Le Sahel

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M. Amadou Souley Massaoudou, coordonnateur national du Projet de Gestion des Risques de Catastrophes et du Développement Urbain (PGRC-DU): ''Nous avons estimé qu'il était utile de présenter les résultats auxquels nous sommes parvenus à l'ensemble des


invitVous avez organisé hier, dans les locaux de l'Académie des Arts Martiaux, une journée portes ouvertes sur les activités du Projet de Gestion des Risques de Catastrophes et du Développement Urbain (PGRC-DU). Quels sont les objectifs que vous avez assignés à cette journée ?
Nous sommes très satisfaits de l'organisation de cette journée parce que la participation a été très au-delà de ce à quoi nous nous sommes attendus. En réalité, au niveau de l'équipe de gestion du projet, nous avons estimé que puisque nous avions été investis d'une mission, celle de conduire et de mettre en œuvre les activités d'un projet qui a fait l'objet de négociations entre le Gouvernement du Niger et la Banque Mondiale, après deux ans de mise en œuvre, il était utile de présenter les résultats auxquels nous sommes parvenus à l'ensemble des acteurs et des partenaires et, au-delà, à l'ensemble du public; et en retour, avoir l'appréciation des uns et des autres sur le niveau de mise en œuvre de ces activités-là. Le deuxième objectif était d'améliorer la visibilité des activités réalisées par le projet. Donc, ce sont ces deux objectifs que nous avons visés à travers l'organisation de la journée portes ouvertes où nous sommes arrivés à faire participer les membres du Gouvernement et la partie Banque Mondiale. On a été investi d'une mission, on nous a confié quelque chose, il faut que nous puissions avoir le courage de présenter le résultat auquel nous sommes parvenus pour échanger et avoir le point de vue des uns et des autres. Il faut dire que le PGRC-DU fait suite aux inondations de 2012; inondations qui ont considérablement endommagé les infrastructures dans les villes et villages, les périmètres irrigués le long du fleuve et de la Komadougou, et causé des dégâts importants. On estime en effet que 16.430 ménages ont été sinistrés, sans abris, soit 110.750 personnes, avec 102 pertes en vies humaines. A ce bilan s'ajoutent des milliers de terres de cultures dévastées (champs dunaires et aménagements hydro agricoles, aires de pâturage et jardins) ainsi que d'importantes quantités de réserves alimentaires emportées par les eaux. Le rapport bilan élaboré par le Comité Technique National de Prévention, Gestion et Suivi des Inondations, sous la supervision du Comité Interministériel de Suivi des Inondations a estimé à plus de 97 milliards le coût des dégâts et pertes des inondations. Les régions qui avaient été fortement touchées sont par ordre décroissant: Tillabéry, Diffa, Niamey et Dosso.
Ainsi, le Gouvernement du Niger a obtenu de l'Association Internationale pour le Développement (IDA) un crédit de cent millions de dollars US, couplé à un don du Fonds pour les Pays les Moins Avancés (FPMA), administré par le Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM), de 6 ,65 millions de dollars US pour financer le Projet de Gestion des Risques de Catastrophes et de Développement Urbain (PGRC-DU), afin de réduire la vulnérabilité des populations exposées aux risques d'inondations par une approche multisectorielle intégrée ciblant en priorité les zones qui ont été les plus touchées par les inondations de 2012, tout en tenant compte des impératifs de développement communautaire et du renforcement des capacités des structures de gouvernance tant au niveau central que local.
M. le Coordonnateur, quels sont donc les objectifs que vise le Projet de Gestion des Risques de Catastrophes et de Développement Urbain ?
L'objectif de développement (ODP) du Projet de Gestion des Risques de Catastrophes et de Développement Urbain est d'améliorer la résilience des populations nigériennes aux risques naturels grâce à un certain nombre d'interventions liées à la maîtrise des inondations sur les sites ciblés du projet et au renforcement des capacités du Gouvernement à répondre rapidement et efficacement en situation de crise ou d'urgence éligible. Les objectifs spécifiques du projet visent à renforcer les capacités en gestion des risques de catastrophes par l'amélioration des infrastructures rurales et urbaines, et réduire la vulnérabilité des populations exposées aux inondations par le renforcement des capacités des institutions locales.
