Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

M. Assane Seydou, président du Conseil de Ville de Niamey : «Avec seulement ses ressources propres, la ville de Niamey ne pourra jamais apporter des solutions à tous les problèmes»

M. Assane Seydou M. Assane Seydou

M. le président, la ville de Niamey fait face chaque année à des problèmes d'inondations dans certains de ses quartiers. Pourquoi n'y a-t-il toujours pas de solution définitive à ce problème ?
Je vous remercie très sincèrement d'être venu nous voir pour recueillir, par la voix la plus autorisée, les informations de première main sur la ville de Niamey dont nous avons l'honneur de présider le Conseil. C'est cela la meilleure approche, plutôt que de diffuser des informations approximatives ou des contrevérités. Par ailleurs, vous nous donnez l'occasion d'éclairer la lanterne de beaucoup de nos concitoyens, et particulièrement les populations de Niamey, par rapport à nos occupations, nos préoccupations et nos attentes de tous les jours.
Comme vous le savez, le problème des inondations est un phénomène récurrent qui dépend de plusieurs facteurs. Parmi ces facteurs, nous avons ceux qui ont pour cause la nature elle-même, c'est-à-dire des aléas climatiques; et ceux qui dépendent de l'œuvre humaine, de nos comportements et de la façon dont nous construisons la cité.
Dans le premier cas, il faut susciter au niveau des populations la capacité de développer des réponses à ces aléas climatiques. Parce qu'il est difficile, et voire impossible, d'enrayer ces phénomènes d'inondations, on ne peut qu'en atténuer les effets et s'adapter au phénomène; c'est cela qu'on appelle, dans le jargon des techniciens, la résilience climatique ; et en ce qui nous concerne, nous dirons la résilience urbaine.
Pour ce qui est du second cas évoqué tantôt, il y a des inondations parce que des constructions sont faites dans des zones naturellement inondées (bras morts du fleuve, koris, cuvettes etc) ; ou parce que la ville s'est étendue inexorablement et l'assainissement n'a pas suivi, faute de moyens financiers; mais aussi parce que des constructions sont faites sans aucune autorisation de construire préalable.

Au-delà des zones dites inondables, la plupart des quartiers de la ville connaissent aussi des problèmes d'assainissement, avec des ruelles inondées par endroits. Que font vos services pour remédier à cela ?
Oui, effectivement vous avez raison, ce n'est pas seulement dans les zones inondables qu'on constate le phénomène, mais presque un peu partout dans les différents quartiers de la ville. Mais ce qu'il vous faut savoir, c'est que l'assainissement de la ville, et surtout de la capitale, ne doit pas être laissé à la seule responsabilité de la ville. Je crois que dans toutes les capitales du monde, le gros assainissement est de la responsabilité des ministères techniques de l'Etat (Ministère de l'Urbanisme, Ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement, Ministère de l'Equipement...) pour la réalisation d'abord des différents schémas directeurs (urbanisme, assainissement) et surtout de la construction des gros ouvrages (égouts, collecteurs etc.), donc de la grande trame. Ensuite, oui les communes et la ville s'occupent de la confection des caniveaux secondaires qui se déverseront dans ces égouts ou collecteurs.


