Le Sahel

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Tinni Abdou


InvitMonsieur le président, la CNDH et les autres institutions nationales des pays du G5 Sahel ont mis en place récemment un Réseau dont vous êtes le président. Pouvez-vous nous faire la genèse de la création de ce réseau ?
Quelques mois seulement après son installation effective en mai 2013, la CNDH-Niger avait entrepris sur fonds propres, des missions de sensibilisation et d'information, au niveau des Institutions Nationales des Droits de l'Homme (INDH) des Pays membres du G5 Sahel.
L'Objectif recherché était non seulement de mettre en place un Réseau des INDH en vue d'accompagner nos différents Gouvernements dans la prévention et la lutte contre le terrorisme en lien avec le respect des Droits Humains, mais aussi de concevoir et mettre en œuvre un programme intégrateur en matière des Droits Humains pour les 5 INDH. C'est dans ce sens que la CNDH-Niger s'est fortement impliquée dans l'élaboration du Programme Intégré de Promotion et de Protection des Droits Humains (PIPPDH) partagé avec les INDH du G5 Sahel.
Il est à préciser qu'à chaque étape de son plaidoyer, le Président de la CNDH-Niger a signé un protocole d'accord avec les autres Présidents des Institutions Nationales des Droits de l'Homme (INDH). A l'étape de la Mauritanie, suite à l'audience qu'a bien voulu nous accorder le Président en exercice du G5 Sahel de l'époque, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, il a été convenu de la création d'un Réseau des INDH du G5 Sahel, afin de donner plus de visibilité et d'impact à nos actions de promotion et de protection des Droits Humains dans l'espace du G5 Sahel. Il nous a été confié par nos paires, le pilotage du processus de mise sur pied de ce réseau.
Pourquoi cette initiative de la création d'un Réseau des institutions nationales des droits humains du G5 Sahel et seulement maintenant ?
Comme je le disais plus haut, l'idée de créer un Réseau des INDH du G5 Sahel date d'avril 2014. Certes le processus a été long mais le résultat est là et c'est le plus important. C'est d'ailleurs le lieu ici, d'exprimer toute notre gratitude au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme et le Programme des Nations Unies pour le Développement au Niger, pour leur appui technique et financier. La mise en place du Réseau a été entreprise dans une démarche participative et cohérente qui a tenu compte plus ou moins des spécificités des pays membres. L'Assemblée Générale constitutive pour le lancement du Réseau s'est tenue les 24 et 25 janvier derniers à Niamey au siège de la CNDH-NIGER, avec le concours financier de Diakonia, une Organisation Internationale Non Gouvernementale (OING), Suédoise et DANIDA.
Il est important de comprendre que cette initiative a été renforcée d'une part par les recommandations issues du Sommet du G5 Sahel tenu à Bruxelles (Belgique) le 22 Février 2018 sur le thème « Conférence sur les Droits Humains et le Renforcement de la Confiance entre la Force Conjointe G5 Sahel et les Populations Locales» et d'autre part par l'atelier relatif à l'établissement, la mise en œuvre et le maintien du cadre de conformité pour prévenir les violations des Droits de l'Homme et du Droit International Humanitaire dans le cadre de la lutte contre le terrorisme co-organisé par le Secrétariat Permanent du G5 Sahel, la Force Conjointe G5 Sahel et la MINUSMA, les 7 et 8 Mai 2018 à Bamako (Mali)

Monsieur le président, quelle est précisément la situation des droits humains dans les pays du G5 Sahel dans un climat de lutte acharnée contre la menace terroriste?
La menace terroriste est réelle et d'actualité, les attaques djihadistes sont là et très préoccupantes pour l'ensemble des pays du G5 Sahel, surtout si l'on sait que ces pays sont parmi les plus pauvres du monde. A ces menaces s'ajoute la recrudescence des conflits intercommunautaires dans certains pays membres.
Du fait du caractère asymétrique de ces attaques, nos Forces de Défense et de Sécurité semblent avoir des difficultés à enrayer les attaques djihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, du fait de la porosité de nos frontières. Heureusement, la Force conjointe mène des opérations de ratissage, de riposte et aussi, des opérations de sécurisation, au niveau des Fuseaux Centre (Burkina-Faso, Mali Niger) et du Fuseau Est (Niger-Tchad). C'est d'ailleurs le lieu, de saisir cette opportunité que vous m'offrez pour d'abord féliciter nos vaillantes Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et celles des pays alliés pour les résultats éclatants enregistrés sur le terrain notamment ces derniers mois.
Toutefois, la situation demeure toujours préoccupante face à la menace terroriste ainsi que d'autres formes de criminalités dans la zone, étant entendu que le terrorisme se nourrit toujours des facteurs endogènes. Mais avec l'intensification de ces vastes opérations de ratissage conduite par les Forces de Défense et de Sécurité Nigériennes à l'exemple de celle effectuée le long de la rivière Komadougou et sur les îles du Lac Tchad combinant actions de l'aviation et des troupes au sol, les populations auront davantage le sentiment d'être sécurisées, ce qui renforcera la confiance entre elles et les Forces de Défense et de Sécurité.
Peut-on, selon vous, tisser une alliance parfaite entre la lutte contre l'insécurité et le respect scrupuleux des droits de l'homme ?
La CNDH-Niger est consciente qu'il n'y a jamais eu de guerre propre, mais il est bien possible d'allier lutte contre l'insécurité et respect scrupuleux des droits humains. N'oublions pas que nos différents Etats du G5 SAHEL sont parties à plusieurs conventions internationales qui promeuvent et protègent les Droits Humains dont entre autres la Déclaration Universelles des Droits de l'Homme (DUDH), le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), la Convention Internationale sur la Lutte Contre la Torture et les Traitements Inhumains et ou dégradants, la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples ainsi que les quatre (4) Conventions de Genève du 12 Août 1949 et les Résolutions des Nations Unies.
L'alliance parfaite entre lutte contre l'insécurité et respect scrupuleux des droits humains passe nécessairement par, en amont des séances de sensibilisation et de renforcement des capacités de nos soldats afin de prévenir toute bavure. C'est le lieu ici de saluer la hauteur d'esprit du Ministre de la Défense et celui de l'Intérieur de la sécurité publique, de la décentralisation et des affaires coutumières et religieuses, pour avoir bien voulu accepter de mettre à la disposition de la CNDH les Forces de Défense et de Sécurité afin que nous les formions. Cela a été le cas le 30 Août dernier au Siège de la CNDH-NIGER, en partenariat avec le CICR-NIGER et Rassemblement des Acteurs pour la Promotion et le Respect du Droit International Humanitaire et des Droits de l'Homme. Ça a été le cas aussi à Diffa du 28 novembre au 02 décembre avec l'appui financier du Projet « Peace Bulding » du PNUD-Niger. Dans le courant de cette année, nous comptons à nouveau reconduire cette activité à Diffa et l'étendre aussi à Tillabéri et Tahoua.
Dans le cadre de ce réseau, comment comptez-vous agir pour protéger les droits des groupes vulnérables notamment les femmes et les enfants ?
La conférence de Bruxelles du 22 février 2018 s'est longuement penchée sur ces groupes vulnérables notamment les Femmes et les Enfants dans l'optique de les protéger contre toutes les formes de violations.
En plus de ces actions de préventions, celles de protection s'avèrent aussi nécessaires et vont de pair. Nous avons mis en place avec l'Association pour la Redynamisation de l'Elevage au Niger (AREN) appuyée par Oxfam et certains acteurs de la Société Civile, un cadre de concertation pour faire le suivi périodique de la situation sécuritaire et humanitaire dans les zones de Diffa et Tillabéri affectées par ces conflits terroristes. De décembre 2017 à nos jours, nous avons mené quatre importantes missions d'enquête et investigation afin de collecter et documenter des cas de violations des Droits Humains. Deux rapports accompagnés de recommandations ont été communiqués sous plis confidentiels au Gouvernement. Les deux autres rapports seront incessamment transmis aux ministères concernés pour prise en charge. L'objectif poursuivi par ces descentes périodiques et régulières sur le terrain, c'est de dissuader d'éventuelles violations des Droits Humains, dont en particulier celles touchant les femmes et les enfants.
La situation des droits humains diffère d'un pays à un autre. Comment le réseau peut-il intervenir dans un pays où, même l'institution nationale a des difficultés pour jouer son rôle ?
Effectivement, des particularités existent selon les pays mais il faut retenir qu'ils sont tous des pays Sahélo-Sahariens ; confrontés aux mêmes risques, menaces et vulnérabilités. (Rebellions, radicalismes religieux, attaques des sites stratégiques, insécurités résiduelles, trafics illicites de drogue et armes, enrichissement illicite, blanchiment des capitaux, migrations clandestines etc...)
Heureusement, par rapport à cette différence entre pays, il est élaboré, sur la base des programmes sectoriels de développement, une matrice des initiatives et des projets prioritaires dans le cadre des piliers et des orientations du G5 Sahel. Enfin, des analyses conjoncturelles des piliers sont menées en vue d'initier des synergies et des projets
intégrateurs.
De quels moyens disposez-vous, Monsieur le président, pour atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés dans le cadre de ce réseau ?
Tout d'abord, notre détermination et notre volonté d'aller vers les communautés et les Forces de Défense et de Sécurité à travers des campagnes de sensibilisation, d'information et de formation seront des grands atouts pour la CNDH-Niger. Notre dernière expérience d'échanges avec les FDS de Diffa a été concluante.
Les réflexions pour élaborer des modules et partage d'expériences avec les autres
Institutions Sœurs pour le renforcement des capacités des cadres chargés d'accompagnement sont en cours. La CNDH-Niger se fera le devoir de mener à terme ce travail. La mobilisation des ressources financières et matérielles auprès des autorités compétentes et des partenaires techniques et financiers constitue une des activités prioritaires à mener.
Sur ce dernier point nous avons sollicité et obtenu le 25 janvier dernier, une audience auprès de son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'Etat Issoufou Mahamadou, à l'époque Président en Exercice du G5 Sahel, qui a été très sensible et attentif au rôle éminent que peuvent jouer les INDH du G5 Sahel notamment dans la mise en confiance entre FDS et populations locales.
Aussi, lors de l'audience, il lui a été présenté les membres du Réseau et nous avons saisi cette opportunité pour d'abord le féliciter pour le bilan de sa Présidence en Exercice du G5-SAHEL, Présidence au cours de
laquelle d'importantes avancées ont été
enregistrées.

Réalisée par Fatouma Idé(onep)
15/02/19

 

 

 


