Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

Kadidjatou Moumouni, présidente de l'Association nationale des albinos du Niger : «Nous voulons une société inclusive, qui prend en compte la question des droits des personnes atteintes d'albinisme en vue de leur inclusion sociale»


IMG-20180613-WA0015Dans beaucoup de sociétés, l'albinisme demeure encore un sujet de curiosité. La méconnaissance de ce problème de santé a conduit à des actes souvent cruels sur les personnes souffrant d'albinisme. Au Niger, même si la discrimination est moins prononcée contre les albinos, ceux-ci font toutefois face des difficultés certaines. Depuis 2013, l'Association nationale des albinos du Niger, essaie de trouver des solutions aux difficultés auxquelles ils font face. Dans cet entretien, Mme Kadidja Moumouni, s'exprime sur les ambitions de l'organisation ainsi que sur les activités prévues dans le cadre de la 4ème édition de la journée internationale de sensisibilisation à l'albinisme célébrée ce 13 juin.
Mme Kadidja, vous êtes présidente de l'association des albinos, pourquoi une association des albinos au Niger ?
L'association nationale des albinos du Niger a été créée en fin 2013 (parce que nous avons obtenu notre arrêté d'agrément en fin 2013) et nous avons commencé nos activités en 2014. L'association a été créée pour essayer de rechercher des solutions aux difficultés auxquelles font face les personnes vivant de l'albinisme. Nous avons été guidés par la nécessité de nous retrouver autour d'un cadre pour réunir nos forces et chercher ensembles des solutions aux problèmes que nous rencontrons ; pour relever les barrières auxquelles nous faisons face. Des barrières qui résultent effectivement de l'interaction entre les difficultés liées à l'albinisme et la société.

On sait que dans certaines sociétés, les albinos sont victimes de préjugés et même d'actes répréhensibles comme la sorcellerie, est-ce le cas au Niger ? Et quelles sont les principales difficultés auxquelles ils font face ?
Heureusement, au Niger ça va ; Alhamdullillah. Je peux affirmer avec réserve que dans la société nigérienne, nous ne connaissons pas ces genres d'actes graves. Mais nous ne pouvons toutefois ignorer qu'il y'a des cas isolés. Par exemple en 2015, on a enregistré l'enlèvement d'un jeune homme atteint d'albinisme âgé de 21 ans au quartier Dar-es-salam. Ce garçon n'a jamais été retrouvé jusqu'à ce jour. C'est donc le lieu de mentionner un cas très récent qui s'est passé au Mali où une fille atteinte d'albinisme Ramata Diarra, âgée seulement de cinq (5 ans) a été assassinée le 13 mai passé. Si on prend en compte tous ces paramètres, je pense qu'on est en droit d'émettre des inquiétudes quant à la situation des albinos. Toutefois, il faut se féliciter qu'au niveau de la société nigérienne, nous n'avons pas des cas d'attaques et d'atteintes systématiques à la vie des personnes souffrant d'albinisme. Les difficultés que nous avons au Niger, sont surtout celles liées à la protection sociale.

Qu'en est-il de la prise en charge des albinos au Niger ?
Nous avons des réels problèmes au niveau de la prise en charge sanitaire. Il n'ya pas de dispositions particulières pour la prise en charge des personnes souffrant d'albinisme au niveau de nos services de santé. Il n'y a pas un cadre formel par rapport à la prise en charge de l'albinisme au Niger. C'est vrai que le ministère de Tutelle qui est le ministre de la Population, nous apporte des appuis ponctuels en crèmes solaires. Nous appliquons ces crèmes sur les parties exposées pour nous protéger lorsque nous nous retrouvons au soleil. Malheureusement, par rapport à la prise en charge par rapport au traitement ou à la prévention du cancer de la peau, il n'ya pas de dispositions particulières formelles. C'est pourquoi, notre association travaille avec une clinique privée (clinique Zana), une clinique dermatologique qui nous appuie dans le cadre de la prévention du cancer de la peau en organisant des consultations dermatologiques, en faisant la cryothérapie pour pouvoir éliminer des plaies cancéreuses.

