Le Sahel

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Tinni Abdou



inviteMonsieur le Directeur Général, l'ANVD a été distinguée, en septembre dernier, du prestigieux prix Awards en Excellence et Qualité, lors du 32ème congrès International de la Qualité tenu à Francfort, en Allemagne. Qu'est-ce qui justifie une telle distinction de portée internationale ?
Merci beaucoup pour l'opportunité que vous me donnez de parler de notre Agence et de ses activités. Effectivement, l'Agence Nigérienne de Volontariat pour le Développement a été récemment distinguée par le Business Initiative Direction (BID), lors du 32ème congrès international de la qualité tenu à Francfort en Allemagne. Il s'agit du Prix international Awards in Excellence and Quality dans la catégorie OR que l'ANVD a obtenu. Ce choix a été fait sur la base des critères, notamment le Total Qualité Management (TQM). C'était au cours d'une importante cérémonie qui a regroupé plusieurs entreprises en provenance du monde entier. Cette distinction a pour nous une seule explication : c'est en fait la reconnaissance des efforts que déploie notre Agence, notamment dans la conduite d'un management inclusif, de la gestion axée sur les résultats (GAR), ainsi que le développement d'un partenariat tous azimuts sur le plan international.
Il ne faut pas non plus occulter le leadership de l'ANVD dans la promotion du volontariat national et au sein des organisationsous régionales de volontariat de la CEDEAO et la qualité du plaidoyer fait par le Niger, notamment par la voix du Président de la République, SEM. Issoufou Mahamadou, relativement à la contribution que le système de volontariat peut apporter dans l'atteinte des Objectifs du Développement Durable (ODD).
Il faut souligner aussi en juillet 2018, en marge de la réunion de l'Assemblée Générale des Nations Unies, les Etats ont présenté leurs rapports sur la contribution du volontariat dans l'atteinte des ODD. A cette occasion, le Niger a présenté le meilleur rapport de la sous-région et l'information a été partagée par le bureau régional du Programme des volontaires de Nations Unies au dernier forum des organisations de volontariat de l'espace CEDEAO tenu à ACCRA au Ghana du 24 au 25 Juillet 2018. Voilà en quelques lignes ce que je peux vous dire sur ce qui justifie cette distinction décernée à l'ANVD. Ce prix fait du Niger, à travers l'ANVD, membre honoraire du BID avec droit de vote et de proposer des candidats. Il offre aussi à l'ANVD l'opportunité d'apporter des idées et expériences dans le domaine de la qualité.
Le volontariat national a été institué au Niger depuis 2014 avec le décret de création de l'Agence Nigérienne de Volontariat pour le Développement. Pouvez-vous expliquer en quoi consiste ce système dans notre pays ? Et quel regard jetteriez-vous aujourd'hui sur le chemin parcouru ?
Vous savez, le volontariat existait dans les pratiques quotidiennes depuis fort longtemps. Mais il n'a été institutionnalisé qu'en 2014, comme vous l'avez bien indiqué. Vous n'êtes pas sans savoir que depuis son arrivée au pouvoir, Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'Etat, a placé la question du développement à la base au cœur de ses préoccupations. Ceci, pour vous dire que cette question figure en bonne place au rang des priorités du Programme de renaissance acte II de son Excellence Issoufou Mahamadou. C'est ainsi que, dans le cadre de l'atteinte des ODD, le gouvernement a jugé utile d'instaurer ce système de volontariat. Cela permettra, non seulement de résorber le taux du chômage des jeunes, mais aussi de les inciter à cultiver l'esprit de l'engagement volontaire, et de pouvoir observer des comportements civiques et citoyens.
Aujourd'hui, s'il faut dresser un bilan à mi-parcours du système de volontariat, je peux vous dire sans risque de me tromper que l'espoir est bien fondé d'offrir des opportunités réelles pour un avenir promoteur à cette jeunesse nigérienne qui en a vraiment besoin.
Monsieur le Directeur, à combien peut-on estimer aujourd'hui le nombre de volontaires nationaux dans notre pays? Quel (s) avantage (s), ce système présente pour les jeunes nigériens ?
A l'heure où je vous parle, l'Agence Nigérienne de Volontariat pour le Développement gère un nombre de 164 volontaires et cela dans divers domaines. L'avantage premier que présente ce système pour la jeunesse nigérienne en général et pour les diplômés en particulier, c'est d'abord de leur offrir une passerelle. Ça permet aux jeunes d'acquérir une expérience devant contribuer à leur épanouissement personnel et, tout naturellement, d'être compétitif sur le marché d'emploi qui est devenu de plus en plus exigeant.
Qui peut être volontaire et comment le devient-on ? Qu'en est-il de l'engouement des jeunes pour le système de volontariat national au Niger ?
Ceux qui peuvent être volontaires, c'est toute personne homme ou femme, jeune ou moins jeune, bref tout individu qui juge nécessaire de contribuer de sa façon au développement de sa communauté. Le volontariat est par essence un engagement personnel ; du coup, il n'y a pas la limite d'âge. On peut devenir volontaire en déposant sa candidature, que ça soit à la suite d'une publication d'une offre d'emploi que nous faisons à travers plusieurs canaux, en l'occurrence le vôtre, je veux dire l'hebdomadaire national''Sahel Dimanche'', l'ANPE, les réseaux sociaux, entres autres. Ou tout simplement en déposant sa candidature spontanée au niveau du siège de l'ANVD ; ainsi, dès qu'il y a une offre qui concerne le profil du déposant, on le lui notifie. Pour ce qui concerne l'engouement des jeunes, il est là et il est sensible. Sans rien vous cacher, chaque jour que Dieu fait, nous recevons au niveau de notre siège des dépôts de candidatures.
Le volontariat joue un rôle important dans le développement ; quel est précisément son apport dans le développement socio-économique du Niger ?
Cette question me semble pertinente à plus d'un titre. Vous êtes l'un des principaux témoins de nos activités sur le terrain. Aujourd'hui, si vous visitez les régions de Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéry, Zinder, vous remarquerez ce qui est en train de se faire sur le terrain par nos volontaires. Nos volontaires travaillent dans tous les secteurs d'activités et particulièrement dans les secteurs sociaux de base pour contribuer au développement économique et social des communautés. A titre illustratif, dans le domaine de la santé, nous avons déployé sur le terrain plusieurs médecins, infirmiers, sage femmes, laborantins et techniciens d'hygiène et assainissement qui travaillent dans les structures de santé en milieu rural. Nous avons aussi déployé des volontaires enseignants dans certains collèges ruraux ; cela dénote de l'importance de l'engagement citoyen des volontaires.