Cependant, nous pensons que les services techniques de la ville et des arrondissements communaux font tous leurs efforts pour aménager les rues et ruelles de la capitale, mais d'un autre côté, les populations doivent y contribuer d'abord en s'acquittant régulièrement de la taxe de voirie, et en changeant de comportement dans leurs manières d'utiliser les ouvrages publics d'assainissement (caniveaux, collecteurs etc.).
Certains quartiers de la ville souffrent du non enlèvement des ordures ménagères. C'est le cas entre la Centrale Nigelec et le Cimetière de Yantala, pour ne citer que cet exemple. Que leur répondez-vous ?
En ce qui concerne l'enlèvement des ordures, nous connaissons d'énormes problèmes. En fait, que ce soit la Centrale Nigelec ou autour des Cimetières de Yantala, ou tout autre quartier de la ville, l'enlèvement des ordures ne se fait pas de manière régulière, il est vrai. Mais je puis vous assurer que 65 à 70% de nos dépenses de fonctionnement vont dans la gestion des ordures ménagères (carburant, pièces de rechange, pneumatiques etc...). Si je prends seulement le carburant, il nous faut, pour chaque semaine, disposer de 20. 000. 000 de FCFA pour alimenter la soute du garage, donc environ de 80. 000. 000 de FCFA par mois.
Mais ce n'est qu'une question de temps. Actuellement, en collaboration étroite avec le Haut Commissariat au programme Niamey Nyala et d'autres partenaires, nous sommes en train de tester, dans l'arrondissement communal Niamey I, un projet pilote de gestion des ordures ménagères qui durera 6 mois. Nous pensons qu'après les six mois, cette expérience pourra être répliquée dans les autres arrondissements de la ville de Niamey.
Les citoyens lamda ont l'impression que malgré les grands moyens en termes de matériels de travail et d'engins dont dispose la ville de Niamey, vous êtes souvent sans réaction par rapport à tous ces problèmes évoqués par les populations. Quel commentaire cela vous inspire ?
C'est vraiment l'impression que vous avez, comme vous le dite si bien. Oui, pour tout profane, la ville de Niamey dispose d'énormes moyens matériels, et le travail ne se fait pas. Mais lorsque, plus haut déjà, je vous informais sur notre consommation de carburant par semaine, il faut vous dire que tous nos camions et engins sont utilisés quotidiennement. Seulement, lorsque vous regardez comment la ville s'est étendue anormalement avec une population de plus d'un million d'habitants qui produisent plus de 1200 tonnes d'ordures ménagères par jour, et de l'autre côté un budget annuel qui tourne autour de 20 milliards pour le budget ordinaire et 25 milliards pour l'investissement, dont 85% proviennent des ressources rétrocédées par l'Etat et difficilement accessibles, vous comprendrez qu'avec seulement ses ressources propres, la ville de Niamey ne peut, et ne pourra jamais, apporter des solutions à tous les problèmes évoqués par certaines langues ou certaines plumes. Il faut que, d'un côté, ceux qui se plaignent s'acquittent de leurs impôts et taxes, et que de l'autre l'Etat mette à la disposition de la ville, à travers le Trésor public, les ressources rétrocédées tant il est vrai que la dépense est régulière et légale.
Depuis l'incendie qui a ravagé le Petit Marché de Niamey, il y a de cela environ trois ans, le site reste toujours vierge. Pourtant, il a été évoqué l'idée de la construction d'un centre commercial sur ce site. Qu'en est-il de ce dossier ?
Effectivement, le dossier du Petit Marché suit son cours normalement. La ville de Niamey, avec l'appui du programme Niamey Nyala et d'autres partenaires techniques et financiers, est en train d'élargir la réflexion sur le devenir de la place du Petit March, tout en ouvrant les éventails vers une étude globale de remise à niveau des marchés de Niamey. Voyez-vous, il nous faut régler définitivement le problème de concentration de l'activité commerciale uniquement dans le centre ville. Cette étude permettra dedévelopper d'autres pôles de croissance afin de désengorger le centre, tout en développant, en modernisant les marchés secondaires et en renforçant leur capacité d'accueil pour loger tous les commerces en bordure des voies, et ainsi désencombrer les voies et places publiques.
Les espaces publics ne sont pas toujours respectés à Niamey. Ce qui crée souvent trop d'encombrement sur les routes. Que fait la ville de Niamey pour amener les citoyens à respecter ces espaces ?
Je rejoins ainsi votre question, car ce qui est dit tantôt apportera des solutions à l'encombrement des voies. Mais d'une manière générale, il vous souviendra que l'ex-Communauté Urbaine de Niamey(CUN) a émis, en 2004, un arrêté réglementant l'occupation des voies ; cet arrêté a été réactualisé par le Conseil de ville de Niamey en 2012, mais cela n'a pas suffi pour réguler le phénomène. Aussi, très bientôt, à travers une brigade de contrôle de l'occupation du domaine public, la ville va s'attaquer à ce phénomène qui prend des proportions inquiétantes et qui entrave totalement toute mobilité dans le centre ville.
A travers le plan d'investissement annuel 2013, des prévisions significatives dans certains secteurs porteurs de croissance, notamment les infrastructures et le développement de la production, ont été faites. Est-ce que ces prévisions ont été mises en œuvre?
Voyez-vous, au cours de chaque élaboration du budget, nous faisons toujours des prévisions pour les infrastructures, qu'elles soient de communication, sociales ou du développement de la production, comme le prévoit la nomenclature budgétaire. Cependant, comme avec tout budget, on ne peut faire qu'à la mesure de ses moyens; et quelques réalisations ont été effectivement faites dans ces domaines cités, mais dans des proportions relatives aux ressources mobilisées. Je vous invite, à la communication que je vais bientôt faire sur l'état de la ville à l'endroit de la population, et en ce moment, vous aurez tous les ratios par rapport aux réalisations.