Ce 13 juin prochain, on célèbre la 4ème édition de la Journée internationale de sensibilisation à l'albinisme, quel est le sens et quel en est l'objectif recherché ?
Il faut savoir que cette journée a été instituée en 2014 par une résolution des Nations Unies et la 1ère édition a été célébrée en 2015. En fait, à travers cette journée, il s'agit de sensibiliser les populations, les Etats pour mieux faire connaître l'albinisme. En effet, beaucoup de personnes croisent des albinos ; elles voient juste la peau ''blanche'', différente de la leur, mais elles ignorent ce qui se cache derrière cette peau différente. Cette journée vise à sensibiliser les communautés sur ce qu'est l'albinisme, sur les différentes difficultés que rencontrent les albinos. C'est aussi une occasion de mieux faire connaître la situation des personnes atteintes d'albinisme sur le plan des droits humains. C'est également dans le but d'amener les organisations en charge des personnes atteintes d'albinisme pour pouvoir faire le plaidoyer auprès des Etats, des organismes des Nations Unies et auprès de tous les autres partenaires au développement pour les amener à avoir un regard beaucoup plus positif et à s'intéresser à la question de l'albinisme et aux droits des personnes atteintes d'albinisme ; à prendre en compte les préoccupations de ces personnes dans les programmes de développement.

Quelles sont les activités programmées et quelles en sont les cibles ?
Pour cette édition 2018, il y'aura d'abord le lancement des activités placé sous les auspices de madame la ministre de la Population. Nous aurons ensuite toute une série d'activités qui va des émissions débats radiotélévisées à des activités de sensibilisation sur l'albinisme en passant par une séance de consultations dermatologiques avec la clinique Zana, notre partenaire. Les groupes cibles, c'est toute la population afin qu'elle comprenne mieux la réalité de l'albinisme et la situation des albinos.

Depuis la 1ère édition de cette journée, avez-vous observé une avancée en termes de perception de l'albinisme au Niger ?
Je pense que oui, parce que dès la première édition, nous avions eu à organiser des activités de sensibilisation principalement à l'endroit des enseignants. Je vous avoue que quand nous avions organisé cette activité, il y avait beaucoup d'enseignants qui ignoraient la réalité de l'albinisme. Il y'avait pourtant des enseignants qui tenaient des élèves albinos dans leurs classes, mais ils ignoraient les problèmes que ces enfants rencontrent. Nous avions alors ciblé les écoles qui accueillent des enfants albinos. Mais depuis lors, ces enseignants ont une autre perception de l'albinisme et accordent plus d'attention aux élèves albinos. Avec la sensibilisation, nous amenons de plus en plus la communauté à mieux comprendre l'albinisme et aussi les difficultés liées à l'albinisme, mais aussi et surtout les capacités et tout le potentiel dont disposent les personnes vivant avec l'albinisme, parce qu'il ne faut pas seulement voir l'aspect négatif des choses.

Quelles sont vos attentes à l'issue de ces activités ?
Notre première attente, c'est d'abord d'amener l'Etat, à travers tous les ministères en charge de la question (ministères de la Santé ; de la Population ; de la Justice ; de l'Education et de la Formation professionnelle) ; les organismes des Nations Unies dont l'OMS, l'UNICEF, l'UNFPA, l'UNICEF ainsi que les ONGs internationales et tous les acteurs intervenant dans le domaine du handicap, à s'intéresser à la question de l'albinisme. Nous espérons amener tous ces acteurs à prendre en compte la promotion et la protection des personnes atteintes d'albinisme au Niger. Notre objectif, est d'avoir une société inclusive, une société qui prend en compte la question des droits des personnes atteintes d'albinisme en vue de leur inclusion sociale.