Il y'a aussi les volontaires communautaires communément appelés relais communautaires dont l'ANVD assure l'ancrage institutionnel qui conduisent des séances de communication pour un changement des comportements et la prise en charge des cas simples de certaines maladies comme le paludisme, la pneumonie et la diarrhée au sein des communautés. Cela contribuera sans nul doute à la réduction des morbidités et de la mortalité des enfants mais aussi au dividende démographique.
Quelles sont, Monsieur le Directeur Général, les relations que votre service entretient avec les structures d'insertion des jeunes dans notre pays ?
Nos relations avec les structures d'insertion des jeunes, ou encore les structures d'accueil comme nous les appelons dans notre jargon, sont au bon fixe. Nous entretenons des relations de partenariat fructueux. Vous savez, depuis qu'on a commencé à déployer nos volontaires, nous n'avons jamais enregistré de plainte venant des structures requérantes. Cela suppose toute la rigueur avec laquelle nous collaborons avec nos partenaires.
Qu'est-ce que votre service envisage de faire pour attirer les jeunes nigériens vers des travaux d'intérêt général ?
Pour inciter les jeunes à prendre conscience de la chose publique, nous menons des offensives médiatiques pour sensibiliser les jeunes qui semblent être notre cible privilégiée. C'est pour cette raison que toutes nos recrues bénéficient d'une formation avant d'aller sur le terrain. Cette formation prend exactement cet aspect en compte. La formation dispensée aux volontaires comprend quatre (4) modules, à savoir la présentation de l'ANVD, le volontariat, la gestion administrative et financière du volontaire et enfin la culture de l'esprit civique qui tient en compte votre question.

Propos recueillis par Fatouma Idé(onep)
16/11/18


Abdoulaye-CoulibalyMonsieur le président du Comité Technique National TNT, le Conseil des Ministres tenu vendredi dernier a entendu une Communication conjointe de Monsieur le Ministre de la Communication, M. Habi Mahamadou Salissou et de son homologue en charge de l'Economie Numérique, M. Sani Maigochi, sur le processus de basculement vers la TNT. Où en est-on aujourd'hui?
Merci. Disons que le processus a bien avancé, particulièrement ces derniers mois, et on tend vers son parachèvement. A cet égard, le dernier conseil des ministres a pris des mesures portant affectation de ressources du Fonds d'investissement pour le développement de la TNT.
Plus concrètement, par rapport au centre principal Multiplex de Niamey, sis au PK5, tous les équipements sont installés et sont opérationnels. Quant aux sites de l'intérieur du pays, ils sont également installés et quasiment tous fonctionnels.
En ce qui concerne la formation, volet important en matière de technologie de pointe, la première phase de la série de formations prévues sur ces nouveaux équipements sophistiqués, vient de s'achever et le personnel technique de l'ORTN ainsi formé est à présent outillé pour prendre en charge la gestion des équipements. Il convient de saluer la volonté et l'engagement du personnel formé à s'approprier cette nouvelle technologie. Le Comité technique pour le numérique encourage l'ORTN à poursuivre sur cette voie comme ce fut le cas avec l'analogique.
Il est également prévu la formation du personnel des organes de régulation (CSC et ARCEP).
Au sujet de la diffusion terrestre, elle est également effective et tous les téléspectateurs de Niamey disposant de téléviseurs dotés de décodeurs intégrés, peuvent recevoir le bouquet TNT Niger. Pour les autres téléspectateurs, les plus nombreux, bientôt des décodeurs seront disponibles sur le marché. D'ailleurs, un prototype de décodeur a été testé à deux reprises récemment, et la réception du signal TNT HD a été jugée techniquement satisfaisante.
En ce qui concerne la diffusion par satellite sur ArabSat Badr-6, elle est également disponible pour une réception du bouquet en clair. Tout téléspectateur en Afrique et au Moyen-Orient peut capter le bouquet TNT Niger en qualité numérique à travers une antenne parabolique.
Toutes les deux chaînes publiques (Télé-Sahel et Tal-Tv) et treize chaînes privées sont disponibles sur le bouquet TNT Niger, pour une capacité non limitative de 20 chaînes. Cependant, Bonferey et Fidélité sont en instance de conversion de leurs signaux pour, bientôt, intégrer, à leur tour, le bouquet TNT Niger.
L'un dans l'autre, la TNT est aujourd'hui effective au Niger. Et, plaise à Dieu, d'ici fin décembre, son lancement officiel interviendra, puis le déploiement s'étendra progressivement mais rapidement, à l'ensemble du pays.
Sur le plan politique, que représente la TNT pour le Niger ?
De ce point de vue, il faut souligner que la TNT cadre parfaitement avec la mise en œuvre du PDES 2017-2021, dans son pôle sectoriel « gouvernance et modernisation de l'Etat », avec comme action majeure prioritaire, le renforcement de l'accès du public à l'information, l'activité retenue à cet égard étant la contribution à l'avènement de la TNT. Ce qui, à moyen et long termes, viendra soutenir fort opportunément le programme de mise en place de 1000 villages intelligents de S.E. Monsieur le
Président de la République.
Cette avancée technologique permettra aussi à notre pays de renforcer sa visibilité non seulement au plan national mais aussi à l'international, avec en termes de perspectives, le Sommet de l'Union Africaine que Niamey va abriter en 2019 et ce, pour la 1ère fois.
Dans le cadre toujours de la mise en œuvre de la TNT, une Agence Nigérienne de Diffusion a été créée récemment. De quoi s'agit-il exactement ?
Dans le cadre de la mise en œuvre de la TNT, le Gouvernement a exprimé une forte volonté qui s'est traduite par l'élaboration d'un document de stratégie nationale de transition approuvé par décret le 12 avril 2013 et décliné en quatre axes. Il s'agit des axes portant sur l'adaptation du cadre juridique ; le développement des infrastructures; le développement des contenus et programmes, et le renforcement des capacités.
Concernant précisément la mise en œuvre du cadre juridique et institutionnel, des efforts significatifs ont été accomplis. Il s'agit notamment de l'adoption de la Loi portant sur la Communication Audiovisuelle, qui consacre la segmentation des activités d'édition, de multiplexage, de diffusion et de distribution et leur réglementation, mais aussi l'adoption de la Loi modifiant la loi organique sur le fonctionnement et l'organisation du Conseil Supérieur de la Communication ;
Il y a aussi et pour répondre plus directement à votre question, l'adoption du Décret n° 2018-459 du 06 juillet 2018 créant l'Agence Nigérienne de Diffusion (AND) pour assurer les fonctions de multiplexage et de diffusion pour une période transitoire de 5 ans comme prévu dans la Stratégie Nationale de migration vers la TNT.
Mais ce n'est pas tout ; il reste encore des textes ; ils sont d'ailleurs dans le circuit d'adoption, et visent, tous, l'encadrement de l'environnement juridique et institutionnel de la TNT.
On peut notamment citer le projet de décret portant adoption des Statuts de l'Agence Nigérienne de Diffusion (AND) ; le projet de décret sur le transfert des ressources humaines et techniques de l'ORTN à l'AND ; des autorisations que doivent délivrer le CSC et l'ARCEP (ex ARTP) à l'Agence Nigérienne de Diffusion pur assurer ses activités de multiplexage et de diffusion, sans oublier les cahiers des charges des différents segments d'activités de la TNT : Edition, Multiplexage, Diffusion.

