Le Sahel

pub_bann
A+ A A-

Maître Daouda Samna, Bâtonnier de l'Ordre des Avocats du Niger : ''Les règles qui forment la déontologie de notre profession s'articulent autour des principes de la dignité, de la conscience, de l'indépendance, de l'humanité, et des bonnes mœurs''

Maître Daouda Samna Maître Daouda Samna

Maître, le barreau nigérien effectue, aujourd'hui 20 février 2014, sa rentrée solennelle. Quel sens donnez-vous à cet événement?
La rentrée solennelle est une vieille tradition des barreaux qui constitue, pour les avocats, une opportunité de rencontre au cours de laquelle ils débattent des préoccupations de la profession et, au-delà, des questions et problèmes généraux de la Justice. Les autorités politiques et judiciaires y sont toujours conviées, et recueillent, à cette occasion, les préoccupations des avocats. Par votre organe, je voudrais les remercier, en particulier Monsieur le Premier ministre de la République du Niger qui a contribué promptement à rendre possible cet événement dont il a relevé l'éclat par sa présence aux côtés des bâtonniers d'Europe et d'Afrique.
Nous apprécions également, et ce au plus haut degré, la participation des confrères et consœurs de tous les horizons qui, intéressés par la pertinence du thème retenu, ont tenu aussi à nous témoigner leur confraternité jamais démentie. Je n'omettrais pas de féliciter le Conseil de l'ordre, les membres du comité d'organisation et, au-delà, tous les avocats du barreau du Niger pour leurs sacrifices, souvent au détriment de leurs cabinets, pour la réussite de cette rentrée solennelle.
Cette rentrée solennelle du Barreau est placée sous le thème : "Avocat et éthique ". Pourquoi le barreau accorde-t-il une importance à ce thème au point d'en faire un sujet de réflexion?
A l'entame de sa carrière, l'avocat prête serment devant la Cour d'Appel et jure: ''d'exercer la défense et le Conseil avec dignité, conscience, indépendance, humanité ; de ne rien dire, ni écrire ou publier qui soit contraire aux lois et règlements, aux bonnes mœurs, à la sûreté de l'Etat et à la paix publique ainsi que de ne jamais m'écarter du respect dû aux Cours et tribunaux, aux autorités publiques et aux règles de mon Ordre''.
Vous avez là toute la quintessence de l'exercice de la profession d'avocat. Pour s'épanouir dans son sacerdoce et préserver la confiance que son client place en lui, l'avocat est astreint à ces règles professionnelles strictes contenues dans la loi et le règlement intérieur du Barreau. Ces règles qui forment la déontologie de notre profession s'articulent autour des principes de la dignité, de la conscience, de l'indépendance, de l'humanité, et des bonnes mœurs.
De par la loi, le Conseil de l'Ordre a entre autres attributions de veiller à l'observation des devoirs des avocats ainsi qu'à la protection de leurs droits, d'exercer la discipline, de maintenir les principes de probité, de désintéressement, de modération et de confraternité sur lesquels repose la profession, et d'exercer la surveillance que l'honneur et l'intérêt de ses membres rendent nécessaires.
Il est dès lors évident que la question de l'éthique revêt une importance fondamentale pour le Conseil de l'Ordre que j'ai l'honneur de présider, ainsi que pour l'ensemble des avocats.
C'est la vertu cardinale de notre profession et quand elle vient à manquer, c'est la crédibilité de tous qui en pâtit. Nous veillons à ce que cela n'arrive pas.
Peut-on comprendre par là que nos avocats sont très à cheval sur les questions d'éthique ?
Bien entendu. La méconnaissance d'un seul des principes que je viens de citer est suffisante pour constituer une faute professionnelle conduisant à l'ouverture d'une procédure disciplinaire contre le fautif. D'où le rôle régulateur du conseil de l'ordre qui établit, met à jour et assure le respect des règles de la déontologie à travers le conseil de discipline. Malheureusement, comme dans toutes les professions, les écarts ne manquent jamais. Mais je puis vous assurer qu'à chaque fois que c'est arrivé, le conseil de discipline a sanctionné le fautif à la mesure de la faute commise. C'est rare heureusement.
Maître, quelles sont les qualités que doit avoir un bon avocat ?
Une bonne maitrise du droit, serais-je tenté de vous dire. Mais cela ne saurait suffire.
En plus des principes contenus dans son serment dont l'avocat est interdit de se départir, le bon avocat est à mon sens celui qui est à l'écoute des préoccupations légitimes de son client, qui le défend dans toute la mesure de ses connaissances acquises. Après, il doit informer le client dans un délai plus ou moins raisonnable de l'évolution de son dossier.

