Le Sahel

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Tinni Abdou


Le-Colonel-Major-Bako-BoubacarMonsieur le Directeur général, il y a quelques jours de cela, un véhicule citerne accidenté au quartier Aéroport de Niamey, a provoqué la mort de plusieurs dizaines de Nigériens venus siphonner le carburant qu'il contenait. Est-ce qu'on peut dire que les mesures de sécurité ont été respectées à cette occasion pour éviter la survenue de ce drame ?
Je me réjouis de l'opportunité que vous nous donnez de parler de ce problème et d'apporter notre modeste contribution à la sécurité des nigériens par rapport aux risques hydrocarbures. Aussi je me permets de rappeler que nous avons dès 2014 rédigé un dossier de sept (7) pages sur la question dans le bulletin de liaison et d'information des Forces Armées Nigériennes « Béret Vert» numéro 20 de décembre 2014. Ce dossier est intitulé «Le Niger face à son destin de producteur/Le Sapeur-Pompier face à son nouveau type de catastrophe.Quelle est la situation en matière de sécurité face aux risques hydrocarbures, suite à la mise en service de la SORAZ ?». Il aborde d'abord les risques liés à la distribution des hydrocarbures ceux liés au transport et propose des solutions. Les accidents de transport des hydrocarbures sont devenus un casse-tête, pour les unités de Sapeurs-Pompiers du Niger, à partir de novembre 2011, suite à la mise en service de la Société de Raffinage de Zinder (SORAZ). En effet, si avant cette date, les camions citernes transportant les hydrocarbures sur les routes nigériennes avaient pour vocation de satisfaire la consommation nationale, désormais ceux-ci prennent en compte aussi les besoins du Nord Nigeria, du Mali et du Burkina Faso. Ainsi on assiste à la mise en circulation d'un nombre important de camions citernes immatriculés au Benin, au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria. Aussi, cette augmentation de trafic et la qualité déplorable du matériel et des conducteurs constituent des motifs d'inquiétude pour la sécurité des personnes, des biens et de l'environnement. En outre, bon nombre de camions citernes usagés importés sont dans un état mécanique navrant pendant que certains sont fabriqués çà et là à Niamey par des soudeurs dont la qualification n'est pas garantie.
De même, par défaut de norme relative à la conception ou à la modification de citernes, la capacité des citernes est disproportionnée par rapport au châssis de ces engins. La préoccupation est encore plus grande, du fait de l'attitude de la population qui, insouciante du risque potentiel d'incendie, et à la recherche de gain facile, vient systématiquement se servir à l'occasion d'un déversement de produit, consécutif à un accident de transport des hydrocarbures. Votre question traite de la sécurité du transport des hydrocarbures. D'ailleurs, l'inquiétude se justifie par les statistiques des interventions des sapeurs-pompiers pour les accidents de transport des hydrocarbures, malgré leurs capacités relativement limitées. Ces statistiques font état, de dix-sept (17) cas en 2012, dix-sept (17) en 2013, trente-deux (32) en 2014, quinze (15) en 2015 et au moins sept (7) en 2016. Ces accidents, dont sont l'objet majoritairement les camions citernes nigériens, ont provoqué les décès de quatre (4) personnes carbonisées en 2012, une (1) en 2014 et sept (7) pertes en vies humaines en 2016.
Malheureusement jusqu'à la date du 5 mai 2019, les accidents ayant eu lieu dans les centres urbains, notamment à Niamey n'ayant pas été suivi de feu, l'opinion ne prend pas suffisamment conscience du danger. Dans la nuit du 5 au 6 mai 2019 le pire n'a pu être évité. Le renversement d'une citerne à l'entrée de Niamey a été suivi d'un violent incendie ayant pour origine le moteur d'une moto dont le propriétaire était venu se servir. Le bilan provisoire fait état de cinquante et cinq (55) morts, trente-quatre (34) brulés graves et trois (3) brulés légers. Ce bilan s'est alourdi suite aux décès d'un certain nombre de brulés graves. Désormais notre pays compte aussi ses victimes d'accident de transport des hydrocarbures tout comme le Nigeria ou le Congo. En effet, le 12 juillet 2012, au Nigéria, une explosion d'un camion-citerne a fait des dizaines de morts, près d'Okogbe, une ville de l'Etat de Rivers dans le sud du pays. Le camion est sorti de la route en voulant éviter une collision avec d'autres véhicules. Il est tombé dans un fossé et s'est retourné, laissant échapper du carburant. Les habitants ont alors afflué sur le lieu dans le but de récupérer le précieux liquide. Suite à l'incendie du camion suivi de son explosion, le bilan est de 95 personnes décédés sur le coup et une cinquantaine de blessés gravement brulés qui viendront malheureusement augmenter le nombre de morts. Toutes les victimes ont été enterrées sur place dans une fosse commune, seulement six dépouilles ont pu être identifiées et remises aux familles.
Le 2 juillet 2010, une explosion d'une citerne a eu lieu à Sange, dans le sud- KIVU en République Démocratique du Congo. L'accident a eu lieu suite au déversement de l'essence, consécutif au renversement du camion-citerne, sur le bas-côté de la route traversant la ville. Les gens, au lieu de s'éloigner comme le demandait le chauffeur du camion, qui a pu sortir de la cabine, sont venus récupérer le carburant. Ce drame a fait 235 morts dont une soixantaine d'enfants, tous enterrées dans trois fosses communes. Il y a eu plus de 100 blessés et une vingtaine de maisons ont été détruites par les flammes.
Ainsi on peut conclure que le transport des hydrocarbures crée une situation d'insécurité notamment en zone urbaine. La promptitude et l'importance des moyens de secours engagés ne peuvent permettre d'éteindre le feu de citerne de plus de quarante-cinq mille (45 000) litres d'essence qui circule et de sauver les populations insouciantes du danger qui viennent récupérer le « précieux liquide».
Il y a eu plusieurs situations de citernes renversées maitrisées in extremis à Niamey. Par exemple, celui survenu au croisement de l'Avenue de la Grande Prière avec le Boulevard Mali Béro, le 3 juin 2013, n'a pas fait de pertes en vie humaine, alors que la citerne contenait du Gasoil et de l'essence. Les pompiers de Niamey étaient impuissants, face aux badauds qui venaient se servir, jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre. Les pompiers ont pu refroidir la citerne et empêcher l'incendie. Ces accidents peuvent se produire, dans toutes les villes traversées sur les axes, à partir de la SORAZ et provoquer des pertes en vies humaines si des mesures de prévention, de préparation et d'interventions, efficientes ne sont pas prises.

Quelles sont les dispositions à prendre lorsque des accidents de cette nature se produisent en agglomération et quelles sont les mesures de sécurité relatives au transport des hydrocarbures ?
Les dispositions à prendre doivent être compatibles aux mesures de sécurité relatives au transport des hydrocarbures qui n'échapperont pas à la traditionnelle approche visant les trois facteurs fondamentaux en matière de sécurité routière que sont le conducteur, le véhicule et l'environnement. En effet, outre les règles élémentaires de sécurité applicables à tout conducteur d'un véhicule automobile, celui d'un camion-citerne doit avoir la formation conséquente, sur la gestion de son camion et du chargement. Il doit avoir la capacité de prise en charge de tout incident ou début d'incendie. Un module sécurité incendie pourrait être enseigné à tout conducteur de camion-citerne et à son apprenti. Ce module ferait l'objet d'un certificat sanctionnant un examen pratique. Ce certificat doit faire l'objet de contrôle avant chaque chargement de produit à la raffinerie et sur le trajet par les forces de l'ordre. En ce qui concerne le parc de camions citernes, la sécurité routière pourrait prendre des mesures visant au rajeunissement prescrivant une visite technique spécifique (épreuves des cuves). Aussi, la conception locale de citernes nécessite une réglementation. Quant à l'environnement autoroutier, il nécessiterait la mise d'un accent particulier sur l'aménagement de parkings de stationnement équipés expressément notamment, d'espaces de repos et dédiés aux citernes en dehors des agglomérations. Certaines zones et localités traversées nécessitent une prise en compte particulière qui pourrait se matérialiser par une vaste campagne de sensibilisation quant aux risques d'incendie en cas de récupération de carburant par la population suite à un accident. Mais aussi la création de centres de secours supplémentaires. L'ultime solution aux risques liés au transport des hydrocarbures serait un investissement, bien sûr couteux mais très rentable ; c'est la conception d'un pipe-line reliant la SORAZ et les principaux dépôts pétroliers, notamment celui de SOREY.

Quelles sont les mesures de sécurité communes au transport et à la distribution des hydrocarbures ?
Les mesures de sécurité communes au transport et à la distribution ont pour but la prévention des risques liés aux hydrocarbures et aux interventions en cas d'incendie et autres accidents. Elles visent tout d'abord à la sensibilisation des populations et des autorités locales sur les risques. Elles concourent aussi à l'acquisition et à la mise à disposition des équipements de lutte contre les feux des hydrocarbures et d'autres moyens matériels au profit des forces de l'ordre. Des Exercices de simulation pourraient être organisés en milieu urbain sous la direction des autorités locales. Ces simulations permettraient la participation des acteurs tels que les sapeurs-pompiers locaux, les hôpitaux, la société civile, les medias, la chefferie traditionnelle, les forces de l'ordre, les syndicats des transporteurs, les cadres de la SONIDEP, des ministères du transport et du pétrole etc....La distribution doit mettre l'accent sur le renforcement et la mise en œuvre du dispositif réglementaire, en place depuis plusieurs décennies. La promotion des stations-services participe de la lutte contre la prolifération des points de vente frauduleux, qui constituent une source de risque d'incendie.
De nos jours, les inquiétudes sont plus particulièrement pertinentes, dans le domaine du transport, qui connait un essor particulier. L'enjeu est de taille, car il s'agit d'approvisionner plusieurs pays voisins, sur une distance longue de 1000 km ; de la SORAZ à la frontière avec le Burkina Faso en toute sécurité. L'inquiétude est d'autant plus grande que les moyens humains et matériels dédiés à ce transport sont moins performants. Aussi les populations exposées ne sont pas suffisamment averties sur les risques. De même que les structures de gestion des risques n'ont pas fini la nécessaire adaptation à cette nouvelle situation. Ainsi, au-delà de la sensibilisation des populations, la situation nécessite d'une part, la mise en œuvre des mesures de sécurité liées au transport et à la distribution et d'autre part des mesures de prévention, de préparation et d'intervention le cas échéant.