Le Document de Stratégie Nationale sur la TNT a également prévu des mesures d'accompagnement. De quoi s'agit-il ?
Effectivement, des mesures d'accompagnement ont été envisagées. Il s'agit d'abord de la mesure relative à l'Elaboration et de la mise en œuvre d'un plan de communication. Car, fau-t-il préciser, avec l'appui de l'OIF, un plan de communication a été élaboré et nous nous attelons à préparer sa mise en œuvre. Ce plan est destiné à sensibiliser les téléspectateurs sur les enjeux de la TNT.
Il y a également la mesure portant sur le volet vulgarisation des moyens de réception. Cette action vise à introduire en masse des décodeurs TNT et des postes téléviseurs avec décodeurs TNT intégrés. Car l'acquisition des décodeurs s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de migration vers la Télévision Numérique Terrestre (TNT) qui a prévu des mesures d'accompagnement du Gouvernement pour permettre aux ménages à faibles revenus de pouvoir disposer de décodeurs pour recevoir le signal TNT.
L'Etat a certes pris des mesures réglementaires incitatives pour fixer les conditions d'importation de postes téléviseurs numériques et pour interdire l'importation de récepteurs non conformes à la norme TNT. Ces mesures vont être actualisées et renforcées.
Dans l'immédiat, il reste à prendre des mesures urgentes pour, progressivement, rendre accessibles les décodeurs sur toute l'étendue du territoire.

Quel serait votre mot de la fin, Monsieur le président du comité technique national TNT ?
Pour le mot de la fin, on peut souligner, encore une fois, que la TNT est enfin une réalité au Niger. Je vous ai parlé des tests de réception sur prototype de décodeurs, tests jugés concluants par les techniciens eux-mêmes.
Et malgré certaines difficultés vécues le long du processus et inhérentes à tout processus, nous tendons résolument vers son aboutissement. Il convient aussi de noter et saluer, au nom du Comité Technique National et du Comité Interministériel pour le Numérique (CIN), l'importance des investissements réalisés sur fonds propres de l'Etat (près de 27 milliards !). Ce qui démontre l'attachement des plus hautes Autorités à la promotion du secteur de la Communication et de l'Economie Numérique. Grâce à ces efforts remarquables, l'ORTN, notamment, va pouvoir élargir son champ de couverture à l'international et porter ainsi, encore plus loin, la Voix du Niger. Et ceci, grâce à de nouvelles propositions à intégrer dans le contrat de partenariat qui lie l'office à l'opérateur de location satellitaire, GlobeCast.

Réalisée par Assane Soumana(onep)
09/11/18


inviteQuelles sont les dispositions prises par votre département ministériel pour une meilleure gestion des espaces publics et privés ?
Merci beaucoup pour l'opportunité que vous me donnez pour parler des sujets très importants pour la vie de la nation. Au niveau de la gestion des domaines publics et privés de l'Etat, vous savez, il y a eu beaucoup de dérapages. Il y a eu des espaces qui ont été morcelés ; il ya eu des espaces qui ont été vendus ; des espaces qui ont été illégalement occupés. Pour tout cela, nous avons vite fait de faire adopter une loi qui fixe les principes fondamentaux de l'urbanisme et de l'aménagement urbain. C'est la loi 2017-20 du 12 avril 2017. Cette loi contient tout l'arsenal pour protéger le domaine public et le domaine privé de l'Etat. Par la suite, nous avons fait adopter un décret d'application, et d'autres décrets suivront pour mettre en œuvre ladite loi.
Actuellement, nous sommes en train de tout faire pour éviter que dorénavant quelqu'un vienne occuper illégalement un domaine public. Nous collaborons étroitement avec les autorités de la ville de Niamey et suivons ce qui se passe à l'intérieur. A un certain moment chacun agissait de son côté, le ministère en charge de l'urbanisme d'un côté, la ville de Niamey et les municipalités de l'autre; il n'y avait pas eu suffisamment de coordination. Maintenant, nous avons institué des rencontres régulières pour mieux gérer les domaines publics et privés de l'Etat. Nous avons diffusé des communiqués au niveau de la télévision, de la radio et de la presse écrite pour aviser tout celui qui occupe illégalement un domaine public de l'Etat, ne peut prétendre à aucun titre ; tout autre titre en sa possession est de nul effet. Il ne peut pas en jouir. Il se trouve même qu'il y a des petits malins qui s'amusent à donner des détentions coutumières sur les domaines publics et privés de l'Etat.

En ce qui concerne le domaine privé de l'Etat, les citoyens oublient souvent que l'Etat peut aussi être propriétaire d'un domaine à titre privé qu'il peut vendre pour des activités commerciales, ou pour d'autres types d'activités, industrielles par exemple. Comme l'Etat détient des titres fonciers qui sont souvent très vieux, on oublie même que ces titres fonciers existent. Or imaginez, quand vous avez un titre foncier, votre gardien ou quelqu'un d'autre voit que le terrain est en jachère, il donne une détention coutumière à une autre personne et vend le terrain. Donc c'est carrément du vol. Ceux qui sont fautifs doivent savoir que quelque soit ce qu'ils ont construit sur un domaine public ou privé de l'Etat, nous allons le détruire. Nous allons le détruire parce que l'Etat a aussi des droits.
Avant, l'Etat détenait d'ailleurs toutes les terres. C'est après, avec l'instauration des titres « Chaida », que ceux qui jouissaient des terres pouvaient aussi avoir un titre foncier. Mais avant, il fallait acheter d'abord le terrain avant d'accéder au titre. Depuis, l'Etat a mis un peu de souplesse, maintenant on peut avoir directement des titres « chaida » et même des titres consistants. C'est-à-dire des titres avec inscription des valeurs après constat de mise en valeur de ce qui a été construit sur le terrain. Souvent l'erreur qui est commise, c'est qu'on ne s'intéresse pas à l'historique du terrain avant de l'acheter. Et là, je dis qu'il faut faire attention. Ceux qui achètent les terrains, ne sont pas en sécurité en allant seulement chez le notaire. Ils croient qu'en partant chez le notaire ils seront en sécurité puisqu'ils vont avoir des documents légaux. Cela n'est pas suffisant. Il faut que ce notaire, ou bien eux-mêmes, aillent s'informer au niveau des municipalités, ou au niveau des services domaniaux et cadastraux de l'Etat pour s'assurer que ce terrain n'appartient à personne.
Evidemment tous ces désagréments sont dus à la gestion archaïque des archives. Le système n'est pas informatisé. Mais actuellement, sur les instructions de SEM le Président de la République, et avec l'appui de l'Agence Nigérienne des Sociétés de l'Informations (ANSI), nous sommes en train de mettre en place une plateforme informatique pour suivre les parcelles. C'est-à-dire que lorsque vous cliquez, vous aurez l'historique de la parcelle avant de délivrer le titre foncier. Alors que par le passé, quand vous détenez un acte de cession, vous n'êtes pas en sécurité ; quand vous détenez un titre foncier vous n'êtes pas non plus en sécurité. Nous sommes en train de mettre de l'ordre dans tout cela.

