Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

Dr Djermakoye Hadiza Jackou, coordinatrice nationale de la lutte contre le paludisme : ''Si tout le monde y mettait du sien, et en même temps, dans la lutte contre le paludisme, il y a longtemps que la maladie aurait disparu''

invitLa communauté internationale a célébré mardi dernier la journée internationale de la lutte contre le paludisme. Que représente pour vous la célébration d'une telle journée au vu des dégâts que cause chaque année cette maladie dans nos communautés ?
Merci. Depuis 2007, les pays membres de l'OMS commémorent la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. Donc pour nous, c'est vraiment un cadre privilégié et solennel pour rappeler aux différentes autorités politiques et administratives, et aux partenaires techniques et financiers, la nécessité de poursuivre les investissements pour lutter contre cette maladie qui représente la première cause de mortalité et de morbidité dans les pays sous-développés, principalement dans les pays d'Afrique subsaharienne.
Docteur, quelle est aujourd'hui l'ampleur du paludisme au Niger ?
Le paludisme au Niger, c'est vraiment la première cause de morbidité et la première cause de mortalité, même si ces trois dernières années, nous constatons qu'il y a une diminution du nombre de cas et une amélioration de la prise en charge au niveau de nos formations sanitaires. Nous sommes passés de 4 millions 288 mille cas présumés en 2013, à 2 millions 800 mille cas confirmés en 2014. Actuellement, nous ne parlons plus de cas présumés, nous parlons de cas confirmés. Pourquoi ? Parce que le Gouvernement et ses partenaires ont amélioré le dépistage en mettant à la disposition des formations sanitaires ce que nous appelons des tests de dépistage rapide pour confirmer les cas.
Avant, on voyait plus des cas cliniques; le patient se présente dans une formation sanitaire, et au vu des symptômes, le diagnostic est posé comme étant un cas présumé de paludisme. Donc, cela fait qu'on avait des chiffres astronomiques de 4 millions ou 5 millions de cas. Mais en fait, ces cas n'étaient pas seulement des cas de paludisme. Il y avait d'autres pathologies. Actuellement, depuis deux à trois ans, le fait de mettre à la disposition des formations sanitaires ces tests de dépistage rapide fait que nous avons de vrais cas de paludisme, nous avons environ 2 millions et quelque cas par an, qui sont correctement pris en charge dans les formations sanitaires, ce qui fait que le nombre de décès qu'on enregistrait chez les enfants a également chuté ces deux dernières années. Ceci se traduit par le fait que, de moins en moins, le paludisme n'est plus la première cause de décès chez les enfants, mais il vient en deuxième position. Cela veut dire que des efforts assez importants sont en train d'être faits.
Des efforts importants sont quotidiennement déployés par l'Etat et ses partenaires comme vous l'avez souligné tantôt, dans la lutte contre le paludisme. Peut-on savoir ce que vous faites dans le cadre de cette même lutte ?
En matière de prévention d'abord, le Gouvernement et ses partenaires ont, depuis 2014, commencé la distribution gratuite de masse en raison d'une moustiquaire pour deux personnes; donc la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées au niveau des populations. Nous avons commencé par la région de Tillabéri; nous avons enchainé avec Maradi, Zinder et Tahoua, et nous allons, à partir du 18 mai, continuer avec la région de Niamey. Ce n'est pas moins de 8 millions de moustiquaires qui seront distribuées. A peu près 6 millions 400 mille ont déjà été distribuées. Pour Niamey, nous allons distribuer environ 600 mille à 700 mille moustiquaires. Nous allons faire la région de Dosso, et probablement celle de Diffa en fin d'année. Nous n'avons pas uniquement les moustiquaires comme moyen de prévention, nous avons ce que nous appelons la chimio prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de 3 à 59 mois. C'est une nouvelle stratégie.
Le Niger est un des premiers pays à mettre en œuvre cette stratégie. Elle consiste à donner aux enfants de cette tranche d'âge des médicaments pendant la saison des pluies. Ce qui fait que dans les districts où nous avions mis en œuvre cette stratégie depuis deux ans, nous enregistrons une diminution d'environ 5% du nombre de cas de paludisme qu'on rencontrait. Lorsque vous interrogez les mères, elles vous diront que les enfants, pendant la saison des pluies, contrairement aux années précédentes, ont moins de paludisme, et il y a moins de décès enregistrés. Nous avons aussi le projet cher au Président de la République, avec la coopération cubaine, qui va incessamment commencer. Ce n'est pas moins de 4 milliards de FCFA qui seront injectés dans tout ce qui est lutte anti larvaire grâce à la coopération cubaine. Il s'agira pour nous de répandre des bio-larvicides au niveau de toutes les étendues d'eau qui sont favorables à la prolifération des moustiques. Nous avons aussi des conventions que nous signons avec certaines mairies pour la démoustication des villes.
Nous intervenons au niveau des rassemblements des populations pour démoustiquer les endroits. Il y a aussi la prévention que nous faisons chez les femmes enceintes. Il y a des médicaments que nous donnons lors de la consultation prénatale pour la prévention du paludisme chez ces femmes. Il y a bien sûr tout ce qui est séance de sensibilisation et information pour un changement de comportement à l'endroit des populations, pour qu'elles prennent conscience du danger du paludisme, et qu'elles comprennent les moyens de prévention contre cette maladie. Beaucoup de gens font l'amalgame entre les caniveaux, les saletés, les ordures et la prolifération des moustiques.
Les gens doivent faire extrêmement attention à toutes ces eaux qui stagnent dans les concessions; toutes ces maisons qui sont mal aérées, et mal éclairées. C'est là que se trouvent les nids des moustiques. L'anophèle a une particularité : c'est un insecte qui aime la propreté, et qui aime l'obscurité. Donc, quand vous rentrez dans les concessions où il y a juste de l'eau qui stagne dans un canaris, dans un pneu, ou dans une brique, c'est là qu'il peut y avoir la prolifération des moustiques qui donnent le paludisme. Ceux qui sont dans les caniveaux, ce sont les culex. Ce ne sont pas eux qui transmettent le paludisme. Mais, c'est vrai qu'il faut améliorer l'environnement malsain et insalubre dans lequel nous vivons surtout au niveau des villes.
L'édition 2016 de la journée internationale de lutte contre le paludisme a pour thème : ''Mettre fin une fois pour toutes au paludisme''. Pensez-vous que cet objectif peut être atteint par nos Etats ?
Je pense sincèrement que cet objectif peut être atteint. Il peut être atteint pourquoi ? Lorsque vous regardez entre 2000 et 2015, nous avons plus de 57 pays qui ont réduit de plus de 75% l'incidence du paludisme. Et plus de 60% de ces pays ont réduit le taux de mortalité. Donc il n'y a pas de raison à ce que ces efforts ne continuent pas et que les résultats ne soient pas améliorés si toutefois toutes les conditions sont réunies. Et les conditions c'est quoi ? Il faut que tout le monde s'y mette.
Le Gouvernement seul ne peut pas faire en sorte que le paludisme recule. Aussi, les populations, le Gouvernement, les partenaires, les communes, bref, tout le monde doit s'y mettre. Si tout le monde y mettait du sien, et en même temps, dans la lutte contre le paludisme, il y a longtemps que la maladie aurait disparu. C'est nous, les femmes, qui sommes responsables de la salubrité chez nous. Et c'est vous, les hommes, qui êtes responsables de la salubrité devant chez vous. Donc, évitez de laisser des eaux qui stagnent. Et lorsque vous voyez des eaux qui stagnent devant vos portes pendant la saison des pluies, essayez de remblayer.
Mettons nous tous ensemble pour améliorer la salubrité de notre environnement. Les communes suivront. Une fois que le ménage est fait à l'intérieur des maisons, cela donnera le courage aux communes pour qu'elles s'y mettent afin d'améliorer la salubrité dans les villes. L'Etat met aussi à la disposition des populations des moyens de traitement. Depuis trois ans, nous n'enregistrons pas de rupture de médicaments dans nos formations sanitaires. La prise en charge est gratuite pour les enfants de 0 à 5 ans, et il y a la disponibilité aussi bien pour la prise en charge des cas simples que des cas graves.