Réalisée par Oumarou Moussa(onep)
24/05/19



inviteMonsieur le Secrétaire Permanent du MAEP, le Conseil des Ministres du lundi 29 avril 2019 a entendu une communication du Ministre, Directeur de Cabinet du Président de la République relative au lancement de l'auto-évaluation du Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs (MAEP). Pouvez-vous nous édifier sur l'importance pour notre pays d'entrer dans la phase de lancement de l'auto-évaluation du MAEP ?
Je voudrais sincèrement vous remercier pour l'opportunité que vous m'offrez de parler du Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs communément appelé le MAEP. Avant de répondre à votre question, je pense que quelques rappels s'imposent. Il faut dire qu'à la fin des années 90, et au début des années 2000, la situation du continent africain en terme de développement a conduit les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA à adopter ce qu'on appelle aujourd'hui le Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs pour faire face à certains défis auxquels est confronté le continent africain. De quoi s'agit-il et pourquoi ce mécanisme ? L'évaluation est quelque chose de courant à l'échelle des pays et des régions; la preuve tous nos pays font l'objet d'évaluation de la part de la plupart des institutions internationales telles que le FMI ou la Banque Mondiale. Donc l'évaluation en tant que telle, ce n'est pas du nouveau. Mais ici, ce sont les Chefs d'Etat et de gouvernement africains qui ont décidé que les africains procèdent à des évaluations eux-mêmes. Ces évaluations doivent permettre de mettre en place des politiques publiques, des normes et des critères en parfaite adéquation avec ce qu'on appelle aujourd'hui la gouvernance politique, la gouvernance démocratique, la gouvernance économique et la gouvernance d'entreprise. En fait il s'agit de prendre en charge la problématique de la gouvernance du pays. La deuxième chose qu'il faut rappeler, est que le MAEP est un instrument, c'est un mécanisme qui a été créé par les africains pour les africains. C'est un outil conçu par les africains pour les africains. Troisièmement, il faut noter que l'adhésion au MAEP par les Etats membres de l'UA est volontaire. Elle est libre. Aucun Etat membre de l'UA n'est obligé d'adhérer au MAEP. Et en l'occurrence il faut dire que le Président de la République du Niger a fait adhérer le Niger au MAEP en 2012. Seul le Président de la République du pays en question peut prendre la responsabilité de dire que son pays adhère au MAEP. C'est ce qu'a fait le Président de la République du Niger en 2012. Le 23 janvier 2018, le Niger a signé le protocole d'accord avec le MAEP continental et c'est à partir de ce moment que l'on peut considérer le point de départ du processus d'évaluation du Niger dans le cadre du MAEP. On peut également considérer que le 29 avril 2019 consacre le début de l'auto évaluation du Niger dans le cadre du MAEP, puisque si vous vous rappelez le 29 avril 2019, le Ministre Directeur de Cabinet du Président de la République, lors du Conseil des Ministres, a fait une communication relative au lancement du processus du MAEP au Niger et sa phase d'auto- évaluation. Quand on parle de MAEP, il faut distinguer deux phases. La phase d'auto-évaluation, et la phase d'évaluation à proprement parler. La phase d'auto évaluation est une affaire nationale. Alors que l'évaluation est externe, elle est faite par des Experts africains. En réalité l'évaluation d'un pays est tributaire du résultat de l'auto évaluation du pays. Cela veut dire que l'évaluation qui sera faite par le panel d'Experts qui va être envoyé au Niger par le MAEP continental, repose sur le résultat de l'évaluation faite par les Nigériens. C'est de dire selon vous ou selon moi, ceci marche au Niger, ceci ne marche pas au Niger, en disant quelles sont les sources, et quelles sont les causes. Il ne s'agit pas de dire juste que ça ne marche pas. Mais il faut dire quelle solution vous proposez. L'idée de base c'est de permettre aux citoyens de dire ce qui marche et ce qui ne marche pas dans leur pays.

Le MAEP, on le sait, mise sur le partage et la diffusion des meilleures pratiques, mais également la rectification des déficiences en matière de gouvernance et de développement socio-économique dans les Etats membres de l'Union Africaine. Quelles sont les motivations qui sous-tendent l'adhésion du Niger à ce Mécanisme ?
Dans le cadre du MAEP, chaque pays est évalué conformément aux valeurs contenues dans la déclaration de l'UA, sur la gouvernance démocratique, sur la gouvernance politique, sur la gouvernance économique et sur la gouvernance d'entreprise. Parce qu'au fond, le MAEP est là pour répondre au défi du développement du continent africain, et au défi de l'intégration. Il s'agit fondamentalement d'améliorer le bien –être des populations africaines. L'évaluation doit être faite conformément à ces valeurs. Le MAEP a des principes, qui sont l'appropriation nationale et le leadership ; ça veut dire que vous et moi, nous sommes tous des citoyens d'un même pays, et nous sommes tous responsables. Et nous devons tous nous impliquer ; car ce n'est pas l'affaire d'un gouvernement, d'un ministre ou du Président de la République. Le cadre du MAEP est un cadre de dialogue, et d'analyse. Et tout ce qui n'est pas consensuel n'est pas accepté par le MAEP. Toute approche, ou toute observation qui est jugement de valeur ou partisane n'est pas acceptée par le MAEP. Dans la première phase, tous les Nigériens, où qu'ils se trouvent, et quelque soit leur confession religieuse, quelque soit leur niveau de vie, et quelque soit leurs lieux d'habitation, quelque soit leur métier, ou qu'ils soient chômeurs, ils seront au courant du processus MAEP au Niger. Chacun aura la liberté de dire ce qu'il pense. Mais il faut justifier pourquoi vous le dites. Le processus doit être participatif et inclusif. Aucun citoyen, aucun acteur ne doit être laissé sur la route. Chacun doit pouvoir s'exprimer, et c'est à lui de fonder ce qu'il dit. Le MAEP fait appel aussi aux Instituts Techniques de Recherches (ITR) pour collecter les données, les traiter et faire des analyses ; il faut des spécialistes. Et on exige que le processus soit crédible. Il faut qu'il soit transparent. Il n'ya rien à cacher car il ne s'agit pas de juger quelqu'un. L'originalité du MAEP est que c'est un cadre de dialogue et d'analyse qui permet aux citoyens d'un pays de réfléchir sur les problèmes de leur pays, sur ce qui marche dans leur pays, et sur ce qui ne marche pas. A l'issue de cela, c'est de dresser le bilan de la situation du pays, et de se dire qu'est-ce que nous allons faire pour pouvoir résoudre nos problèmes.

Quelles sont les principales thématiques privilégiées par le système d'évaluation du Mécanisme Africain d'Evaluation par les Pairs ?
Quatre piliers constituent l'essence du MAEP. D'abord c'est la gouvernance démocratique et politique, la gouvernance et la gestion économique, la gouvernance d'entreprise et le développement socio économique, référence faite au développement durable. Ce sont les quatre dimensions du MAEP qui renvoient à la gouvernance. Donc c'est sur ces facteurs qu'il faut agir pour faire sortir nos pays de cette situation de sous développement.

Pouvez-vous nous édifier par rapport au processus de l'auto-évaluation tel que conçu à travers le MAEP, notamment à travers ses différentes étapes ?
Nous sommes aujourd'hui dans la phase d'auto évaluation du Niger. Cette phase peut être scindée en plusieurs étapes. Dans cette phase, il ya ce qu'on appelle la sensibilisation et l'information. Bientôt, on va vous convoquer, et vous allez voir d'une manière ou d'une autre, vous serez tous au courant. Les cibles primaires, les citoyens, les médias, les cibles secondaires, les paysans, les éleveurs, les ruraux, chaque nigérien où qu'il se trouve sera au courant que le processus MAEP a été déclenché au Niger. C'est la première phase, et elle est critique et capitale pour la réussite. La stratégie de communication est très importante. C'est fondamental. Chaque citoyen doit être informé. Cela revient à la question de l'appropriation nationale. On ne peut pas envisager le processus MAEP si les Nigériens ne sont pas au courant. Quelque soit notre position il faut que nous soyons au courant. Après la phase de sensibilisation, nous rentrons dans les étapes techniques. Il ya ce qu'on appelle le questionnaire MAEP qui est un référentiel. Chaque pays doit adapter son questionnaire MAEP à ses propres spécificités et donc à ses réalités nationales. Il faut aussi recruter les ITR, et même les former ; former les enquêteurs. On considère que c'est la deuxième étape du processus d'auto évaluation. Après vient la phase de collecte des données, la recherche documentaire et la collecte des données par voie d'enquête. La quatrième phase est ce qu'on appelle la phase de rédaction des rapports thématiques. Chaque thématique va faire l'objet d'un rapport d'auto évaluation pour le Niger. Et enfin il y aura un rapport de consolidation, qu'on appelle rapport général d'auto évaluation du Niger. Après avoir rédigé ces rapports thématiques et le rapport général d'auto évaluation il faut aller vers les Nigériens pour qu'on leur dise : est-ce que ce qu'on a dit est d'eux? Est-ce que c'est ce qu'ils ont dit ? Est-ce qu'on n'a pas tronqué, dénaturé, ou pervertit leurs idées. Il doit y avoir des ateliers, même au niveau communal, au niveau des départements, au niveau des régions, et un atelier national pour que les Nigériens s'assurent que ce qu'ils ont dit c'est ce qui est transcrit dans le rapport. C'est la fin de la phase d'auto évaluation du Niger. C'est ce document qui est transmis au Secrétariat continental du MAEP, lequel va saisir un panel d'Experts africains qui, sur la base de ce document va faire une revue pays. Et c'est là qu'on va rentrer dans la phase d'évaluation du Niger. Une fois que les Experts sont désignés, ils vont prendre ce document, ils vont l'étudier, et ils vont venir faire une mission de trois à quatre semaines au Niger pour vérifier si réellement ce rapport d'auto évaluation reflète la situation du Niger ; est-ce qu'il reflète ce que les Nigériens ont dit ?. La question de la crédibilité et de l'intégrité va être vérifiée. A la fin, les Experts vont faire leur rapport qu'ils transmettent au Président de la République du Niger. Le gouvernement du Niger fait ses propres observations qui sont annexées au document. Nous souhaitons que le Président de la République du Niger puisse présenter le rapport du Niger en janvier 2020 au Forum des Chefs d'Etat membres du MAEP.

L'adoption du système d'auto-évaluation par le MAEP, peut-elle permettre de résorber certaines insuffisances constatées dans l'évaluation des pays, comme c'est le cas avec le Rapport sur l'IDH et autres modes d'évaluations ?
L'intérêt du MAEP est de renforcer ce qui est positif et pour tous les problèmes qui ont été identifiés on doit élaborer un plan national d'action pour corriger les déficiences constatées et observées. Et tous les deux ans dans le cadre de l'évaluation périodique, le Niger est évalué pour savoir par rapport aux problèmes qui ont été identifiés si les Nigériens ont mis des
solutions et qu'est-ce que cela a donné ?. Le MAEP permet d'échanger les expériences, les pratiques entre les pays africains. C'est un exercice dans lequel il faut être sérieux.

Réalisée par Assane Soumana et Oumarou Moussa(onep)
17/05/19


inviteLa convention Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) de 2003 propose aux Etats parties un modèle de fiches standards pour enregistrer et classer leur PCI. Ce modèle a pris en compte cinq (5) champs, notamment les traditions et expressions orales, y compris la langue comme vecteur de Patrimoine Culturel Immatériel, les arts des spectacles, les pratiques sociales, rituelles et évènements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l'univers et le savoir-faire lié à l'artisanat traditionnel. M. Haladou Mamane, Coordonnateur du Projet Patrimoine Culturel Immatériel (PCI), nous explique dans cet entretien que le Niger, à l'instar des autres pays, est en train de scruter d'autres répertoires. Selon lui, le Patrimoine Culturel Immatériel (PCI), au-delà de sa fonction sociale et culturelle, peut être aussi un outil de développement.
Monsieur le Coordonnateur, pouvez-vous nous présenter brièvement le Projet de sauvegarde du PCI, notamment son cadre stratégique ?
C'est un projet qui est né au terme d'une convention signée par le ministre en charge de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale le 12 juillet 2018. Ce projet a comme activités principales la sauvegarde du patrimoine culturel dans des contextes d'urgence et pour une résilience des populations déplacées avec Diffa et Tillabéry comme phase pilote et comme actions déjà annoncée, une carte stratégique en cinq ou six points. La première phase est terminée. Elle a porté d'abord sur l'installation du projet qui a également un certain nombre de missions de sensibilisation et de mise en place des structures, des organes qui représentent le projet à l'intérieur du pays. Pour ce faire, nous avons pensé à des hommes qui peuvent faire des missions de sensibilisation, ce qui nous a amené à aller à Abala dans la région de Tillabéry et vers Ayorou dans cette même région. Au-delà de cette mission de sensibilisation, nous avons mis en place un certain nombre de structures notamment un comité départemental à Ayorou, où vous avez un camp de réfugiés qui compte dix (10) mille réfugiés. Ce comité départemental est composé de structures telles que la société civile, les structures féminines, les jeunes, la chefferie traditionnelle, la mairie, les représentants même du camp de réfugiés. Bref, tous les partenaires de la vie sociale sont présents dans ce comité. Idem à Abala qui dispose d'un centre de déplacés où, en plus du comité départemental, nous avions pensé à mettre en place une équipe d'inventaires. Qui dit ''patrimoine culturel dit inventaire différent du recensement. Le recensement c'est à titre indicatif avec toutes les coordonnées, les détails techniques. A Ayorou, il y a une équipe de seize (16) jeunes et une autre de seize (16) jeunes au niveau d'Abala qui vont nous épauler lorsque la phase active du projet va commencer. Ils vont aider l'équipe à formuler des inventaires participatifs pour connaitre en fait la valeur de ce patrimoine culturel immatériel pour en faire un outil de résilience.