Quels sont les moyens dont dispose votre ministère pour lotir les villes parce que nous savons qu'à ce niveau aussi il ya quelques difficultés qui se posent ?
Vous savez le terme lotissement a été galvaudé. On essaye de mettre quatre bornes n'importe où ; le terrain est nu, avec des bosses, avec de la broussaille, et on vous dit voilà votre parcelle. Le lotissement n'est pas comme cela. Lors d'un lotissement, normalement vous avez le terrain viabilisé, et sur le terrain à lotir vous devez prévoir tout ce qu'il faut comme infrastructures tels que les VRD, c'est-à-dire les réseaux divers, en électricité, en adduction d'eau, l'aménagement des rues à l'intérieur du terrain ; vous devez prévoir les équipements socio économiques. Mais rares sont les lotissements qui répondent à ces critères. Et en plus, on ne doit numéroter un lotissement que si on a contrôlé que le plan a été exécuté conformément aux textes en vigueur, et au schéma de l'urbaniste. C'est l'urbaniste qui projette le lotissement, et les topographes l'appliquent sur le terrain. Tant que tout cela n'est pas respecté, on ne doit pas numéroter. Mais malheureusement, n'importe qui dessine un plan de lotissement et on le numérote. Et souvent quand vous partez pour visiter votre parcelle, elle n'est même pas matérialisée. C'est pourquoi, nous sommes en train de reprendre tout cela.
Dorénavant, aucun privé ne peut réaliser des lotissements. Le gouvernement a déjà tranché, il a pris sa décision. Elle est encadrée par une loi. Les lotissements se font maintenant à l'initiative du ministère en charge de l'Urbanisme et des Mairies. Ce sont eux seuls, et d'autres démembrements de l'Etat qui peuvent réaliser des lotissements. Voilà déjà les garde-fous que nous avons mis.

D'autre part, nous avons élaboré un projet de guide pour réaliser un lotissement. Et ce projet de guide, nous l'avons distribué à tous les Maires depuis le Forum d'Agadez tenu au mois de juillet 2018. Nous l'avons également distribué à tous nos services régionaux, et nous allons recueilli leurs observations. Certains Maires n'ont pas encore répondu. Nous avons leur accordé un délai en passant par leur ministère de tutelle. Bientôt, nous allons soumettre ce projet au gouvernement. Si le gouvernement l'adopte, un décret sera pris. Tout celui qui sort du cadre de ce guide sera alors dans l'irrégularité. L'avantage de ce dispositif est qu''il n'y aura plus de conflit. Personne ne viendra dire « qu'on a loti mon champ, je ne suis pas au courant, ou encore le lotissement n'est pas matérialisé, ou bien les normes ne sont pas respectées etc... ». Tout sera respecté parce qu'il y aura des enquêtes. Le comité municipal siégera, la commission d'urbanisme siégera.

On parle de lotissement, à Niamey, il y a également le problème de la ceinture verte. Qu'est-ce qui est véritablement fait sur ce dossier de la ceinture verte ?
La ceinture verte est effectivement un dossier très épineux. Depuis 2016, par lettre n°46 du 20 avril 2016, SE le Premier Ministre avait instruit un comité interministériel qui avait été mis en place pour réfléchir et agir sur la situation de la ceinture verte. Vos équipes ont suivi cette mission interministérielle à travers la ceinture verte. Après cela, mes collègues et moi-même, nous avions effectué plusieurs missions. Et sous la présidence du Ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, ce comité travaille en collaboration avec la ville de Niamey, le Gouverneur de Niamey, et le ministère de l'Environnement, de la Salubrité Publique et du Développement Durable. Nos experts ont travaillé ensemble. Ils ont tenu compte de toutes les observations, de toutes les recommandations, et tous les documents qu'il faut, ont été compilés. Nous avons transmis déjà le dossier au Ministre d'Etat. En principe ces documents doivent être maintenant au niveau du Secrétariat Général du Gouvernement qui demandera l'avis du Conseil d'Etat parce qu'il faut faire tout avec prudence.
Le citoyen doit savoir que l'Etat est la puissance publique et l'Etat défend l'intérêt général, l'intérêt de tous les citoyens. Quand des individus agissent pour leurs propres intérêts, l'Etat lui, vient garantir l'intérêt général. Vous savez qu'il ya eu un conseil des ministres, où le premier draft lui a été soumis. Le Président de la République a instruit le Comité interministériel pour que tout ce que l'on peut sauvegarder soit sauvegardé dans la ceinture verte. Sa vocation initiale, c'est d'être un poumon écologique pour la ville de Niamey. Niamey est une grande ville, et en tant que capitale, elle est la vitrine du Niger. Nous avons donc repris les drafts, nous avons repris les expertises et bientôt, certainement, le ministre d'Etat, en charge de l'Intérieur, qui préside ce comité interministériel, viendra donner des détails par rapport à toutes les dispositions qui ont été prises. Mais d'ores et déjà nous avons recensé tout ce qu'il ya eu comme lotissements là-bas ; toutes les places occupées et tout ce qui doit être préservé ; une étude complète avec tous les arrêtés, et tous les documents nécessaires pour que le Conseil d'Etat puisse nous dire son avis.

