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Entretien avec M. Chaibou Dan Inna, ministre des Enseignements Professionnel et Technique : ''Grâce aux dispositions que nous avions prises à temps, la rentrée des classes 2014-2015 dans les différentes écoles et centres de formation sous notre tutel

M. Chaibou Dan Inna M. Chaibou Dan Inna

Monsieur le ministre, depuis quelques jours, les élèves ont repris le chemin des centres de formation professionnelle et technique. Comment s'est effectuée cette rentrée des classes dans les différentes écoles et centres de formation sous votre tutelle ?
Grâce aux dispositions que nous avions prises à temps, la rentrée des classes 2014-2015 dans les différentes écoles et centres de formation sous notre tutelle, je veux parler des écoles et centres publics et privés des niveaux élémentaire et moyen, s'est déroulée dans de bonnes conditions. Notre mission à Maradi le 1er octobre 2014 pour le lancement de la nouvelle année scolaire, nous a permis de constater le niveau de mobilisation des acteurs du sous-secteur.
Les dispositions prises ont concerné la mise en place des infrastructures de formation complémentaires pour faire face à l'expansion du système, la mise en place du personnel enseignant et les nominations des responsables des établissements de formation, la dotation des établissements en matériels et fournitures, et le payement des pécules des élèves pour les mois de juillet, août et septembre 2014.
En ce qui concerne les infrastructures précisément, il faut noter entre autres que les nouvelles infrastructures des Centres de Formation aux Métiers (CFM, ex CFDC) financées sur ressources propres ou sur financement des partenaires, sont réceptionnées et vont contribuer à élargir les capacités d'accueil de l'EFPT pour la prise en charge de nouveaux flux d'apprenants à la rentrée 2014. Pour les nouveaux établissements comme les 78 Collèges d'Enseignement Technique (CET) créés pour résorber les flux d'élèves issus du primaire, des mesures immédiates ont été prises pour les doter de locaux en structure métallique provisoire, et de 133 Centres de Formation aux Métiers (ex CFDC) pour accueillir de nouveaux flux, issus du primaire consécutivement à la suppression du CFEPD.
Il faut rappeler que les CFM sont des centres implantés au niveau des communes, et que les CET sont des établissements de niveau base 2, implantés dans les 63 départements du pays et 15 arrondissements communaux de quatre villes à savoir Niamey (5) ; Zinder (5) ; Maradi (3) et Tahoua (2). Les infrastructures en matériaux définitifs de ces centres seront construites et équipées à travers une convention avec DEA PI QUAGRO dans le cadre du Partenariat Public Privé (PPP).
En outre, au-delà des dispositions matérielles, nous avions tenu à associer les partenaires sociaux dans les préparatifs de la rentrée, à travers par exemple les missions de sensibilisation organisées par le Ministère dans toutes les régions consécutivement aux mesures à prendre pour l'accueil des nouveaux flux d'apprenants dans les établissements d'EFPT.
Monsieur le ministre, peut-on avoir une idée des effectifs des nouveaux apprenants qui vont intégrer les centres de formation professionnelle par concours et sur orientation ?
Par concours, 750 apprenants accèdent cette année aux 11 Centres de Formation Professionnels et Techniques (CFPT) ; par orientation, 671 apprenants sont envoyés dans les 8 Lycées Professionnels et Techniques, 9423 apprenants dans les Collèges d'Enseignement Technique et 11.255 apprenants dans les Centres de Formation aux Métiers (ex CFDC). A ces effectifs, il faut ajouter 200 apprenants du Service National de Participation, 100 du Centre des Métiers du Cuir et d'Art du Niger (CMCAN) et 100 apprenants que le Ministère a prévus d'envoyer dans les établissements privés sous forme de subvention.
La rentrée scolaire rime avec la dotation en matériels et fournitures, en personnel et en formateurs. Quelles sont les dispositions que votre département ministériel a prises dans ce sens ?
En termes de dotation en matériels et fournitures, personnel et formateurs au profit des centres de formation, les dispositions que nous avions prises ont porté sur l'acquisition de manuels, matériels et fournitures à travers deux marchés d'un coût total de 340 millions de FCFA ; l'acquisition de petits équipements et de matière d'œuvre pour 123 millions 462 mille 142 FCFA; la mise à disposition des régions d'autorisations de dépenses de l'ordre de 136 millions de FCFA pour l'alimentation, l'habillement et la literie des apprenants ; et le payement de 127 millions 875 mille FCFA représentant les pécules de juillet, août et septembre.
En personnel enseignant, il faut retenir qu'en plus des 1.137 enseignants et formateurs enregistrés au cours de l'année 2013-2014, nous attendons pour la rentrée 2014-2015, 513 contractuels dont 33 pour les CFPT et lycées et 480 pour les CET.
Monsieur le ministre, au niveau des départements et communes de toutes les régions, plusieurs centres de formation sont en train de s'ouvrir. Quelles sont les missions que votre département ministériel a assignées à chacun de ces centres ?
Comme vous l'aviez effectivement constaté, plusieurs centres de formation sont en train de s'ouvrir au niveau des départements et communes. Il s'agit principalement des Collèges d'Enseignement Technique (CET) au niveau des départements, et des Centres de Formation aux Métiers (ex CFDC) au niveau des communes.
En ce qui concerne les CFM , il s'agit là de centres de proximité ouverts au niveau des communes avec entre autres missions d'assurer l'apprentissage des jeunes et adultes, la formation continue et le perfectionnement des personnels en activité, notamment dans l'artisanat, l'agriculture, l'industrie, le commerce aussi bien pour les secteurs formel, non formel qu'informel; de développer des activités alternatives de formation professionnelle à la demande des adultes et jeunes ruraux et de constituer au niveau local, un socle de base pour le dispositif de la formation professionnelle continue et l'apprentissage.
Les Collèges d'Enseignement Technique quant à eux ont pour mission de dispenser des formations générales et technologiques au profit des jeunes issus de l'enseignement primaire pour en faire, à l'issue de quatre années de formation, des cadres techniques dont l'économie a besoin.
Quelles sont les réformes en cours ou envisagées pour améliorer le secteur de la formation professionnelle ?
Les réformes en cours ou envisagées pour améliorer le secteur de la formation professionnelle sont de plusieurs ordres. En ce qui concerne les réformes en cours, il faut retenir entre autres le développement de nouveaux dispositifs de formation comme les CET pour élargir l'accès à l'EFPT des apprenants issus du primaire et contribuer au maintien des apprenants dans le système scolaire jusqu'à l'âge de 16 ans, et la transformation des CFDC en Centres de Formation aux Métiers (CFM) pour les conforter dans leurs missions de développer des métiers porteurs pour les besoins des communautés.
Pour les réformes envisagées, il faut retenir l'implantation du BTS dans certains établissements et centres d'EFPT pour élever le niveau de qualification et de professionnalisation des apprenants, la restructuration du Fonds d'Appui à la Formation Professionnelle Continue et à l'Apprentissage (FAFPCA) par la création de nouveaux guichets pour le financement des actions de formation orientées vers les autres cibles (déscolarisés et non scolarisés), et l'implication du privé dans la formation pour contribuer au développement des filières industrielles et des formations professionnalisantes de courte durée.