Parlez-nous concrètement de ce projet PCI et de ses principaux champs d'application.
Après la phase de Tillabéry, nous avons aussi pensé aller dans la région de Diffa où nous avons pris Diffa et Goudoumaria pour mettre en place les mêmes structures, c'est-à-dire dans la proportion de seize (16) jeunes pour l'équipe d'inventaire à Goudoumaria, seize (16) jeunes dans la région même de Diffa mais aussi prendre dans la même proportion les huit (8) membres dans les antennes, c'est-à-dire l'antenne départementale qui va avoir les huit membres composés des structures sociales, de la société civile, les conseils, la mairie, les jeunes pour que l'affaire du projet soit une affaire de tout le monde ; un appui qui s'étend à tous les niveaux pour une bonne maitrise de ce qu'on va faire comme travail dans un cadre vraiment d'utilité pour qu'à la fin du projet, on arrive au moins à maitriser, à imposer ou à montrer en fait qu'on peut faire du patrimoine culturel immatériel un outil de résilience pour ces déplacés.
Les cinq champs tels que proposés par la convention de 2003, c'est un canevas qu'on donne à tous ces pays, mais chaque pays est libre de scruter sur d'autres répertoires comme la Chine qui, au lieu de cinq champs opératoires au niveau du répertoire du PCI, est parti jusqu'à dix champs opératoires, tel que par exemple le Kung Fu.

Monsieur le coordonnateur, pourquoi vous avez porté votre choix sur les deux régions de Diffa et Tillabéry comme étant des zones phases pilotes sur les huit (8) régions de notre pays ?
Le choix porté sur ces régions n'est pas fortuit. Tous les nigériens, savent que ces deux régions ciblées sont dans une situation d'insécurité depuis 2012. Nous nous sommes dit que si nous voudrons faire de la résilience de la population à travers les PCI, il faut prendre ces deux régions qui vivent ce spectre de conflit armé. Pendant cette phase pilote nous voulons démontrer qu'à travers le PCI, on peut aussi faire un outil de sauvegarde mais aussi un moyen de résilience; c'est vraiment une phase pilote.

Parlez-nous de la convention 2003 sur le PCI, notamment de sa mise en œuvre et des progrès enregistrés par le Niger dans ce sens.
Les Etats parties doivent s'inspirer de cette convention pour sauvegarder et promouvoir leur Patrimoine Culturel Immatériel (PCI). Toutefois, il faut reconnaitre que l'efficacité d'une convention quelle que soit sa rédaction ou sa teneur dépend aussi de l'application que les Etats en font dans leur territoire respectif. C'est donc dans cet esprit que notre pays l'a ratifiée en 2006 et que le Ministère a entrepris un vaste programme d'identification, de collecte et l'élaboration d'inventaires pour un classement national afin de promouvoir les éléments du PCI sur l'ensemble de notre pays.
La convention 2003 ou la convention du PCI sont similaires. PCI est une convention qui a été adoptée à Paris le 17 octobre 2003 lors de la 13ème session de l'assemblée générale de l'UNESCO. Notre pays y a adhéré depuis cette date d'adoption ; mais c'est une convention qui était en vigueur seulement en 2006 et depuis notre pays s'est attelé résolument à toutes les actions, parce que c'est vrai, il faut adhérer à une convention internationale mais cela n'est pas la question, quelle que soit l'efficacité de cette convention internationale, si au niveau national, il n'y a pas d'activités qui suivent, c'est vraiment du vent qui souffle. Notre pays est vraiment reconnu et il est à saluer dans ce domaine pour sa pertinence de faire d'abord une affaire de droit national. Pour respecter cette convention de l'UNESCO, il faut dire déjà, qu'au point de mise en œuvre, il y a un satisfecit. Comme d'autres pays, en 2013, notre pays a soumis une double candidature conjointe : ce sont deux (2) multinationales avec l'Algérie, le Mali autour de la pratique liée à l'utilisation de l'Inzad qui est un instrument de musique féminin chez les Touaregs. Donc à compter de ce jour, cet instrument n'est pas seulement un patrimoine du Niger, c'est un patrimoine qui est partagé entre le Niger, l'Algérie et le Mali et c'est une bonne chose. Ce ne sont pas tous les pays africains qui ont ce point fort. Egalement, on peut parler de la parenté à plaisanterie qui est aussi classée sur la liste du patrimoine culturel immatériel en 2014, et là je crois que c'est une très bonne chose pour notre pays et nous n'allons pas nous arrêter à partir de là et on va continuer encore puisque notre pays regorge de multitudes de villes qu'il faut inscrire sur la liste nationale mais aussi proposer des candidatures au niveau de l'UNESCO suivant en fait les critères qui seront soumis. Le Ministère a pu montrer qu'on peut faire du PCI un moyen ou outil de résilience des populations déplacées face à une situation de précarité résultante qui sévit dans ces deux zones.

Monsieur le coordonnateur, quels sont les programmes qui seront élaborés une fois cette phase pilote réussie ?
Pour toute phase pilote réussie, ça indique déjà un résultat qui est là et je crois que cette programmation une fois la phase pilote terminée c'est de passer à d'autres régions. Je me dis au niveau du Ministère de la Renaissance Culturelle, que nous avions déjà été instruits par les plus hauts responsables de ce pays pour faire un inventaire de tous les proverbes et de toutes les bonnes paroles. Tout ce qui est bonne pratique au point de vue traditionnel peut être enregistré comme patrimoine culturel. Si vous prenez par exemple les proverbes en langues dans la région de Dosso, nous avons dressé un inventaire déjà de proverbes. Là, ce sont des actions aussi concrètes déjà qui ont commencé et l'issue heureuse de la phase pilote ne fera que renforcer cela.

Quel appel avez-vous à lancer aux pouvoirs publics, à des institutions publiques ou privées chargées de l'enseignement et de la recherche pour une bonne collaboration avec le projet ?
Pour toutes les sociétés, les actions ne sont pas seulement pour l'Etat ; l'Etat, c'est une continuité. On a beau ouvrir un projet, tant qu'il n'y a pas l'engouement de la société, c'est juste un jeu d'enfant. L'appel que je dois d'abord lancer au niveau des autorités, c'est de nous appuyer pour que ce projet de sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel dans le contexte national pour une résilience de la population déplacée avec Diffa et Tillabéry comme phase pilote ; c'est vrai, c'est un projet qui cible plusieurs structures de l'Etat. Il faut que ce projet ne soit pas une seule activité de notre ministère ; c'est d'impliquer le Ministère de la Population, le Ministère chargé de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche pour qu'au niveau de leur programmation, on fasse du PCI comme des sujets de recherches pour les étudiants. Si vous prenez une intronisation des Chefs, c'est un PCI ; le Gossi, c'est un PCI ; donc, il faut prendre tous ces secteurs clés précis pour que chacun dans son contexte social puisse s'exprimer librement. Quand les étrangers viennent chez nous, ils ne sont pas en manque d'exotisme ; ils sont là pour découvrir notre culture, pour découvrir notre tradition. L'appel que je lance pour que le PCI ne soit pas une affaire des pays développés mais une affaire de tout le monde, pour qu'on soit respecté dans ce qu'on est en train de faire et dans ce qu'on veut devenir parce que la culture, comme l'a dit Senghor, c'est tout ce qui va rester quand on aura tout perdu ; donc, il faut épauler, il faut montrer que c'est un projet de société et qui doit intéresser tout le monde.