Le président de la République a toujours prôné une politique de construction de logements sociaux. Qu'est-ce qui est fait à ce sujet M. le ministre ?
C'est vrai que depuis le premier mandat, Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l'Etat, avait à cœur de faire quelque chose par rapport à ce problème épineux de logement qui se pose dans les grandes villes et en particulier dans la capitale Niamey. On avait prévu de construire 5000 logements ; il ya eu quelques logements qui ont été réalisés, mais cela n'a pas empêché que le programme de renaissance Acte II prévoie la réalisation de 25.000 logements sociaux à l'horizon 2021. C'est vrai que c'est très ambitieux, et c'est un peu difficile aussi parce que vu toutes les contraintes que nous avons : les différents chocs sécuritaires, la chute du coût des matières premières, et les secteurs prioritaires que nous avons comme la santé, l'eau, l'éducation, l'agriculture, c'est très difficile d'allouer une enveloppe conséquente à certains secteurs.
Malgré cela, nous agissons à travers les instruments que nous avons mis en place. Le premier, c'est d'abord une politique des logements sociaux, une stratégie : la création d'une banque de l'habitat, pour réaliser ces logements, notre stratégie c'est aussi le partenariat public privé. Nous avons pris langue avec beaucoup de partenaires. Donc il y a ce partenariat, il y a la banque de l'habitat, le gouvernement a également créé un fonds de l'habitat. Nous avons aussi la Société Nigérienne d'Urbanisme et de Construction Immobilière (SONUCI). Nous avons déjà un chantier de 557 logements dans le 5ème Arrondissement de Niamey dont un certain nombre est déjà terminé. SONUCI est aussi en train de réaliser d'autres logements.
Nous avons tout récemment eu la non objection de Son Excellence M. le Premier Ministre pour signer des conventions avec des partenaires pour lesquels les négociations sont pratiquement terminées. Ce sont des conventions pour réaliser 1000 logements, 550 logements, 5000 logements, grosso modo 6550 logements. Nous avons eu aussi la non objection pour négocier pour 1000 logements avec un promoteur nigérien où l'Assemblée Nationale est impliquée. Donc nous aurons 7.550 logements.
Tout récemment en Chine, nous avons signé avec une grande société de construction chinoise un mémorandum pour réaliser 25.000 logements. La société commencera par une tranche de 2.000 logements parce que cela nécessite un certain nombre de garanties. Ces garanties ont été données par la banque de l'habitat et par le Fonds de Solidarité Africaine. Donc, cela nous permettra d'atteindre les 9.550 logements. C'est du concret. Nous attendons la finalisation de tout cela. Nous signeront bientôt les trois (3) conventions et nous lanceront les travaux des 6.550 logements. Par ailleurs, nous avons d'autres propositions très intéressantes qui sont dans le circuit parce que vous savez que maintenant le ministère des Finances est très impliqué dans les conventions.

Vous parliez tout à l'heure de la SONUCI. Quelle est sa situation actuelle et quelle est sa contribution dans le cadre de la politique des logements sociaux au Niger ?
La société SONUCI est un démembrement de notre ministère. C'est une société autonome qui aménage des terrains qui les vend, qui construit des maisons qui les vend. Malheureusement à un certain moment elle s'est un peu dévoyée dans l'investissement, dans le foncier, des terrains nus qu'elle achète par-ci par-là. Il ya eu quelques problèmes, et elle n'a pas pu réaliser ses objectifs. Et cela l'a plombée, et l'a plongée dans une grande difficulté financière, avec des agressions des différentes banques. Nous avons pu les calmer parce que la SONUCI a de belles perspectives devant elle. Le gouvernement a aujourd'hui nommé des responsables qui ont de l'expérience dans le management, comme la PCA et le DG qui est aussi un gestionnaire. Avec ces deux responsables, nous pensons que la SONUCI sortira de l'ornière. Elle a des chantiers qu'elle est en train d'exécuter, soit en aménagement des terrains simples pour vendre, soit dans le domaine des constructions. Il ya certes des difficultés mais moi je suis très optimiste. Nous avons beaucoup d'autres projets avec SONUCI, et Incha Allah elle sortira de l'ornière.

Est-ce que les normes techniques sont respectées dans le cadre de la construction des immeubles à Niamey ?
Vous savez, cela relève du passé quand les citadins se réveillent pour construire à l'improviste. La ville de Niamey a pris les choses en main. Nous avons mis en place des commissions. Nous avons mis en place la commission de délivrance des permis de construire ; la commission de contrôle de qualité, qui est sous la coupe directe de notre ministère; le comité d'inspection sur le terrain. Tout cela procède de la mise en application de la loi. La loi 2017-20 du 12 avril 2017 et son décret d'application n° 302 du 27 avril 2017 pour la délivrance du permis de construire.
En 2018 également, le Président de la République a promulgué la loi 2018-25 du 27 avril 2018 sur les principes fondamentaux de la construction et de l'habitation. A ce niveau aussi, il y a eu le décret d'application. Donc c'est encadré, on ne peut plus construire comme on veut. C'est vrai, les équipes doivent être étoffées, c'est vrai que dans les autres villes des régions ces commissions doivent être mises en place. Très prochainement là où ce n'est pas fait, nous allons attirer leur attention pour que toutes ces dispositions soient prises.

Monsieur le ministre, certains édifices publics sont très vieux, ils sont vétustes. Quand est-il de leur réhabilitation ?
Les contraintes financières ont fait qu'en 2016, et 2017 l'Etat s'est beaucoup plus intéressé aux dépenses prioritaires. L'horizon commence à s'éclaircir ; nous reprendrons en 2019 la réhabilitation des bâtiments. Déjà, certains bâtiments, qui étaient menacés (cas du Palais des Congrès), ont été réhabilités. L'immeuble BDRN qui devait être réhabilité ne l'a pas été intégralement, compte tenu de la faiblesse des ressources disponibles. Nous faisons l'essentiel surtout l'étanchéité.

Il sera réhabilité par l'Etat ?
Quand c'est urgent, comme la Cour d'Appel, le tribunal des grandes instances, l'Etat trouve les moyens pour le faire promptement. En 2017, on n'avait pas eu une enveloppe conséquente par rapport à cela. Par contre, en 2019, l'Etat a tenu compte de ces contraintes et nous aurons une dotation qui nous permettra de reprendre les chantiers qui étaient en arrêt et aussi de réhabiliter les édifices qui doivent l'être rapidement.

Votre ministère a en charge la modernisation des villes. Qu'est-ce qui est fait en la matière ?
vous êtes l'un des principaux témoins de la modernisation des villes. Aujourd'hui, si vous visitez Dosso, Maradi, Agadez, Tahoua; vous remarquerez que toutes ces villes ont changé de physionomie. C'est maintenant le tour de Zinder. Vous avez vu ce qui est en train de se faire. La voirie dans la ville de Zinder, c'est 17,2 km, répartis entre le tronçon de l'Aéroport jusqu'au Centre-Ville auquel il faut ajouter le grand axe Est-Ouest du défilé et le tronçon de la route venant de Magaria et continuant sur Tanout. Ce qui transformera complètement la ville de Zinder. Ce sont des milliards qui seront ainsi injectés. Il ya des ouvrages essentiels pour la fête tels que la piste de l'Aéroport qui était complètement dégradée et qui sera entièrement reprise. Il y aura un nouveau Salon d'honneur, une nouvelle salle d'embarquement et de débarquement. Nous aurons aussi une nouvelle tribune officielle, une nouvelle case présidentielle. Le stade, la Maison des jeunes, l'ORTN, ainsi que d'autres édifices seront aussi réhabilités.
Nous suivons tous ces chantiers de très près avec les bureaux d'études et notre direction régionale. C'est un programme triennal. Tillabéry est en train de se préparer en faisant l'étude des sites et des besoins en infrastructures. Pour Diffa aussi, le comité a été mis en place, et il a commencé à travailler. Ils ont une bonne longueur d'avance par rapport aux autres régions qui ont abrité la fête tournante.