Si tout le monde va dans le même sens, nous pensons que l'objectif de la journée ''Eliminer le paludisme une fois pour toutes'', que nous avons fixé pour 2025, sera forcément atteint. Il y a des maladies qui sont beaucoup plus graves et plus contagieuses que le paludisme ; et pourtant, la communauté internationale est arrivée à bout de ces maladies. Donc, il n'y a pas de raison à ce qu'on ne puisse pas éliminer le paludisme qui est, dans une certaine mesure, une maladie comportementale.
Oumarou Moussa(onep)
www.lesahel.org

L'invité de Sahel Dimanche

M. Saidou Halidou, Directeur Général de la Décentralisation et des Collectivités Territoriales : «Les élus doivent créer…

M. Saidou Halidou, Directeur Général de la Décentralisation et des Collectivités Territoriales : «Les élus doivent créer les conditions d'une meilleure gouvernance locale, plus transparente et plus inclusive qui place l'intérêt des citoyens au cœur d

Le 6 septembre dernier, s'est tenue à Niamey, la cérémonie de notification des actes de transfert de compétences et de ressources de l'Etat aux collectivités territoriales. Quelle est la signification d'une telle cérémonie pour les acteurs de la décentralisation ?La cérémonie intervenue le 6 septembre 2017 sous le Haut patronage de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, est l'aboutissement d'un long processus...