Réalisée par Aïssa Abdoulaye Alfary(onep)
10/05/19


InvitMonsieur le Président, voilà un an que vous êtes à la tête du Conseil Supérieur de la Communication (CSC). Pouvez-vous nous donner un aperçu sur les principales actions que vous avez entreprises durant cette année ?
Il est très tôt pour tirer un bilan, mais nous pouvons tout de même relater quelques actions qui ont été engagées depuis lors. Je voudrais d'abord préciser que la nouvelle équipe du Conseil supérieur de la communication a pris fonction dans un contexte de rareté de ressources financières de l'Etat. Cette contrainte a été aggravée par l'inexistence de ressources complémentaires en provenance des partenaires en raison de la fin de tous les projets mis en œuvre par le CSC. En dépit de cette situation, la nouvelle équipe s'est vite engagée dans sa mission, grâce à un appui exceptionnel de S.E.M le Président de la République qui a été attentif et compréhensif face à nos difficultés. Je profite de cette occasion pour remercier encore une fois le Chef de l'Etat pour cette bienveillance à l'endroit du CSC.
Dès notre prise de fonction, nous avons poursuivi l'adoption des textes réglementaires, notamment des délibérations pour se conformer aux modifications liées à la nouvelle loi portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Communication, ainsi que celles liées à l'adoption de la nouvelle loi sur la communication audiovisuelle.
C'est ainsi qu'une dizaine de délibérations ont été examinées et adoptés portant notamment sur le règlement intérieur et le règlement administratif, les montants des redevances et des autres frais connexes pour l'exploitation d'un service de radiodiffusion ou de télévision national et international, les modalités de la saisine d'office et la procédure de traitement des plaintes et recours soumis au CSC, les conditions d'attribution, d'annulation et de retrait de la carte de presse de journaliste professionnel, les conditions d'éligibilité au fonds d'aide à la presse et les modalités de son attribution, etc.
Par ailleurs, le CSC a mis en place un groupe de travail qui a élaboré un avant-projet de loi portant principes fondamentaux de la liberté de la presse. C'est le lieu ici de rappeler que plusieurs autres textes importants sur la communication ont été élaborés par le CSC et proposé au gouvernement pour adoption depuis bientôt trois ou quatre ans.
De son installation en avril 2018 à la date d'aujourd'hui, le Conseil a régulièrement tenu ses sessions mensuelles. Au total, ce sont 13 sessions ordinaires et deux (2) sessions extraordinaires qui ont été tenues pour discuter sur plusieurs questions relatives à la régulation de la communication au Niger.
En outre, il faut noter que le CSC a élaboré trois (3) propositions d'avant-projets de textes et émis quatre (4) avis sur des projets de textes soumis par le gouvernement. Cette activité a été faite en application de l'article 9 de la loi sur la composition, l'organisation, les attributions et le fonctionnement du CSC et les textes modificatifs subséquents qui disposent que « le Conseil Supérieur de la Communication peut formuler à l'attention des pouvoirs exécutifs et législatifs, des propositions, des avis et des recommandations sur les questions relevant de sa compétence ».
Le Conseil Supérieur de la Communication délibère sur toutes les questions intéressant la communication, notamment la qualité des activités des médias des secteurs public et privé de la communication. Le Conseil Supérieur de la Communication est consulté par les pouvoirs exécutif et législatif avant toute prise de décision dans les matières relevant de sa compétence, en particulier les textes relatifs au secteur de la communication ».
Parmi les avis émis par le CSC sur saisine du gouvernement, on peut noter entre autre, l'avis sur le projet de décret portant approbation des statuts de l'Etablissement public à caractère administratif dénommé «Agence Nigérienne de Diffusion» (AND), l'avis sur le projet de loi modifiant et complétant la loi n°2012-34 du 07 juin 2012 portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du CSC, l'avis d'accréditation des journalistes étrangers...etc.
Sur le plan de la délivrance des autorisations de création, d'installation et d'exploitation d'un service de communication audiovisuelle, le CSC a accordé un total de 25 autorisations de création de radios dont 13 radios privées et 12 radios communautaires. Le Conseil a en outre accordé des cartes de journalistes professionnels à une centaine de journalistes de la presse publique et privée.
Une autre activité du CSC qu'il faut également relever, c'est le traitement des plaintes et saisines d'office par rapport aux manquements observés sur le plan de l'éthique et de la déontologie. Car, comme vous le savez, de par les textes, le CSC reçoit et statue sur les plaintes et recours qui lui sont soumis. Il prend les sanctions appropriées aux manquements à l'éthique et à la déontologie par les journalistes professionnels après avis de la Commission compétente saisie au fond. A ce titre, il peut être saisi par toute personne ou structure, d'une plainte pour non-respect de la déontologie. Il peut également se saisir d'office. Aussi, par rapport à cette question, le CSC a statué sur une vingtaine de plaintes et saisines d'office.
Le fait marquant des activités du nouveau CSC concerne surtout la répartition du Fonds d'aide à la presse au titre des années 2016 et 2017. Depuis 2015 en effet, ce fonds n'a pas été réparti à la presse pour plusieurs raisons dont la principale est liée à l'indisponibilité des fonds à cet effet. Pour les deux années (2016-2017), le CSC a réceptionné 75 dossiers pour une enveloppe globale à distribuer de 290.500.000 FCFA (88.000.000 pour l'année 2016 et 202.500.000 FCFA au titre de l'année 2017).
Pour aller dans le détail, et s'agissant de l'année 2016, 35 dossiers ont été réceptionnés dont dix-huit (18) dossiers de journaux, huit (8) dossiers de radios et neuf (9) de télévisions. Un montant de 88 millions a été réparti dont 24 millions pour la presse écrite, 24 millions pour les radios, et 40 millions pour les télévisions.
Pour le compte de l'année 2017, 40 dossiers ont été réceptionnés parmi lesquels vingt-deux (22) dossiers de journaux, neuf (9) dossiers de radios, et neuf (9) dossiers de télévisions. Un montant de 202 millions 500 milles a été réparti aux différents organes de presse, dont 42 millions 500 000 pour les journaux, 60 millions pour les radios et 100 millions pour les télévisions.
Sur le plan de renforcement des capacités, le nouveau Conseil a effectué trois activités, dont un atelier de formation de ses membres sur « la gestion du pluralisme hors période électorale », un séminaire de formation de ces mêmes membres sur la Télévision Numérique Terrestre (TNT).
Un effort important a également été fait dans le domaine de l'information et de la sensibilisation des partenaires (médias, organisation de la société civile) sur les nouveaux textes de la communication au Niger à travers une tournée à l'intérieur du pays, notamment dans les régions de Dosso, Zinder et Tahoua. Au cours de cette mission des journées d'échanges ont été organisées ayant regroupé environ 140 journalistes, agents des forces de défense et de sécurité et acteurs de la société civile.
L'on notera que, malgré ses difficultés financières, le CSC a fait des efforts pour être présent dans différentes rencontres des instances internationales de régulation de la communication dont il est membre. Je peux citer par exemple, le Réseau des instances africaines de régulation de la communication (RIARC), la Plateforme des Régulateurs de l'Audiovisuel des pays membres de l'UEMOA, le réseau des régulateurs des pays francophones (REFRAM)...
Il y a un an, juste à votre prise de fonction, vous déclariez que pour réussir votre mission, vous entendez mettre en place un véritable cadre d'échange et de concertation entre tous les acteurs de l'information et de la communication, où en sommes-nous par rapport à cette question ?
Depuis notre installation, nous nous sommes d'abord attelés à produire suffisamment de textes règlementaires qui manquaient dans l'arsenal de régulation de la communication. Dans la foulée, il nous fallait nous adapter aux nouvelles lois sur la composition, organisation et fonctionnent du CSC, la nouvelle loi sur la communication audiovisuelle, prenant en compte la TNT.
Pour répondre précisément à votre question, je rappelle que nous avions effectué une mission à l'intérieur du pays pour rencontrer et discuter avec les acteurs médias sur le CSC et les nouveaux textes qui régissent la communication au Niger. Nous allons poursuivre ces rencontres, que nous souhaitons être périodiques avec les acteurs concernés, notamment les promoteurs des organes de presse et les journalistes.
Monsieur le Président, la convention collective, impatiemment attendue par les hommes de médias, reste toujours comme un mirage. Peut-on espérer une avancée durant votre mandat ?
Par rapport à cette question, il faut rappeler que le CSC a mis en place un Conseil de publicité qui est présentement en train de réfléchir sur les modalités de l'accès de la presse privée au marché publicitaire en général et , en particulier de celui de l'Etat et de ses démembrements. Puisque une des conditions de la signature de la convention posée par les promoteurs c'est l'accès au marché publicitaire. Il faut rappeler que le CSC n'est pas le seul acteur pour accélérer la signature de la convention collective. Il y'a le gouvernement et les promoteurs des médias privés. Donc, nous devons travailler ensemble et conjuguer tous nos efforts dans ce sens.
Après avoir occupé la 43ème place sur les 180 pays classés par le rapport de Reporters Sans Frontière (RSF) en 2013, le Niger se retrouve à la 66ème place en 2019. Ainsi, en cinq (5) ans, notre pays a reculé de vingt-trois (23) points et de trois (3) points de 2018 à 2019. En tant que président du CSC, que vous inspire ce recule et ce classement 2019 du Niger, par le RSF ?
Je dois d'abord vous rappeler qu'au Niger la liberté a été souverainement érigée en liberté constitutionnelle à l'occasion de la conférence nationale de juillet 1991. Aussi, la Conférence Nationale souveraine a mis en place une autorité administrative indépendante Constitutionnelle chargée d'assurer la régulation des médias. Depuis, du chemin a été parcouru, puisque nous avons un des paysages médiatiques le plus dynamique de la sous-région (plusieurs radios, TV et journaux privés actifs).
Nous avons un texte qui dépénalise les délits de presse, alors que certains pays de la sous-région n'en disposent pas. Il y a aussi et surtout la Déclaration de la Table de la Montagne dont le Président de la République du Niger, S.E.M Issoufou Mahamadou, était le premier chef d'Etat en exercice à la signer. RSF a trouvé que tous ces acquis juridiques et institutionnels du Niger en matière de garantie de la liberté de la presse sont insuffisants. Elle a ses critères que je trouve personnellement discutables. La situation de la liberté de la presse est un processus dynamique au Niger, nous devons plutôt nous concentrer sur les voies et moyens pour renforcer ce processus, sans précipitation et sans aucune pression.
Lors de l'ouverture de la session ordinaire du CSC du mois d'avril 2019, vous avez annoncé, dans l'ordre du jour, l'examen et l'adoption du projet de délibération sur l'accès équitable de la presse privée au marché publicitaire. Qu'entendez-vous par accès de la presse privée au marché publicitaire et que comptez-vous concrètement y faire le CSC?
L'accès de la presse au marché publicitaire est une exigence de la loi n° 2018-23 du 27 avril 2018 portant sur la communication audiovisuelle et du décret n° 2017-52/PRN/MC du 25 janvier 2017, régissant la publicité par voie de presse.
Le premier texte dispose, en son article 8, que « Les services d'édition de communication audiovisuelle, publics, privés, associatifs et communautaires, ont accès au marché publicitaire dans des conditions définies par une délibération du Conseil Supérieur de la Communication », et le second crée, à son article 26, auprès du Conseil Supérieur de la Communication, un organe consultatif dénommé « Conseil de Publicité», chargé , entre autres, de proposer au CSC les modalités d'accès de la presse au marché publicitaire de façon générale, et, de façon spécifique, de l'accès équitable et effectif de la presse privée au marché publicitaire de l'Etat et de ses démembrement. C'est en application des deux textes susvisés que ce projet de délibération dont vous faites allusion est inscrit à l'ordre du jour de la session du Conseil du mois d'avril 2018. Malheureusement ce projet de délibération est reporté pour la prochaine session du mois de mai pour mieux l'étudier. Le moment venu, le CSC va réfléchir sur les conditions et modalités d'accès de la presse publique, privée, associative et communautaire au marché publicitaire par voie de presse, quel que soit l'intervenant. C'est du reste une exigence des promoteurs des organes de presse avant la signature de la convention collective.
Enfin, monsieur le Président, en ce jour 3 mai, Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, quel appel avez-vous à l'endroit des hommes et femmes des médias nigériens ?
Je souhaite une bonne fête de la liberté de la presse à toutes et à tous les acteurs des médias au Niger. Je profite de cette occasion pour les inviter à plus de rigueur et de responsabilité dans leurs activités quotidiennes.

Propos recueillis par Mahamadou Diallo
(03/05/2019)


Invit-KADI-ABDOULAYE-MINISTRE-DE-L-EQUIPEMENTMonsieur le ministre, le Niger est engagé depuis quelques années dans une politique hardie d'équipement du pays en routes, ponts et échangeurs voire en travaux connexes : quel est le coût de ces investissements et surtout quel est leur impact sur les échanges nationaux et internationaux du Niger voire sur le bien-être des Nigériens ?
Durant les huit ans de mise en œuvre du Programme de la Renaissance Actes 1 et 2, d'importants investissements ont été réalisés par l'Etat et ses partenaires dans le cadre du développement des infrastructures de transport. Les principaux résultats enregistrés sont les suivants : la construction de 985,13 km de routes bitumées, la réhabilitation de 648,36 km de routes bitumées et la réalisation de 1.986,5 km de routes rurales. A cela s'ajoute la réalisation des grands ouvrages dont la construction de trois échangeurs (Mali Béro, Rond-point des Martyrs et Diori Hamani) ainsi que l'exécution en cours des travaux du 3ème pont sur le fleuve Niger à Niamey et du pont Farié. Il faut aussi noter la construction de la liaison ferroviaire Niamey-Dosso longue de 140 km. Dans le cadre de la modernisation des villes, des voiries urbaines ont été réalisées dans les grandes villes de notre pays.
Toutes ces infrastructures réalisées à grands frais contribuent à l'objectif stratégique de mon département ministériel qui est la poursuite du désenclavement interne et externe du pays ainsi que l'amélioration de la mobilité urbaine. Ces différentes réalisations ont permis d'augmenter significativement la taille du réseau routier national et d'améliorer certains indicateurs comme la densité routière, la disponibilité routière et l'indice d'accessibilité rural.

Qu'en est-il des travaux des routes Agadez-Tahoua et Agadez- Zinder ?
Les travaux de réhabilitation de la section Tahoua-Agadez ont été subdivisés en trois lots, à savoir le lot N°1 Tahoua-Tamaya long de 205 km qui n'a pas encore bénéficié de financement, le lot Nº2: Tamaya-Embranchement In Gall long de 85 km attribué à l'entreprise SIGMA2 et enfin le lot Nº3: Embranchement In Gall-Agadez long de 106 km attribué à l'entreprise MBC sous financement ORANO (anciennement AREVA).
Notons que l'exécution des travaux sur les lots 2 et 3 a connu des difficultés financières dues au non-paiement des entreprises et missions de contrôle, conduisant ainsi à l'arrêt complet des chantiers. Ce problème de paiement est dû essentiellement à la suspension du financement par AREVA pour des raisons liées à la non application de
certaines clauses de l'accord de partenariat stratégique (APS) conclues avec l'Etat du Niger d'une part et le problème du contentieux avec la société AFRICARD CO LTD, tranché par les tribunaux de Paris où les revenus du Niger auprès d'AREVA ont fait l'objet de saisine, d'autre part.
Cependant, avec la résolution des problèmes liés à la non application de certaines clauses de l'accord de partenariat stratégique (APS) et du contentieux avec la société AFRICARD CO LTD, l'Administration a négocié et obtenu le retour de ORANO (anciennement AREVA) pour la reprise du financement. Les entreprises ont été invitées à reprendre les travaux et vous pouvez le constater, la réhabilitation de section embranchement In Gall-Agadez a démarré depuis octobre 2018 et avance normalement et la deuxième est en cours de démarrage.
Quant à la route Agadez-Zinder, nous avons, dans le cadre du programme routier du Fonds Européen de Développement (FED), réhabilité la section Agadez-Tiguidit (62km) ; la section Zinder-Tanout (138 km) est en cours de réhabilitation. Nous sommes en négociation avec le FED et d'autres bailleurs de fonds pour le financement de la section Tanout-Takoukou-Silika-Pk 233 (90,76km).