Monsieur le ministre, vous avez en charge également l'institut géographique national du Niger. Que devient-il ?
L'institut Géographique National du Niger, j'ai même été son DG fondateur. Cet institut est là. Il a ses attributions. Malheureusement à un certain moment l'institut a dévié de ses attributions pour faire de travaux qui relèvent des cabinets de géomètres au lieu de s'attaquer aux vraies demandes des usagers. Ces demandes sont d'abord les cartes au 1/200 000, les cartes au 1/100 000, les cartes au 1/50 000. Parce que vous ne pouvez pas développer un pays si vous ne le connaissez pas. Ce n'est pas possible. Si vous voulez faire de l'aménagement du territoire, il vous faut des cartes, si vous voulez faire l'agriculture, il vous faut des cartes, si vous voulez aller à la guerre, il vous faut des cartes, si vous voulez construire des routes, il vous faut des cartes également, etc...

A un certain moment l'institut s'est mis à faire des levers, des lotissements. Depuis mon arrivée à la tête du ministère, j'ai dit d'arrêter tout ça. Ils doivent se concentrer sur leurs attributions. Le pays doit avoir des cartes. Nous avons la bande sud du 16ème parallèle qui doit être dotée de cartes au 1/50 000. Nos cartes sont obsolètes. C'est vrai que l'IGNN est en train de réviser toutes les cartes aux 1/200 000 qui datent des années 1960. Mais ce travail doit continuer de façon plus fine, pas de façon grossière. Vous savez il ya aussi une autre infrastructure qu'on oublie: ce sont les bornes. Dans un pays vous avez un maillage des bornes qu'on appelle communément repères. Ces repères sont connus en latitude, en longitude, et en altitude. Et ces repères là sont utilisés par beaucoup d'autres aménagistes. Si vous voulez construire un barrage, vous allez chercher ses repères ; si vous voulez faire un aménagement hydroagricole, vous cherchez ses repères ; si vous voulez délimiter une frontière vous cherchez ses repères ; si vous voulez construire une route ou un barrage ; vous demanderez où sont les repères de l'IGNN ? Certains repères ont disparu. La plus part de ces repères ne sont pas précis parce qu'ils datent de la période coloniale avec une précision de 150 mètres.
Nous avions fait à notre temps ce que nous pouvions faire, mais aujourd'hui notre bataille est que tout le pays soit encadré par des bornes précises. Parce que aujourd'hui nous avons la technologie de pointe qui est satellitaire, et qui nous permet d'avoir des images pour vite réviser nos cartes, les mettre à jour. Cette technique satellitaire nous permet aussi d'avoir des repères très précis, au mètre près. Cela veut dire que même dans la recherche minière, dès que vous avez un repère de l'IGNN, vous pouvez vite délimiter votre permis, faire votre recherche géologique. Nous voulons changer même l'appellation de l'IGNN. Nous voulons qu'il soit un Institut Nigérien d'Informations Géographique et Foncière. Parce qu'aujourd'hui l'IGNN doit livrer différents types de produits aux utilisateurs.
Chaque ministère doit avoir un système d'information géographique. On parle de carte scolaire, au niveau de la santé il ya le système d'information sanitaire ; vous devez savoir sur carte, où se situent vos hôpitaux, vos CSI, vos cases de santé etc... En matière d'hydraulique, vous devrez être en mesure de positionner vos points d'eau (forages, puits, etc...). L'information foncière est aussi très importante avec les cartes cadastrales. L'IGNN doit livrer des produits au ministère des Finances pour l'assiette fiscale de l'immobilier. Il doit livrer des produits à l'armée ; il doit livrer des produits au ministère de l'agriculture et à d'autres utilisateurs.

Même les autres pays ont changé l'appellation de leur institut, et même la France, notre référence l'a fait. Les partenaires sont plus sensibles quand vous leur parlez d'information géographique ou d'information foncière. Quand vous dites institut géographique, on vous dit : « ça c'est votre souveraineté, c'est vous ». C'est très difficile qu'on vous donne des fonds pour créer vos cartes ou bien pour créer vos repères. Mais certains pays le font quand même. Et je profite de l'occasion pour les remercier, comme la France, le Japon, l'Algérie ainsi que la Chine et la Turquie qui promettent de nous appuyer.

Interview réalisée lors de l'émission
"Entretien du Dimanche" de Télé Sahel

02/11/18


inviteMonsieur le secrétaire permanent, pouvez-vous nous présenter cette structure dont vous avez la charge ?
Le Haut Conseil pour l'Investissement au Niger (HCIN) est une structure créée et placée sous l'autorité directe du Président de la République et a pour rôle d'être la plateforme de dialogue public-privé en vue d'impulser les actions ayant pour finalité de promouvoir et d'assainir l'environnement des affaires et de définir les priorités du secteur privé. A ce titre, il est chargé de : fixer les orientations liées à la mise en oeuvre de la politique d'investissement privé ; suivre l'exécution de la stratégie nationale de la promotion des investissements privés ; prescrire toutes mesures nécessaires aux évolutions constatées en matière d'investissement privé et susciter les mesures incitatives cohérentes pour les investissements privés et s'assurer de leur exécution.

Quel est concrètement le travail du secrétariat permanent du Haut Conseil pour l'Investissement au Niger?
Le Secrétariat Permanent est le bras technique et administratif du Haut Conseil pour l'Investissement au Niger. Il a pour mission de : préparer les réunions, assister les départements du HCIN et assurer l'interface avec les partenaires publics et privés dans la mise en œuvre des recommandations ; dresser régulièrement un diagnostic approfondi de l'environnement des affaires dans tous ses aspects et formuler des propositions opérationnelles ; accompagner, au plan technique et financier, les administrations concernées par les réformes ; accompagner, au plan politique et administratif la réalisation des investissements, notamment ceux qui ont de volume important en termes de caractère stratégique ; faire le suivi personnalisé de l'évolution des idées et projets d'investissements ainsi que des investissements en cours ou réalisés ; suivre les engagements pris par les partenaires et les investisseurs étrangers lors des grandes rencontres internationales ; suivre tous les rapports, indices et plan d'actions visant l'amélioration du climat des affaires ; élaborer et mettre en œuvre un plan de communication efficace qui contribue à une large diffusion des acquis du Niger en matière d'amélioration du climat des affaires et qui fait la promotion de l'image de marque du Niger auprès des investisseurs ; appuyer les administrations publiques et les investisseurs privés dans les différentes étapes de préparation, d'évaluation technique et financière, d'approbation, d'attribution et de négociation des contrats de partenariat public privé ; assurer le suivi opérationnel des investissements privés au Niger ; préparer un rapport semestriel à présenter lors des sessions du Conseil et préparer un rapport mensuel à adresser au Président du Comité Interministériel.

