Le Sahel

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M. Manou Bagué, Secrétaire Général de l'USTN : ''Œuvrons ensemble pour l'amélioration continue des conditions de vie des travailleurs''


SG-USTNVous venez d'être élu avec éclat secrétaire général de l'USTN. Peut-on savoir le sentiment qui vous anime?
C'est vraiment un sentiment de satisfaction, de réconfort, et aussi de reconnaissance envers tous ceux qui ont placé leur confiance en moi. En fait, c'est pour moi une consécration, tant il est vrai que mon engagement syndical m'a fait gravir les différents échelons jusqu'à ce que je sois aujourd'hui à la tête de l'USTN.

Etes-vous surpris par cette élection?
À partir du moment où je me suis décidé à me présenter, mon élection ne représente aucune surprise pour moi! J'avais beaucoup d'espoir, puisque j'estime que je fais partie de ceux qui méritent d'être à la tête de l'USTN. Il n'y a donc aucune surprise. J'étais vraiment confiant, en ce sens que beaucoup de syndicats affiliés à l'USTN m'ont demandé de déposer ma candidature, et ces derniers sont convaincus que je peux défendre vaille que vaille leurs intérêts, tous leurs intérêts. Ainsi, fort de ce soutien et de l'encouragement que j'ai reçus des délégués de l'intérieur du pays, il n'y a aucun doute que je serais élu secrétaire général de la centrale-mère.

Comment comptez-vous insuffler une dynamique nouvelle à la Centrale afin qu'elle réponde davantage aux attentes des travailleurs ?
Pour insuffler un nouveau dynamisme à la Centrale, et prendre véritablement en charge les préoccupations de l'ensemble des travailleurs qui rencontre des problèmes dans divers secteurs, nous envisageons, dans un premier temps, de moderniser la gestion au niveau de l'USTN en termes de ressources et d'administration. Nous allons nous investir dans ce sens, en rapport avec les autres centrales syndicales.
Comme vous le savez, nous avons signé plusieurs accords avec le Gouvernement. L'application de ces accords pose d'énormes problèmes, mais nous sommes déterminés à trouver des solutions. Aussi, au niveau de l'USTN, avec l'ensemble des affiliés, nous allons nous concerter pour que les intérêts des travailleurs où qu'ils se trouvent, soient protégés. En ce sens, ne dit-on pas que les meilleures conditions de travail produisent les meilleurs résultats?

Au cours des débats du congrès, on a eu l'impression que l'USTN est minée par des dissensions. Qu'en est-il exactement?
Pas du tout ! L'USTN n'est pas minée par des dissensions internes. Mais comme tout courant social, elle contient bien entendu des incompréhensions, et aussi les ambitions des uns et des autres. Le congrès a mis de l'ordre pour que l'USTN poursuive ses objectifs dans la sérénité syndicale.
Nous avions signé plusieurs protocoles d'accords, des années durant, mais qui n'ont pas trouvé de solutions. Les cahiers de doléances dorment dans les tiroirs du Ministère en charge de l'Emploi. Devant cette situation pour le moins déplorable, il revient à toutes les Centrales de serrer les rangs afin de repenser les relations avec le pouvoir pour que le partenariat soit sincère dans l'intérêt des deux parties. Dans tous les cas, nous allons œuvrer dans ce sens, étant donné que nous sommes là pour défendre les intérêts des travailleurs qui produisent les richesses nationales.

Au début de ce 18ème congrès ordinaire, d'aucuns avaient prévu un certain ébranlement au regard de certaines candidatures. Comment a-t-on pu l'éviter?
Ce potentiel éclatement a été évité du fait tout simplement de la démocratie. En fait, il y a eu un comité de sages qui avait voulu que les candidats s'accordent pour éviter la multiplicité des candidatures. Mais, face à l'intransigeance des uns et aux ambitions des autres, il n'a pas été du tout possible d'accorder nos violons puisque chacun espérait gagner! Voilà pourquoi nous nous sommes engagés à aller vers les élections, tout en sachant pertinemment qu'il n'y aura qu'un seul gagnant sur les trois (3) candidats. Cependant, tout le monde a pris l'engagement de ne rien entreprendre qui soit de nature à troubler le fonctionnement normal de la centrale. Toutefois, il convient de noter que les élections s'étaient déroulées dans la plus grande transparence, dans la simplicité et la sérénité.