invitMonsieur le président de la Délégation Spéciale, pouvez-vous nous parler de vos réalisations depuis que vous êtes à la tête de la Délégation spéciale de la ville de Niamey et leurs impacts sur le quotidien des populations ?
Je dois d'abord remercier l'Office National d'Edition et de Presse (ONEP), pour l'occasion qu'il me donne, encore, pour parler des travaux que nous faisons depuis notre arrivée à la tête de la Délégation Spéciale de notre capitale, sans oublier les perspectives, à l'avenir, pour rendre Niamey encore plus Nyala. Je dois dire que dès notre arrivée à cette fonction, nous nous sommes fixés des priorités. La première est celle qui consiste à mettre les agents de notre administration au travail, au service de la population. Il faut rappeler que les communes, les municipalités sont des structures de proximité et de gestion au quotidien mais aussi de l'avenir de la ville. Nous nous sommes inscrits dans cette logique de mener et de gérer nos actions ensemble, au quotidien. La deuxième priorité consiste à assurer à la population de Niamey les services essentiels. Pour que ces deux priorités soient accomplies, il faut des moyens. Ce qui nous amène logiquement à la troisième priorité, qui est la mobilisation des ressources pour atteindre ces objectifs mais aussi l'utilisation responsable et rationnelle de ces ressources. Concernant la première priorité, l'une des premières choses à faire, c'est de payer les agents des municipalités de Niamey. Nous nous sommes donc attelé à éponger les arriérés, surtout au niveau des temporaires. Ainsi, très tôt nous avons épuré les arriérés de ces temporaires, à mettre dans les meilleures conditions de travail, ces pères et mères de famille qui, de nuit comme de jour, s'activent dans des caniveaux, dans les ordures, dans les rues, dans la poussière, sous le soleil, pour accomplir leur tâche. En tout cas, nous avons mis le paquet pour que les agents se responsabilisent et se mettent activement au travail, tout en les assurant, régulièrement le paiement de leurs salaires. Donc, depuis notre arrivée, nous n'avons eu aucun mois d'impayé. Et je crois que cela à créer, au niveau du personnel, un engouement, une responsabilité et une envie de travailler. D'ailleurs, j'en profite pour les encourager et les féliciter de tout leur engagement à assurer la gestion urbaine, à assurer la gestion de notre capitale. Nous allons poursuivre cet effort de l'amélioration des conditions de travail de nos agents, en leur fournissant des matériels nécessaires et adéquats. Des instructions fermes ont été données dans ce sens et un suivi régulier est opéré. Donc, je ne pense pas que vous en trouverai, car nous sommes strict voir intransigeant par rapport à l'utilisation rationnelle des engins de la mairie, acquis à grands frais et qui doivent être utilisés uniquement au service des populations de Niamey. Aussi, nous avons procédé au recrutement de près de trois mille (3.000) temporaires, dans l'ensemble de la ville, pour la salubrité, l'entretien des voiries, pour la réparation des nids de poules, notamment. Je pense que les résultats sont remarquables. Concernant la deuxième priorité, qui consiste à assurer les services essentiels à la population, le déploiement de ces moyens humain et matériel a permis d'être à côté des populations, pour répondre à leurs exigences, à leurs souhaits, à leurs envies dans la capitale. Il s'agit d'abord d'assurer une ville propre, une ville où il fait bon de vivre. Il faut des rues, des routes, des quartiers propres. Nos agents sont sur pied de jour comme de nuit pour assurer ces souhaits. Nous avons ainsi fait une opération coup de poing pour réparer les nids de poule de tous les grands axes prioritaires fortement fréquentés. Aujourd'hui, on peut aisément circuler dans la ville de Niamey. Pour une ville, il faut l'entretenir, chaque heure, chaque jour. C'est donc ce travail que nous sommes en train de réaliser depuis notre arrivée à la tête de la Délégation Spéciale de la capitale. Assurer les services à la population, c'est aussi leur créer un cadre agréable. C'est pour cela que nous sommes en train de recréer tous les axes principaux de la ville de Niamey. Pour permettre aux populations d'avoir des activités continues, le jour comme la nuit. Qu'elles aient des activités économiques, culturelles, sociales, de divertissement. En effet, une ville ne fonctionne pas seulement le jour, une ville vit aussi la nuit. Aujourd'hui, Niamey est véritablement une ville qui vit et c'est cela l'ambition qui a animé le Président de la République. En effet, en initiant le programme Niamey Nyala, qui est un programme permanent et continu, il vise à faire de la ville de Niamey une vraie capitale. A l'instar de certaines capitales de la sous-région, des autres grandes villes, il faut faire en sorte que le Niger se dote d'une très grande ville. Et que les autres villes de l'intérieur puissent s'en inspirer. C'est aussi l'ambition visée, toujours par le Président de la République en instituant la fête tournante de la République, qui consiste à des programmes spéciaux de modernisation de nos capitales régionales à chaque fête du 18 décembre. Donc tout le Niger est dans cette dynamique de renaissance culturelle inspirée par le président de la République, dont la ville de Niamey doit être le moteur, la locomotive et l'exemple. Niamey, la capitale doit assurer la direction, de toutes les villes du Niger en étant la vitrine aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur. Progressivement nous sommes en train d'aménager tous les espaces publics de la capitale. C'est le cas au niveau de la Place Niamey Nyala, près de la Poste, du Château I, du rond-point musulman, du Nouveau Marché. Le Jeudi 24 janvier dernier, nous avons lancés des aménagements au Rond-point des Nations-Unies, de celui de Gadafawa, du Parc de Koira Kano et bientôt nous allons lancer aussi des aménagements le long de l'Echangeur des martyrs, les Bois des Nations, bref, tout ce qui est espace public de la ville de Niamey sera aménagé, de façon à créer une ambiance simple, conviviale, de rencontres, d'échanges, de divertissement, pour répondre aux attentes des populations. Cette population de Niamey, étant majoritairement jeune, a besoin d'un cadre pour s'exprimer, pour s'épanouir et nous œuvrons pour offrir ce cadre d'épanouissement à la jeunesse de la capitale, pour qu'elle puisse légitimement être une force active, au lieu d'une force dormante. Dans le cadre de Niamey Nyala, nous allons réveiller et utiliser cette forte jeunesse, pour la construction et le développement de notre capitale.

Les populations semblent positivement apprécier vos actions à la tête de la ville de Niamey. Pouvez-nous donner les raisons de cette adhésion populaire à vos actions ?
Cette adhésion, que vous dites est j'estime la réaction aux réponses que nous apportons aux préoccupations de ces populations. Les populations veulent des responsables, des gérants de leurs territoires, qui ont un sens d'ouverture et d'écoute, qui les associent, pour apporter des réponses à leurs préoccupations, un adage ne dit-il pas : « Si vous faites quelque chose pour moi, sans moi, vous le faites contre moi » ? Alors, nous écoutons ces populations, nous les concertons, nous les associons et nous sommes régulièrement sur le terrain pour répondre à leurs attentes, à leurs aspirations, apporter des réponses appropriées à leurs besoins, car nous sommes justement là pour ça et rien que pour ça. C'est à cet exercice que, mon équipe et moi, œuvrons chaque jour. Je suis, en effet entouré d'une équipe dynamique, solidaire, engagée. C'est avec cet engouement et la volonté de toute cette équipe que nous agissons, que nous réalisons tout ce travail. En plus les populations voient et observent, elles vivent, je dirais au quotidien et concrètement les résultats. Aujourd'hui si les routes sont en bon état, les caniveaux sont curés, les voies éclairées, les espaces aménagés, les ordures évacuées, bref, si la ville est propre, si le cadre de vie est assaini, ceux qui en profitent ce sont surtout les populations. Cependant, pour que cela se réalise et perdure, il faut que ces mêmes populations apportent leur concours. Il faut absolument que la population de Niamey participe. La première façon de participer, c'est d'abord de ne pas gâter ce qui est réalisé ou réparé, c'est aussi de ne pas détruire ce qui existe. De ne pas détériorer l'existant, le cadre. La deuxième façon de participer, c'est d'apporter son concours pour que ce qui est fait perdure. Qu'il se pérennise dans le temps. Nous demandons donc cet effort civique, aux populations aussi bien sur le plan individuel que collectif, même si c'est en groupe. La ville de Niamey se tient à leur disposition pour les écouter, pour prendre en compte leurs préoccupations, pour travailler avec eux, pour qu'ensemble, de manière collective et consensuelle, nous puissions gérer et bien gérer la ville de Niamey, pour le bénéfice de tout un chacun. On ne le dira jamais assez, Niamey Nyala, c'est l'affaire de tous.

Monsieur le Délégué Spécial, avez-vous les moyens de votre politique, sinon avez-vous un plaidoyer envers vos partenaires ?
Votre question me permet de rebondir sur la troisième priorité, qui est aussi la mobilisation des ressources. La gestion d'une ville est complexe car elle demande énormément de moyens. Dire que j'ai les moyens serait exagéré. Dire que je n'ai pas les moyens, ne me parait pas aussi une réponse appropriée. Je pense que quand on a une responsabilité, on doit avoir la capacité de se battre pour trouver les moyens. Mais surtout utiliser rationnellement et de manière responsable les moyens disponibles. Aujourd'hui nous avons mis l'accent sur la mobilisation des ressources, nous profitons de cette occasion pour remercier les contribuables, pour leur esprit de civisme et de citoyenneté, ceux-là qui ont eu la bonne volonté de s'acquitter de leurs taxes et impôts. Ce qui est aussi réconfortant pour eux et pour nous, c'est qu'ils remarquent l'utilisation responsable qui est faite de ces ressources sur le terrain. Nous sommes aussi très regardants sur les coûts et les qualités des réalisations. En effet, nous veillons à ce qu'il n'y ait pas de surfacturation, à éviter des travaux mal ou non exécutés. Les travaux engagés par la ville de Niamey, doivent être exécutés dans les règles de l'art. Toute entreprise qui exécute mal un contrat, une mission, ou un quelconque travail qui lui a été donné par la ville de Niamey, se verra dans l'obligation de le reprendre. Sur cet aspect, nous sommes tout aussi intransigeants. Je pense qu'il faut que nous continuions dans cette démarche d'utilisation responsable et rationnelle de nos moyens et de nos ressources. C'est cela qui nous permettra d'optimiser, avec le peu qu'on a pour avoir des résultats. Nous devons aussi nous donner assez d'intelligence, d'initiative pour créer des nouvelles sources de financement, de mobilisation de ressources. Il faut que nous ayons le courage et l'initiative de faire des réformes qui vont nous permettre d'avoir beaucoup plus de moyens et par conséquent de répondre, au mieux, aux exigences et souhaits des populations de notre capitale. Et du coup, faire avancer cette ambition du Président de la République, celle de faire de Niamey, une ville véritablement Nyala, coquette.

Interview réalisée par Mahamadou Diallo (onep)
08/02/19

 

 

 



inviteMonsieur le directeur, quelles sont les missions assignées à l'IUT ?
L'IUT de l'Université de Tahoua a pour mission de répondre aux besoins en matière de compétences des marchés national et international du travail et aux exigences de la responsabilité sociétale de l'entreprise. Bien qu'il soit jeune, il est pourtant riche en de nombreux enseignants permanents (enseignants technologues, enseignants-chercheurs) et vacataires (des dirigeants d'entreprises publiques et privées, des journalistes réputés, des experts comptables, des professionnels de banque, des enseignants chercheurs nationaux et internationaux) de haute qualité.

Quelle est la spécificité de l'IUT de l'Université de Tahoua ?
Notre institut défend le professionnalisme centré sur la formation aux affaires. Nous formons des spécialistes dans divers domaines, notamment en Assurance-Finance-Banque, en Comptabilité et Gestion des Entreprises, en Communication des Entreprises, en Gestion des Ressources Humaines, en Gestion Hôtelière et Touristique, en Informatique de Gestion, en Management Logistique et Transport, Maintenance Informatique Réseaux et en Techniques de Commercialisation.

A quels problèmes l'IUT de l'UTA est-il confronté ?
Nous avons des problèmes comme une insuffisance des infrastructures pédagogiques (salles de cours et des travaux pratiques), une insuffisance des équipements pédagogiques (équipements informatiques et équipements de reprographie), un manque d'autonomie en matière de gestion. Et, il est vrai que le manque d'autonomie financière limite énormément les IUT dans leurs ambitions d'offrir beaucoup de services au monde extérieur, c'est-à-dire les entreprises publiques et privées (le gouvernement, les Collectivités locales, les ONGs, les projets, les Institutions de Micro Finance, les banques, les hôtels, ...). Nous sommes très limités dans les prises de décision en matière d'investissement, d'élaborations des projets porteurs dans le domaine du professionnalisme.
Les étudiants se plaignent de l'insuffisance des classes et de matériel informatique ; y a-t-il quelque chose de prévu pour régler ce problème ?
Pour régler ce problème, nous allons œuvrer pour la réalisation des salles de cours et des ateliers des travaux pratiques. Nous allons aussi œuvrer pour l'acquisition des équipements informatiques et de reprographie.

Qu'en est-il des visites en entreprise et du placement en stage de vos étudiants dans le monde de la production?
Dans le souci de former des cadres compétents et directement opérationnels sur le marché du travail, l'Institut Universitaire de Technologie de l'université de Tahoua organise chaque année des visites d'entreprise, missions de prospection pour faciliter le placement en stage de nos étudiants et même des voyages d'études à l'intérieur et l'extérieur du pays. Cette tradition consiste à mettre l'accent sur les rencontres avec les chefs d'entreprises. L'objectif est de familiariser les étudiants au monde de l'entreprise et faciliter ainsi leur insertion professionnelle.

Quelles sont, enfin, les perspectives de l'IUT de l'Université de Tahoua ?
Notre vision est de faire de l'IUT un véritable pôle d'excellence illustré par la qualité de sa formation facilitant ainsi l'insertion professionnelle de ses diplômés. Pour déployer ce projet en relation avec les acteurs locaux, nous allons réactualiser des conventions de partenariat avec les communautés et les partenaires locaux, avec des organismes de représentation des milieux professionnels tels que la chambre de commerce et d'industrie du Niger ainsi que l'Agence Nationale pour la Promotion de l'Emploi du Niger. Nous irons dans le cadre de ce projet vers notre ministère de tutelle et aussi le Ministère des Enseignements Techniques et Professionnels.