Nonobstant l'organisation matérielle de la « fête tournante » du 18 décembre dans les chefs-lieux de région, est-ce que cette politique d'équipement tient compte du nécessaire aménagement du territoire national dans son ensemble par la desserte tous azimuts de toutes les régions car il est de notoriété publique que certains élus du peuple mettent parfois à mal la « carte routière » ou les tracés dument élaborés par les autorités compétentes ?
Les réalisations effectuées dans le cadre du Programme de la Renaissance ont concerné toutes les
régions du pays.

La réalisation de certains équipements est parfois tributaire de l'endettement du Niger ou du partenariat Public/Privé : quels en sont les risques et les avantages pour les « générations futures » ?
Plusieurs infrastructures ont été réalisées sur fonds propres de l'Etat (Echangeurs Mali Béro et Place des Martyrs, route Loga-Baleyara, route Moujia-Illéla- Badaguichiri; d'autres avec l'appui des partenaires soit sous forme de subventions (UE : Tsernaoua-Madaoua-Guidan Roumdji , Zinder-Guidimouni, Zinder-Magaria- Frontière Nigéria , Baleyara-Filingué, Agadez-Tiguidit, Zinder-Tanout (qui est en cours) ou sous forme de prêt.
D'autres réalisations sont faites dans le cadre de partenariat public privé. Toutes ces réalisations
doivent bénéficier aux générations actuelles et permettre le développement socio-économique de notre pays pour les générations actuelles et futures.
Je dois indiquer que l'Etat a une politique d'endettement responsable (avec l'appui d'institutions comme le FMI).

Monsieur le ministre, l'entretien ou la maintenance de nombre de ces équipements pose problème autant que la dégradation volontaire dont ils sont parfois l'objet lors d'accidents ou de manifestations sur la voie publique : que font les pouvoirs publics pour y remédier ?
Notre pays a adopté le 24 Mai 2018 la loi N° 2018-32 déterminant le patrimoine routier national et fixant les règles de sa protection. Le décret d'application de cette loi est en cours d'élaboration par mes services techniques. Il est prévu dans le cadre de ce dispositif des sanctions appropriées à l'encontre des usagers ou des riverains qui dégradent volontairement les infrastructures routières.

Monsieur le ministre, vous étiez récemment en visite officielle en République Algérienne Démocratique et Populaire où vous avez notamment participé au salon international des travaux publics et des Transport : où en sont les relations entre l'Algérie et le Niger surtout quant à la construction de la route transsaharienne ?
Le ministère de l'Equipement du Niger et son homologue algérien ont signé depuis 2010 un mémorandum d'entente. Dans ce cadre, Le laboratoire National des Travaux Publics et du Bâtiment (LNTP/B) et le Centre de Perfectionnement des Travaux Publics (CPTP) ont conclu des protocoles d'accord avec des partenaires algériens en vue des échanges techniques. Nos deux administrations ont aussi un cadre d'échanges : le Comité Technique Mixte qui se réunit annuellement au Niger ou en Algérie ainsi que le
Comité de liaison de la route transsaharienne (CLRT) qui regroupe six pays membres dont l'Algérie et le Niger.
Quant à la réalisation de la route transsaharienne, la section de Arlit-Assamaka-Frontière de l'Algérie (225 km) est en cours d'aménagement et de bitumage. Les travaux avancent normalement et devraient être réceptionnés d'ici la fin de l'année 2019 conformément au planning actualisé du groupement d'entreprises.

Enfin, le conseil des ministres avait décidé en fin 2018 d'ouvrir un cycle de formation aux métiers du rail au sein du centre de perfectionnement des travaux publics de Niamey : quels en sont, monsieur le ministre, les objectifs ?
Notre pays est engagé à la promotion de tous les modes de transport dont le transport ferroviaire. Avec le démarrage de la construction ferroviaire au Niger, il est apparu nécessaire de former les jeunes nigériens aux métiers du rail et ainsi développer progressivement une expertise nationale dans ce domaine.

Réalisé par Sani Soulé Manzo (ONEP)
(26/04/2019)


InvitMonsieur le directeur, pouvez vous nous dire dans quel contexte culturel a été créé le Centre Culturel Oumarou Ganda (CCOG) ?
A l'époque, l'Etat organisait des manifestations artistiques et culturelles, notamment le Festival National de la Jeunesse dans les départements [ndlr : les régions actuelles] pour créer un cadre d'épanouissement et de promotion du patrimoine culturel de proximité à la population en général et à la jeunesse en particulier. C'est dans ce cadre qu'à l'occasion de la 5ème édition du Festival National de la Jeunesse, il a été créé en avril 1980 un centre culturel dénommé « Complexe Socio Culturel » qui occupe un espace de 8 hectares. En Avril 1981, ce complexe fut officiellement baptisé Centre Culturel Oumarou Ganda (CCOG), en hommage à l'illustre cinéaste disparu au cours de cette même année. Par Décret N° 2011-123/PCSRD/MCNTI/C du 23 février 2011, les autorités érigent enfin le CCOG en Etablissement Public à caractère Administratif.

Quelle est la mission assignée au CCOG ?
Le Centre Culturel Oumarou Ganda est actuellement placé sous la tutelle du ministère de la Renaissance Culturelle, des Arts et de la Modernisation Sociale. A ce titre, il contribue significativement à la mise en œuvre de la politique culturelle nationale. Ainsi, le CCOG a pour mission de valoriser le patrimoine culturel et artistique national, de promouvoir la création artistique et culturelle, de promouvoir et contribuer à la formation professionnelle des jeunes, et de promouvoir la lecture publique, en particulier chez les jeunes. Il apporte aussi un appui technique aux acteurs culturels, favorise les rencontres, les échanges et la coopération culturelle, et accueille des activités de convivialité. Enfin, le CCOG produit et promeut toute activité susceptible de le rentabiliser, individuellement ou en partenariat avec les autres centres, les personnes morales ou physiques et les institutions nationales ou internationales.

Les plus anciens se souviennent encore des grands noms de la musique qui ont passé par ici ; on se souvient aussi des grands concerts qu'organisait le CCOG jusqu'au début des années 2000. Depuis lors, le centre semble rencontrer des difficultés ?

Il faut se dire que dans les années 80, année de création de ce centre, l'Etat organisait des manifestations artistiques et culturelles directement financées par lui-même. Donc, les centres culturels sont entièrement pris en charge par l'Etat. Vous conviendrez avec moi qu'il n'y a aucun problème de financement d'activité en cette période. Aujourd'hui, l'Etat a révisé sa politique d'intervention dans le domaine et conféré des statuts à ces Etablissements. Par conséquent, il leur revient de financer eux–mêmes leurs activités, l'Etat leur apportant toutefois une subvention d'équilibre.
Le CCOG, institution dont les infrastructures datent des années 80, fait face aujourd'hui à des défis multiples et multiformes. Il s'agit principalement de la vétusté du bâtiment et son corollaire. En plus, organiser un spectacle culturel coûte très cher de nos jours. Aussi, avec l'avènement des TICs et des réseaux sociaux, les centres d'animation ne sont plus régulièrement fréquentés alors même que les salles de spectacles offrent des bienfaits qu'on ne peut pas trouver dans les réseaux sociaux. C'est l'une des raisons de la faible fréquentation des centres culturels.
Avec la politique de « faire faire», des industries culturelles et des entrepreneurs ont vu le jour. Elles doivent aussi participer à la promotion de la culture à côté de l'Etat et de ses institutions culturelles, afin qu'on puisse atteindre un résultat positif probant dans le cadre de la valorisation de notre patrimoine culturel. Nous ne les voyons pas en concurrents mais plutôt en partenaires complémentaires.

La bibliothèque arrive-t-elle à jouer son rôle et à attirer plus de lecteurs ?
La bibliothèque du CCOG reste encore une des bibliothèques de lecture publique la mieux fréquentée de la place et cela grâce à sa position géographique dans la ville de Niamey. A titre d'exemple, pour le 1er trimestre 2019, c'est-à-dire à la date du 31 mars 2019, elle enregistre une fréquentation de 4.086 lecteurs, uniquement pour la médiathèque. Nos autres statistiques pour le 1er trimestre 2019 sont de 209 inscrits à la bibliothèque et 529 livres empruntés toutes catégories confondues. On ne se plaint pas de manque de public au CCOG. Il est présent tous les jours de la semaine et profite du grand espace dont nous disposons.

Plusieurs lieux de loisirs sont visibles dans le périmètre du CCOG. Comment se sont-ils installés et quels sont les bénéfices que le centre en tire ?
Tous les centres culturels de notre pays disposent d'espaces dédiés aux loisirs. Ici, au CCOG, nous disposons de trois buvettes qui sont présentes depuis la création du centre. Elles sont actuellement en gérance libre. N'oubliez pas que la Renaissance Culturelle prône aussi le libre exercice des religions et croyances de chaque citoyen.
Si ces buvettes respectent les lois et règlements en vigueur dans notre pays, alors leurs activités ne devraient gêner personne. Nous nous assurons seulement qu'elles respectent les clauses du contrat qui les lient au CCOG.
On a aussi un bâtiment au pan Ouest du centre qui comprend des boutiques et restaurants. Ce bâtiment est aussi en gérance libre.

Quels sont les perspectives que vous envisagez pour redonner au centre sa stature d'antan et le placer au cœur de la renaissance culturelle entreprise par le Niger ?
Dans nos programmations, le Centre Culturel Oumarou Ganda entend mettre l'accent sur la rénovation des salles et des espaces afin de renforcer la fréquentation du centre, poursuivre les efforts de mobilisation des ressources et multiplier l'organisation d'activités artistiques et culturelles pour arriver à terme à la production d'un programme permanent accessible au public. Le CCOG est un instrument de mise en œuvre de la politique culturelle nationale du Niger ; c'est pourquoi il ne sera ménagé aucun effort afin que le centre puisse jouer sa partition dans la mise en œuvre du programme de la Renaissance Culturelle.

Votre mot de la fin ?
Je dirai au public de venir au CCOG et qu'il soit patient. De la même manière que Paris ne s'est pas construit en une journée, nous sommes en train de faire revivre, petit à petit et selon nos moyens, le Centre Culturel Oumarou Ganda.

Propos recueillis par Souleymane Yahaya
(19/04/2019)


