de séjour des enfants dans vos Villages d'enfants SOS ?
S'ils sont admis à moins d'un an, ils restent ici jusqu'à l'âge de 24 ans. Comme nous avons plusieurs étapes d'encadrement au niveau du Village, l'enfant reste jusqu'à l'âge de 14 ans. Si le plan de développement que nous avons élaboré nous atteste qu'il est assez mature pour être mis dans le foyer (parce que la deuxième étape c'est le foyer) il intègre le foyer; ce sont des maisons qui sont construites soit au sein du village, généralement pour les filles, ou des maisons qui sont louées dans la communauté où une dizaine d'enfants peuvent rester ensemble. On leur crée un environnement familial pour qu'ils puissent s'intégrer à la communauté et être un peu plus autonomes. Ils sont accompagnés par un éducateur qui vit avec sa femme et ses enfants en leur compagnie, et qui les guide et leur donne des orientations à l'image du village où il y a la mère et le directeur du village qui fait figure de papa.
Au niveau des Villages, c'est une prise en charge sur le plan alimentaire, sur le plan sanitaire et sur le plan éducatif. En plus, au sein du Village, les enfants se recréent en faisant du sport. L'ONG exécute tous ces programmes grâce à un système de parrainage et de collecte de fonds. Nous avons des partenaires qui nous soutiennent, et qui financent nos programmes. Le parrainage, c'est le fait d'accepter de verser, de façon régulière, un certain montant en faveur d'un enfant, d'une famille ou du Village entier.

Est-ce que les Nigériens s'intéressent à ce parrainage des enfants ?
Je ne dirais pas qu'ils ne sont pas intéressés. Mais peut-être qu'on n'a pas la culture de ce genre de don. Sinon, les gens font des dons sporadiques. Mais à l'heure actuelle, nous avons très peu de Nigériens qui parrainent les enfants. La plupart de nos parrains sont à l'extérieur.

Comment les enfants sortent-ils du Village ou des foyers ?
Oui, comme je le disais tantôt, quand nous prenons des enfants, c'est dans l'objectif de les aider jusqu'à leur autonomie. Il y a donc un plan d'action qui est élaboré pour chaque enfant, et en fonction de ses capacités, il est aidé à obtenir ses diplômes, ou à développer des talents qui vont lui permettre de créer son projet de vie qui, à la fin, peut être financé soit par le budget de fonctionnement ou par le fonds de parrainage.
C'est le lieu de lancer un appel à tous les Nigériens pour qu'ils s'intéressent à ce que nous faisons. Nous faisons beaucoup de communications par rapport à la prise en charge des enfants afin que les gens comprennent que ce n'est que par la collecte des fonds et le parrainage que nous fonctionnons. Et à la date d'aujourd'hui, il y a très peu de Nigériens qui sont intéressés par le parrainage qui est un des meilleurs moyens de collecter de l'argent.

Est-ce que vous rencontrez des difficultés dans l'exercice de votre travail ?
Dans la mise en œuvre de nos programmes, nous n'avons pas de difficultés. Mais les difficultés peuvent venir du fait qu'on a aujourd'hui beaucoup de concurrents qui font le même travail que nous, et la collecte des fonds, compte tenu de ce qui se passe dans les pays qui nous aident, s'amenuise. Ce qui fait qu'au niveau local, nous devons faire un effort pour relayer les aides qui nous proviennent de l'extérieur. Si nous ne faisons pas cet effort, nous allons nous retrouver dans la situation où les programmes que nous élaborons pour aider les enfants nigériens en difficultés peuvent ne pas trouver de preneurs. Or au Niger, nous avons le devoir d'aider ces enfants là, et de ne pas trop compter sur l'extérieur pour leur prise en charge.

Malgré ces problèmes de parrainage au Niger, est-ce que vous avez des perspectives d'avenir ?
Au vu des résultats auxquels nous parvenons, nous avons toujours une crédibilité. Les gens croient à ce que nous faisons, et la plupart de nos programmes ont été financés. Des fois, ce sont les partenaires eux-mêmes qui nous demandent d'élaborer des programmes par rapport à telle ou telle autre situation, puisqu'ils sont informés de ce qui se passe au Niger, et ils ont confiance en SOS.

Oumarou Moussa(onep)

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