Le Sahel

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Mlle Moumouni Ibrah Hadiza, ingénieur pétrolière et spécialiste du réservoir pétrolier, présidente de l'association NIWO : «Je souhaite que le Chef de l'Etat, soucieux de l'avenir de la jeunesse, exige l'implication des jeunes et des femmes ingénieur


inviteLa présence des femmes dans le domaine de l'industrie pétrochimique et de l'ingénierie du pétrole est restreinte au Niger. Le domaine restait un terrain conquis par les hommes, alors que les femmes peuvent se lancer pour son développement. C'est pourquoi, la seule femme spécialiste du réservoir pétrolier au Niger, sans emploi, a pensé à créer l'association NIWO (Niger's Women in Oil and Gas) pour inciter les jeunes filles nigériennes à embrasser le domaine. Dans l'entretien qui suit, notre jeune ingénieure pétrolière de l'association parle du domaine du pétrole et de la situation des diplômés des filières scientifiques.
Le domaine de la pétrochimie emploie peu de femmes au Niger alors que vous avez choisi d'embrasser cette carrière jusqu'à vous spécialiser en réservoir pétrolier. Quelles sont les raisons qui vous ont motivé et à créer votre association (Niger's Women in Oil and Gas, NIWO) ?
Nous avons créé notre association des femmes du domaine pétrolier (Niger'sWomen in Oil an Gas (NIWO) en janvier 2017 ; elle a pour objectif de sensibiliser les femmes, les accompagner et les motiver pour qu'elles s'imprègnent davantage des domaines scientifiques en général et pétrolier en particulier. Au fait, depuis mon jeune âge, je suis intéressée par les technologies. Dieu a fait les choses que je me suis retrouvée dans les séries scientifiques au lycée. Je suis intéressée également par les questions de la promotion de la femme et de la scolarisation des jeunes filles. C'est d'ailleurs l'un des objectifs principaux ayant conduit la mise en place de NIWO.
Les actions de notre structure s'inscrivent dans le cadre de la promotion de la femme, notamment l'apport des intellectuelles à prendre conscience de leur rôle et de leurs responsabilités afin d'être un moteur du développement économique et social du Niger. Il est préférable à toutes les femmes de toutes les bonnes volontés de rejoindre l'association et soutenir ses projets.

Depuis la création de votre association, avez- vous pu mener des actions concrètes en faveur des jeunes filles scolaires et les quelques femmes intervenant dans le domaine pétrolier ?
Dans tous les pays africains, les femmes sont moins motivées dans le secteur pétrolier. Le Niger n'est pas resté à l'écart. Si la femme intervient dans le domaine scientifique, cela permettra de révolutionner la vision qu'on a d'un certain nombre de compétences scientifiques que l'on pense souvent réservé aux hommes. Nous avons organisé notre première conférence en avril 2017, parrainée par la Première Dame Hadjia Aissata Issoufou, qui elle-même est ingénieure de formation.
Ensuite, nous avons rencontré des étudiants de l'université Abdou Moumouni Dioffo et un certain nombre d'instituts professionnels et lycées de la ville de Niamey pour leur présenter l'association et ses objectifs et les inciter à avoir un intérêt pour le domaine pétrolier. Nous avons également organisé pendant les vacances le petro-jeu qui consiste à réunir les étudiants du domaine et à leur poser des questions et après 24h, leur délivrer la réponse. L'objectif principal de cette activité est de pousser à faire des recherches dans le domaine et à mieux le connaitre. Par les réponses issues des multiples recherches, l'objectif est atteint. Nous organisons « Le Savez-Vous » ou LSV, qui a pour objectif de bien introduire et présenter le domaine de l'industrie pétrochimique au grand public et pas juste aux gens du domaine.
En 2018, nous avons accompagné des élèves des séries scientifiques en cours de mathématique et physique-chimie. Enfin, nous disposons d'un plan d'action annuel qui comprend une multitude d'activités dont la formation des jeunes femmes du domaine.