InvitDepuis quelque temps on enregistre une montée progressive du thermomètre dans certaines zones de notre pays et particulièrement à Niamey. Est-ce que cette situation est normale du point de vue météorologique ?
Merci de votre passage à la Direction de la Météorologie Nationale. Pour répondre directement à votre question, c'est vrai que depuis le début du mois de mars 2019, nous avons commencé à enregistrer une hausse de température. Le 31 mars 2019, nous avons fait une comparaison des températures maximales enregistrées au cours de ce mois de mars 2019 qui vient de s'achever, et celles du mois de mars 2018. Les statistiques ont montré que le mois de mars 2019 a été plus chaud que celui de 2018. Ça, c'est la première information en termes d'analyse. La deuxième, depuis le 1er avril 2019, les températures ont connu une hausse de 3 à 4 degrés Celsius sur notre pays ; et plus spécifiquement sur les régions de Niamey, Dosso, et Tillabéri. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter de ces hausses de température, qui pour moi sont normales. Pourquoi ? Parce que nous sommes dans le mois d'avril, et qui parle du mois d'avril dans cette région du Sahel, sait très bien que c'est au cours de cette période que nous enregistrons les températures les plus élevées. Donc il n'ya rien d'étonnant à cela. Et depuis le 1er avril sur les régions de Tahoua, Niamey, Dosso et Tillabéri, nous avons enregistré 43,44, jusqu'à 45 degrés hier sur Birnin Konni. Mais c'est sur ces localités que nous avons les pics de températures maximales au cours du mois d'avril. Pour l'Est du pays, vous prenez Diffa, et Zinder le pic des températures maximales est enregistré au cours du mois de mai. Maintenant pour la partie Nord du Niger, Agadez, Bilma, et les autres localités, les températures maximales sont enregistrées en juin. Donc pour nous, il n'y a aucune inquiétude à se faire. C'est un mois d'avril et c'est le mois le plus chaud. La température la plus basse, en termes de maxi, que nous pouvons espérer pour ce mois, c'est 42 voire 43 degrés Celsius. Et nous sommes dans la norme. Donc il n'y a pas à se faire d'idée. C'est normal, nous sommes au Sahel, et nous vivons ce temps là chaque année ; il n'ya pas d'inquiétude à se faire.
Pourtant sur les réseaux sociaux des informations distillées font état de prévisions de températures qui atteignent les 49 degrés Celsius au Niger cette année. Quelle est votre réaction par rapport à ces informations, et est-ce que cela est plausible?
Je ne répondrai pas à votre question sans pour autant vous remercier et vous féliciter pour votre professionnalisme. Parce que le fait d'entendre une information et de venir à la source pour chercher confirmation c'est faire preuve de hauteur de vue. L'information, je l'ai reçue, et nous avons activé notre stratégie de communication. Je pense qu'elle n'est pas encore suffisante. Nous l'avons fait depuis hier mercredi pour informer la population, et dire que cette information qui passe sur les réseaux sociaux n'est pas correcte. C'est une fausse information qui n'émane pas de la Direction de la Météorologie Nationale. Parce que sur le message c'est écrit source : Direction de la Météorologie Nationale. Donc le plus important pour nous c'est d'informer la population. D'abord la forme du message n'est pas professionnelle, et elle ne vient pas d'un service de la météorologie. La météo ne prévoit pas au-delà de 7 jours. On rentre dans le domaine de la climatologie, et dans le domaine de la climatologie on prend la moyenne. Parce que la météo donne un paquet d'informations. Et dans ce paquet d'informations, il y a des personnes qui prennent une portion de ce paquet, pour le commenter, et en le commentant elles dénaturent la source, et cela devient autre chose. La météo a prévu que cette année 2019, sera une année où les températures seront en hausse. Et quand on l'avait dit, on avait fait nos prévisions pour le mois de mars, avril, et mai que l'on considère comme les mois chauds ici. Pour le mois d'avril, nous pensons que nous aurons une moyenne de 44 à 45 degrés Celsius. Sur le message, c'est écrit des températures de l'ordre de 49 degrés Celsius. La science de la météorologie est probabiliste ; elle n'est pas déterministe. Seul Dieu connait ce qui va arriver de manière exacte. Dans la forme du message, on parle de moyenne, on ne parle jamais d'une valeur fixe. Ça c'est un. Deux, la température de 49 degrés Celsius, est une information très grave. C'est une information derrière laquelle peuvent se cacher des conséquences désastreuses pour le Niger. Beaucoup de personnes qui ne sont pas du domaine de la météorologie ou de la climatologie ne mesurent pas l'ampleur du danger de cette information. Pour l'historique, ici au Niger, nous avons des stations qui ont été créées depuis 1905, qui ont plus de cent ans d'expérience ; un siècle de données. D'autres depuis 1936. Et lorsque nous avons questionné notre base de données depuis le début, le pic de température maximale jamais enregistré au Niger est de 48,3 Celsius degrés enregistré à Tillabéri en avril 2010. La valeur qui suit, c'est 48,2 degrés Celsius, enregistrée toujours en 2010 à Bilma. Pour ce qui concerne Niamey, le pic c'est 46,2 degrés Celsius, enregistré le 19 avril 2010. Rappelez-vous, ce jour a été un jour exceptionnel. Un jour où il ya eu de centaines de morts ici à Niamey, parce qu'il y avait la forte insolation et il y avait l'humidité ; ce que beaucoup de gens n'ont pas pu supporter. Donc du point de vue historique, le Niger n'a jamais enregistré 49 degrés Celsius. Maintenant, si je fais une lecture verticale de ce message, ça veut dire tout simplement avoir une température de 49 degrés Celsius sur le mois d'avril et le mois de mai, veut dire qu'on devrait avoir pendant ce mois d'avril plusieurs jours, plus d'une quinzaine de jours où tous les jours on aura une température supérieure ou égale à 49 degrés Celsius. Puis qu'il faut faire une moyenne des températures journalières enregistrées divisée par 31 pour avoir la température moyenne de 49 degrés. Donc nous allons rentrer dans les 50 degrés Celsius. Donc vous voyez combien cette information là est extrêmement dangereuse. Parce que derrière cette information, les conséquences sont énormes. Et ce genre d'information chez nous à la météo, si elle était vraie ne peut être communiquée par une personne lamda. Il ya une chaine de diffusion des informations de ce genre. Et moi quand j'ai ce genre d'information, on doit la remonter au Ministère des Transports qui est le Ministère de tutelle. Et là, il faut informer les autorités au plus haut niveau. Et ces informations ne sont pas diffusées sans pour autant que des dispositions soient prises. Si c'était vrai, tout ce qu'il ya comme dispositifs d'alerte, de gestion de crise, de gestion des catastrophes naturelles seront activés. Donc vous voyez l'ampleur de cette information. Les personnes qui diffusent ce genre d'information à travers les réseaux sociaux pensent peut être que cette information s'arrête sur une étendue de 1.267.000 km2. C'est à ce niveau que ces personnes ne mesurent pas l'ampleur du danger des réseaux sociaux. Ce matin, nous avons eu toutes les presses internationales qui étaient venues, tous les scientifiques avec lesquels nous collaborons en Europe et aux Etats Unis nous ont appelé pour demander la confirmation de cette information. Et vous voyez cette information telle qu'elle est donnée, elle discrédite la météo, elle discrédite également le Niger. Donc ce sont des informations qu'il ne faut pas diffuser. Mais le plus grand danger de cette information, c'est qu'elle crée une rupture de confiance. Nous sommes dans une réalité de changement climatique. Les températures sont en train de grimper d'année en année. Je ne le souhaite pas, mais un jour on peut atteindre ce genre de valeur. Le jour où la météo, par voie hiérarchique ou officielle, annoncera ce genre d'information, la population pourrait ne pas prendre ça au sérieux. Parce qu'elle peut se dire, ils ont fait ça deux, trois, quatre fois ; et ce sont des mensonges. C'est là où c'est très dangereux, car cela peut amener des dégâts et des catastrophes énormes pour un pays. Pourtant au niveau de la météo, notre porte est toujours ouverte, que ce soit pour les journalistes, que ce soit pour le citoyen lamda. Toute personne peut rentrer et demander des informations. Elle peut aussi accéder à l'information à travers notre site web, à la télévision ou à la radio. Je pense qu'on ne devrait pas aider les gens qui diffusent ce genre d'information à relayer l'information. Parce que c'est le relais qui est le plus dangereux. Lorsque je reçois ce genre d'information, je dois mesurer son ampleur avant de la relayer. Mais aujourd'hui avec l'avènement des réseaux sociaux, au lieu de faire de cela un atout pour le développement de notre pays, au contraire il va à l'encontre du développement. Nous, cette année au niveau de la météorologie nationale, c'est une température moyenne de 44 à 45 degrés Celsius que nous prévoyons sur le pays. Et ces températures sont pour nous, normales ; parce que ça coïncide avec un mois de chaleur. Le plus dangereux c'est la persistance de cette situation qui peut avoir des répercutions sur la santé. Si ça s'avère que cette année la saison est précoce et qu'on commence à avoir de la pluie, c'est fini de la chaleur. Donc vous voyez un peu les caractéristiques de la météo. Il ya beaucoup de phénomènes qui interviennent pour pouvoir déterminer cet indice de chaleur.

Quelles sont les prévisions concernant la saison des pluies cette année ?
Je ne pourrai pas vous répondre de façon claire par rapport à cette question. Nous sommes au mois d'avril, et nous sommes présentement en train de nous préparer à faire des analyses et à faire des prévisions à travers tout ce que nous avons comme modèles et se préparer par rapport à la saison d'hivernage 2019. Mais le forum de prévisions climatiques aura lieu cette année du 22 au 26 avril 2019 à Nouakchott en Mauritanie. Une équipe d'experts nigériens effectuera le déplacement, et au retour nous allons communiquer l'information de façon consensuelle dans Le Sahel spécifiquement sur le Niger.

Réalisée par Oumarou Moussa
(05/04/2019)


InvitMonsieur le maire, présentez nous votre commune.
Magaria, qui a été érigée en commune en 1988, compte, suivant le recensement de 2012, 130.707 habitants, pour une superficie de 715 km2. La densité de la population tourne autour de 188 hbts au km2. Les principales activités sont l'agriculture et l'élevage mais aussi le commerce favorisé par notre proximité avec le Nigeria. Sur le plan position géographique, elle est limitée au nord par la commune de Bandé, à l'ouest par les communes de Kwaya, Yekoua, à l'est par la commune de Dantchiyaou et la République fédérale du Nigeria. 62% de la population est composée de jeunes. Le premier problème est naturellement celui de l'emploi. Nous avons quelques Centres de formation professionnelle au niveau de Magaria et au niveau du chef-lieu de la Région. Mais le problème reste celui de l'insertion professionnelle des jeunes formés dans le tissu économique local. Conséquence : nous avons un taux élevé de jeunes au chômage. Heureusement pour nous qu'il y a ce qu'on appelle le secteur « de la débrouillardise » qui absorbe une bonne partie des sans-emploi.

A priori on peut penser que le climat de haute pluviométrie que reçoit Magaria et les innombrables vallées que la zone recèle, est propre à occuper les bras valides...
Nous avons effectivement beaucoup de potentialités exploitables, mais les jeunes dont il est question sont beaucoup plus tournés vers les activités lucratives avec rémunération directe. Sinon, le secteur primaire offre beaucoup d'opportunités. Nous avons tout un potentiel exploitable dans la bande nord, mais il faut aussi dire que la pression sur les ressources est réelle. Je vous disais qu'avec 188 habitants au km2, Magaria est l'une des zones de grande densité démographique au Niger ; cette pression se ressent sur les terres de cultures, ce qui explique que nous faisons face aux conflits fonciers récurrents et à l'exode massif vers les grands centres urbains et à l'extérieur du pays.

Malgré tout, Monsieur le maire, la Commune de Magaria tire avantage de l'activité économique en termes de recettes fiscales...
Effectivement, à cause du regain d'activités dû à la proximité du Nigeria, l'économie locale se porte, disons, un peu mieux qu'ailleurs. Quant aux ressources que peut tirer la Mairie de tout cela, nous avons les recettes provenant des taxes de marché. Au niveau de Magaria, Chef-lieu de la commune, nous avons un marché central très animé hebdomadairement avec les commerçants locaux mais aussi ceux venus du Nigeria. Il y a aussi le marché de bétail. Les échanges sont fructueux et il nous arrive d'encaisser jusqu'à 200.000 à 300.000 FCFA par jour de marché. Quant au budget annuel de la commune, l'exercice dernier, il s'élevait à 400 millions de FCFA dont 220 millions pour le chapitre investissement.

Donc Monsieur le Maire, l'exercice précédent, vous avez pu recouvrer les 400 millions de FCFA ?
Non, quand on dit budget, on parle de prévisions. Ce qui a été recouvré tourne en réalité autour de 20 à 25 % de ce qui est prévu. En réalité, les principales entrées d'argent pour les communes, ce sont les taxes de voirie et la taxe municipale. Cette dernière est constituée d'impôt que payent les citoyens de la commune, à savoir 700 FCFA par personne imposable et par an. Quant à la taxe de voirie, elle est payée par les résidents de la ville à raison de 1000 FCFA par résident et par an. Mais malheureusement, nous continuons à souffrir de ce fléau qu'est l'incivisme fiscal tant au niveau de la ville qu'au niveau des villages rattachés à la commune. On a beau faire les campagnes de sensibilisation avec l'appui des autorités coutumières, le problème demeure. Ce qui amène de l'oxygène aux communes, c'est souvent les ressources extérieures provenant de deux fonds qui sont un appui de l'Etat , à savoir le fonds de péréquation qui est destiné à l'investissement. Le deuxième appui étatique vient du fonds ANFICT qui sont des ressources allouées annuellement à toutes les communes. Il y a aussi et surtout le fonds d'appui à la décentralisation qui va véritablement aider à faire face au fonctionnement, notamment les dépenses de souveraineté comme le payement des indemnités de session, l'eau et l'électricité. Notre atout nous communes dites urbaines comme Magaria, ce sont les entrées provenant des transactions foncières, c'est-à-dire la vente par la commune des parcelles. Quand un acquéreur veut vendre sa parcelle, il y a ce qu'on appelle les actes de transfert qui s'élèvent à une somme de 25.000 au profit de la Mairie. Il y a aussi et bien sûr les ressources provenant des ventes des parcelles par la Mairie. Ce sont toutes ces ressources qui doivent concourir aux multiples investissements sur le dos des municipalités comme la viabilisation des zones loties avec l'extension de l'eau et de l'électricité, la construction des abattoirs, des classes scolaires, des cases de santé, etc. Dieu merci, pour ce qui est du fonctionnement, nous arrivons chaque fin de mois à payer les salaires de la Mairie qui s'élèvent à 2 millions de FCFA mensuels. Non seulement nous n'avons pas d'arriérés sur ce plan mais nous arrivons à payer nos travailleurs avant les fonctionnaires de l'Etat. Mieux, beaucoup de nos agents sont immatriculés à la Caisse de sécurité sociale.