A l'heure actuelle, notre pays compte 13 centrales syndicales dont les militants croulent sous le poids écrasant du coût de la vie. Quelle réflexion cela suscite en vous ?
Vraiment, c'est humiliant quand on connaît les objectifs assignés au mouvement syndical de manière générale. Souvenez-vous que l'USTN était à l'avant-garde de l'avènement de la démocratie. Aujourd'hui, nous sommes divisés en 13 centrales. Ceci dit, nos forces sont éparpillées, nos capacités très réduites, et la conséquence qui en découle est le non-respect des engagements par les partenaires. Nous avons donc vraiment intérêt à nous retrouver dans le cadre d'une unité d'actions, et de converger dans le sens de nos objectifs traditionnels qui sont la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs. Mais, avec les élections professionnelles, il y aura certainement des organisations représentatives qui décideront au nom de l'ensemble des centrales.

Avez-vous un mot à dire à propos de ces élections professionnelles ?
C'est une question d'importance capitale qui viendra dépoussiérer le mouvement syndical nigérien. Depuis plus de 10 ans, nous attendons ces élections professionnelles que nous réclamions à cor et à cri, surtout au moment où le monde syndical est en train de se subdiviser, de disperser ses forces.... C'est la raison pour laquelle nous demandons aux autorités publiques de nous appuyer pour organiser ces élections professionnelles, lesquelles si elles se déroulent dans la plus grande transparence et la sérénité, constitueront, sans aucun doute, le meilleur moyen pour nous départager afin que chacun connaisse sa place sur l'échiquier syndical national. Nous lançons un appel à la CONEP, la Commission Nationale chargée de l'organisation des Elections Professionnelles) pour faire un travail serein et sérieux, pour que le fichier électoral réponde au contexte actuel, que chaque travailleur, où qu'il se trouve, soit inscrit sur le fichier, étant donné que sa fiabilité détermine la non contestation des résultats, l'organisation des bonnes élections professionnelles ou politiques.

On constate, aux niveaux des syndicats, un certain manquement dans le respect de l'application des textes. Par exemple, comment peut-on comprendre que des syndicalistes occupent des postes de responsabilité dans la sphère du pouvoir?
Oui, c'est une situation déplorable que de voir des syndicalistes occuper des postes politiques, surtout sans avoir quitté le mouvement. C'est un choix qu'il fallait faire. Cela n'arrangera que le pouvoir. Car celui qui agit de la sorte essayera, par tous les moyens, de jouer le double jeu et finira par trahir les pauvres travailleurs qu'il représente. Les militants doivent redoubler de vigilance afin mettre fin à cette situation. Ceux qui optent pour la politique doivent coller la paix aux syndicats. Et ceux qui prennent le mandat des travailleurs doivent servir la cause des travailleurs.

L'Intersyndicale des travailleurs du Niger (ITN) a-t-elle joué un rôle dans le cadre de la consolidation de l'unité syndicale ?
L'ITN par essence est un cadre unitaire entre 7 centrales syndicales pour agir ensemble. Mais dans la pratique, on sent qu'il y a beaucoup d'hésitation. L'unité d'action tarde à se matérialiser. On dépose un cahier de doléances commun et on négocie ensemble. Il faut franchir le pas pour lutter ensemble.

Avez-vous un mot à l'endroit de ceux qui vous ont apporté leur confiance ?
Mon appel concerne aussi bien ceux qui m'ont apporté leur confiance que ceux qui ne l'ont pas fait et qui ont préféré d'autres. C'est un choix légitime, c'est normal et démocratique. Mon mot fort est simple pour tous: œuvrons ensemble pour l'amélioration continue des conditions de vie des travailleurs. Il faut réfléchir pour trouver des stratégies, des analyses pour des solutions concrètes.
Réalisée par Zabeirou Moussa

L'invité de Sahel Dimanche

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