Les résultats attendus sont l'amélioration de la capacité de rétention en eau des bassins versants critiques ; la présence d'infrastructures efficaces de protection, de drainage et d'écoulement des eaux ; une capacité renforcée des autorités locales et des communautés en termes de gouvernance urbaine et de planification ; une capacité accrue du Dispositif National de Prévention et de Gestion des Catastrophes et des Crises Alimentaires, des gouvernements locaux et des communautés en termes de gestion des risques et des catastrophes, notamment la prévention, l'information, l'alerte et la réponse. La zone d'intervention du PGRC-DU couvre les régions de Tillabéri, Niamey, Dosso et Diffa totalisant 104 communes.
Quelles sont les différentes composantes du Projet de Gestion des Risques de Catastrophes et de Développement Urbain ?
''Les investissements pour la maîtrise des inondations'' constituent la composante 1 du projet. Cette composante permet de financer des interventions structurelles aussi bien de réhabilitation des ouvrages que de gestion des risques de catastrophes. Le principe général de cette composante est d'assurer une résilience durable face aux inondations futures dans les zones urbaines et rurales. Quant à la Composante 2, elle concerne ''le renforcement des capacités en matière de développement urbain et de gestion des risques de catastrophes''. Elle comprend l'assistance technique pour le renforcement des capacités des administrations centrales et locales. La gestion des risques de catastrophes, couvrant notamment l'évaluation des risques, la planification sur la base des risques, la préparation et les capacités d'intervention, et une adaptation au changement climatique tenant compte de la parité des sexes, seront intégrées dans le processus de développement des communautés. La Composante 3, c'est la Gestion de projet. Cette composante permet de veiller à la gestion ainsi qu'à la coordination de l'ensemble des activités du projet, y compris le suivi-évaluation et la communication. Elle couvre la totalité des dépenses éligibles, dont celles relatives au renforcement des capacités institutionnelles ; l'acquisition de fournitures et matériels de bureau ; l'embauche de membres essentiels du personnel, dont ceux chargés des audits techniques et financiers ; et tous les coûts récurrents.
La Composante 4 est la ''Composante de contingence''. À la suite d'un phénomène naturel donnant lieu à une catastrophe majeure, le Gouvernement nigérien peut demander à la banque de réaffecter des fonds du projet à l'appui de mesures de prévention, de réponse d'urgence, de relèvement et de reconstruction. Cette composante permet un accès rapide à hauteur de 5% du portefeuille non décaissé des prêts d'investissements de l'IDA pour répondre aux besoins de financement immédiats, et répondre ainsi aux besoins d'urgence. Cette composante pourrait également être utilisée pour transférer des fonds supplémentaires s'il devenait nécessaire du fait d'une urgence remplissant les critères établis. Les décaissements seraient effectués par rapport à une liste des fournitures, travaux et services admissibles et requis pour répondre aux besoins sur les plans de l'atténuation du risque, des secours, du relèvement et de la reconstruction. Suite aux dégâts causés par les inondations dans les régions de Tahoua et Agadez au cours de la campagne pluviale 2016, le Gouvernement du Niger a sollicité de la Banque Mondiale l'activation du MRI afin de répondre aux besoins des victimes d'inondation lors de la mission d'appui et de supervision du PGRC-DU conduite du 31 octobre au 09 novembre 2016. Le MRI se focalisera essentiellement sur la relance économique et la protection des terres de culture.

Quels sont les résultats auxquels vous êtes parvenus après deux années de mise en œuvre du projet ?