Monsieur Issa DJIBO, Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique : "Le Compte Unique s'inscrit dans …

Monsieur Issa DJIBO, Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique : "Le Compte Unique s'inscrit dans le cadre d'un ensemble de réformes mises en place pour améliorer les services rendus par l'Etat"

Monsieur le Directeur Général, après quelque 8 mois passés à la tête de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique, pouvez-vous nous dire succinctement comment se porte cette importante institution ?Merci de me poser cette question qui permet de mieux apprécier la situation actuelle de la DGT/CP. Il importe, en effet, de rappeler qu'à notre prise de fonction, la situation de la DGT/CP se caractérisait par une lenteur...

Mme Habibatou Moussa Hassane présidente de la Fédération Nigérienne de Handball : «La nouvelle équipe dirigeante se prop…

Mme Habibatou Moussa Hassane présidente de la Fédération Nigérienne de Handball : «La nouvelle équipe dirigeante se propose à travers cet ambitieux programme de donner une nouvelle vision au handball nigérien à tous les niveaux»

Mme la présidente, vous êtes la seule femme qui dirige une fédération sportive au Niger. Pouvez-vous nous faire la rétrospective de votre élection à la tête de cette fédération ?Je vous remercie très sincèrement pour cette opportunité que vous m'offrez pour m'exprimer à travers les colonnes de votre journal SahelDimanche que je lis d'ailleurs régulièrement.C'est vrai qu'une femme à la tête d'une fédération sportive au Niger n'est pas ch...

Mme Bety Aichatou Habibou Oumani, présidente de l'association Matan Tahoua Sakola : «Qui veut accueillir un étranger doi…

Mme Bety Aichatou Habibou Oumani, présidente de l'association Matan Tahoua Sakola : «Qui veut accueillir un étranger doit avoir un environnement propre et les femmes se mobilisent pour cela»

Mme la présidente, dans le cadre de l'organisation de la fête tournante du 18 décembre, la Région de Tahoua a été choisie pour abriter la fête de Tahoua Sakola. Vous avez été désignée à la tête de l'organisation dénommée Matan Tahoua Sakola. Quel est le but de cette organisation et pourquoi cette cérémonie de plantation d'arbres aujourd'hui au sein de la grande mosquée de Tahoua ?Je vous remercie de cette opportunité que vous nous donne...

Monsieur Guimba-Saidou, Directeur Général de l'Agence Nationale pour la Société de l'Information (ANSI):«L'ANSI a pour m…

Monsieur Guimba-Saidou, Directeur Général de l'Agence Nationale pour la Société de l'Information (ANSI):«L'ANSI a pour mission de conduire la transformation de la société nigérienne en une société digitale/numérique, afin d'accélérer notre marche ver

Monsieur le Directeur Général, lors du Conseil des ministres du 10 juillet dernier, le Haut-commissariat aux NTICs a été érigé en Agence Nationale pour la Société de l'Information (ANSI). Pouvez-vous nous donner les raisons de cette réorientation dans le domaine des NTICs au Niger?Les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) jouent un rôle de plus en plus important dans la vie socio-économique, et particulièrement dans...

Ancienne gloire : M. Abdou Djibo, champion de cyclisme : «Pour réaliser de grands succès dans le sport, il faut d'abord …

Ancienne gloire : M. Abdou Djibo, champion de cyclisme : «Pour réaliser de grands succès dans le sport, il faut d'abord avoir l'amour de son pays, il faut être jaloux de l'image de son pays et tâcher de l'honorer, avec la rage de vaincre au cœur»

Qui est Abdou Djibo ?Je suis un ancien cycliste Nigérien, et je suis né vers 1957 à Talladjé Ko-bontafa. Mais je suis du quartier Saga. Nos parents possèdent des champs dans toute cette zone et chaque année, ils quittent Saga pour aller cultiver leurs champs. Au fil du temps, ils ont fini par s'installerlà-bas.Comment êtes-vous arrivés au cyclisme, je vais parler de vos premiers pas dans la ''petite reine'' ?Je me souviens bien qu'à l'é...