La question d'actualité pour les communes du Niger, c'est le transfert de compétences de l'Etat notamment dans le domaine de l'éducation, vers les communes. Comment vivez-vous cette situation?
Depuis que le processus a commencé, j'ai eu la chance de représenter la région au niveau de toutes les réunions, tous les ateliers consacrés à la question. Ce transfert de compétences concerne pour le moment quatre domaines que sont : l'éducation, la santé, l'hydraulique, l'environnement. C'est un nouveau défi qui commence pour nous. La gestion des enseignants, contractuels et titulaires est systématiquement de la responsabilité des communes, et croyez-moi, ce n'est pas une mince affaire. Tout récemment, j'ai pu signer les états de mandatements des agents contractuels du pré scolaire, du franco arabe et de l'enseignement traditionnel. Il y a aussi les affectations, le transport de ces enseignants et celui des fournitures scolaires. C'est un pas en avant dans cette responsabilité qui nous incombe désormais. En gros, je perçois cela comme une bonne chose, mais c'est véritablement une charge supplémentaire de travail pour les communes. Mais, j'espère qu'avec le personnel administratif et technique de ces quatre différents secteurs qui vont nous accompagner, les communes relèveront ce nouveau défi. Il y a aussi quelque chose à laquelle il faut prêter attention, c'est le niveau de compétences au niveau des Mairies et cette question doit forcément s'imposer au regard des nouvelles responsabilités auxquelles sont appelées à faire face le Maire et l'administration municipale. Si on veut un travail de qualité au bénéfice des populations, il faut forcement relever le niveau de compétence et de formation des Maires et des administrations municipales. La gestion par exemple des ressources humaines par les Mairies est une chose compliquée et complexe plus que la gestion financière. Il nous faut, nous maires, beaucoup de courage. Aujourd'hui, si vous avez un personnel de 3 à 5 personnes, vous allez les gérer en tenant compte chacun de ses humeurs, de sa coloration politique et de bien d'autres états d'esprit qui l'anime. Je vous assure qu'au niveau des administrations communales, la gestion des ressources humaines n'est pas facile.

Les centres urbains connaissent des problèmes comme l'insécurité, les vols, la drogue, etc. ; qu'est ce qu'il en est dans la commune de Magaria ?
Magaria est à proximité d'une zone frontalière avec tout ce que cela s'entend en bien et en mal. En bien, nous avons les échanges commerciaux, le business, les affaires mais aussi tout ce que cela attire comme ennuis, à savoir les trafics illicites notamment celui de la drogue, les vols, l'insécurité urbaine, etc. ; mais, ce n'est pas de l'ampleur que vous imaginez parce que nous avons créé les conditions de lutte avec notamment les patrouilles de la Police nationale. C'est un dispositif de prévention et de dissuasion à l'endroit de tous les malfaiteurs. L'impact de ces patrouilles a eu de l'effet sur le banditisme urbain. Bien sûr, des petits larcins, notamment dans les villages ou même le vol des petits animaux ne peuvent pas être entièrement éradiqués, mais comme je l'ai toujours dit la sécurité, c'est aussi l'affaire de tous.

Réalisée par Mahaman Bako (ONEP)
(29/03/2019)


inviteM. le maire, comment se présente la commune de Mirriah ?
La Commune Urbaine de Mirriah a été créée le 27 juin 1988 ; c'est une Commune qui a trente (30) ans d'existence. Pour ce qui est de la population, au dernier recensement général de la population et de l'habitat, la Commune a compté
80 126 habitants. Si on travaille avec le taux d'accroissement, on peut l'estimer à 90 000 voir
100 000 habitants. La commune a une superficie de 621 Km2. En ce qui concerne la situation géographique, la commune est limitée à l'Est par la Commune Rurale de Hamdara, au Nord par la Commune Rurale de Zarmou et celle de Gafati, à l'Ouest par la Commune Rurale de Kolaram, au Sud la Commune Rurale de Gouna et celle de Wacha dans le département de Magaria. Pour ce qui est de la composition ethnique, la commune compte des Haoussa, des Zarma, des Peul, des Béribéri et des touareg. L'agriculture est la principale activité économique. A ce niveau, il y a deux formes de cultures : la culture pluviale et la culture de contre saison à travers les différents sites comme celui de Falki qui couvre environ 800 hectares, les sites de Koutaro Haoussa et Bougajé qui couvrent respectivement 75 et 50 hectares et plusieurs autres petits sites, à Gatchira, Gagouram et Jan-Kaya.
Notre Conseil Municipal est composé d'un conseil élu et un conseil de droit, dont les membres sont désignés de droit. Le Conseil élu compte 14 membres (des conseillers élus), dont deux femmes. Le conseil de droit est composé du chef de Canton de
Mirriah, du Chef du Groupement Touareg, du Chef du Groupement Peul et quatre (4) députés nationaux.
Pour ce qui est des documents de travail, la mairie dispose de son plan de développement communal (PDC) réactualisé en 2015 et il est à moins d'une année de son terme. La Mairie est dirigée par un exécutif composé du Maire et de son Adjoint.

Au mois de septembre 2017, l'Etat a consacré le transfert de compétence aux collectivités dans un certain nombre de domaines. Quelle lecture faites-vous de cette nouvelle étape dans la décentralisation ?
Effectivement, tout le monde a témoigné de ce transfert de compétences et de ressources de l'Etat aux Collectivités Territoriales dans les secteurs concernés. Il s'agit du secteur de l'éducation, de la santé, de l'hydraulique et de l'environnement. Par rapport à cette question, il y a eu trois réunions : celle du lancement, la réunion de notification des actes et dernièrement la réunion de mise en œuvre.
Pour certains secteurs comme l'éducation, la mise en œuvre est effective. Pour les autres secteurs, nous avons besoin d'accompagnement des services techniques pour mener à bien cette mission. Surtout le soutien de l'Etat au niveau central pour qu'il nous aide à réussir la mission confiée désormais aux collectivités. Cette affaire concerne tout le monde : l'Etat et les citoyens doivent chacun en ce qui le concerne apporter son appui.

Monsieur le maire, les collectivités territoriales, au Niger, d'une manière générale, font face à des difficultés dans la mobilisation des ressources internes. Est-ce que dans votre commune les administrés arrivent à satisfaire leurs obligations fiscales ?
Les difficultés dans la mobilisation des ressources internes comme vous l'avez dit est un problème d'ordre général, qui ne nous épargne pas. C'est un problème que nous connaissons ici. Mais, nous sommes en train de faire un travail à la base pour améliorer cette situation. Les principales actions que nous faisons sont de la sensibilisation et des actions que l'Etat est en train de mener. Nous organisons aussi des voyages d'étude dans les pays voisins, au profit des agents de mobilisation des impôts et taxes et les contribuables. Ces voyages ont pour objectif de stimuler les différents acteurs et de leur permettre de voir comment ce travail se fait dans ces pays. Je pense que la gestion de la Commune est une affaire de tous et chacun doit jouer sa partition pour que nous réussissions le développement commun ensemble. Pour que les communes marchent bien, il faut que des solutions soient trouvées face à l'incivisme fiscal.

Monsieur le Maire, quelles sont les potentialités de la Commune de Mirriah ?
Comme je l'ai dit tantôt, l'agriculture est une grande potentialité de la commune. Parce que les sites de cultures de contre saison retiennent une grande partie de notre population dont en majorité les jeunes. Parce que, à Falki, qui occupe environ 800 hectares, il y a plus de 3 000 producteurs. Au regard de leur nombre, nous sommes en train de les aider à s'organiser, à travers une coopérative qui regroupe 5 Organisations des producteurs.
Aussi, la commune dispose d'un grand marché à bétail et la Mairie est en train de structurer la gestion pour qu'elle en tire plus de bénéfices. A travers le PRODAF, nous bénéficions de la construction d'un marché de demi-gros, qui va permettre à la Mairie de bénéficier de beaucoup d'avantages. Il y a aussi le grand marché hebdomadaire de Mirriah, qui est fréquenté par des commerçants des autres localités du Niger et ceux des pays voisins comme le Nigéria. Nous avons des gares routières et un abattoir. Tout cela constitue des atouts pour la commune.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées dans l'exécution de vos missions ?
Les principaux problèmes, c'est la mobilisation des ressources internes. L'autre défi, c'est la sécurité même si chez nous, nous ne connaissons pas de difficultés majeures sur cette question. Mais, je pense que le changement des mentalités est la plus grosse difficulté à laquelle nous faisons face. Nous remercions le Président de la République et le Gouvernement pour avoir fait de cette question du changement de comportement une priorité nationale. Sans changement des mentalités, on ne va nulle part. Il faut que les uns et les autres le comprennent et acceptent de changer.

Propos recueillis par Ali Maman(onep)