Monsieur le ministre, quelles sont les contraintes et les perspectives du secteur des Enseignements Professionnel et Technique.
En ce qui concerne les contraintes, elles sont principalement d'ordre budgétaire en dépit des efforts remarquables de l'Etat de doter le sous-secteur de moyens conséquents, et des appuis de plus en plus importants des partenaires au développement.
En effet, une allocation plus substantielle des ressources s'impose au regard de l'expansion que connait le sous-secteur et des charges diverses qui y sont liées, notamment pour gérer les nouveaux flux (20 .678 apprenants) provenant de l'enseignement primaire que vont accueillir les CFM et les CET, et qui vont s'ajouter aux effectifs des autres dispositifs de formation. A ces flux qui vont exercer chaque année une pression sur le sous-secteur, s'ajoutera la masse critique des apprenants qui n'ont pas satisfait aux évaluations de fin d'année des classes de CM2 et pour lesquels des formules de formation doivent être développées.
Les perspectives de l'EFPT quant à elles reposent sur la volonté du gouvernement d'en faire un véritable outil de développement des compétences pour les besoins des secteurs formel et non formel de l'économie, l'engagement, chaque fois réaffirmé, des partenaires à appuyer ce sous-secteur porteur de croissance, et la prise de conscience des autorités locales et des populations à soutenir l'EFPT et à en faire un instrument de développement local.
Quel est l'apport du partenariat que vous entretenez avec des pays ou des structures intervenant dans le secteur des enseignements professionnel et technique ?
En ce qui concerne plus précisément le partenariat avec les structures intervenant dans le sous-secteur des enseignements professionnels et techniques, il convient de noter que depuis 2012, avec le démarrage d'importants projets et programmes, s'est développée une véritable dynamique partenariale favorable au développement quantitatif et qualitatif de l'offre d'EFPT. Au nombre de ces projets et programmes en exécution nous pouvons citer le programme Appui au Programme National de Formation Professionnelle et Technique et d'Insertion de Sortants (NIG 017) , financé par la coopération luxembourgeoise avec un budget total de 18 milliards 497 millions 987 mille 400 FCFA ; le Projet d'Appui au Développement de l'Enseignement et la Formation Professionnels et Techniques (PADEFPT), sur financement de la BAD d'un coût total de 20 milliards 414 millions 300 mille FCFA; le Projet de Développement des Compétences pour la Croissance (PRODEC) sur financement de la Banque Mondiale pour un coût de 14, 892 milliards de FCFA, et le Programme d'Appui à la Formation Professionnelle Rurale (FOPROR) de la Coopération suisse pour un budget de la phase 2 de 3 milliards 438 millions 887 mille 558 FCFA.

Oumarou Moussa

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