Oumarou Moussa

L'invité de Sahel Dimanche

M. Saidou Halidou, Directeur Général de la Décentralisation et des Collectivités Territoriales : «Les élus doivent créer…

M. Saidou Halidou, Directeur Général de la Décentralisation et des Collectivités Territoriales : «Les élus doivent créer les conditions d'une meilleure gouvernance locale, plus transparente et plus inclusive qui place l'intérêt des citoyens au cœur d

Le 6 septembre dernier, s'est tenue à Niamey, la cérémonie de notification des actes de transfert de compétences et de ressources de l'Etat aux collectivités territoriales. Quelle est la signification d'une telle cérémonie pour les acteurs de la décentralisation ?La cérémonie intervenue le 6 septembre 2017 sous le Haut patronage de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, est l'aboutissement d'un long processus...

Monsieur Issa DJIBO, Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique : "Le Compte Unique s'inscrit dans …

Monsieur Issa DJIBO, Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique : "Le Compte Unique s'inscrit dans le cadre d'un ensemble de réformes mises en place pour améliorer les services rendus par l'Etat"

Monsieur le Directeur Général, après quelque 8 mois passés à la tête de la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique, pouvez-vous nous dire succinctement comment se porte cette importante institution ?Merci de me poser cette question qui permet de mieux apprécier la situation actuelle de la DGT/CP. Il importe, en effet, de rappeler qu'à notre prise de fonction, la situation de la DGT/CP se caractérisait par une lenteur...

Mme Habibatou Moussa Hassane présidente de la Fédération Nigérienne de Handball : «La nouvelle équipe dirigeante se prop…

Mme Habibatou Moussa Hassane présidente de la Fédération Nigérienne de Handball : «La nouvelle équipe dirigeante se propose à travers cet ambitieux programme de donner une nouvelle vision au handball nigérien à tous les niveaux»

Mme la présidente, vous êtes la seule femme qui dirige une fédération sportive au Niger. Pouvez-vous nous faire la rétrospective de votre élection à la tête de cette fédération ?Je vous remercie très sincèrement pour cette opportunité que vous m'offrez pour m'exprimer à travers les colonnes de votre journal SahelDimanche que je lis d'ailleurs régulièrement.C'est vrai qu'une femme à la tête d'une fédération sportive au Niger n'est pas ch...

Mme Bety Aichatou Habibou Oumani, présidente de l'association Matan Tahoua Sakola : «Qui veut accueillir un étranger doi…

Mme Bety Aichatou Habibou Oumani, présidente de l'association Matan Tahoua Sakola : «Qui veut accueillir un étranger doit avoir un environnement propre et les femmes se mobilisent pour cela»

Mme la présidente, dans le cadre de l'organisation de la fête tournante du 18 décembre, la Région de Tahoua a été choisie pour abriter la fête de Tahoua Sakola. Vous avez été désignée à la tête de l'organisation dénommée Matan Tahoua Sakola. Quel est le but de cette organisation et pourquoi cette cérémonie de plantation d'arbres aujourd'hui au sein de la grande mosquée de Tahoua ?Je vous remercie de cette opportunité que vous nous donne...

Monsieur Guimba-Saidou, Directeur Général de l'Agence Nationale pour la Société de l'Information (ANSI):«L'ANSI a pour m…

Monsieur Guimba-Saidou, Directeur Général de l'Agence Nationale pour la Société de l'Information (ANSI):«L'ANSI a pour mission de conduire la transformation de la société nigérienne en une société digitale/numérique, afin d'accélérer notre marche ver

Monsieur le Directeur Général, lors du Conseil des ministres du 10 juillet dernier, le Haut-commissariat aux NTICs a été érigé en Agence Nationale pour la Société de l'Information (ANSI). Pouvez-vous nous donner les raisons de cette réorientation dans le domaine des NTICs au Niger?Les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) jouent un rôle de plus en plus important dans la vie socio-économique, et particulièrement dans...

Ancienne gloire : M. Abdou Djibo, champion de cyclisme : «Pour réaliser de grands succès dans le sport, il faut d'abord …

Ancienne gloire : M. Abdou Djibo, champion de cyclisme : «Pour réaliser de grands succès dans le sport, il faut d'abord avoir l'amour de son pays, il faut être jaloux de l'image de son pays et tâcher de l'honorer, avec la rage de vaincre au cœur»

Qui est Abdou Djibo ?Je suis un ancien cycliste Nigérien, et je suis né vers 1957 à Talladjé Ko-bontafa. Mais je suis du quartier Saga. Nos parents possèdent des champs dans toute cette zone et chaque année, ils quittent Saga pour aller cultiver leurs champs. Au fil du temps, ils ont fini par s'installerlà-bas.Comment êtes-vous arrivés au cyclisme, je vais parler de vos premiers pas dans la ''petite reine'' ?Je me souviens bien qu'à l'é...