Réalisé par Sani Soulé Manzo(onep)
01/02/19



ZaramiLe Niger vient d'opérer une réforme d'envergure du cadre juridique et institutionnel des Contrats de Partenariat Public Privé (CPPP), avec l'adoption de la loi n° 2018-40 du 05 juin 2018, portant régime des Contrats de Partenariat Public-Privé. Cette loi est motivée par la nécessité de corriger les insuffisances des textes antérieurs dont notamment la faible implication du Ministère des Finances dans le processus de la mise en œuvre des CPPP. Lors du Conseil des Ministres réuni, le vendredi 11 janvier dernier, le gouvernement a examiné et adopté le Projet de décret déterminant la composition, l'organisation et les modalités de fonctionnement de la Structure d'Appui au Partenariat Public Privé (SAPPP). Ce projet de décret est pris en application de l'article 4 de la loi précitée et cette structure a pour missions d'appuyer les administrations publiques à l'élaboration, la négociation et le suivi de la mise en œuvre des projets de type partenariat public-privé. Pour en savoir plus, sur les tenants et aboutissants du Partenariat Public Privé (PPP), nous avons interrogé le Secrétaire Permanent par intérim de la Cellule d'Appui au Partenariat Public Privé (CAPPP), M. Zarami Abba Kiari.
M. Zarami ABBA KIARI, vous êtes le Secrétaire Permanent par intérim de la Cellule d'Appui au Partenariat Public Privé (CAPPP). Ces dernières années, on parle beaucoup du Partenariat Public Privé (PPP). Pouvez-vous éclairer les lanternes de nos lecteurs sur ce nouveau dispositif?
Le Partenariat Public Privé recouvre au sens large, toutes les formes d'association entre le secteur public et le secteur privé en vue d'assurer le financement, la construction, la rénovation, la gestion ou l'entretien d'une infrastructure ou la fourniture d'un service public. Au-delà de cette définition très générale, on parle de Partenariat Public Privé (PPP) aujourd'hui, pour désigner une nouvelle forme de contrats publics qui est née au début des années 90 au Royaume-Uni, sous le nom de Private Finance Initiative (PFI) et qui a été transposée dans de nombreux pays à travers le monde, dans un contexte où les Etats souffrent de fragilités économiques et financières pendant que la demande sociale en matière d'infrastructures et de services publics ne cesse de croitre. Les contrats de Partenariat Public Privé sont donc un outil de la commande publique. Ils s'inscrivent généralement dans une dynamique de long terme et sont différents des privatisations. Au Niger, le dispositif du Partenariat Public Privé (PPP) a été mis en place en 2011 à travers l'Ordonnance N°2011-07 du 16 septembre 2011, portant Régime général des contrats de partenariat public privé en République du Niger (ratifiée par la loi n°2011-30 du 25 octobre 2011) et ses différents textes d'application dont notamment le Décret n°2011-559/PRN/PM du 09 novembre 2011, portant modalités d'application de l'Ordonnance n°2011-07 du 16 septembre 2011, le Décret n°2011-560/PRN/PM du 09 novembre 2011, portant organisation et fonctionnement de la cellule d'appui au PPP, et la Loi n°2014-02 du 31 mars 2014 portant régime fiscal, financier et comptable applicable aux contrats de partenariat public privé. Eu égard à ces textes, le Contrat de Partenariat Public Privé est un contrat par lequel une personne morale de droit public délègue à un opérateur privé, pour une période déterminée, une mission ayant pour objet la production et/ou la gestion du service public dont elle a la responsabilité. La période considérée est fonction de la durée d'amortissement des investissements à réaliser et/ou des modalités de financement retenues. Cette mission concerne le financement, la construction ou la transformation, l'entretien, la maintenance, l'exploitation ou la gestion d'ouvrages, d'équipements ou de biens immatériels. nécessaires au service public.

Quels sont les enjeux liés au PPP ?
Le Partenariat Public Privé fait partie des financements innovants que les Etats mettent en place en vue de faire face à l'absence de ressources nécessaires à la réalisation des ouvrages ou services d'intérêt public. Le Partenariat Public Privé permet ainsi de garantir la continuité et la qualité du service public et d'assurer l'accès équitable des citoyens aux services publics, en faisant appel au savoir-faire et à la capacité d'innovation du secteur privé en termes d'expertise, de ressources financières, de management etc. Beaucoup de pays ont pu développer leurs infrastructures grâce au Partenariat Public Privé. Le Contrat de Partenariat Public Privé présente en effet l'avantage d'être un contrat dont l'objet est multifonctionnel et dont la rémunération est étalée dans le temps. Il a aussi la particularité d'être un contrat qui comporte des objectifs de performance, et qui se caractérise par un partage optimisé des risques entre les parties, un partage de responsabilités et de gains, toutes choses qu'on ne retrouve pas dans les autres outils de la commande publique. C'est pourquoi d'ailleurs on parle de partenariat gagnant-gagnant. En Partenariat Public Privé, il doit y avoir en effet convergence des intérêts.

A l'instar des autres pays de la sous-région notamment, ce dispositif d'association du secteur public et du secteur privé a été mis en place au Niger voilà quelques années. Quels en sont les résultats pour le Niger ?
La mise en œuvre du partenariat public privé devrait contribuer à promouvoir la réalisation d'infrastructures structurantes au niveau national. Ainsi, au regard des textes en vigueur, pour qu'un projet soit éligible au Partenariat Public Privé, il doit répondre aux critères de complexité, d'urgence et d'efficience. Ensuite, le montant des investissements envisagés doit être supérieur ou égal à cinq milliards de F CFA pour les projets de l'Etat, des établissements publics et des sociétés d'économie mixte. Sur la base de ces critères, de 2012 à aujourd'hui, plusieurs dizaines de dossiers d'études de faisabilité ont été analysés et instruits. A peu près une vingtaine de contrats ont été signés. Au nombre de ces contrats, il y a ceux qui sont à paiement public, qui concernent pour l'essentiel la réalisation de routes, et ceux qui sont à paiement privé, qui sont notamment de type BOT (Buit Operate and Transfer). Le principe du BOT, c'est que le partenaire privé apporte son propre financement, réalise le projet, l'exploite et à la fin, transfert l'ouvrage ou l'infrastructure à l'autorité délégante. C'est le cas du Projet de modernisation de l'aéroport international Diori Hamani, du Projet de Guichet unique automobile, du projet de Chemin de fer, etc. Dans le cadre de ces projets, l'Etat n' a pas eu à débourser de l'argent. Les financements sont pris en charge par les opérateurs eux-mêmes.
La mise en œuvre de ces contrats a permis de mobiliser des financements importants en faveur de l'économie nationale, de la part du secteur privé. Des emplois ont été aussi créés.

Pouvez-vous nous décliner les secteurs qui sont pris en charge dans le cadre du PPP ?
Le PPP concerne pratiquement tous les secteurs de la vie socio-économique nationale : routes, bâtiments administratifs, écoles, centres de santé, complexes de sport, logements sociaux, établissements pénitenciers, énergie, eau, assainissement, télécommunications, mines, agriculture, élevage etc. Cependant, les contrats qui concernent spécifiquement les besoins de défense et de sécurité qui exigent le secret ou pour lesquels la protection des intérêts essentiels de l'Etat est incompatible avec des mesures de publicité, ne peuvent pas se faire en Partenariat Public Privé, sauf si cela est envisagé dans le cadre d'une négociation directe.

Avec l'éclatement de certaines ''affaires'', le partenariat public privé au Niger a vécu une situation assez critique, caractérisée notamment par des indexations, des accusations, des contre-vérités et même des faux procès. Où en est-on aujourd'hui ?
A propos des projets PPP de façon générale, il y a effectivement trop d'amalgames et de contrevérités qui sont véhiculés çà et là ! Je tiens d'abord à préciser que les contrats de PPP sont le fruit de longues discussions auxquelles prennent part toutes les parties prenantes, en particulier toutes les administrations et acteurs concernés par le projet. Je voudrais ensuite rappeler que le Partenariat Public Privé n'est pas le seul outil de la commande publique. Les délégations de services publics sont par exemple des partenariats entre le public et le privé, mais elles ne sont pas sous l'emprise de la loi sur le PPP. Les Délégations des Services Publics sont régies par le Décret N°2016-641/PRN/PM du 1er décembre 2016 portant Code des Marchés Publics et des Délégations des Services Publics. Il y a aussi un certain nombre de secteurs qui disposent de leurs propres réglementations et en vertu desquelles des entités publiques ont pu nouer des relations contractuelles avec des entités privées. Donc, tout ce qui est signé entre l'Etat ou un de ses démembrements et un opérateur privé n'est pas forcément un contrat de partenariat public privé au sens de la loi sur le PPP. A titre d'exemple, le contrat de fourniture de passeports biométriques entre l'Etat du Niger et la société AFRICARD qui a fait couler tant d'encre et de salive n'a pas été signé sous le régime du PPP. Il en est de même des conventions minières que certains présentent comme des contrats de PPP mais qui ne le sont pas !

Pouvez-vous nous parler du rôle de la Cellule d'Appui au Partenariat Public Privé (CAPPP) ?
La Cellule d'Appui au Partenariat Public Privé (CAPPP) est une structure créée par le gouvernement en tant qu'organisme-expert dont la mission est d'apporter un appui aux ministères techniques et aux administrations publiques dans l'élaboration, la négociation et le suivi de la mise en œuvre des projets de type partenariat public privé. La CAPPP instruit les dossiers d'études de faisabilité des projets, organise, facilite et encadre les négociations entre les parties, une fois que le comité d'orientation qui est l'organe délibérant de l'institution, a donné son avis favorable sur les projets. Elle n'appose aucune signature sur aucun contrat, cela est de la responsabilité des parties.

Selon vous, quel est l'avenir du PPP au Niger et quels sont les défis à relever?
La volonté d'impliquer le secteur privé dans le financement du développement de notre pays est forte au niveau des plus hautes autorités. Le PPP constitue une alternative crédible pour le financement des infrastructures dans les pays en développement et même dans les économies avancées. Le dispositif du PPP a encore toute sa légitimité au sein de la commande publique au Niger. Cependant, après près de sept ans de pratique, il est apparu nécessaire de revisiter le cadre législatif et réglementaire du PPP. Une réforme des textes a été entreprise. C'est ainsi que le PPP est désormais régi par la Loi N°2018-40 du 05 juin 2018 portant régime des Contrats de Partenariat Public Privé. Cette nouvelle loi fait désormais intervenir le Ministère des Finances à toutes les étapes décisives de la procédure PPP. L'autorité contractante doit requérir en particulier, l'avis dudit Ministère à la fois sur la conformité du projet par rapport au Programme d'Investissement Public (PIP) et à la Politique générale de développement économique de l'Etat et sur sa soutenabilité budgétaire. La nouvelle loi instaure aussi le principe de l'évaluation préalable qui n'existait pas auparavant. Cette évaluation préalable doit permettre à l'autorité contractante de procéder à une analyse comparative des différentes options de passation du contrat en termes de coût global, de partage de risques et de performance ainsi qu'au regard des préoccupations de développement durable et décider in fine si le projet doit être réalisé en mode Partenariat Public Privé ou en Maîtrise d'Ouvrage Publique.

Entretien réalisé par Mahamadou Diallo(onep)
25/01/19


inviteL'Institut Africain d'Informatique (IAI) est un Etablissement inter-Etats d'enseignement supérieur spécialisé dans le domaine de l'informatique. Créé, à Fort-Lamy, actuel N'Djamena, au Tchad, le 29 janvier 1971, par les Chefs d'Etat et de Gouvernement des pays membres de l'Organisation Commune Africaine et Malgache (OCAM), par Résolution N°33/AEFT/ Fort-Lamy du 29 janvier 1971, l'IAI est un outil d'intégration régional et un centre d'excellence technologique avec le statut d'Organisme International. Avec son siège à Libreville, au Gabon, l'IAI compte trois représentations nationales dans ses pays membres, à savoir, l'IAI-Cameroun, l'IAI-Niger et l'IAI-Togo. L'institution se dote d'un Conseil d'Administration, d'une Direction Générale, d'un Comité scientifique, d'un Conseil de Perfectionnement, d'un Conseil des Professeurs et d'un Comité d'Etudiants.
En mission de travail au Niger, la Directrice Générale de cette prestigieuse école de formation des cadres supérieurs des pays
africains, Mme Binta Fatouma KALME a accordé, à notre journal, cette interview dans laquelle, elle a relevé l'importance de cette école pour les pays africains.
Mme, vous êtes la Directrice Générale de l'Institut Africain d'Informatique (IAI) qui a son siège à Libreville au Gabon. Une école qui forme des cadres supérieurs des pays africains dans plusieurs domaines en lien avec l'Informatique. Pouvez vous parler davantage de cette Institution Académique Africaine, à nos
lecteurs.

Merci beaucoup pour cette opportunité que vous avez bien voulu nous offrir pour informer davantage les africains sur l'Institut Africain d'Informatique (IAI). L'institut est créé par les Etats membres de l'OCAM, à savoir, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Il a pour mission de contribuer au développement d'une véritable économie numérique de ses Etats membres par la formation des compétences, le transfert des technologies et la valorisation, une recherche innovante d'envergure internationale et la diffusion du savoir dans le domaine du numérique. Pour ce faire, l'IAI forme des cadres dans plusieurs domaines de formation dont entre autres, Ingénieur des Travaux (BAC+5), avec les diplômes de Licence en Informatique ou ingénieur des travaux (BAC+3) et la Maitrise en Informatique appliquée à la Gestion des Entreprises (BAC+4 et 5) ; Ingénieur de Conception en Informatique (BAC+5), avec des diplômes de Master Conception de Système d'Informatique, Master Informatique et Management des Entreprises et Master Administration Réseau et Télécom.
Notre vision, à l'IAI, c'est de mettre en œuvre une gouvernance performante et un modèle économiquement viable adapté au contexte mondial de l'éducation ; être un centre d'élite pour la formation et la recherche dans le domaine du numérique ; être un centre d'élite de la production et de la vulgarisation de technologie ; érigé l'IAI en un centre de catégorie 2 de l'UNESCO et faire de l'IAI un bras séculier du CAMES pour la formation dans le domaine des technologies.