A la date du 25 décembre 2016, 918.916 bénéficiaires directs ont été touchés dont 45% de femmes. Les réalisations du PGRC-DU ont concerné divers domaines. Dans le volet hydraulique, le projet a réalisé 43 mini AEP ; 4 puits villageois ; 9 pompes à motricité humaine ; 143 villages bénéficiaires de l'ATPC (Assainissement Totale Piloté par les Communautés). Dans le volet agriculture, le PGRC-DU a réalisé l'aménagement de 13 sites maraichers féminins ; la réhabilitation en cours de 9 aménagements hydro agricoles (1167ha) ; le renforcement des capacités de 1069 producteurs et productrices ; la construction et la réhabilitation en cours de 3 digues de protection (11638ml) dans la ville de Niamey. Concernant le volet environnement, le projet a réalisé 3818 ha de fixation de dunes ; 7964 ha de restauration de terres dégradées (demi-lunes et banquettes). En matière d'assainissement et de développement urbain, le projet a apporté un appui à la ville de Niamey : 3 camions bennes porte-conteneurs ; 2 tractopelles ; 30 bacs à ordures ; 1 balayeuse mécanique ; 1 excavateur ; 4070 ml de pavage en cours. Pour la commune urbaine de Birni N'Gaouré le projet a fait un appui de 50 kits solaires. Dans le volet Education, le projet a réhabilité 12 salles de classes ; et 9 salles de classes en plaque écologique sont en cours de construction. Concernant le volet réhabilitation des routes, le traitement des points critiques est en cours sur 218 km. En appui aux collectivités, il y a eu 12 Plans de Développement Communaux (PDC) actualisés; 2 Schémas Régionaux d'Aménagement du Territoire (SRAT) en cours ; 1 Politique Nationale d'Hygiène et d'Assainissement en cours ; le renforcement des capacités de l'ANFICT en ordinateurs, mobiliers, groupe électrogènes etc. Dans le cadre du renforcement des structures nationales, le PGRC-DU a appuyé l'ONAHA avec 3 niveleuses 140kg ; 3 bulldozers D6 ; 2 pelles hydrauliques ; 2 chargeurs 950G ; 2 compacteurs ; 6 camions bennes ; 2 camions citernes à eau. La Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) a bénéficié de 8 engins d'épuisement, 8 motopompes remorquables et accessoires, 10 ambulances, 36 motos cross, 4 véhicules 4x4, 13 casernes de sapeurs-pompiers en construction, 42 ordinateurs et imprimantes, 6 radios HF etc., et 3 citernes à eau. Les autres partenaires, notamment les directions générales, ont bénéficié de 4 véhicules 4x4; 2 motos cross ; et d'autres équipements comme les ordinateurs et imprimantes, le matériel de contrôle des débits des cours d'eau etc. Dans le volet Mécanisme de Réponse Immédiate (MRI), il y a eu l'élaboration du manuel MRI ; l'élaboration des documents de sauvegarde CGES et CPRP ; l'activation du MRI pour prendre en compte les dégâts des inondations 2016 des régions d'Agadez et de Tahoua. Au total, à la date du 25 décembre 2016, il y a eu un décaissement de 21.234.968.163 FCFA soit 40,02% de l'enveloppe globale. Pour le plan de travail 2017, il est prévu un montant de 25.631.860.221 FCFA. En plus de ce montant, dans le cadre du mécanisme de réponse immédiate, pour venir en aide aux populations victimes des inondations 2016 dans les régions de Tahoua et Agadez, il est prévu un montant de 8. 027.075.871 FCFA. Ainsi le programme de travail 2017 sera axé sur la réalisation des travaux d'amélioration de l'assainissement urbain dans les villes et l'aménagement d'une décharge pour la ville de Niamey ; la poursuite des travaux de pavage de certaines rues de la capitale ; la réalisation des ouvrages hydrauliques. Dans les zones touchées par les inondations, il y aura la réhabilitation ou la construction d'adductions d'eau potable, la réhabilitation d'aménagements hydro-agricoles, la réhabilitation ou la construction d'infrastructures sociales, la protection biologique (plantations) et mécanique des berges (ouvrages antiérosifs, digues), la réhabilitation ou l'aménagement de tronçons de routes. Le programme prévoit également le renforcement des capacités des collectivités locales, de l'ANFICT et des structures nationales, ainsi que le renforcement de la gestion de l'information et de l'alerte.
Réalisée par Oumarou Moussa(onep)
www.lesahel.org

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