Réalisée par Siradji Sanda,(onep)

15/06/18

L'invité de Sahel Dimanche

M. Souley Limane Korimi, directeur du Centre Culturel Oumarou Ganda : « Avec l'avènement des TICs et des réseaux sociaux…

M. Souley Limane Korimi, directeur du Centre Culturel Oumarou Ganda : « Avec l'avènement des TICs et des réseaux sociaux, les centres d'animation ne sont plus régulièrement fréquentés »

Monsieur le directeur, pouvez vous nous dire dans quel contexte culturel a été créé le Centre Culturel Oumarou Ganda (CCOG) ?A l'époque, l'Etat organisait des manifestations artistiques et culturelles, notamment le Festival National de la Jeunesse dans les départements [ndlr : les régions actuelles] pour créer un cadre d'épanouissement et de promotion du patrimoine culturel de proximité à la population en général et à la jeunesse en par...

M. Ousmane Baoua, Chef de Division à la Direction de la Météorologie : «C'est une température moyenne de 44 à 45 degrés …

M. Ousmane Baoua, Chef de Division à la Direction de la Météorologie : «C'est une température moyenne de 44 à 45 degrés Celsius que nous prévoyons sur le pays»

Depuis quelque temps on enregistre une montée progressive du thermomètre dans certaines zones de notre pays et particulièrement à Niamey. Est-ce que cette situation est normale du point de vue météorologique ?Merci de votre passage à la Direction de la Météorologie Nationale. Pour répondre directement à votre question, c'est vrai que depuis le début du mois de mars 2019, nous avons commencé à enregistrer une hausse de température. Le 31...

M. Moussa Harouna, Maire de Magaria : «Si on veut un travail de qualité au bénéfice des populations, il faut forcement r…

M. Moussa Harouna, Maire de Magaria : «Si on veut un travail de qualité au bénéfice des populations, il faut forcement relever le niveau de compétence et de formation des Maires et des administrations municipales»

Monsieur le maire, présentez nous votre commune.Magaria, qui a été érigée en commune en 1988, compte, suivant le recensement de 2012, 130.707 habitants, pour une superficie de 715 km2. La densité de la population tourne autour de 188 hbts au km2. Les principales activités sont l'agriculture et l'élevage mais aussi le commerce favorisé par notre proximité avec le Nigeria. Sur le plan position géographique, elle est limitée au nord par la...

Maman Bachir Abdou, maire de la Commune Urbaine de Mirriah : «Nous remercions le Président de la République et le Gouver…

Maman Bachir Abdou, maire de la Commune Urbaine de Mirriah : «Nous remercions le Président de la République et le Gouvernement pour avoir fait de la question du changement de comportement une priorité nationale»

M. le maire, comment se présente la commune de Mirriah ?La Commune Urbaine de Mirriah a été créée le 27 juin 1988 ; c'est une Commune qui a trente (30) ans d'existence. Pour ce qui est de la population, au dernier recensement général de la population et de l'habitat, la Commune a compté80 126 habitants. Si on travaille avec le taux d'accroissement, on peut l'estimer à 90 000 voir100 000 habitants. La commune a une superficie de 621 Km2....

M. Saley Saidou, Président du Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) : «Mon ambition pour le CESOC, c'est de ren…

M. Saley Saidou, Président du Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) : «Mon ambition pour le CESOC, c'est de rendre cette institution encore plus active et productive»

Monsieur le Président, la première session ordinaire du CESOC au titre de l'année 2019 a pris fin récemment à Niamey. Quelle sont les recommandations issues de cette session ?Tout d'abord je vous remercie de cette opportunité que vous m'offrez pour parler de notre institution le CESOC et de ses missions.Cela dit, pour revenir à votre question, le Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) a effectivement tenu sa première session ord...

Mme Elback Zeinabou Tari Bako, ministre de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant : «Dans le souci de …

Mme Elback Zeinabou Tari Bako, ministre de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant : «Dans le souci de promouvoir les droits des femmes, nous envisageons d'élaborer et de mettre en œuvre un Programme National de Promotion du leadersh

Mme la ministre, la Journée Internationale de la Femme est célébrée aujourd'hui 8 mars dans tous les pays du monde. Pouvez-vous nous faire un bref rappel historique des circonstances qui ont conduit à l'institution de cette journée ?Merci de l'opportunité que votre journal me donne pour parler de cette importante journée que le Niger, à l'instar des autres pays de la Communauté Internationale, célèbre aujourd'hui 8 mars 2019. En effet, ...