Quelles sont les conditions et les modalités d'admission dans cette école ?

Pour être admis à l'IAI, les candidats sont soumis à un concours national, que chaque pays membre organise. A l'issu de ce concours, seul les quatre premiers sont retenus pour être admis à l'IAI. Mais en fonction des besoins, chaque pays est libre de choisir jusqu'à 15 meilleurs premiers à l'issu du concours.
Toutefois, dans le souci de faire de l'IAI une école panafricaine, les inscriptions ont été ouvertes depuis quelques années à tous les étudiants africains qui désirent étudier dans l'institut. C'est pour dire que l'IAI est aujourd'hui ouvert à toutes les nationalités et à tous les Etats africains. Ainsi, une plateforme de concours en ligne a été créée en 2017 pour permettre à tous ceux qui le souhaitent d'étudier à l'IAI.
Cette ouverture est née du constat, que ces derniers temps, les résultats des admissions sur dossier ne sont pas bons, donc il faut donner la chance aux candidats des autres pays de s'inscrire à l'IAI. Les concours en ligne sont organisés en fonction des pays dans des campus numériques ou autres centres numériques bien identifiés par la tutelle.

Vous avez pris fonction en Novembre 2016, quelles ont été vos priorités ? Et quelles sont les actions que vous avez réalisées en fonction de votre cahier de charges ?

J'étais venu avec un plan d'actions à très court, moyen et long terme. Donc les priorités, étaient les plans à très courts termes où il fallait l'application effective des accords du siège, concernant les prises en charge de l'eau et l'électricité, les enlèvements des ordures et le traitement des eaux usées, la sécurité des biens et des personnes, la sécurité incendie. En plus de ces priorités pour l'accord du siège, il fallait délocaliser l'IAI le temps de la restructuration. Pour cette délocalisation, il fallait trouver un site de transition. C'est dans cette démarche que l'Institution International Barth et Jean de l'actuelle Présidente de la Cour Constitutionnelle du Gabon, a accepté de nous accueillir. Il fallait aussi trouver la qualité au niveau des enseignements et pour cela, j'avais décidé de délocaliser une école d'ingénieur d'Europe avec laquelle nous avons les mêmes programmes et qui dispose des enseignants de qualité. Cela permettra à nos enseignants de renforcer leur capacité pour assurer la formation de nos étudiants. Les priorités, c'est aussi d'assurer la mobilisation des ressources, c'est-à-dire, effectuer le recouvrement des frais de scolarité des étudiants.

Au regard de cette présentation, on comprend que la tâche n'est pas du tout facile. Comment avez vous réussi la réalisation de toutes ces activités ?
Pour ce qui est des actions, il reste beaucoup à faire faute de ressources, notamment financières et humaines. Nous avons beaucoup évolué dans la recherche du partenariat.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez fait face et comment comptez-vous leur trouver des solutions ?

Les difficultés sont entre autres, la résistance au changement, l'insuffisance des ressources financières. Aujourd'hui nous sommes dans un blocage puisque nous avons traversé une année blanche, nous n'avons pas encore fait la rentrée de cette année. Nous pensons que la rentrée peut être effective avec les moyens qu'on peut mobiliser d'ici là et je pense que les Etats doivent faire les efforts pour que les cours reprennent. C'est un cri de cœur que je lance, et je pense que les Etats peuvent faire un effort pour sauver cette
jeunesse. La nouvelle réforme de l'IAI rentre dans le programme de la renaissance de l'Institut. Les Etats doivent le comprendre. Il faut que les Etats membres comprennent cette nécessité de l'intégration et de l'appropriation du numérique à tous les niveaux quel que soit le domaine d'activité et s'engagent résolument à nous accompagner.

Vous êtes une femme à la tête d'une institution inter étatique, est-ce qu'il y a des difficultés particulières auxquelles vous étiez confrontée du fait de votre statut de femme ?

Je n'ai rencontré aucune difficulté dans l'exercice de mes missions en tant que femme. D'abord chef d'une mission diplomatique, un statut respecté et honoré. J'ai été très bien accueilli au Gabon par toutes les autorités et par l'ensemble de mes collaborateurs. Je ne pense pas avoir rencontré une difficulté en fonction de mon statut de femme.

Le domaine de la science et de la technologie a tendance à être dominé par les hommes et cela commence dès la formation. Y a-t-il des dispositions spécifiques prises par l'école pour encourager les filles à s'orienter vers la technologie ?

Oui, cela fait partie de mon plan d'action. J'avais programmé d'encourager les filles à venir à l'IAI à travers un programme de prise en charge par l'école d'une fille par pays membre de l'IAI. Nous avons aussi une stratégie de communication que nous comptons mettre en œuvre à travers laquelle nous sensibilisons les filles pour les encourager à venir se former à l'IAI.

Quelles sont les perspectives de l'Institut ?
Les perspectives de l'IAI, c'est la renaissance de l'institut. Nous avons une nouvelle mission. Il nous faut un nouveau modèle économique parce qu'on ne peut plus continuer à compter sur les frais des scolarités. A la base, les étudiants qui sortaient de l'IAI, allaient directement servir leurs Etats. Mais aujourd'hui, on constate que les étudiants qui sortent, servent, à 90%, les opérateurs en charge du numérique et c'est la raison pour laquelle il faut changer le modèle économique pour faire participer tous les opérateurs en charge du numérique à la formation de ces étudiants. Cela fait partie d'ailleurs de leur cahier de charges où le fonds d'accès universel prévoit des formations dans le domaine des TIC (Techniques de l'Information et de la Communication). Les perspectives sont énormes, il nous faut un nouveau local, un cadre de norme universelle, des programmes adaptés au contexte...

Réalisé par Ali Maman(onep)
18/01/19


DDE-DUNGASE-11Monsieur le Directeur comment se présente votre mission de gestion et de sauvegarde de l'Environnement dans le jeune département de Doungass ?
La mission de la Direction Départementale de l'Environnement est la protection, la restauration de l'environnement. En gros, la gestion des ressources forestières et fauniques. Dans la gestion durable des forêts nous conduisons la gestion de l'exploitation des forêts qui est la ressource la plus importante en bois de chauffe dans cette région ; la protection de la faune et de l'halieutique. Surtout l'halieutique car Doungass recèle de beaucoup de points d'eau importants et permanents. A travers cette activité d'aménagement des pêcheries nous faisons le faucardage, l'empoissonnement des mares et l'organisation des populations pour l'exploitation.

Est-ce qu'il y a des partenaires qui appuient vos activités dans ce secteur des forêts et pêche ?
Il y a des partenaires qui nous accompagnent notamment dans le cadre de l'halieutique et de la restauration des terres. Pour cette dernière activité il y a l'Etat qui débloque chaque année les moyens pour restaurer les terres dégradées. Pour les appuis à cette activité nous avons les partenaires comme le PAM, PAC3 et le PASEC qui est en route.

Le département de Doungass est classé et connu comme une zone du Niger dite de la bande sud hautement pluviométrique où la formation forestière est assez dense. Est-ce qu'après avoir détruit la bande nord, les prédateurs de l'environnement ne vont pas se replier sur cette bande sud qui est assez généreuse pour leurs activités notamment le déboisement ?
Effectivement même Doungass, qui est dans la zone soudanienne assez arborée, commence à subir cette pression. Avec la poussée démographique et les besoins croissants des populations, ces importantes ressources sont en danger. Les coupes abusives sont régulières. D'ailleurs toute la zone est occupée par les champs de cultures, excepté quelques enclaves pastorales. Nous ici, il n'y a même plus de forêts classées. Nous sommes réduits à gérer les peuplements agro-forestiers.

Alors qu'est ce qu'il en est de la faune et de son habitat?
On n'a plus la grande faune ; on n'a que des reptiles et des oiseaux. Si vous faites allusion aux phacochères ou aux gazelles à l'état sauvage il n'y en a plus dans cette zone.

Malgré tout quel genre d'activités menées vous pour protéger ce qui peut l'être ?
On mène des campagnes de sensibilisation à l'endroit des populations pour qu'elles gèrent les quelques reliques de la végétation dans leurs champs de cultures. On a ensuite une brigade qui tourne qui traque des individus en infraction. C'est-à-dire des coupeurs de bois qui n'ont pas d'autorisation, ou même s'ils en ont, qui se mettent à abattre des arbres dans les champs ne leur appartenant pas. Conformément aux textes en vigueur les brigadiers les interpellent et les verbalisent.
Nous avons aussi des problèmes avec nos parents éleveurs. La zone recèle un important peuplement de gao et pour les besoins du fourrage ces éleveurs les coupent abusivement, car généralement ils opèrent la nuit dans les champs.

Peut-on avoir des chiffres pour illustrer les différentes activités que vous menez notamment dans la restauration des terres dégradées et l'halieutique ?

Concernant la récupération des terres dégradées et leur ensemencement en herbacées, nous avons, en 2018, réalisé 20 hectares sur financement de l'Etat. Il y a le faucardage au niveau des points d'eau pour les débarrasser des plantes envahissantes notamment le typha ostralis. Sur cette activité aussi on tourne autour de 20 ha de réalisation sur financements PAM, Water Aid et l'Etat. L'activité reboisement est inclue dans le volet récupération des terres destinées au pâturage. On y plante généralement des espèces fourragères comme l'acacia Sénégal, le bauhinia rufisens (Dirga en Haoussa). Outre les 20 hectares récupérées et plantées, nous avons également réalisé 2500 mètres linéaires de plantations agro forestières.

La pêche est donc une importante activité dans le département de Doungass ?
C'est même l'une des plus rentables pour les populations qui la pratiquent, car rien qu'à travers deux communes que sont Gouchi et Doungass, nous avons plus de 200 mares dont certaines permanentes ou semi permanentes. L'empoissonnement des mares a permis aussi de former et équiper beaucoup de personnes à l'activité pêche. Dans la commune de Gouchi, nous avons la mare de Wiwi qui fait à elle seule une superficie de 200 ha. La pêche à Wiwi peut donner en moyenne une production annuelle de 100 tonnes de poisson, la CBLT a même créé un débarcadère au profit des pêcheurs. Sur une mare qui s'appelle Wara-wara dans la commune de Gouchi, la production annuelle peut atteindre en moyenne 30 tonnes. L'activité pêche s'étend, selon la règlementation sur les mois de mai, juin, juillet et août. Après, on « ferme » la pêche pour permettre la reproduction du poisson. Les productions de poisson du département sont en plus grande majorité consommée dans la région, mais une partie est également exportée à Maigatari dans l'Etat fédéré de Jigawa au
Nigeria.