InvitMonsieur le Président, la première session ordinaire du CESOC au titre de l'année 2019 a pris fin récemment à Niamey. Quelle sont les recommandations issues de cette session ?
Tout d'abord je vous remercie de cette opportunité que vous m'offrez pour parler de notre institution le CESOC et de ses missions.
Cela dit, pour revenir à votre question, le Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) a effectivement tenu sa première session ordinaire au titre de l'année 2019 du 13 au 27 février dernier au Palais des Congrès de Niamey, qui a vu la participation de l'ensemble des Conseillers.
Cette session a permis aux Conseillers de débattre dans la plus grande sérénité, d'importantes thématiques portant sur des questions d'intérêt national et d'adopter plusieurs résolutions et recommandations, à l'issue de deux semaines de travaux.
Au nombre des thématiques traitées et qui ont fait l'objet de communication par les Ministres concernés, on notera : les stratégies d'appui aux producteurs face aux changements climatiques ; la problématique de la sécurité alimentaire au Niger et les stratégies mises en œuvre ; l'introduction de l'éducation reproductive dans l'enseignement secondaire ; l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC) pour une formation saine ; la contribution du Secteur de l'Artisanat au développement socio-économique du Niger ; le Dialogue Social au Niger : Etat des lieux et perspectives ; la démographie et l'Indice de Développement Humain au Niger (IDH). D'autres thématiques ont fait l'objet de communications par des Experts sur le Registre Social Unifié (RSU) au Niger et des informations sur l'intervention de Africain Risk Capacity (ARC).
Les Conseillers ont également bénéficié d'un renforcement de capacité en méthodologie de suivi et évaluation des politiques publiques, et procédé à la relecture et à l'amendement de certaines dispositions du règlement intérieur du CESOC, afin d'en améliorer le fonctionnement.
D'importantes résolutions ont été adoptées à l'issue de la session dont les principales sont relatives à l'implication du CESOC dans la campagne « consommons nigérien » afin de soutenir la consommation des produits locaux, le processus de renforcement du dialogue social au Niger, la vulgarisation des bases des données du Registre Social Unifié (RSU) sur la vulnérabilité au Niger.
Il a été également demandé à l'institution de poursuivre et d'approfondir les échanges avec les partenaires de l'école relativement à l'enseignement de la santé de la reproduction, de s'autosaisir par rapport aux projets de loi à caractère social tel que le projet de loi sur l'égalité de chance des personnes handicapées.
Par ailleurs, il a été recommandé de mener une démarche auprès du pouvoir exécutif pour dégager des fonds dédiés à la transformation du monde rural en rendant opérationnel le FISAN, et de pourvoir l'ensemble des collectivités en Kits complets de la Maison du paysan afin de réduire les disparités inter et intra régionales ; créer un cadre de synergie entre les collectivités, les producteurs, les services techniques déconcentrés(STD) et le Commissariat à l'Initiative 3N pour rendre plus fonctionnelle la Maison du paysan et accompagner les politiques publiques dans une démarche d'éducation environnementale.
La création d'unités de production d'aliments bétails dans toutes les régions du Niger et promouvoir les cultures fourragères, l'application des textes en vigueur en matière de télécommunications pour une information saine, la saisine du CESOC pour avis avant l'adoption des projets de loi sur la cybercriminalité et la preuve électronique ainsi que la transaction électronique, font également partie des différentes recommandations adoptées au cours de la session.
A cela viennent s'ajouter d'autres recommandations relatives au renforcement des capacités des acteurs culturels dans tous les domaines, l'alimentation du fonds d'aide à la culture, la création des directions régionales de l'entreprenariat des jeunes à l'instar des autres départements ministériels, la révision et l'adaptation des programmes scolaires aux réalités culturelles de notre pays, la formation des enseignants en charge d'assurer l'enseignement de la santé de la reproduction, l'implication de tous les partenaires de l'école dans l'élaboration des programmes relatifs à la santé de la reproduction.
Toutes ces recommandations rentrent dans le cadre des préoccupations soulignées par le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM Issoufou MAHAMADOU à l'occasion de l'inauguration de la 2ème mandature du CESOC et des sujets d'intérêt national.
Ces résultats, faut-il le souligner, sont dus à une plus grande prise de conscience du rôle et de la responsabilité du Conseiller, tels que je le soulignais dans mon discours.
En marge des travaux de la session, nous avons visité le dimanche 24 février 2019, les stands du salon de l'Agriculture, de l'Hydraulique, de l'Environnement et de l'Elevage, au Palais du 29 juillet, en compagnie du Ministre d'Etat, Ministre de l'Agriculture et de l'Elevage, M. Albadé Abouba.
Nous nous sommes à l'occasion suffisamment imprégnés de toute la diversité des productions agricoles, végétales et animales et les principales innovations techniques et technologiques dans le pays.

Concrètement Monsieur le Président, quelle suite votre institution compte donner à ces recommandations ?
Le CESOC est une Institution consultative prévue par la constitution du 25 novembre 2010, avec pour mission d'assister le Président de la République et l'Assemblée nationale dans les domaines économique, social et culturel.
Aussi, pour jouer pleinement sa mission ainsi que l'exigent les textes fondamentaux du CESOC, les recommandations adoptées seront portées à la connaissance du Président de la République et de l'Assemblée Nationale, sous forme de rapport général.
Je saisi cette opportunité pour exprimer toute notre reconnaissance à l'attention particulière dont le CESOC fait l'objet de la part de SEM Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l'Etat et de SEM Brigi Rafini, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, qui n'ont jamais ménagé les moyens nécessaires pour nous permettre d'accomplir notre mission convenablement.

Monsieur le Président, vous êtes à la tête d'une institution qui parle très peu d'elle. Pouvez-vous nous rappeler le rôle, l'objectif et comment fonctionne le CESOC ?
Comme je le disais tantôt, les missions et attributions du CESOC sont déterminées par la constitution du 25 novembre 2010 et la loi organique 2011-40 du 7 décembre 2011 et ses textes modificatifs subséquents.
Aux termes de ces dispositions, il donne ses avis sur toutes les questions qui sont soumises par le Président de la République et l'Assemblée Nationale.
Il est compétent pour examiner les projets et propositions de lois à caractère économique, social et culturel à l'exclusion des lois de finances.
En qualité d'organe de propositions de réformes, le CESOC est également compétent pour conduire des études et des enquêtes sur toute question d'intérêt national portant sur le développement économique, social et culturel et recommander les réformes qui s'imposent. Il est également compétent pour contribuer à l'évaluation des politiques publiques.
En tant qu'institution passerelle pour les forces sociales, le CESOC est un instrument de dialogue pour favoriser les progrès économiques et sociaux.
Par ailleurs, il représente le Niger au sein des Organisations Internationales des Conseils Economiques et Sociaux et Institutions Similaires.
L'instance de délibération du CESOC est la Plénière. Elle regroupe l'ensemble des membres du Conseil Economique, Social et Culturel. Elle délibère sur un ordre du jour préalablement établi.
Les organes du CESOC sont le Bureau composé de huit (8) membres, assisté d'un Secrétariat permanant dans l'accomplissement de sa mission, quatre (4) Commissions permanentes composées de 91 Conseillers désignés démocratiquement par leurs structures respectives. Ils sont tous nommés par décret pris en conseil des Ministres.
Les commissions permanentes conduisent les réflexions sur les dossiers qui leurs sont soumis et proposent des recommandations au Bureau et à la plénière. Il s'agit de : la Commission des Affaires Economiques et Financières ; la Commission des Affaires Sociales ; la Commission Développement Rural et Environnement ; la commission des Affaires Culturelles et Sportives.
Pour mener à bien ses activités, un plan d'actions sous forme d'accès stratégique est en cours de finalisation. Des TDR pour l'élaboration d'un plan de communication sont élaborés. Ces deux activités nous permettent désormais de rendre plus visible le CESOC. Aussi, en vue de renforcer le cadre de partenariat, plusieurs actions ont été entreprises avec les organismes étatiques et non gouvernementaux.

Qu'est-ce que vous apportez de nouveau pour la bonne marche du CESOC et surtout, comment comptez-vous faire, Monsieur le Président, pour redynamiser cette institution ?
Mon ambition pour le CESOC, c'est de rendre cette institution encore plus active et productive afin d'apporter sa contribution dans l'atteinte des objectifs de développement de notre pays tels que définis dans le programme de Renaissance II du Niger. Nous allons nous y atteler, car nous y croyons.
Et pour y parvenir, comme je l'ai dit lors de ma prise de fonction, il y' a cinq défis majeurs à relevés : la Redynamisation, l'Opérationnalisation, l'Innovation, la Structuration et la Modernisation du CESOC.
Pour ce faire, j'invite le bureau, les Conseillers et l'ensemble du personnel du CESOC à libérer toutes leurs initiatives, à développer leur savoir et savoir faire et à les mettre entièrement à la disposition de l'Institution, dans la cohésion, la discipline, le respect et la qualité dans le travail.
En termes de compétences, le CESOC est l'une des rares institutions de la République à réunir toutes les composantes et également l'ensemble des corporations de la nation qui participent activement aux travaux aussi bien dans les commissions permanentes qu'aux séances plénières de l'institution.
Apres la 1ère Session de Février pour l'année 2019, je suis vraiment très réconforté et davantage confiant en l'avenir du CESOC, appelé désormais à apporter son expertise sur les grands problèmes nationaux et à prendre toute sa place dans l'échiquier institutionnel de notre pays, que ce soit à l'échelon national, régional ou local.
De mon côté, je réitère mon engagement à y développer les conditions nécessaires d'appartenance à une même famille dans la fraternité et la convivialité.

Réalisée par Fatouma Idé (ONEP)
(14/03/19)

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Monsieur le ministre, le Niger est engagé depuis quelques années dans une politique hardie d'équipement du pays en routes, ponts et échangeurs voire en travaux connexes : quel est le coût de ces investissements et surtout quel est leur impact sur les échanges nationaux et internationaux du Niger voire sur le bien-être des Nigériens ?Durant les huit ans de mise en œuvre du Programme de la Renaissance Actes 1 et 2, d'importants investisse...

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M. Souley Limane Korimi, directeur du Centre Culturel Oumarou Ganda : « Avec l'avènement des TICs et des réseaux sociaux, les centres d'animation ne sont plus régulièrement fréquentés »

Monsieur le directeur, pouvez vous nous dire dans quel contexte culturel a été créé le Centre Culturel Oumarou Ganda (CCOG) ?A l'époque, l'Etat organisait des manifestations artistiques et culturelles, notamment le Festival National de la Jeunesse dans les départements [ndlr : les régions actuelles] pour créer un cadre d'épanouissement et de promotion du patrimoine culturel de proximité à la population en général et à la jeunesse en par...

M. Ousmane Baoua, Chef de Division à la Direction de la Météorologie : «C'est une température moyenne de 44 à 45 degrés …

M. Ousmane Baoua, Chef de Division à la Direction de la Météorologie : «C'est une température moyenne de 44 à 45 degrés Celsius que nous prévoyons sur le pays»

Depuis quelque temps on enregistre une montée progressive du thermomètre dans certaines zones de notre pays et particulièrement à Niamey. Est-ce que cette situation est normale du point de vue météorologique ?Merci de votre passage à la Direction de la Météorologie Nationale. Pour répondre directement à votre question, c'est vrai que depuis le début du mois de mars 2019, nous avons commencé à enregistrer une hausse de température. Le 31...

M. Moussa Harouna, Maire de Magaria : «Si on veut un travail de qualité au bénéfice des populations, il faut forcement r…

M. Moussa Harouna, Maire de Magaria : «Si on veut un travail de qualité au bénéfice des populations, il faut forcement relever le niveau de compétence et de formation des Maires et des administrations municipales»

Monsieur le maire, présentez nous votre commune.Magaria, qui a été érigée en commune en 1988, compte, suivant le recensement de 2012, 130.707 habitants, pour une superficie de 715 km2. La densité de la population tourne autour de 188 hbts au km2. Les principales activités sont l'agriculture et l'élevage mais aussi le commerce favorisé par notre proximité avec le Nigeria. Sur le plan position géographique, elle est limitée au nord par la...

Maman Bachir Abdou, maire de la Commune Urbaine de Mirriah : «Nous remercions le Président de la République et le Gouver…

Maman Bachir Abdou, maire de la Commune Urbaine de Mirriah : «Nous remercions le Président de la République et le Gouvernement pour avoir fait de la question du changement de comportement une priorité nationale»

M. le maire, comment se présente la commune de Mirriah ?La Commune Urbaine de Mirriah a été créée le 27 juin 1988 ; c'est une Commune qui a trente (30) ans d'existence. Pour ce qui est de la population, au dernier recensement général de la population et de l'habitat, la Commune a compté80 126 habitants. Si on travaille avec le taux d'accroissement, on peut l'estimer à 90 000 voir100 000 habitants. La commune a une superficie de 621 Km2....

M. Saley Saidou, Président du Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) : «Mon ambition pour le CESOC, c'est de ren…

M. Saley Saidou, Président du Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) : «Mon ambition pour le CESOC, c'est de rendre cette institution encore plus active et productive»

Monsieur le Président, la première session ordinaire du CESOC au titre de l'année 2019 a pris fin récemment à Niamey. Quelle sont les recommandations issues de cette session ?Tout d'abord je vous remercie de cette opportunité que vous m'offrez pour parler de notre institution le CESOC et de ses missions.Cela dit, pour revenir à votre question, le Conseil Economique, Social et Culturel (CESOC) a effectivement tenu sa première session ord...

AG/ONU

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Consommation des arômes et sels artificiels : Des additifs alimentaires pas toujours bénéfiques pour notre santé

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jeudi 23 mai 2019

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Témoignages de certaines ménagères sur l'effet des arômes industriels ou « bouillon » sur la santé

Les arômes importés constituent un problème sanitaire important. En effet, il n'est pas ra...

jeudi 23 mai 2019

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Le coût du hadj 2019 : Le pèlerinage aux lieux saints de l'Islam, de plus en plus un fardeau pour les fidèles

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jeudi 16 mai 2019

L'air du temps

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Et bientôt la frénésie des préparatifs de la fête

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jeudi 23 mai 2019

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