M. Youssouf Mohamed El Moctar, Secrétaire Exécutif du Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger (RECA) : «Nous…

M. Youssouf Mohamed El Moctar, Secrétaire Exécutif du Réseau National des Chambres d'Agriculture du Niger (RECA) : «Nous tirons un bilan positif qui a même dépassé nos attentes»

M. le Secrétaire Exécutif, la 5ème édition du Salon de l'Agriculture, de l'Hydraulique, de l'Environnement et de l'Elevage du Niger (SAHEL-Niger) a pris fin dimanche dernier à Niamey. Quel bilan pouvez-vous tirer de cette grande rencontre du monde des producteurs ?Nous tirons un bilan positif qui a même dépassé nos attentes et nos objectifs. Du 19 au 24 février 2019, le Salon sahel Niger 2019 a connu une affluence record cette année ave...

M. Sadou Seydou , Ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé : "Sous la conduite de SEM. Issoufou Mah…

M. Sadou Seydou , Ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé : "Sous la conduite de SEM. Issoufou Mahamadou, le dossier de la ZLECAf connait des avancées significatives"

Monsieur le Ministre, lors du 32ème Sommet des Chefs d'État et de Gouvernement de l'Union Africaine, le Président de la République, Chef de l'État, a présenté à ses pairs le rapport de compte rendu sur l'état d'avancement du processus de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf) qui constitue sans nul doute l'une des grandes réformes portées par cette Institution. Pouvez-vous nous rappeler les grandes articulations de ce ...

Pr. Khalid Ikhiri, président de la CNDH-Niger, président du Réseau des institutions nationales des droits humains des pa…

Pr. Khalid Ikhiri, président de la CNDH-Niger, président du Réseau des institutions nationales des droits humains des pays du G5 Sahel : «Il n'y a jamais eu de guerre propre, mais il est bien possible d'allier lutte contre l'insécurité et respect scr

Monsieur le président, la CNDH et les autres institutions nationales des pays du G5 Sahel ont mis en place récemment un Réseau dont vous êtes le président. Pouvez-vous nous faire la genèse de la création de ce réseau ?Quelques mois seulement après son installation effective en mai 2013, la CNDH-Niger avait entrepris sur fonds propres, des missions de sensibilisation et d'information, au niveau des Institutions Nationales des Droits de l...

M. Mamoudou Moctar, Président de la Délégation Spéciale de la ville de Niamey : ''Le Niger est dans cette dynamique de R…

M. Mamoudou Moctar, Président de la Délégation Spéciale de la ville de Niamey : ''Le Niger est dans cette dynamique de Renaissance Culturelle, inspirée par le Président de la République, dont la ville de Niamey doit être le moteur, la locomotive et l

      Monsieur le président de la Délégation Spéciale, pouvez-vous nous parler de vos réalisations depuis que vous êtes à la tête de la Délégation spéciale de la ville de Niamey et leurs impacts sur le quotidien des populations ?Je dois d'abord remercier l'Office National d'Edition et de Presse (ONEP), pour l'occasion qu'il me donne, encore, pour parler des travaux que nous faisons depuis notre arrivée à la tête de la ...

AG/ONU

Editorial

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

lundi 17 décembre 2018

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

Audiences

Dossier

Tresses traditionnelles nigériennes : Derrière la …

Tresses traditionnelles nigériennes : Derrière la beauté, se cache toute une symbolique

Au-delà de la beauté artistique et visuelle, la tresse symbolise une forme d'expression po...

jeudi 18 avril 2019

Tresse traditionnelle

Tresse traditionnelle

La tresse traditionnelle a longtemps été un des métiers les plus reconnus à la femme nigér...

jeudi 18 avril 2019

Santé et sécurité au travail : Peu d'importance ac…

Santé et sécurité au travail : Peu d'importance accordée à la question

La problématique traite de la protection des travailleurs contre les maladies, les acciden...

jeudi 4 avril 2019

L'air du temps

Endiguer le banditisme urbain

Endiguer le banditisme urbain

Il y a environ une semaine, la Police Nationale a une fois de plus mis hors d'état de nuir...

jeudi 18 avril 2019

Newsletter

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.