Propos recueillis par Mahaman Bako, Envoyé spécial(onep)
11/01/19


COGE-1-coulLe Commissaire à l'Organisation des Grands Evènements (COGE), Monsieur Adamou Imirane Maïga, a été l'un des acteurs déterminants de l'organisation et du succès des festivités entrant dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire de la proclamation de la République, connue sous le nom de Zinder Saboua. Il était sur plusieurs registres événementiels : cérémonies d'ouverture, méga spectacle son et lumière, régie son et lumière, grand défilé militaire...
En raison des services qu'il leur a rendus et de son don de soi pour le succès de l'événement, les artistes de la région de Zinder lui ont décerné un trophée. A son tour, il a dédié ce trophée au Président de la République, Chef de l'Etat, Issoufou Mahamadou, qu'il a du reste qualifié de 1er acteur de la tenue et de la réussite de Zinder Saboua. Dans l'entretien qui suit, Adamou Imirane Maïga nous livre ici, son constat, ses réactions et ses impressions sur la tenue de Zinder Saboua.
Vous venez de prendre part aux festivités de la célébration du 60ème anniversaire de la proclamation de la République du Niger, plus connue sous le nom de Zinder Saboua. En tant que témoin privillégié de cet événement, quelles sont vos impressions ?
Je remercie l'ONEP pour l'occasion qu'il m'offre pour parler de Zinder Saboua. C'est un sentiment largement partagé : la fête a été belle, je dirais très belle même. Et cela au-delà de nos attentes. Mes impressions sont bonnes et positives. Les fruits ont vraiment répondu aux promesses des fleurs, serais-je tenté de dire. Ces promesses ont été tenues tant sur le plan des infrastructures, des prestations aussi bien sportives, culturelles, artistiques, qu'au plan de la mobilisation. En effet, sur le premier plan, je dois le rappeler car d'autres l'ont dit avant moi, la première capitale du Niger, j'ai nommé Zinder, a bénéficié de beaucoup d'investissements sur le plan infrastructurel.
En fait, Zinder Saboua a commencé par la retenue d'eau de Ganaram, qui a mis fin au sempiternel problème d'eau de la ville de Zinder, une promesse tenue du président de la République Issoufou Mahamadou. Il y a eu aussi la reconstruction totale du célèbre Kassoua Dolé, le marché central de Zinder. Un marché, qui selon certaines sources, est l'un des plus grands de l'Afrique de l'ouest et duquel les Zindérois sont fiers aujourd'hui. Si je prends l'exemple du kilométrage des routes bitumées, pratiquement, il double celui de Tahoua Sakola. Ensuite, il y a eu la réalisation de la route tant attendue reliant Zinder à Magaria-Bandé, frontière du Nigeria. A cela, se sont ajoutées d'autres nouvelles réalisations infrastructurelles dans la ville de Zinder, pour accueillir ce 60ème anniversaire comme la rénovation de l'aéroport de Zinder pour le mettre aux normes internationales. A partir de cet aéroport, les passagers peuvent embarquer pour des vols internationaux comme les candidats au pèlerinage aux Lieux saints de l'Islam.
Il y a aussi le bitumage de la route menant de cet aéroport au centre-ville, au passage de laquelle on peut apercevoir l'imposante nouvelle résidence présidentielle. Notons aussi l'embellissement de l'ancestral Palais du Sultan du Damagaram qui a fait peau neuve. Les anciennes bâtisses militaires se trouvant sur cette longue route de l'aéroport (sur la montée de Toudoun poste au quartier administratif) ont été remplacées par des luxueuses villas à étages.
Au passage, j'ai encore en mémoire les nombreux ronds-points qui sont disséminés un peu partout sur les grands axes, rendant la circulation plus fluide et plus facile aux Damagarawa. D'autres infrastructures comme le Musée Régional, la Maison de la Culture, le Stade, ont aussi été réhabilitées. Les médias aussi n'ont pas été omis car la station régionale de l'ORTN abrite désormais une grande salle de presse comprenant toutes les commodités, qui faciliteront davantage le travail des journalistes. Dans certaines zones inaccessibles de la grande cité de Damagaram, à cause notamment des gros granites qui s'y dressent depuis des lustres, ces granites-là ont été dynamités et des voies ont été dégagées. Ce qui a permis d'avoir la large avenue bitumé de près de 5 km, reliant le rond-point Autogare à l'ancien village de Kanya.
C'est d'ailleurs cette large avenue, qui a accueilli l'imposant et mémorable défilé militaire et civil qui a eu lieu le 18 décembre 2018 à Zinder. Je m'en voudrais de ne pas citer l'éclairage public qui inonde de lumière l'ancien quartier Birni, les quartiers Garin Malam, Hilin Tambari, Alkali, N'wala, Toudoun Djamous, etc. Bref, je n'en finirais pas de citer les nombreuses et multiples réalisations faites en amont, pendant et en aval de Zinder Saboua. Il faut simplement dire merci aux autorités de la 7ème République et surtout au Président de la
République. En effet, tout ceci entre dans la vision du Chef de l'Etat Issoufou
Mahamadou de moderniser nos capitales régionales.

En tant que Commissaire à l'Organisation des Grands Evènements, vous aviez pris activement part à Dosso Sogha, Tahoua Sakola, Maradi Kolliya et Agadez Sokni. Quelle est la particularité de Zinder Saboua ?
Dans votre édition de Sahel Dimanche N° 1821 du vendredi 21 décembre 2018, le ministre de la Renaissance culturelle, des Arts et de la Modernisation sociale, Monsieur Assoumana Malam Issa disait que la principale particularité de cette édition à Zinder Saboua est le retour du théâtre. Moi, j'irais plus loin en disant que la spécificité de cette édition c'est la nouveauté. La nouveauté dans les rues, dans les maisons, car beaucoup de maisons, se trouvant aux proximités de la large avenue où a eu lieu le grand défilé, ont été peintes, dans les quartiers avec les éclairages publics mais aussi et surtout dans les mentalités. Beaucoup de gens m'ont confié qu'ils étaient sceptiques sinon pessimistes quant à la tenue de ces festivités et quant à la volonté des autorités de faire les réalisations promises. Mais, ils ont finalement témoigné et reconnu que le président Issoufou a encore tenu ses promesses. Zinder est vraiment devenue neuve, Saboua. Quelqu'un a même dit, Zinder est devenue AMARIA (la jeune mariée). D'autres se sont demandés même s'il y aura un chef d'Etat qui peut réaliser autant d'investissements à Zinder, surtout en un temps record, comme l'a fait le président Issoufou Mahamadou.
Personnellement, moi qui ai eu à servir dans cette ville, en tant que cadre, il y a de cela des années, j'ai eu du mal à me retrouver et à reconnaitre certaines rues et certaines places que je connaissais, tellement c'est nouveau, c'est joli, c'est vaste, bref c'est grandiose. Le fruit de ce qui a été fait à Zinder Saboua est le résultat des leçons apprises lors des différentes fêtes tournantes. En fait, on capitalise, on ajuste, on avance et on améliore, voilà les différentes étapes qui nous ont amené à Zinder Saboua. En effet, sur la base des expériences connues et vécues à la suite des différentes célébrations de la fête du 18 décembre, Son Excellence Monsieur le président de la République et le gouvernement ont mis le paquet pour réaliser ce qui l'a été à Zinder, et qui se poursuivra puisque le programme Zinder Saboua comme les autres est un programme triennal.
Zinder peut désormais accueillir n'importe quel évènement d'envergure nationale et même internationale. Et voilà le résultat, il est là, palpable, visible et surtout appréciable. Zinder est une ville moderne aujourd'hui.

Que pouvez-vous nous dire par rapport à la mobilisation pour cet évènement ?
En tant que Commissaire Chargé des Grands Evènements et spécialiste en matière d'animation et de mobilisation, je dois dire qu'à Zinder nous avons assisté à une mobilisation spontanée, réelle et historique. De mémoire de Zindérois, une telle mobilisation n'a jamais eu lieu dans cette cité historique, selon les témoignages même des Damagarawas. Je pense que c'est en amont que le travail de mobilisation a été fait grâce à la mobilisation des chefs traditionnels sous la conduite du Sultan du Damagaram, Son Altesse Aboubacar Sanda, du gouverneur de la région et du maire de la ville de Zinder. Il faut noter que le Sultan Aboubacar s'est fait remarquer à travers surtout la mobilisation des chefs traditionnels, des Oulémas et des Damagarawas en général. Ce qui a permis à cette population de démontrer sa légendaire tradition d'accueil d'hôtes et d'invités. Je m'en veux pour exemple, l'affluence chaque soir au niveau de la Maison de la culture Abdou Salam Adam, qui, malgré ses 1.500 places assises, refusait du monde. Ceux qui n'arrivent pas à y accéder étaient 2 fois plus nombreux sinon plus que ceux qui sont à l'intérieur. La mobilisation était telle qu'il a fallu aux autorités de délocaliser la suite des festivités culturelles au niveau du stade. Ce qui a permis à un plus grand nombre de personnes surtout de jeunes de vivre l'évènement.
Le site réservé au grand spectacle son et lumière a aussi refusé du monde pendant la nuit du 17 décembre et les rues étaient envahies d'animations au passage de la parade des chevaux et des chameaux. On aurait même vu le Chef de canton de Mirriah, l'ancien président de l'Assemblée nationale, l'honorable Moutari Moussa, entouré de ses notables, en train de faire la parade sur son cheval harnaché. Les espaces de compétitions, les stands d'expositions de la foire qui s'est tenue à l'Arène de lutte, le site du Tchika tchiki ou le festival de la gastronomie nigérienne, et tant d'autres espaces étaient animés, souvent jusqu'à tard dans la nuit. Cerise sur le gâteau, c'est l'accueil chaleureux, de l'aéroport à la tribune, qui a été réservé aux chefs d'Etat du Nigeria, du Togo et de la Guinée Equatoriale qui ont favorablement répondu à l'invitation de leur frère et ami Son Excellence le président de la République, Chef de l'Etat.
Je n'oublie pas la grande affluence lors du gigantesque défilé militaire et civil, pendant lequel malgré la fatigue et le froid, des milliers de gens sont restés debout pour apprécier et applaudir la musique, les pas et les démonstrations des différents corps de nos vaillantes Forces de Défense et de Sécurité.
Au niveau du COGE, nous avons organisé des caravanes qui ont sillonné des quartiers pour s'enquérir de l'état d'esprit des gens, pour s'informer des appréciations que font les populations par rapport aux festivités, etc. Partout, nous avons été bien accueillis, souvent avec des chants et des danses. C'est dire combien l'ambiance était bon enfant. Nous avons même trouvé que les 10 jours se sont vite écoulés et c'est avec un regret et une certaine nostalgie que nous avons quitté la capitale du Damagaram. En gros, je dois dire que durant ces 10 jours, de fêtes diurnes et nocturnes, aucun incident fâcheux n'a été enregistré. Je dois dire que la célébration du 60ème anniversaire de la proclamation de la République ou Zinder Saboua restera à jamais gravée dans la mémoire des Damagarawas en particulier et des Nigériens en général.

Réalisée par Mahamadou Diallo

04/01/19


inviteMonsieur le Secrétaire Général, Présentez à nos lecteurs l'organisation dont vous êtes le premier responsable.
Il faut d'abord préciser que l'ancienne Association des Producteurs de Pétrole Africains (APPA), aujourd'hui APPO est une organisation intergouvernementale africaine créée le 27 Janvier 1987 à Lagos au Nigeria, pour servir de plateforme de coopération et d'harmonisation des efforts, de collaboration, de partage des connaissances et de compétences entre les pays africains producteurs de pétrole. Son siège statutaire est Brazzaville au Congo. Forte de 18 Pays Membres, elle représente près de 99% de la production de pétrole en Afrique et pèse pour au moins 13% de la production mondiale.
Une de ses importantes missions est la promotion des initiatives communes (projets, infrastructures) en matière de politiques et de stratégies de gestion sur toute la chaîne de valeur de l'industrie pétrolière, pour ainsi permettre à ses Pays Membres, de tirer meilleurs profits des activités de cette ressource non renouvelable. Après plus d'un quart de siècle d'existence, il a été reconnu que malgré quelques avancées, l'organisation ne répondait pas aux attentes des Pays Membres et pire, elle s'était inscrite dans une fatale médiocrité et un total anonymat. Les observateurs se demandaient sans cesse à quoi elle servait.
La longue léthargie dans laquelle elle végétait depuis des années a aussi eu pour conséquences un très faible niveau, voire une absence totale de coopération entre les Pays Membres dans le secteur pétrolier, un manque de maîtrise des activités sur toute la chaîne de valeurs de l'industrie pétrolière en Afrique ; ce qui entre autres n'a pas permis d'asseoir une expertise africaine pointue et confirmée, un manque total de visibilité de l'Association aux plans national, régional et international et une absence très remarquée dans les grands centres de décisions internationaux.
L'organisation qui louvoyait à vue, dans l'ignorance totale du contexte pétrolier mondial, avait besoin d'être recadrée sur l'échiquier énergétique et pétrolier mondial afin de répondre aux défis de l'heure. Comme mesures de sauvetage, le Conseil des Ministres a souhaité sa profonde réforme. Ainsi, dès notre prise de fonction, nous nous sommes engagés dans cette réforme. Après de nombreuses réunions du Comité des Experts et du Conseil des Ministres, le projet de cette réforme a été adopté à Luanda en Angola en Janvier 2018.
Dans les résolutions qui ont été adoptées, il faut noter entre autres les nouvelles vision et mission, les nouveaux objectifs stratégiques de l'Organisation, ses principes directeurs et ses valeurs, la structure générale et un nouvel organigramme, les chartes de mission des instances et organes de l'Organisation et le transfert temporaire des activités de l'organisation à Abuja au Nigéria durant la période de mise en œuvre des recommandations sur la réforme. L'on a procédé aussi au changement de dénomination de l'APPA qui s'appellera désormais ''African Petroleum Producers' Organization'' (APPO). Il a été retenu également l'institution d'un Sommet des Chefs d'Etat des pays membres de l'Organisation dès qu'il est de besoin.