La création du Haut Conseil pour l'investissement au Niger procède de la volonté des autorités nigériennes à s'appuyer sur cet outil dans le cadre d'un vaste programme visant la transformation du pays. Comment fonctionne le Haut Conseil pour l'Investissement qui est une innovation de l'architecture étatique au Niger ?
Le HCIN est organisé comme suit : un Conseil d'Orientation Stratégique pour l'Investissement privé (COSI) présidé par le Président de la République ; un Comité Interministériel présidé par le Premier Ministre ; un Secrétariat Permanent qui organise les activités opérationnelles et techniques. Concrètement, en fonction des thématiques à traiter, le Secrétariat Permanent organise des réunions entre le secteur public concerné par la problématique à traiter et le secteur privé. Ces réunions se déroulent dans un groupe de travail présidé par une autorité reconnue pour son expertise sur la question. Cette autorité peut être soit du secteur public ou du privé. Une fois un consensus trouvé autour de la question, le SP organise une autre réunion autour du Ministre sectoriel concerné pour qu'il s'approprie de la solution proposée et détermine son délai de mise en œuvre. Après il y a une réunion interministérielle autour du Premier Ministre pour évaluer la faisabilité politique, technique et financière de la solution. Si la solution est entérinée, alors le Comité d'Orientation Stratégique se retrouve autour du Président de la République pour apprécier et adopter définitivement la réforme proposée. A la suite, le Secrétariat Permanent se chargera du suivi de la mise en œuvre au niveau du ministère sectoriel concerné et des rapports trimestriels sont dressés pour informer le Président de la République pour l'informer de la mise en œuvre. Il faut noter que le Comité d'Orientation Stratégique est composé aussi du secteur privé que du secteur public.

De sa création à aujourd'hui, quelles sont les actions concrètes que vous avez posées dans le cadre de la promotion du secteur privé nigérien qui est incontestablement le moteur de la croissance économique de notre pays ?
Depuis sa création, le HCIN a initié plusieurs actions notamment les actions de promotions et d'orientation des investisseurs. Mais la priorité a été d'abord, de travailler sur la visibilité. C'est ainsi que nous avons organisé un « sideevent », à New York pour exposer à des investisseurs sélectionnés en fonction de leur intérêt pour le Niger, les opportunités d'investissement au Niger. Nous avons fait le même exercice à Ankara, à Toronto et tout récemment à Beijing. Ces types de manifestations vont se produire à Johannesburg et dans d'autres capitales pour exposer au monde entier que le Niger est une terre d'opportunités et une destination privilégiée pour les investisseurs. Nous étions présents au dernier CEO forum d'Abidjan où nous avons présenté devant plus de 20 investisseurs les projets prioritaires du Niger. Nous serons présents au prochain à Kigali avec une journée dédiée au Niger.
Le HCIN a aussi à son actif l'organisation de plusieurs événements de matchmaking entre les investisseurs étrangers et hommes d'affaires du Niger notamment la rencontre avec les investisseurs de l'Union Européenne, les investisseurs indonésiens, l'African Trade Insurance. Très prochainement, nous organiserons, une mission d'AFRIEXIM Bank pour venir exposer ses instruments et mécanismes d'intervention pour aboutir à la première intervention de cette banque au Niger.
Le HCIN a pris une part active dans l'organisation de la conférence de la renaissance sur le Plan de Développement Economique et Social et l'élaboration de la feuille de route du secteur privé. Il jouera un rôle actif dans sa mise en œuvre.

Vous avez certainement besoin d'inciter aussi bien les investisseurs nationaux qu'internationaux à travers un cadre réglementaire et institutionnel adéquat. Qu'est-ce qui a été fait dans ce sens pour attirer les investisseurs à venir au Niger ?
Pour attirer le maximum d'investisseurs, le HCIN a initié la création de l'Agence Nigérienne de Promotion des Investissements et des Projets Stratégiques qui jouera le rôle de guichet unique pour ce qui tourne autour de la question de l'attraction, de la facilitation et de la promotion des investissements privés en dehors des activités de création des entreprises qui sont dévolues à la maison de l'entreprise. L'autre action majeure c'est la réforme du cadre des PPP pour lui donner plus de crédibilité, d'expertise et de réactivité dans la prise en charge des sollicitations des investisseurs.

Quels sont vos rapports avec la chambre de commerce qui est le pivot central de la promotion du secteur privé au Niger ?
La chambre du commerce en tant qu'organisation d'encadrement du secteur privé est un acteur essentiel dans l'écosystème de la promotion et du développement du secteur privé. En ce sens, nous développons une synergie positive et cohérente dans nos approches et collaborations. Nous cherchons à chaque fois d'avoir les mêmes points de vue sur toutes les réformes qui concernent le secteur. Tel a été le cas pour la création de l'Agence Nigérienne de Promotion des Investissements et des Projets Stratégiques. Nous travaillons ensemble sur la charte des Petites et Moyennes Entreprises (PME), sur la stratégie de développement du secteur privé ainsi que sur le small business etc.

Réalisée par Hassane Daouda(onep)
26/10/18


INSMonsieur le Coordonnateur, l'Institut National de la Statistique (INS) réalise la première Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM) auprès des Etats membres de l'UEMOA. Pouvez-vous nous expliquer ce qu'est d'abord une enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages ?
Avant de répondre à vos questions, permettez-moi d'abord de remercier très sincèrement votre journal, pour l'intérêt qu'il porte à nos différents types d'activités et plus spécialement celles liées aux questions de statistiques et de démographie qui, je dois le dire, sont d'un intérêt capital dans un pays comme le nôtre. Est-il encore besoin de rappeler que ce sont les données recueillies par les statistiques qui permettent de mesurer le degré d'avancée dans un pays ? Pour ce qui est de votre question, à savoir qu'est-ce qu'une enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages, j'aimerais rappeler que les micro-données nécessaires au suivi et l'évaluation des politiques publiques proviennent principalement de quatre (4) sources : les enquêtes auprès des ménages, les recensements de la population ; les statistiques de sources administratives et les données électroniques.
L'une des difficultés que nous rencontrons est la non fiabilité des données électroniques et/ ou administratives, tandis que les statistiques administratives ne portent que sur les individus en lien avec l'administration. Quant aux recensements généraux de la population, leurs coûts financiers sont tels qu'on ne peut les réaliser qu'une fois tous les 10 ans au minimum alors que les besoins sont pressants. De ce fait, les enquêtes constituent la principale source de données pour la production de l'information statistique dans nos pays en développement. Ce constat ayant été fait dans nombre de pays, la commission de l'UEMOA a réalisé une étude sur l'état de la pauvreté au sein de l'UEMOA, qui a relevé que « les variabilités des méthodes et des périodes des mesures de la pauvreté réduisent les comparabilités spatiales et temporelles entre pays ». Ceci a conduit la commission de l'UEMOA à envisager un projet d'harmonisation et de modernisation des enquêtes auprès des ménages dans les Etats membres. Voilà donc pour ce qui est de la définition de l'enquête Harmonisée...