Interview de M. Almoustapha Garba, ministre de l'Environnement et du Développement Durable : «Dans plusieurs localités d…

Interview de M. Almoustapha Garba, ministre de l'Environnement et du Développement Durable : «Dans plusieurs localités de notre pays les producteurs ont adopté des nouvelles stratégies de conservation de la fertilité des sols en intégrant l'arbre dan

Monsieur le Ministre, notre pays, célèbre le 03 Août 2017, le 57ème anniversaire de son accession à l'indépendance, une commémoration essentiellement marquée par les festivités de la Fête Nationale de l'Arbre (FNA). Quelles sont les activités inscrites au programme de cette édition 2017 ?Je vous remercie de cette opportunité que vous m'offrez de m'adresser à nos compatriotes à l'occasion de la 42ème édition de la Fête Nationale de l'Arb...

M. Babio El-kir Moudachirou, Conseiller Technique au Tourisme et à l'Hôtellerie du ministre béninois du Tourisme et de l…

M. Babio El-kir Moudachirou, Conseiller Technique au Tourisme et à l'Hôtellerie du ministre béninois du Tourisme et de la Culture : « Il faut tirer grand profit du secteur et générer des devises et des richesses pour nos communautés et nos budgets na

Monsieur le Conseiller Technique, vous êtes au Niger dans le cadre d'un séminaire de formation des acteurs du tourisme et de l'environnement, une initiative de l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT). Quelle appréciation faites-vous de cette initiative ?Merci bien pour l'opportunité que vous nous donnez de réagir sur ce projet. Au moment où on concluait ce projet entre les deux pays et l'OMT en Avril dernier à Addis-Abeba, nous n'étio...

M. Assadeck Mohamed, Assistant Technique National du Programme de Développement de l'Agriculture Familiale (ProDAF) : …

M. Assadeck Mohamed, Assistant Technique National du Programme de Développement de l'Agriculture Familiale (ProDAF) : "Notre vision au ProDAF, est de faire émerger des Pôles de Développement Economiques (PDE) »

Le ProDAF a été mis en vigueur en septembre 2015, pouvez-vous d'abord nous rappeler la vision de votre programme ?Merci de l'opportunité que vous m'offrez pour présenter le ProDAF. En effet, la vision du ProDAF est de faire émerger des Pôles de Développement Economiques (PDE) à travers lesquels les producteurs ruraux soutenus par leurs organisations et les collectivités locales s'organisent, aménagent et exploitent de manière rationnell...

M. Abdou Harouna, Directeur général de NIGER TELECOMS : « Nous avons pour ambition de démystifier les produits et servic…

M. Abdou Harouna, Directeur général de NIGER TELECOMS : « Nous avons pour ambition de démystifier les produits et services de télécommunication au Niger tout en garantissant la disponibilité, la qualité et les meilleurs tarifs à tous »

M. Abdou Harouna, 49 ans, marié et père de cinq enfants, tout nouveau directeur général de NIGER TELECOMS, a la lourde responsabilité de gérer cette entité. Avec plus de 19 ans d'expérience dans divers postes à responsabilités techniques et managériales aux USA, au Moyen-Orient et en Afrique, le nouveau patron de Niger Télécoms dispose de nombreux atouts, ainsi que d'une large connaissance en Lean Enterprise et en concepts de Six-Sigma,...

AG/ONU

Editorial

Audiences

Dossier

A la découverte du village de Tapoa : Un village t…

A la découverte du village de Tapoa : Un village touristique riche de sa biodiversité

Jadis un petit village habité par les gourmantchés, Tapoa est aujourd'hui un camp forestie...

vendredi 11 août 2017

Le marché hebdomadaire de Alambaré dans la Commune…

Le marché hebdomadaire de Alambaré dans la Commune Rurale de Tamou : Un carrefour de brassage entre plusieurs ethnies et peuples de différents pays

Situé à environ 15 km du chef-lieu de la Commune rurale de Tamou, département de Say, le v...

vendredi 11 août 2017

Transformation de l'arachide à Dosso : Quand les f…

Transformation de l'arachide à Dosso : Quand les femmes développent l'industrie du ''tigadigué''

Pâte d'arachide, le tigadégué est beaucoup utilisé dans la cuisine au Niger, particulièrem...

vendredi 28 juillet 2017

L'air du temps

Exit la ''Pilule'' et le chicha, vive le wifi-club !

Exit la ''Pilule'' et le chicha, vive le wifi-club !

Exit les escapades démentielles à la ''Pilule'' et les virées dans les lieux vaporeux des ...

vendredi 15 septembre 2017

Newsletter

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.