Quelle est votre appréciation des relations que le Barreau entretient avec les organes de la Justice ?
A ce que je sache, nous entretenons d'excellents rapports avec l'ensemble des institutions judiciaires du Niger. Pour pérenniser ces bons rapports, nous avons institué un comité d'échange et de dialogue avec tous les niveaux de juridictions et, au-delà, avec les chambres ou organes de direction des autres professions auxiliaires de la Justice. Ce cadre que nous avons voulu formel, nous permet d'identifier afin de juguler les différends, souvent même de les anticiper pour une bonne marche de notre collaboration dans l'intérêt bien entendu de la justice et du justiciable. Je me réjouis que cette instance fonctionne de façon satisfaisante à ce jour.


Maître, est-ce que le Barreau nigérien entretient des partenariats avec les barreaux de la sous-région ou avec des institutions de la République?
Assurément oui. J'en veux pour preuve la présence appréciable des bâtonniers qui ont répondu présents à cette rentrée solennelle; pour la plupart, ils sont accompagnés d'une délégation composés des membres de leurs conseils et des confrères. Mais de façon plus institutionnelle, les barreaux sont organisés dans plusieurs structures. Pour citer quelques unes, vous avez la Conférence des Barreaux et la Conférence des Bâtonniers de l'UEMOA.
Nos barreaux se retrouvent aussi dans le CIFAF qui est le Centre International en Afrique de Formation des Avocats Francophones et tant d'autres que je ne pourrais citer ici.
Quant à notre partenariat avec les institutions de la République, il y a lieu de rappeler que par le conseil et la défense, les avocats assurent un service public. Nous sommes, à ce titre, représentés dans la plupart des institutions constitutionnelles par des confrères, qui nous font honneur à ces postes. Je profite de l'occurrence que vous m'offrez pour regretter que, dans certaines de celles-ci, les avocats n'aient plus leur place. Mais je ne doute pas que cet état de fait va être réparé, l'importance de la place de l'avocat n'étant plus à démontrer.
Maître, est-ce qu'il y a des difficultés auxquelles les membres du Barreau nigérien font face dans l'exercice quotidien de leur métier ?
Comme dans toutes les professions, il y a forcément des difficultés. La principale est la grande méconnaissance de cette profession par nos concitoyens. De cette méconnaissance, découlent des préjugés et autres appréhensions qui rendent sceptiques certains justiciables à recourir à l'expertise d'un avocat. Les seules fois où nous sommes requis plus souvent, c'est en matière pénale. Vous voyez bien que dans ces conditions, il est quasiment impossible aux avocats de s'installer à l'intérieur du pays. Ce qui nous oblige à parcourir des milliers de kilomètres pour défendre nos clients. Durant de nombreuses années, des avocats ont tenté de s'implanter dans les autres régions du pays, mais très vite ils se retrouvent à se retourner les pouces. Une telle situation les oblige à fermer le cabinet et revenir s'installer à Niamey. C'est à nous d'accentuer la publicité fonctionnelle, car la publicité individuelle nous est interdite.
Mais qu'à cela ne tienne! Nous avons institué, depuis de nombreuses années, ce que nous appelons non sans fierté "la Caravane de la Défense". C'est une caravane que le Conseil de l'Ordre dépêche à chaque session d'Assises pour aller défendre gratuitement les accusés, avec une priorité donnée aux mineurs et aux femmes.
Parallèlement, ces avocats installent des bureaux dans les juridictions régionales où ils reçoivent les justiciables indigents à qui ils prodiguent des conseils gratuits tout au long de leur séjour.
C'est devoir pour moi de remercier et de féliciter tous les partenaires qui ont contribué à l'efficacité de l'initiative durant tant d'années, et au profit de tant d'indigents ayant bénéficié gratuitement de cette solidarité dans le droit.
Autres difficultés que nous rencontrons, c'est l'absence de cadre inapproprié pour la formation de nos jeunes avocats. En effet, la loi a prévu un centre de formation, mais jusque-là, nous n'arrivons pas à le mettre en place. Le Conseil de l'Ordre et moi-même œuvrons sans relâche à sa création.
Nous en avons parlé aux autorités en vu de coordonner nos efforts pour doter la relève du Barreau de cet outil indispensable pour que nous soyons compétitifs dans cette aire d'intégration et d'ouverture. Nous réussirons plaise à Dieu.