Les activités de l'APPO sont provisoirement transférées à Abuja au Nigéria. Pourquoi une telle décision ?
Il y a lieu de préciser que ce sont les activités de l'organisation qui vont être délocalisées vers Abuja pendant la période de transition ; le siège statutaire demeure encore à Brazzaville. Le Conseil des ministres a pris cette décision de transfèrement pour des raisons techniques et stratégiques. Notre objectif premier est de voir l'APPO s'arrimer aux grandes orientations pétrolières et énergétiques mondiales énoncées par les Nations Unies (avec l'Initiative SE4All), le Conseil Mondial du Pétrole, le Conseil Mondial de l'Energie (avec la résolution du Trilemme Energétique), l'Union Africaine (avec la Vision Minière de l'Afrique), la Banque Africaine de Développement (avec le "New Deal" pour l'Energie en Afrique), le NEPAD, etc....
Elle doit avoir un positionnement stratégique dans les secteurs énergétique, pétrolier et gazier en Afrique et promouvoir ses activités à l'instar des autres institutions similaires, comme l'OPEP, le GECF, le FIE, etc....La base fondamentale pour réussir ce pari demeure bien évidemment la volonté politique des dirigeants africains et un véritable changement de mentalité de certains animateurs de l'organisation. Les méthodes de gouvernance et de management du Secrétariat telles qu'elles ont été depuis la création de l'APPA, sont obsolètes et n'ont d'ailleurs jamais été efficaces.
Nous avons besoin d'un nouveau départ, et aujourd'hui le Nigéria, au vu de sa position sur l'échiquier pétrolier africain et mondial, son leadership et pour diverses autres raisons, offre mieux l'encadrement technique, financier, politique et diplomatique pour bien accompagner cette réforme. Depuis son déménagement à Abuja il y a quelques mois, l'organisation bénéficie de l'attention toute particulière des plus hautes autorités du Nigeria et je pense qu'à l'issu de cette période transitoire qui va consacrer une mutation totale de l'institution, nous allons enfin jeter les bases d'une nouvelle organisation....la nouvelle fierté de l'Afrique. C'est vous dire donc que la machine de la réforme est en pleine marche et notre objectif est de faire de cette organisation l'une des plus importantes et puissantes à l'échelle continentale. Nous sommes sur cette voie et nous y arriverons incha Allah.

Quelle place peut-on accorder aujourd'hui et demain à l'Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO) en Afrique et peut être même dans le monde ?
La géopolitique énergétique et pétrolière mondiale est en constante évolution et il nous faut recadrer notre organisation dans ce nouveau contexte. L'Afrique doit trouver un nouveau paradigme pour générer de véritables retombées pour l'interface de développement des hydrocarbures d'une part et pour le développement durable d'autre part. L'APPO pourrait devenir le point d'appui pour faire de ce nouveau paradigme une réalité.
Avec son potentiel (l'un des plus importants du monde) et un meilleur cadre de coopération et d'intégration, l'Afrique peut valablement s'aligner avec les puissances pétrolières d'aujourd'hui ; avoir ainsi son mot à dire sur l'échiquier pétrolier et énergétique mondial et l'APPO d'être un partenaire de taille des grandes institutions énergétique et pétrolière mondiales. Cette unité et ces ambitions pour l'Afrique qui jadis nous faisaient défaut ; peuvent bel et bien être aujourd'hui une réalité, et notre organisation qui a besoin d'une attention toute particulière des plus hautes autorités de nos pays, se trouve être l'instrument idéal pour relever ce défi.
L'APPO peut être un instrument de sécurité et de lutte contre les pauvretés énergétique et économique. Les perspectives prometteuses sont là et je pense qu'après le défi de la sécurité physique, celui de la sécurité alimentaire, c'est le défi de la sécurité énergétique qui doit être la préoccupation de nos gouvernements. Aussi, le pétrole est un secteur hautement sensible qui commande des approches stratégiques coordonnées et extrêmement pointues.
Pris isolément, les pays africains sont incapables de se battre contre le capital pétrolier international. Il nous faut donc un cadre doté d'un vrai dispositif d'intelligence économique et stratégique...c'est le rôle qu'entend jouer notre organisation. En cela, j'estime que l'APPO doit dans les années à venir, être l'une des organisations sur laquelle l'Afrique peut compter.

Quel est l'avenir de l'industrie pétrolière en Afrique ?
Quand vous faites un survol de la géographie pétrolière du monde, l'on se rend compte que certaines régions (Amérique du Nord, pays du Proche et Moyen-Orient, Mer du Nord,...) jadis pionnières de la production pétrolière sont aujourd'hui soit dans la phase de déplétion, soit dans celle de l'exploitation des hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et pétrole de schiste,...).
En Afrique par contre, ce sont donc à peine quatre (4) pays qui ont commencé une modeste exploitation dans les années 60. Aujourd'hui, environ 20 pays sont identifiés comme producteurs de pétrole (les 18 pays membres de l'APPO, le Soudan du Sud et la Tunisie) et une trentaine d'autres mènent des opérations de prospection et de recherche. Des bassins offshore et onshore, tant au large de l'Afrique de l'Est, de la partie africaine de l'océan indien, de l'Afrique de l'Ouest, que des pays de l'hinterland sont peu explorés et pré¬sentent de très bonnes perspectives (ils sont situés pour l'essentiel en Tunisie, Maroc, Mozambique, Kenya, Ouganda, Tanzanie, Sénégal, Sao-Tomé et Principe, Niger, Mali, Madagascar, Comores,...).
Le continent dispose de plus de 13% de réserves mondiales d'hydrocarbures (même si les statistiques occidentales tendent à sous-estimer et dévaloriser le potentiel du continent noir), et mieux, ces 15 dernières années, 1/3 des découvertes de pétrole dans le monde l'ont été en Afrique. La sous-estimation par certaines institutions et multinationales pétrolières des réserves et du potentiel en hydrocarbures de l'Afrique dénote d'une plaisanterie proprement néo coloniale !
Et pourtant, il n'y a l'ombre d'aucun doute que le potentiel pétrolier et gazier africain peut rivaliser aujourd'hui avec celui de n'importe quelle autre région du monde. Cela m'amène d'ailleurs à affirmer que si l'Afrique devait être considérée comme un seul producteur, il est certain que notre continent défiera l'Arabie Saoudite, la Russie et les États-Unis. Il faut pour ce faire, mettre fin à la désunion et à l'hyper balkanisation qui caractérisent l'Afrique d'aujourd'hui et promouvoir davantage son intégration. Quoi qu'il en soit, le potentiel est là et dans les années à venir, croyez-moi, l'Afrique réservera de très grandes surprises dans le secteur des hydrocarbures.
L'Afrique, peut-elle se développer avec ses ressources pétrolières ?
Ces dernières décennies, l'Afrique a été au cœur de toutes sortes de débats, tant sur la misère dans laquelle végète ses populations que sur ses immenses potentialités et ses inégalables richesses naturelles qui pouvaient rapporter plus de 30 milliards de dollars de recettes par an au cours des 20 prochaines années. Rien que pour les réserves en pétrole des pays africains, certaines statistiques les évaluent à une centaine de milliards de barils, soit autant que l'Arabie Saoudite. De façon générale, il est reconnu de tous que le sous-sol africain regorge d'abondantes ressources énergétiques fossiles (pétrole, gaz, charbon, uranium,...) et celles d'origines renouvelables (hydraulique, solaire, éolienne, biomasse, géothermie...).
Par ailleurs, l'Afrique est aujourd'hui peuplée de près d'un milliard d'habitants constitué à 60% de jeunes, pendant que l'Europe, l'Amérique et l'Asie sont de plus en plus ''vieillissants''. Si avec toutes ces richesses l'Afrique n'arrive pas à décoller, je ne suis pas sûr que les ressources pétrolières en soient les seules responsables ou qu'elles puissent dans la situation socio-économique actuelle relever les défis du sous-développement. Les causes du retard de l'Afrique sont plus ailleurs que dans le pétrole. Certes l'existence des ressources extractives ne manque jamais de soulever de controverse et l'utilisation de clichés négatifs à l'endroit de l'Afrique. Vous entendez çà et là (et très souvent à raison), des superlatifs genres "paradoxe de l'abondance'', ''malédiction des ressources naturelles'', "scandale géologique'', etc. Reconnaissons que nous avons quelque part prêté le flanc pour y être traité de la sorte !
Si la perspective de revenus gigantesques issus de nos ressources naturelles peut sembler enivrante, elle pose aussi l'enjeu de la gouvernance dans ce secteur, un élément crucial du fait que presque tous nos pays, même dotés d'abondantes ressources extractives et énergétiques, n'ont pas encore emprunté, loin s'en faut, la route du développement. Jamais le secteur primaire et les ressources humaines n'ont été considérés en Afrique comme les leviers fondamentaux d'un véritable développement durable. C'est en cela justement que ceux qui qualifient notre situation de "paradoxe de l'abondance'' n'ont pas tout à fait tort. Toutefois, une approche macro-économique a montré que la récente baisse des prix du pétrole a eu des effets récessifs dans presque tous les pays africains exportateurs nets d'hydrocarbures (chute des devises, forte baisse des recettes fiscales, ralentissement des investissements et des projets de diversification, ré-endettement, ajustement du budget élaboré sur un prix deux fois supérieur) et des effets expansionnistes plus modérés dans les autres pays importateurs nets.
Seuls quelques rares pays ont saisi l'occasion pour appuyer leur croissance sur une économie un peu plus diversifiée ; sinon en majorité ils n'ont pas été capables de se démarquer de la trop forte dépendance de la rente pétrolière ; ce qui leur a fait subir le triste sort du "syndrome hollandais''. Ajouté à tout ceci, l'absence d'infrastructures de base, la pénurie d'une main-d'œuvre qualifiée, la mauvaise gouvernance, une corruption chronique et endémique, etc... nous avons en face le plus grand péril ; celui du non-développement, pour ne pas dire ''refus de développement''. Si les pays africains producteurs ont souffert et souffrent encore de la baisse des cours de pétrole, c'est parce qu'ils ont toujours vécu une dépendance maladive vis-à-vis de la mono production pétrolière et leurs économies encore trop peu ou pas diversifiées.

Pourtant, très souvent évoquée comme solution pour accroitre leur résilience, la diversification de l'économie et des sources de recettes budgétaires peine à être mise en œuvre. Cependant, tous les discours politiques de ces dernières années tournent autour de la diversification des économies. Avec, nous l'espérons bien, une remontée à terme des cours de pétrole, nous risquerons fort malheureusement d'assister encore à un autre report de la politique de diversification économique tant prônée (jusqu'à la prochaine crise certainement !)....ou ne se le rappeler qu'à l'occasion des prochaines campagnes électorales. L'Histoire se répète et continuera à se répéter ; mais l'Homme ne tire jamais de leçons de moments difficiles. Comme le disait Sénèque, ''La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe, c'est d'apprendre à danser sous la pluie''.

Propos recueillis par Assane Soumana(onep)


AAA-PREFET-DE-KANTCHE-9M. Le préfet, le département que vous dirigez ?
Merci de l'opportunité que vous nous offrez afin de nous exprimer à travers les colonnes de votre journal. Le département de Kantché est situé dans la partie sud de la région de Zinder. Il couvre une superficie de 2.381 km2 et compte neuf communes à savoir les communes de Matameye, Kantché, Daouché, Doungou, Dan Barto, Ichirnawa, Kourni, Tsaouni et Yaouri. Concernant la chefferie traditionnelle, elle comprend le canton de Kantché avec 327 villages administratifs et quartiers, et un groupement peulh celui de Kawari qui est constitué de 60 tribus. La population du département est estimée à 399.181 habitants selon le Recensement Général de la Population et de l'Habitat de 2012. Cette population est estimée en 2016 à 459.714 habitants. Les femmes représentent 50,29%, et les jeunes 28,5%. La densité moyenne est de l'ordre de 194 habitants/km2 en 2016 contre 168 habitants/ km2 en 2012. Cette densité cache surtout des disparités d'une commune à une autre. S'agissant du taux d'accroissement annuel, il est de l'ordre de 4,3%. En ce qui concerne la composition de la population, elle est principalement composée de Haoussas représentant 70%, de Touaregs 22%, et de Peulhs 8%.
Notons aussi que le département de Kantché est situé à 87 km du chef-lieu de région. Il est traversé par la RN10 reliant le chef-lieu du département au Nigéria. S'agissant de la situation géographique, le département est limité à l'Est par le département de Mirriah, à l'Ouest par celui de Tessaoua et Gazaoua, au Nord par le département de Takieta et au Sud par le département de Magaria et la République Fédérale du Nigéria avec laquelle on partage d'ailleurs 10 km de frontières. En effet, il est important de le souligner que le département de Kantché présente deux zones agro-écologiques à savoir la zone soudanienne à l'extrême sud-ouest avec une pluviométrie de l'ordre de 600mm, et la zone sahélo-soudanienne avec une pluviométrie de l'ordre de 450 mm située dans la partie sud-est du département. Pour ce qui est de taux brut de scolarisation au niveau de l'enseignement primaire, il est de 53,33% à l'intérieur duquel 58,78% pour les garçons et 47,84% pour les filles. En ce qui concerne le taux de couverture en eau potable, il est estimé à 59% en 2016, et ce taux varie d'une commune à une autre. Quant au taux de couverture sanitaire, il est de 42%. Le taux d'alphabétisation est de 21,72% affichant des disparités entre les hommes et les femmes. Il est en effet de 39,1% chez les hommes, et 6,4% chez les femmes.

