Le Sahel

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M. Amani Abdou, ministre des Enseignements Professionnels et Techniques : ''Ce sous-secteur constitue une alternative crédible au développement des compétences nationales et de l'insertion socioéconomique des jeunes''.



invitMonsieur le ministre, les écoles et centres de formation professionnelle ont effectué leur rentrée scolaire 2016-2017 le mardi 4 octobre dernier. Comment avez-vous préparé cette rentrée au niveau du Ministère des Enseignements Professionnels et Techniques ?
Permettez-moi d'exprimer d'abord toute ma satisfaction de ce que la rentrée se soit justement effectuée, comme vous l'avez si bien rappelé, le 04 octobre 2016. Il s'agit là d'un pari gagné qui traduit la convergence d'intérêt entre l'Etat, les partenaires sociaux et l'ensemble des acteurs du système éducatif quand il s'agit du devenir des enfants du Niger. Il est heureux de constater jusque-là, depuis mon retour d'Agadez où j'ai procédé au lancement de la rentrée, que les activités pédagogiques se passent bien.
Il convient aussi de rappeler qu'au niveau du Ministère des Enseignements Professionnels et Techniques, plus de 50. 000 apprenants, dont 20.801 nouveaux, étaient attendus dans les 346 établissements publics sous notre tutelle ; je veux parler des Centres de Formation aux Métiers (CFM), des Collèges d'Enseignement Technique (CET), des Centres de Formation Professionnelle et Technique (CFPT), et des Lycées Technologiques et Professionnels. A ces effectifs, il faut ajouter ceux, de plus en plus croissants, des établissements privés sous tutelle du Ministère, et qui totalisaient 9.434 élèves en 2014-2015, ainsi que les apprenants (apprentis, artisans) pour les formations de courtes durées assurées par des ONG ou financées par le Fonds d'Appui à la Formation Professionnelle et à l'Apprentissage (FAFPA).
En ce qui concerne la préparation de la rentrée, les dispositions que nous avions prises ont porté sur la signature des décisions d'affectation des formateurs et de nominations des responsables des établissements nouvellement créés; la tenue des formations technico-pédagogiques à l'intention des formateurs dont la plupart sont sans formation pédagogique; le renforcement de capacités en gestion et administration des établissements à l'intention des directeurs, intendants et chefs de travaux ; la mise en état et l'utilisation optimale des infrastructures existantes au niveau de toutes les régions, deux points par rapport auxquels j'ai instruit les directeurs régionaux pour développer des initiatives en rapport avec les autorités régionales et les partenaires du sous-secteur ; la mise en place de mobiliers et équipements d'ateliers complémentaires qui a concerné 111 CFM; l'acquisition de fournitures scolaires dont la quantité mise en place permet de couvrir les besoins de la rentrée ; des Autorisations des Dépenses (AD) envoyées dans toutes les régions pour l'achat de la matière d'œuvre et la prise en charge de l'Alimentation-couchage-habillement. Les dispositions prises concernent aussi les pécules des enseignants contractuels et des élèves, ainsi que le transport de ces derniers à leurs lieux d'études.
A la veille de cette rentrée scolaire, votre département ministériel a tenu, à Zinder, la réunion annuelle de ses cadres sous le thème '' Enseignement et Formation Techniques et Professionnels, Horizon 2021, quelles stratégies pour atteindre les 40% ?''. Quelles sont les conclusions auxquelles vous êtes parvenus à l'issue de cette rencontre ?
Avant de vous donner quelques conclusions de cette réunion qui s'est tenue du 24 au 25 Septembre 2016 à Zinder, rappelons que cette thématique retenue résulte de notre volonté de relever, à terme, un grand défi, celui de répondre à l'objectif à nous assigné par le Programme de Renaissance Acte 2 du Président de la République, et par la Déclaration de Politique Générale du Premier ministre, et qui porte sur l'amélioration significative de l'accès à l'enseignement et la formation techniques et professionnels. Ce défi sera relevé, puisqu'à l'issue du premier mandat, le Ministère a pu faire passer, comme attendu par le Programme de Renaissance et la DPG, cette proportion des apprenants de l'EFTP de 8% en 2009 à 25% en 2015. En ce qui concerne les effectifs de l'enseignement secondaire, ce défi sera aussi relevé pour contribuer à réaliser cette ambition forte du Président de la République, S.E.M. Issoufou Mahamadou, celle d'inverser la tendance et de faire en sorte que les effectifs des apprenants de l'EFTP soient plus nombreux que ceux de l'enseignement secondaire général, pour répondre efficacement aux besoins de l'économie.
En ce qui concerne la stratégie proprement dite pour l'atteinte des 40%, il s'est agi, au cours de la réunion, sur la base d'une note conceptuelle esquissant la projection des flux de 2016 à 2021, d'analyser les différents moyens de formation à mobiliser (infrastructures, équipements, formateurs, matière d'œuvre, etc.) pour y parvenir. Il s'agissait aussi de voir quelle utilisation optimale faire des dispositifs existants, fussent-ils du public ou du privé, et quels nouveaux autres créer. Les conclusions issues de la rencontre sur ce point ont porté sur le développement des initiatives par les régions et les communes permettant de créer les conditions nécessaires à la prise en charge des jeunes apprenants, surtout dans le contexte de la gestion des flux issus du primaire ; la prise en compte du MEPT dans le cadre du Programme de la Renaissance II du Président de la République, relatif au volet construction des classes afin de disposer davantage d'infrastructures pour la résorption des flux; la rétrocession de la taxe d'apprentissage au profit du Fonds d'Appui à la Formation Professionnelle et à l'Apprentissage (FAFPA) conformément aux textes en vigueur pour une mobilisation plus accrue des ressources nécessaires à la formation d'un plus grand nombre de jeunes. Je profite de l'occasion pour ajouter que la réunion des cadres tenue à Zinder m'a donné l'occasion de partager, à cœur ouvert et sans tabou, avec les cadres du Ministère et acteurs de l'EFTP, sur certaines valeurs fondamentales comme le professionnalisme, l'engagement, le respect de la hiérarchie, l'esprit d'équipe, toutes choses nécessaires à l'accomplissement de notre mission, celle d'assurer, de façon qualitative, le développement des compétences des jeunes dans tous les secteurs, formels et informels, de l'économie.