Oumarou Moussa

L'invité de Sahel Dimanche

M. Assadeck Mohamed, Assistant Technique National du Programme de Développement de l'Agriculture Familiale (ProDAF) : …

M. Assadeck Mohamed, Assistant Technique National du Programme de Développement de l'Agriculture Familiale (ProDAF) : "Notre vision au ProDAF, est de faire émerger des Pôles de Développement Economiques (PDE) »

Le ProDAF a été mis en vigueur en septembre 2015, pouvez-vous d'abord nous rappeler la vision de votre programme ?Merci de l'opportunité que vous m'offrez pour présenter le ProDAF. En effet, la vision du ProDAF est de faire émerger des Pôles de Développement Economiques (PDE) à travers lesquels les producteurs ruraux soutenus par leurs organisations et les collectivités locales s'organisent, aménagent et exploitent de manière rationnell...

M. Abdou Harouna, Directeur général de NIGER TELECOMS : « Nous avons pour ambition de démystifier les produits et servic…

M. Abdou Harouna, Directeur général de NIGER TELECOMS : « Nous avons pour ambition de démystifier les produits et services de télécommunication au Niger tout en garantissant la disponibilité, la qualité et les meilleurs tarifs à tous »

M. Abdou Harouna, 49 ans, marié et père de cinq enfants, tout nouveau directeur général de NIGER TELECOMS, a la lourde responsabilité de gérer cette entité. Avec plus de 19 ans d'expérience dans divers postes à responsabilités techniques et managériales aux USA, au Moyen-Orient et en Afrique, le nouveau patron de Niger Télécoms dispose de nombreux atouts, ainsi que d'une large connaissance en Lean Enterprise et en concepts de Six-Sigma,...

M. Yahouza Sadissou, ministre des Enseignements Supérieurs, de la Recherche et de l'Innovation : « Nous n'avons aucun so…

M. Yahouza Sadissou, ministre des Enseignements Supérieurs, de la Recherche et de l'Innovation : « Nous n'avons aucun souci majeur à propos de l'organisation des examens du baccalauréat cette année »

Monsieur le ministre, les examens du baccalauréat session 2017 sont prévus pour le 11 juillet prochain: est-ce que cette date tient et quel est le niveau des préparatifs ?Je remercie l'hebdomadaire Sahel Dimanche de me donner, en ma qualité de ministre des Enseignements supérieurs, de la recherche et de l'innovation, l'occasion de m'adresser à mes concitoyens en cette veille des examens de baccalauréat, session 2017 dans notre pays. Je ...

M. Sadou Seydou, ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé : «La prise de conscience de l'intérêt de faci…

M. Sadou Seydou, ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé : «La prise de conscience de l'intérêt de faciliter le commerce en Afrique à tous les niveaux est certaine», déclare Sadou Seydou

Monsieur le ministre, avant de rentrer dans le vif du sujet, pourriez-vous nous définir ce que c'est la ZLEC ?La ZLEC, c'est la Zone de Libre Echange Continentale. C'est un projet de l'Union africaine destiné à créer un espace économique commun pour les 55 pays du continent. La Zone de Libre Echange Continentale de l'Union africaine a pour but de booster le Commerce intra-africain, favoriser l'industrialisation du continent et d'accroit...

Le Secrétaire permanent de la Commission Nationale des Frontières : «L'aboutissement des deux saisines de la CIJ n'a pas…

Le Secrétaire permanent de la Commission Nationale des Frontières : «L'aboutissement des deux saisines de la CIJ n'a pas d'incidence sur la superficie du Niger», déclare M. Hamadou Mounkaila

Monsieur le Secrétaire permanent de la Commission nationale des frontières, le Niger a borné ses frontières avec certains de ses voisins et a passé devant la Cour internationale de La Haye pour délimiter ses frontières avec le Bénin ; or, de nombreuses personnes physiques et morales continuent à dire ou écrire que notre pays fait 1.267.000 kilomètres carrés : quelle est donc la superficie exacte du Niger en 2017 ?Je vous remercie de l'o...

Madame Rabo Fatchima, Directrice Générale du Budget : «Le budget programme est un mode de budgétisation par résultat»

Madame Rabo Fatchima, Directrice Générale du Budget : «Le budget programme est un mode de budgétisation par résultat»

Mme la Directrice générale, le Niger en tant que pays membre de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), est engagé ces dernières années dans un processus de reformes dans la gestion des finances publiques, pouvez-vous nous faire le point de ces différentes reformes ?Merci de l'opportunité que vous m'offrez pour parler du processus de reformes dans la gestion des finances publiques au Niger. En effet, depuis la transposi...