Le département de Kantché partage la frontière avec la République Fédérale du Nigéria, quelles sont les relations que vous entretenez avec ce pays ?
Nous pouvons vous rassurer que les rapports d'abord entre les autorités frontalières et les populations sont aujourd'hui très fructueux. Des concertations frontalières sont régulièrement menées surtout entre les forces de défense et de sécurité se trouvant au niveau de la frontière en vue de faciliter la libre circulation de personnes et de biens conformément aux clauses de la convention de la CEDEAO ratifiée par nos pays respectifs. En effet, pour renforcer les liens séculaires entre nos deux pays, il a été créé en 2016, le deuxième corridor Zinder-Jigawa-Katsina après celui de Maradi-Kano-Katsina. C'est ainsi que la cellule technique locale a été mise en place en lien avec la cellule régionale. Cette cellule est à pied d'œuvre pour renforcer ces liens entre les différentes communautés afin de fructifier les échanges commerciaux, et la libre circulation de personnes et de biens pour que tout se passe convenablement dans l'intérêt de nos populations. Ajoutons aussi que dans le cadre des journées locales de vaccination de la poliomyélite, nous avons de contact permanent avec cette communauté pour que ces opérations puissent être facilitées entre les deux communautés frontalières.

Notre pays fait face aujourd'hui M. le préfet au défi sécuritaire, comment se caractérise cette situation au niveau de votre entité administrative ?

Par rapport à cette question, nous ne pouvons que nous estimer heureux. C'est le lieu ici, de rappeler les efforts importants qui ont été déployés par le gouvernement de la 7ème République à travers la mise à disposition du département des moyens conséquents permettant à la patrouille de fonctionner normalement. En outre, nous avons deux types de patrouilles au niveau du département de Kantché à savoir la patrouille frontalière et la patrouille mixte départementale qui travaille aujourd'hui 15 jours sur 30 du fait que nous avons une accalmie relative sinon c'était une patrouille qui fonctionnait 30 jours sur 30. C'est grâce à cette accalmie que nous avons ramené cette patrouille de 15 jours à 30. Quant à la patrouille frontalière, elle fonctionne 30 jours sur 30. Il s'est agi pour nous d'assurer la quiétude, la stabilité sociale, et la sécurité de personnes et de leurs biens. Il faut rendre un hommage mérité aux FDS qui, de jour comme de nuit se battent pour assurer la sécurité de nos populations et de leurs biens. Nous saluons aussi la collaboration des populations quant à la coopération avec les FDS. Nous attirons leur attention pour que cette collaboration s'effectue de manière sincère et qu'elle se perpétue pour la prospérité de notre département et du pays en général.
Le département de Kantché malheureusement a été cité en exemple concernant la question migratoire irrégulière ces dernières années, qu'est ce qui explique cela et comment compter vous endiguer ce phénomène?
La migration des femmes et des enfants surtout constituent un phénomène préoccupant dans le département de Kantché, pourtant le département dispose d'énormes potentialités. Nous disposons à cet effet de 50.000 hectares de potentialités irrigables avec d'énormes disparités certes entre les communes du fait qu'il existe des communes où ces potentialités sont pratiquement importantes, des communes où elles sont faibles, et des communes qui ne disposent pas de ces potentialités irrigables. En effet, les communes les plus touchées par le phénomène de migration sont celles qui maquent suffisamment de terres irrigables. Face à ce phénomène des actions sont en train d'être conduites par l'Etat et ses partenaires afin d'améliorer significativement le cadre de vie de ces populations en vue de les stabiliser dans leurs localités respectives et endiguer le phénomène migratoire qui n'honore pas les populations de par son impact socioéconomique majeur. Précisons que la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix intervient dans quatre communes dans le cadre de la lutte contre les conséquences de la migration. Pour ce qui est de l'OIM, elle intervient concernant la réintégration et l'appui psycho social des migrants retournés de l'Algérie et le renforcement de leur communauté d'accueil dans les neuf communes du département. Il y a aussi un autre partenaire qui lutte contre les conséquences de la migration dans sept communes du département, et un autre partenaire apporte son appui à la lutte contre la migration des jeunes dans neuf communes également. Nous avons des cuvettes et des mares. Les partenaires interviennent également pour la mise en valeur de ces ressources qui va considérablement contribuer à améliorer les conditions de vie de nos populations. La mise en valeur de ces ressources permettra aussi de fixer les populations.

Retenons que la rareté des terres de cultures dans certaines localités est une autre raison qui entraine les populations particulièrement les femmes et les enfants à la migration au niveau de notre département. Il faut aussi ajouter que le changement climatique avec tous ses corollaires, entraine la baisse de rendement des cultures pluviales. Ce qui ramène le département qui ne connaissait pas le déficit alimentaire à rejoindre le rang des départements qui enregistrent le déficit alimentaire. Par ailleurs, il faut préciser que l'Etat apporte des appuis inestimables aux populations du département pour atténuer la souffrance des uns et des autres à travers entre autres l'opération de vente à prix modéré, la mise en place d'aliments bétails, les activités de récupération des terres, la distribution gratuite ciblée, etc.

Votre mot de la fin, M. le préfet ?
Nous profitons de vos colonnes afin de lancer un appel aux populations pour qu'elles comprennent que le développement qui est prôné par le Président de la République nécessite l'implication de tous. Les partenaires au développement nous accompagnent dans l'accomplissement de nos missions, mais l'investissement des populations est capital. La réalisation des œuvres de construction nationale relève d'abord de l'implication de tous les nigériens et des toutes les nigériennes, ensuite les partenaires vont nous accompagner. Nous demandons par ailleurs à toutes les femmes et les enfants qui se livrent à cette pratique ignoble de la migration, de rester au pays pour apporter leur concours dans la construction du pays qui a besoins des efforts de chacun. Nous avons assez de potentialités dans notre département en nous livrant aux cultures irriguées, nous pouvons contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos populations. Par rapport à la sécurité, nous lançons également un appel aux populations de continuer à collaborer de façon franche et sincère avec les FDS qui sont là pour assurer leur sécurité et celle de leurs biens. Nous demandons aussi aux populations de s'acquitter de leur devoir civique afin de mettre les collectivités dans ses droits en payant les impôts et taxes, ce qui permettra de contribuer au fonctionnement des collectivités. Il a été constaté que le taux de recouvrement est très faible, c'est pourquoi nous incitons les uns et les autres de s'investir pour s'acquitter de leur devoir. Cela est un facteur essentiel dans la mobilisation des ressources internes afin de garantir le fonctionnement des collectivités et financer les secteurs de développement
pouvant assurer la prospérité du département de manière générale. Nous
disons que l'Etat a joué sa partition, c'est aux populations maintenant d'accomplir son devoir.

Réalisée par Laouali Souleymane, envoyé Spécial


Gouverneur-ZinderMonsieur le Gouverneur, Zinder accueille cette année la fête tournante du 18 décembre avec en toile de fond l'exécution du programme « Zinder Saboua ». Quel sentiment vous anime à la veille de la tenue de ce grand événement national et comment le préparez-vous?
Je vous remercie de m'avoir donné la parole pour me prononcer sur ce que nous sommes en train de faire dans le cadre de l'organisation de la fête tournante que nous avons appelée Zinder Saboua et qui coïncide avec le 60ème anniversaire de la Proclamation de la République du Niger. Le sentiment qui m'anime, c'est vraiment un sentiment de joie, de fierté, par rapport à tout ce qu'on est en train de faire dans notre région. Vous savez que la fête tournante a été instituée avec deux objectifs.
Le premier objectif c'est de faire en sorte que les capitales régionales soient des capitales où il fait bon vivre, et qu'elles soient attrayantes ; mais également booster le développement économique de la région. Et par rapport à tout cela, l'évolution actuelle de tous les chantiers qui sont en cours, je suis totalement satisfait et nous tiendrons le délai tel qu'il a été prévu, et la fête sera très belle.
Pour ce qui concerne la préparation, il faut dire que depuis que notre région a été désignée pour abriter cette édition, nous nous sommes organisés. C'est d'abord des réunions avec l'ensemble des couches socioprofessionnelles pour leur faire comprendre l'enjeu. Cette fête comme je venais de le dire, la région de Zinder, et particulièrement sa capitale, la ville de Zinder, non seulement va recevoir des investissements, des réalisations, mais également nous aurons, au moment de la fête, à accueillir des personnalités. Donc dans le cadre de ces deux objectifs, nous nous sommes organisés.
Nous avons demandé, à tous les ressortissants de la région qu'ils soient ici dans la région, ou qu'ils soient ailleurs dans la diaspora, de contribuer et d'appuyer, et de donner leur assentiment par rapport à la démarche et à la dynamique. Donc c'est ainsi que nous avons vraiment préparé l'opinion par rapport à toutes ces questions, notamment l'entretien des infrastructures qui vont nous être réalisées, mais également l'accueil des personnalités qui vont venir pour la fête. Sur ce point, nous avons fait beaucoup de choses, et l'état d'esprit est très bon.

Quelles sont les infrastructures qui sont prévues dans le cadre de ce programme de modernisation de la ville de Zinder ?
Quand on regarde le programme Zinder Saboua, il faut dire qu'à partir de Zinder Saboua, il ya une nouvelle vision de la fête tournante. Si pour toutes les régions qui nous ont devancés les réalisations sont bloquées pendant une année, nous ici, le programme Zinder Saboua est un programme triennal. C'est-à-dire que la première année va accueillir l'ensemble de tout ce qui est nécessaire pour que la fête soit belle ; ce qui est prévu justement par rapport à cette première année, c'est d'abord l'aéroport de Zinder ; lequel va être érigé en aéroport international où de gros porteurs vont atterrir. Là, 5 milliards ont été débloqués pour construire cet aéroport. Il ya aussi le Salon présidentiel de l'aérogare pour accueillir les étrangers ; là également 5 milliards ont été débloqués. Tous ces chantiers sont à au moins 70% de réalisation. Les techniciens et les cabinets de contrôle nous ont assuré que les délais vont être tenus. Il ya la voirie de la ville de Zinder. Je pense que vous avez fait un tour pour voir comment Zinder a véritablement changé de visage. 25 milliards ont été mis pour pouvoir réaliser cette voirie. Là aussi, les travaux se passent normalement et la SATOM nous assure de ce que nous aurons notre ouvrage au plus tard le 5 décembre.
Il ya la Tribune. C'est peut-être là où nous pouvons dire qu'on a quelques soucis. Pour ce qui concerne la Tribune elle-même, c'est-à-dire les matériaux d'assemblage, ils ont été commandé à partir de la Chine. Une partie est à Cotonou, mais une partie est encore en train de naviguer. En ce qui concerne la plateforme qui va accueillir la Tribune, il n'ya pas de problème, elle va être réalisée. Mais même si ce que nous avons commandé ne vient pas à temps, nous avons prévu un plan B qui va nous permettre de faire face à la situation. Il ya aussi le stade où il y aura beaucoup de manifestations. Là aussi c'est près de 200 millions qui ont été prévus pour le réhabiliter. Pour ce qui concerne la réhabilitation, c'est pratiquement fait à 80%, il reste seulement la pelouse. Et selon les informations qui nous parviennent, la pelouse va venir au temps requis et elle va être installée.
Pour la Case présidentielle, c'est un budget de 800 millions qui a été fait. Là aussi nous avons connu quelques soucis au début, mais maintenant c'est la vitesse de croisière. Nous pensons que d'ici le 5 décembre la case présidentielle sera au point. Il ya la cité Zinder Saboua ; c'est-à-dire les logements nouveaux qui vont être construits pour accueillir les invités. Ici, et c'est ça la spécificité de Zinder encore, ce sont les ressortissants et d'autres personnes qui ont accepté de prendre en charge et de construire ces bâtiments là. Le constat sur le chantier est que tous se mettent en œuvre pour terminer ces logements pour que nous puissions loger nos invités.
La MJC est pratiquement terminée. C'est juste la signalisation qui restait. Et aussi l'équipement : les salons d'honneur, les chaises, et les bancs qui vont être installés. Je peux vous assurer que nous sommes tout à fait contents, nous sommes rassurés de ce que tout ce qui a été prévu dans le cadre de cette première année de Zinder Saboua va être réalisé et réalisé à temps. Maintenant, il ya le reste pour les deux années à venir. C'est d'abord la poursuite de la voirie dans l'ensemble de la ville. Il ya des artères qu'il nous faut reprendre, qu'il nous faut réhabiliter. Ça sera le programme des deux années à venir. Il y a aussi la salle des conférences que nous voulons construire. C'est une très grande salle qui va accueillir des conférences internationales. Tout cela est prévu pour les deux autres années à venir. Plus des bâtiments administratifs à réhabiliter.