Interview de M. Almoustapha Garba, ministre de l'Environnement et du Développement Durable : «Dans plusieurs localités d…

Interview de M. Almoustapha Garba, ministre de l'Environnement et du Développement Durable : «Dans plusieurs localités de notre pays les producteurs ont adopté des nouvelles stratégies de conservation de la fertilité des sols en intégrant l'arbre dan

Monsieur le Ministre, notre pays, célèbre le 03 Août 2017, le 57ème anniversaire de son accession à l'indépendance, une commémoration essentiellement marquée par les festivités de la Fête Nationale de l'Arbre (FNA). Quelles sont les activités inscrites au programme de cette édition 2017 ?Je vous remercie de cette opportunité que vous m'offrez de m'adresser à nos compatriotes à l'occasion de la 42ème édition de la Fête Nationale de l'Arb...

M. Babio El-kir Moudachirou, Conseiller Technique au Tourisme et à l'Hôtellerie du ministre béninois du Tourisme et de l…

M. Babio El-kir Moudachirou, Conseiller Technique au Tourisme et à l'Hôtellerie du ministre béninois du Tourisme et de la Culture : « Il faut tirer grand profit du secteur et générer des devises et des richesses pour nos communautés et nos budgets na

Monsieur le Conseiller Technique, vous êtes au Niger dans le cadre d'un séminaire de formation des acteurs du tourisme et de l'environnement, une initiative de l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT). Quelle appréciation faites-vous de cette initiative ?Merci bien pour l'opportunité que vous nous donnez de réagir sur ce projet. Au moment où on concluait ce projet entre les deux pays et l'OMT en Avril dernier à Addis-Abeba, nous n'étio...

M. Assadeck Mohamed, Assistant Technique National du Programme de Développement de l'Agriculture Familiale (ProDAF) : …

M. Assadeck Mohamed, Assistant Technique National du Programme de Développement de l'Agriculture Familiale (ProDAF) : "Notre vision au ProDAF, est de faire émerger des Pôles de Développement Economiques (PDE) »

Le ProDAF a été mis en vigueur en septembre 2015, pouvez-vous d'abord nous rappeler la vision de votre programme ?Merci de l'opportunité que vous m'offrez pour présenter le ProDAF. En effet, la vision du ProDAF est de faire émerger des Pôles de Développement Economiques (PDE) à travers lesquels les producteurs ruraux soutenus par leurs organisations et les collectivités locales s'organisent, aménagent et exploitent de manière rationnell...

M. Abdou Harouna, Directeur général de NIGER TELECOMS : « Nous avons pour ambition de démystifier les produits et servic…

M. Abdou Harouna, Directeur général de NIGER TELECOMS : « Nous avons pour ambition de démystifier les produits et services de télécommunication au Niger tout en garantissant la disponibilité, la qualité et les meilleurs tarifs à tous »

M. Abdou Harouna, 49 ans, marié et père de cinq enfants, tout nouveau directeur général de NIGER TELECOMS, a la lourde responsabilité de gérer cette entité. Avec plus de 19 ans d'expérience dans divers postes à responsabilités techniques et managériales aux USA, au Moyen-Orient et en Afrique, le nouveau patron de Niger Télécoms dispose de nombreux atouts, ainsi que d'une large connaissance en Lean Enterprise et en concepts de Six-Sigma,...

AG/ONU

Editorial

Audiences

Dossier

A la découverte du village de Tapoa : Un village t…

A la découverte du village de Tapoa : Un village touristique riche de sa biodiversité

Jadis un petit village habité par les gourmantchés, Tapoa est aujourd'hui un camp forestie...

vendredi 11 août 2017

Le marché hebdomadaire de Alambaré dans la Commune…

Le marché hebdomadaire de Alambaré dans la Commune Rurale de Tamou : Un carrefour de brassage entre plusieurs ethnies et peuples de différents pays

Situé à environ 15 km du chef-lieu de la Commune rurale de Tamou, département de Say, le v...

vendredi 11 août 2017

Transformation de l'arachide à Dosso : Quand les f…

Transformation de l'arachide à Dosso : Quand les femmes développent l'industrie du ''tigadigué''

Pâte d'arachide, le tigadégué est beaucoup utilisé dans la cuisine au Niger, particulièrem...

vendredi 28 juillet 2017

L'air du temps

Exit la ''Pilule'' et le chicha, vive le wifi-club !

Exit la ''Pilule'' et le chicha, vive le wifi-club !

Exit les escapades démentielles à la ''Pilule'' et les virées dans les lieux vaporeux des ...

vendredi 15 septembre 2017

Newsletter

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.