M. Haladou Maman, conservateur du musée régional de Dosso : «Source d'un sentiment d'identité et de continuité, le patri…

M. Haladou Maman, conservateur du musée régional de Dosso : «Source d'un sentiment d'identité et de continuité, le patrimoine culturel contribue à promouvoir le respect de la diversité culturelle et de créativité»

Dans le cadre de l'application de la convention de l'UNESCO sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (PCI) que notre pays a ratifiée en 2003, entrée en vigueur en 2006, des progrès significatifs sont en train d'être enregistrés suite à l'effort inlassable que mène le ministère en charge de la renaissance culturelle dans son programme de relance ou de mise en œuvre. De retour d'un séminaire organisé en Chine dans le domaine du...

M. Sani Maïgochi, ministre des Postes, des Télécommunications et de l'Economie Numérique : « S'agissant de la Télévision…

M. Sani Maïgochi, ministre des Postes, des Télécommunications et de l'Economie Numérique : « S'agissant de la Télévision Terrestre Numérique, si tout va bien, les émissions pourront commencer courant décembre 2017 sur l'ensemble du pays »

Monsieur le ministre, votre institution a signé une convention lors du ''Sommet Transform Africa 2017''tenu le 11 mai dernier à Kigali, au Rwanda et qui a enregistré la présence de plusieurs chefs d'Etat, dont SE M. Issoufou Mahamadou. Pouvez- vous nous donnez d'amples explications au sujet de cette convention ?Il s'agit d'un mémorandum d'entente de coopération qui fixe les principes et les conditions d'une coopération économique et tec...

Monsieur Sadou Seydou, ministre du Commerce et de la Promotion du secteur privé : « Pendant les périodes de soudure ou d…

Monsieur Sadou Seydou, ministre du Commerce et de la Promotion du secteur privé : « Pendant les périodes de soudure ou de carême, nous déterminons ensemble avec les commerçants les prix de certains produits par consensus »

Monsieur le ministre, vous avez sillonné la semaine dernière certains marchés et supermarchés de Niamey. Cette semaine, vous avez également rencontré aussi bien les opérateurs économiques que les responsables des Organisations syndicales et des Associations de Défense des Consommateurs. Peut – on avoir les raisons de toutes ces visites en peu de temps dans ces différents circuits de commercialisation des produits ?Avant de répondre à vo...

Dr Biga Mariama, Enseignant Chercheur à l'Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey : « Pour l'autonomisation de la fem…

Dr Biga Mariama, Enseignant Chercheur à l'Université Abdou Moumouni Dioffo de Niamey : « Pour l'autonomisation de la femme nigérienne, il faut que l'Etat inscrive le genre au nombre des volets prioritaires des programmes de développement »

Les femmes nigériennes ont célébré le 13 mai dernier la journée qui leur est dédiée sous le signe de « l'éducation et la formation de la jeune fille garantissent l'autonomisation économique de la femme pour un développement durable ». Quelle est pour vous la pertinence d'un tel thème au regard de la situation actuelle de la femme nigérienne ?Il semble important d'indiquer en premier lieu le contexte social dans lequel elles vivent. La s...

AG/ONU

Editorial

Audiences

Dossier

Problématique de la disponibilité et de la gestion…

Problématique de la disponibilité et de la gestion du sang au niveau des centres de soins de Niamey : Entre insuffisance et sous-information

La quantité de sang reçue par le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) est actuel...

vendredi 21 juillet 2017

Centre Hospitalier Régional de Niamey : Des dispos…

Centre Hospitalier Régional de Niamey : Des dispositions prises pour éviter toute fraude

Le Centre Hospitalier Régional de Niamey, communément appelé maternité Poudrière, dispose ...

vendredi 21 juillet 2017

L'Ong Tchémaya s'active pour mobiliser et fidélise…

L'Ong Tchémaya s'active pour mobiliser et fidéliser les donneurs

Tchémaya qui signifie en haoussa, tchéton rey na mataa daa yara autrement dit sauver la vi...

vendredi 21 juillet 2017

L'air du temps

Drift : ces jeunes qui flirtent avec la mort

Drift : ces jeunes qui flirtent avec la mort

Des milliers de jeunes gens, filles et garçons, attroupés autour d'un espace dégagé. Au mi...

vendredi 21 juillet 2017

Newsletter

© Le portail dynamique de l'information au Niger | conception jourdain-informatique.