Vous êtes spécialiste de l'ingénierie du réservoir du pétrole : pouvez-vous nous l'expliquer ?
La spécialisation dans l'ingénierie du réservoir pétrolier permet d'acquérir de solides compétences opérationnelles et techniques pour analyser et évaluer les réserves pétrolières du sous-sol, concevoir et assurer la mise en œuvre de leur production. Il faut noter que cette filière si importante de l'industrie pétrolière, le réservoir Engineering, est un métier qui a pris et continue de prendre de l'ampleur durant ces dernières décennies et cela est lié à son impact important sur la production tout en jouant sur le coût et le taux de récupération.
Le rôle important que joue l'ingénieur du réservoir dans l'industrie pétrolière, c'est que ce dernier se charge de l'un des challenges fondamentaux de l'industrie du pétrole et du gaz qui est l'optimisation de la production des champs pétroliers et gaziers qui sont en cours d'exploration et d'exploitation. Par exemple, dans le cadre de mon travail de fin de spécialisation, je suis allée au Nigeria au sein de la compagnie nationale nigériane, la NNPC, pour effectuer une recherche de 6 mois sur le Niger Delta (Nigeria). C'était une expérience fructueuse sur le plan professionnel. Ce stage de perfectionnement a été réalisé au département de réservoir et de production de NPDC (Nigeria Petroleum Development Corporation (NNPC). J'ai réalisé pendant ce stage une étude intitulée « Development concept selection for a retrograde condensat reservoir in Niger Delta », c'est-à-dire « sélection d'un concept de développement pour un réservoir de condensat rétrograde dans le Niger Delta ». Cette étude a été l'occasion pour moi de m'initier au bassin du delta du Niger.
Après, j'ai rejoint pendant quelques mois les équipes de la CNPC-Niger Petroleum où j'ai découvert les différents aspects de l'exploitation du pétrole au Niger, surtout l'absence de femmes dans le domaine. C'était pour moi une chance de participer dans les recherches techniques de l'optimisation de la production de l'un des blocs pétroliers d'Agadem.

Les femmes sont moins absentes dans le domaine : est-ce que le secteur crée de l'emploi aux femmes ?
Justement, après ma soutenance de master en France, j'ai pris l'engagement de revenir au pays pour apporter ma contribution dans le développement de mon pays et surtout dans le secteur pétrolier. Mais après plusieurs mois de séjours, bien que notre pays soit aujourd'hui producteur du pétrole, je suis toujours au chômage. C'est pourquoi, nous avons décidé de créer cette association. Nous sommes engagées dans le combat et surtout dans le cadre de la promotion de la femme et la création d'un leadership féminin dans le secteur du pétrole.

Quelles solutions sont prévues par votre association pour surmonter le problème de l'emploi dans le domaine et l'intégration des jeunes nigériens diplômés en la matière pour éviter la fuite des cerveaux vers l'étranger?
Comme je vous l'avais dit, depuis mon retour au pays, je suis restée au chômage. Seulement, mon vœu le meilleur est de rester travailler dans mon pays. Sinon, la plupart des jeunes préfèrent rester travailler à l'extérieur, plus précisément les pays dans lesquels ils ont obtenu leur diplôme. Ils sont hantés par l'idée qu'au Niger, il ya toujours manque de l'emploi. Ce problème est dû à l'absence de compétitivité, le refus des responsables de certains secteurs à faciliter l'insertion des jeunes diplômés dans le secteur.
Par exemple, en spécialisation dans le domaine de l'ingénierie du réservoir pétrolier, nous ne sommes que quatre (4) Nigériens dont trois hommes. Je suis la seule femme parmi eux qui a pris le courage de revenir au Niger travailler. Je pense que je serai utile pour mon pays. Mais il est nécessaire de garder l'espoir. C'est pourquoi, d'ailleurs, je demande aux jeunes Nigériens qui regorgent de compétences qui et sont confrontés aux problèmes de l'emploi, de garder l'espoir.

Le problème de manque d'emploi persiste dans le domaine alors que notre pays exploite des réserves du pétrole comme à Agadem. Quel appel avez-vous à lancer aux plus hautes autorités du pays pour soutenir les jeunes Nigériens à être intégrés dans le travail du secteur pétrolier ?
Notre association est entrain de se battre à faire des plaidoyers à tous les niveaux pour que les jeunes puissent trouver du travail dans les compagnies pétrolières au Niger. Surtout, je veux bien que le Président de la République, Chef de l'Etat, SE. Issoufou Mahamadou, soucieux de l'avenir de la jeunesse du Niger, ait un œil regardant sur la situation de nos ingénieurs qui travaillent dans les compagnies pétrolières. Nos ingénieurs nationaux ne sont pas intégrés dans le travail du secteur pétrolier. Les frères et les sœurs qui travaillent dans ces compagnies qui exploitent les ressources pétrolières nigériennes ne jouent pas leur rôle d'ingénieur mais plutôt celui de traducteurs et de secrétaires ; les nationaux doivent être impliqués du côté technique afin d'assurer la relève.
S'il n'y a pas de transfert de compétence, nous allons toujours rester attendre que les expatriés viennent exploiter nos ressources alors que nous avons des ingénieurs compétents. Vous savez, nous avons des compatriotes spécialisés dans toute la chaine pétrolière ; malheureusement, ils ont fui le pays pour aller travailler à l'étranger. Actuellement, je suis tentée de quitter le Niger pour un pays voisin, mais en tant que vrai patriote, je décline toujours l'offre.

Réalisée par Seini Seydou Zakaria(onep)

27/0718

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