M. le Gouverneur, quelles sont les potentialités de la région de Zinder ?
La région de Zinder est une région à vocation agropastorale. C'est-à-dire que l'agriculture et l'élevage sont les principales activités de la région. Sur le plan agricole la région de Zinder regorge d'importantes potentialités. Nous avons une bande qu'on appelle la Korama, qui va de Doungass jusqu'à Matameye. C'est vraiment une vallée, qui, si elle est aménagée va permettre au moins à la moitié des Nigériens de se nourrir chaque année. Ça c'est la grosse potentialité. Il y en a d'autres disséminés dans d'autres départements où nous pouvons faire des réalisations pour pouvoir faire de l'agriculture.
J'ai parlé de la Korama. Parce que nous savons que ce sont des potentialités, nous sommes en train d'orienter des projets pour nous aménager la Korama ; des projets de mobilisation et de rétention d'eau. Le PRODAF, le PEMERSA, le PAC-RC, le PAC3 sont en train d'être dirigés de façon qu'ils nous aménagent cette bande pour permettre aux producteurs de mieux faire, mais aussi de les organiser pour créer des filières de commerce. Le PRODAF, si je prends cet exemple, est en train de construire des plateformes et des centres de collecte pour organiser les producteurs et les mettre en contact avec les acheteurs. Voilà ce que nous sommes en train de faire. Nous avons aussi, toujours dans le cadre de l'Initiative3N, un certain nombre de Maisons de paysans qui sont en train d'être construites ; que ce soit à Doungou, à Kéllé, à Bouné, et un peu partout les projets sont en train de nous les équiper. Chaque commune doit en avoir la sienne et progressivement avec les différentes composantes prévues.
Zinder est aussi une région à caractère pastoral. Il faut dire qu'un quart du cheptel nigérien se trouve à Zinder. Cela veut dire que l'élevage est une activité importante pour nous. Et lorsque l'on parle de l'élevage, ce sont deux aspects. C'est l'alimentation en eau du bétail, c'est le fourrage plus les intrants. Pour ce qui concerne l'alimentation en eau, les anciennes stations de pompage qui ont été construites dans les zones pastorales, notamment dans la zone de Tesker, Tanout, Belbédji et Gouré, sont en train d'être réhabilitées, et d'autres sont en train d'être construites à Aborak, Zabeitan, Gandoun Goriba etc. On a fait des stations de pompage un peu partout pour faire en sorte que nos animaux aient des points d'eau pour s'abreuver. Maintenant, il ya les intrants. Là, le gouvernement a pris des dispositions pour appuyer les éleveurs. Cette année, ce sont plus de 4000 tonnes d'aliments bétail qui ont été commandées.
Zinder c'est aussi le commerce. Nous sommes une région frontalière du Nigeria. Toutes nos activités sont dirigées vers ce pays, notamment les Etats du Nord, mais pratiquement l'ensemble du Nigeria. Nous sommes en train de prendre des dispositions dans nos rapports avec le Nigeria pour créer ce que nous appelons des corridors, c'est-à-dire des mécanismes de facilitation des transactions aussi bien des personnes que des biens de façon à booster le commerce. Je reviendrai certainement sur la question du marché Dollé qui a été construit.
Zinder, c'est aussi historiquement un centre culturel. Rappelez vous de ce qu'était le Damagaram, un grand Sultanat qui a occupé l'histoire de ce pays. Avec le temps, Zinder a aussi été un repère en matière de théâtre. Rappelez-vous de la troupe Yazi Dogo, et de toutes celles qui ont suivi après. Mais il ya aussi les activités sportives ; l'équipe de Zinder a été au top avec les Lawandidi, etc.
De toutes les réalisations faites ; les plus frappantes dans la région de Zinder sont au nombre de trois : c'est d'abord l'alimentation en eau. Il vous souvient qu'il ya trois à quatre années quand vous venez à Zinder à partir d'avril, mai, juin, c'était un calvaire ; pratiquement la moitié du temps de travail des zindérois et des zindéroises est occupée par des activités de recherche d'eau. Aujourd'hui le Président de la République, en construisant la station de Ganaram qui a coûté 22 milliards de FCFA, nous a résolu cette équation.
Aujourd'hui, non seulement la ville de Zinder est bien irriguée en eau, mais nous avons même fait des raccordements pour donner à Mirriah de l'eau à partir de la station de Ganaram. Cela a été véritablement une prouesse. C'est une question qu'on a trainée depuis des dizaines d'années, aujourd'hui, elle trouve sa solution. L'autre aspect, c'est le marché. Pour tout celui qui connait le marché Dollé il ya trois à quatre ans, c'était un fourre-tout, un lieu d'insécurité, de criminalité à la limite. Quand il pleut, vous ne pouvez même pas y rentrer. Le Président de la République a estimé qu'il faut rénover ce marché. Regardez ce qui a été construit en lieu et place : 12 milliards de FCFA ont été consacrés à la construction de ce marché là. Aujourd'hui, tous les zindérois sont fiers de cela, parce que ce marché non seulement contribue à la formalisation du commerce, mais également à la rénovation de nos villes.
La troisième chose sur laquelle je voudrai m'arrêter c'est le désenclavement de la ville de Zinder. Pour tous ceux qui se rappellent de la route Zinder-Magaria, Zinder-Gouré il y a quelques années, aujourd'hui quand ils reviennent, ces routes ont été totalement reprises. Il reste maintenant un autre calvaire c'est le tronçon Zinder-Tanout. Là également, le financement est acquis ; c'est l'Union Européenne qui va le reprendre, et très bientôt le Président de la République va venir pour lancer les travaux de cette route. C'est dire que Zinder sera totalement désenclavé. Cela est très important parce que lorsqu'on ouvre une région à l'extérieur cela veut dire que beaucoup de choses peuvent rentrer ou sortir. Les échanges, c'est cela qui fait le développement.

Réalisée par Oumarou Moussa
Envoyé spécial(onep)
18/12/18

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      Monsieur le président de la Délégation Spéciale, pouvez-vous nous parler de vos réalisations depuis que vous êtes à la tête de la Délégation spéciale de la ville de Niamey et leurs impacts sur le quotidien des populations ?Je dois d'abord remercier l'Office National d'Edition et de Presse (ONEP), pour l'occasion qu'il me donne, encore, pour parler des travaux que nous faisons depuis notre arrivée à la tête de la ...

M. Salissou Abdou, directeur de l'IUT de l'Université de Tahoua : « Notre institut défend le professionnalisme centré su…

M. Salissou Abdou, directeur de l'IUT de l'Université de Tahoua : « Notre institut défend le professionnalisme centré sur la formation aux affaires»,

Monsieur le directeur, quelles sont les missions assignées à l'IUT ?L'IUT de l'Université de Tahoua a pour mission de répondre aux besoins en matière de compétences des marchés national et international du travail et aux exigences de la responsabilité sociétale de l'entreprise. Bien qu'il soit jeune, il est pourtant riche en de nombreux enseignants permanents (enseignants technologues, enseignants-chercheurs) et vacataires (des dirigean...

M. Zarami Abba Kiari, Secrétaire Permanent par intérim de la Cellule d'Appui au Partenariat Public Privé (CAPPP) : « Le …

M. Zarami Abba Kiari, Secrétaire Permanent par intérim de la Cellule d'Appui au Partenariat Public Privé (CAPPP) : « Le Partenariat Public Privé fait partie des financements innovants que les Etats mettent en place en vue de faire face à l'absence de

Le Niger vient d'opérer une réforme d'envergure du cadre juridique et institutionnel des Contrats de Partenariat Public Privé (CPPP), avec l'adoption de la loi n° 2018-40 du 05 juin 2018, portant régime des Contrats de Partenariat Public-Privé. Cette loi est motivée par la nécessité de corriger les insuffisances des textes antérieurs dont notamment la faible implication du Ministère des Finances dans le processus de la mise en œuvre des...

Mme Binta Fatouma KALME, Directrice Générale de l'Institut Africain d'Informatique : « Il faut que les Etats membres com…

Mme Binta Fatouma KALME, Directrice Générale de l'Institut Africain d'Informatique : « Il faut que les Etats membres comprennent cette nécessité de l'intégration et de l'appropriation du numérique et s'engagent résolument à nous accompagner »

L'Institut Africain d'Informatique (IAI) est un Etablissement inter-Etats d'enseignement supérieur spécialisé dans le domaine de l'informatique. Créé, à Fort-Lamy, actuel N'Djamena, au Tchad, le 29 janvier 1971, par les Chefs d'Etat et de Gouvernement des pays membres de l'Organisation Commune Africaine et Malgache (OCAM), par Résolution N°33/AEFT/ Fort-Lamy du 29 janvier 1971, l'IAI est un outil d'intégration régional et un centre d'ex...

Commandant Souleymane Eddiguini, Directeur départemental de l'Environnement Doungass : "On n'a plus la grande faune…

Commandant Souleymane Eddiguini, Directeur départemental de l'Environnement Doungass : "On n'a plus la grande faune ; on n'a que des reptiles et des oiseaux"

Monsieur le Directeur comment se présente votre mission de gestion et de sauvegarde de l'Environnement dans le jeune département de Doungass ?La mission de la Direction Départementale de l'Environnement est la protection, la restauration de l'environnement. En gros, la gestion des ressources forestières et fauniques. Dans la gestion durable des forêts nous conduisons la gestion de l'exploitation des forêts qui est la ressource la plus i...

M. Adamou Imirane Maïga, Commissaire à l'Organisation des Grands Evènements (COGE), : « Zinder Saboua restera à jamais g…

M. Adamou Imirane Maïga, Commissaire à l'Organisation des Grands Evènements (COGE), : « Zinder Saboua restera à jamais gravée dans la mémoire des Damagarawas en particulier et des Nigériens en général »

Le Commissaire à l'Organisation des Grands Evènements (COGE), Monsieur Adamou Imirane Maïga, a été l'un des acteurs déterminants de l'organisation et du succès des festivités entrant dans le cadre de la célébration du 60ème anniversaire de la proclamation de la République, connue sous le nom de Zinder Saboua. Il était sur plusieurs registres événementiels : cérémonies d'ouverture, méga spectacle son et lumière, régie son et lumière, gra...

M. Mahaman Laouan Gaya, Secrétaire Général de l'Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO) : "Nous av…

M. Mahaman Laouan Gaya, Secrétaire Général de l'Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO) : "Nous avons besoin d'un nouveau départ"

Monsieur le Secrétaire Général, Présentez à nos lecteurs l'organisation dont vous êtes le premier responsable.Il faut d'abord préciser que l'ancienne Association des Producteurs de Pétrole Africains (APPA), aujourd'hui APPO est une organisation intergouvernementale africaine créée le 27 Janvier 1987 à Lagos au Nigeria, pour servir de plateforme de coopération et d'harmonisation des efforts, de collaboration, de partage des connaissances...

M. Moussa Sayabou, préfet du Département de Kantché : "Les communes les plus touchées par le phénomène de migration…

M. Moussa Sayabou, préfet du Département de Kantché : "Les communes les plus touchées par le phénomène de migration sont celles qui maquent suffisamment de terres irrigables"

M. Le préfet, le département que vous dirigez ?Merci de l'opportunité que vous nous offrez afin de nous exprimer à travers les colonnes de votre journal. Le département de Kantché est situé dans la partie sud de la région de Zinder. Il couvre une superficie de 2.381 km2 et compte neuf communes à savoir les communes de Matameye, Kantché, Daouché, Doungou, Dan Barto, Ichirnawa, Kourni, Tsaouni et Yaouri. Concernant la chefferie traditionn...

Interview de M. Issa Moussa, Gouverneur de la Région de Zinder : « Je suis totalement satisfait des travaux exécutés ; n…

Interview de M. Issa Moussa, Gouverneur de la Région de Zinder : « Je suis totalement satisfait des travaux exécutés ; nous tiendrons le délai tel qu'il a été prévu, et la fête sera très belle »

Monsieur le Gouverneur, Zinder accueille cette année la fête tournante du 18 décembre avec en toile de fond l'exécution du programme « Zinder Saboua ». Quel sentiment vous anime à la veille de la tenue de ce grand événement national et comment le préparez-vous?Je vous remercie de m'avoir donné la parole pour me prononcer sur ce que nous sommes en train de faire dans le cadre de l'organisation de la fête tournante que nous avons appelée ...

AG/ONU

Editorial

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

lundi 17 décembre 2018

EDITORIAL : Salut, le bâtisseur !

Audiences

Dossier

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Département de Magaria : La préservation de l'environnement gage de développement durable

Avec une superficie de 7 903 km2, Magaria est l'un des départements les plus riches en mat...

vendredi 15 février 2019

"La sécurité est aujourd'hui garantie dans le…

"La sécurité est aujourd'hui garantie dans le département", affirme le préfet : M. le préfet, pouvez-vous nous faire succinctement la présentation de votre entité administrative ?

Nous vous remercions de l'intérêt que vous accordez à notre département à savoir le départ...

vendredi 15 février 2019

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Le numérique au Niger : Promouvoir le numérique et accélérer le progrès social

Certes le fossé qui existe entre les pays dits développés et ceux du tiers monde est grand...

mardi 12 février 2019

L'air du temps

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Saint Valentin : au cœur de l'espièglerie juvénile

Hier, jeudi 14 février 2019, les jeunes ont célébré la fête de la Saint-Valentin dédiée au...

vendredi 15 février 2019

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