Monsieur le ministre, quels sont les investissements que l'Etat faits dans le cadre de la promotion de l'Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels ?
Les investissements que l'Etat faits dans le cadre de la promotion de l'Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels sont importants, car il s'agit là d'un domaine de formation qui exige, en plus des salles de cours ou des laboratoires que demande l'enseignement général, des ateliers, des salles spécialisées, des équipements souvent lourds, de la matière d'œuvre , etc.
Nous nous félicitons de ce que l'Etat place des ressources pour permettre au sous-secteur de faire face à toutes ces charges, ce qui permet aussi aux établissements dont le nombre croît chaque année de fonctionner et de prendre en charge les besoins en qualifications des jeunes de façon inclusive, c'est-à-dire qu'ils soient non scolarisés, scolarisés ou apprentis.
En termes d'investissements, l'augmentation substantielle de la part de l'Etat traduit cette volonté du Gouvernement de faire de l'Enseignement et la Formation un levier de développement national. En 2011 par exemple, le budget du Ministère, toutes sources confondues, représentait 4 milliards 591 millions 201 mille 938 FCFA, soit 3,15% du budget du secteur éducatif dans l'ensemble, pour passer à 24 milliards 099 millions 488 mille 749 FCFA soit 9,08%. Il faut noter par exemple qu'en 2015, le Ministère a acquis, sur ressources propres de l'Etat, des équipements de pointe de près de 2 milliards de francs CFA. Il faut également souligner que, dans le cadre du Partenariat Public Privé (PPP) dont le processus de mise en œuvre à travers la signature d'une convention avec une entreprise est avancé, 78 Collèges d'Enseignement Technique, créés et ouverts sur l'ensemble du territoire pour prendre en charge les flux issus des classes de CM2, seront construits et équipés.
Le Fonds d'Appui à la Formation Professionnelle et à l'Apprentissage (FAFPA) est un outil qui accompagne les efforts de votre Ministère. Mais il est très souvent en bute à des difficultés. Quelles sont les solutions envisagées pour résorber ces difficultés ?

Justement, le FAFPA est pour nous un outil indispensable qui nous accompagne car il finance des actions individuelles ou collectives en matière de formation professionnelle et technique, notamment initiale professionnalisantes, à la carte, et par apprentissage. Les principales ressources du Fonds, à l'image de tous les Fonds de formation professionnelle, sont les produits de la Taxe d'Apprentissage et les appuis des Partenaires Techniques et Financiers. A titre d'exemple, de 2013 à nos jours, au moins 15. 000 jeunes, issus de toutes les régions du pays, ont été formés par le FAFPA. Aussi, pour l'atteinte des 40% d'apprenants de l'EFTP en 2021, le FAFPA s'est-il engagé à former plus de 30. 000 jeunes dans différents domaines porteurs, pour l'exercice de métiers.
Il reste que le Fonds bute, comme vous l'aviez souligné, à des difficultés, dont celle relative au recouvrement de la Taxe. En effet, bien que les 50% du produit soient prévus pour être rétrocédés selon l'arrêté N°0383/MF/DGI du 13 septembre 2013 portant rétrocession d'une partie de la Taxe d'Apprentissage au profit du Fonds d'Appui à la Formation Professionnelle, cela n'a pas encore été observé. La situation actuelle du Fonds est qu'il reçoit une subvention de l'Etat qui diminue d'année en année, ce qui ne lui permet pas de prendre en charge convenablement la préoccupation des jeunes en matière de formation professionnelle, notamment la masse critique des déscolarisés et les non scolarisés, frange très sensible de la population que le désœuvrement expose à toutes les mauvaises tentations. En termes de solution, il s'agira simplement, pour le recouvrement de cette taxe d'apprentissage qui est une cotisation des employeurs privés au profit du développement de la formation professionnelle pour la fourniture d'une main d'œuvre de qualité, d'assurer les 50% du produit de la taxe prévus par les textes, à défaut de disposer de la totalité.

Réalisée par Oumarou Moussa(onep)
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