En quoi cette démarche constitue-t-elle, en soi, une nouveauté ?
Les deux raisons qui plaident pour cette harmonisation sont d'une part la nécessité de disposer au niveau international, de normes en matière d'enquêtes pour le suivi de la pauvreté et des conditions de vie des ménages comme dans tous les autres domaines de la statistique, et d'autre part, l'adoption des Objectifs de Développement Durable (ODD) pour la période 2015-2030. Ce projet, permettez-moi d'insister, présente plusieurs avantages : l'harmonisation facilitera la comparaison des données statistiques des différents pays. Ensuite, elle rend plus facile le dialogue sur la pauvreté en ce sens qu'elle permet de calculer des indicateurs de manière plus transparente pour tous les acteurs (gouvernement, société civile, universitaires, organisation internationales,...). On sait que dans nombre de pays, les chiffres sur la pauvreté sont souvent contestés. Quand ils ne le sont pas par les autorités, ils le sont par la Société Civile.

Quelles sont les objectifs poursuivis par cette enquête ?
Le principal objectif est de renforcer la capacité des Instituts Nationaux de la Statistique (INS) des Etats membres de l'UEMOA, de façon à produire régulièrement des données pertinentes, fiables et comparables dans le temps et entre pays, dans le domaine des conditions de vie des ménages et de la pauvreté.

Quelles sont les principales cibles ?
Les principales cibles de cette enquête sont les populations et les communautés dans lesquelles elles vivent. Cette enquête concerne l'ensemble du territoire national.

Comment se prépare cette importante enquête ?
Rappelons tout d'abord que cette enquête est financée par la Banque Mondiale qui a mis à la disposition de l'UEMOA, les moyens qu'il faut. Ensuite un accord subsidiaire a été signé entre l'UEMOA et les Instituts Nationaux de la Statistique des pays membres. A l'INS, après la signature de cet accord, il a été mis en place une équipe de coordination dirigée par le Directeur général. Cette équipe est chargée de l'élaboration de la méthodologie et des outils de collecte des données. Elle est également chargée de la formation des agents enquêteurs, la supervision de la collecte des données sur le terrain. Elle est également chargée de veiller à la qualité des données collectées sur le terrain.
Actuellement nous sommes à l'étape de déploiement des équipes de collecte de données sur le terrain de la vague 1 de la 1ère enquête. En effet, il convient de vous informer qu'il est prévu la réalisation de deux enquêtes, avec chacune deux vagues. Ainsi, il sera déployé sur le terrain, 15 équipes composées chacune d'un contrôleur et de trois agents enquêteurs. Ces équipes sillonneront l'ensemble du pays pendant trois mois. Enfin, pour se rendre compte de l'évolution de la collecte des données sur le terrain et surtout pour veiller à la qualité de ces données, des missions de supervision sont prévues et seront réalisées par des cadres de l'INS.

Quel est le montant du financement de cette enquête ?
Le budget de la première enquête avec deux vagues est estimé à 1milliard 121 millions 399 mille 400 F.CFA.

Quels sont les principaux partenaires techniques et financiers qui y contribuent ?
Les principaux partenaires techniques et financiers de l'EHCVM sont l'UEMOA et la Banque Mondiale.

Avez-vous un message particulier à l'endroit des populations?
Nous lançons un vibrant appel aux populations pourqu'elles apportent tout l'appui nécessaire aux enquêteurs et qu'elles répondent en toute franchise aux questions qui leur seront posées. Elles doivent savoir que les données collectées au cours de ces opérations de collecte sont confidentielles et ne servent qu'à l'établissement des tableaux statistiques.

Réalisée par Oumarou Moussa(onep)
19/10/18



invitMonsieur le Haut Commissaire, pouvez-vous nous définir le concept de «modernisation de l'Etat » qui est le fondement de la création de l'institution que vous dirigez ?
L'expression «modernisation de l'Etat» désigne les actions de type législatif ou réglementaire qui doivent entrainer une transformation substantielle du périmètre d'action ou des méthodes de fonctionnement de l'Etat. Cette transformation « structurelle» vise à améliorer le service rendu aux citoyens. Elle peut passer par des mesures, par exemple, d'informatisation des procédures et des applications concrètes des principes de bonne gouvernance. Aussi, moderniser l'Etat implique le recours à des approches et des techniques récentes, c'est-à-dire modernes, pour organiser et gouverner et gérer l'Etat. Ces approches et ces techniques sont par exemple la démocratie, l'approche de gestion basée sur les résultats et la performance, les TIC, la décentralisation et l'approche participative, etc...
Cette orientation de la modernisation de l'Etat qui s'applique à l'ensemble des pays du monde est un axe fort du gouvernement et est en cohérence avec les objectifs tracés par le Programme de la Renaissance et le Plan de développement Economique et Social (PDES 2017-2021).
Cette expression traduit, il me semble, un objectif plus ambitieux encore que la modernisation des administrations publiques. Elle concerne tous les actes de la vie publique des dirigeants et des citoyens. Elle passe par des actions qui visent le respect du bien public, à l'amélioration des comportements sur la voie publique que ce soit dans le domaine de la sécurité routière, de l'environnement, de la salubrité publique, de la santé. Mon institution balaie un champ extrêmement vaste et est au cœur des actions gouvernementales qui visent à la modernisation sociale, politique et économique. Elle accompagne donc l'ensemble des ministères et des institutions dans leurs démarches.
Comment êtes-vous organisés pour mener à bien cette mission de modernisation de l'Etat ?
Créé par Décret n°2005-361/PRN/PM du 30 décembre 2005, le Haut Commissariat à la Modernisation de l'Etat (HCME) est une administration de mission rattachée au Cabinet du Premier Ministre. Il est chargé, en relation avec les ministères concernés, de concevoir, de superviser, de coordonner, de suivre et d'évaluer toutes les actions tendant à moderniser l'Etat et les collectivités territoriales conformément aux orientations définies par le gouvernement.

Au regard du contexte sociopolitique actuel, le HCME s'est donc positionné en s'engageant dans la recherche de l'efficacité et l'efficience des services publics afin d'accroitre leur performance et faciliter leur accès aux citoyens.
Le HCME a élaboré un document de Politique Nationale de Modernisation de l'Etat (PNME) qui a été adopté par le Gouvernement par Décret n° 233 du 12 Juillet 2013. Cette politique vise à doter le gouvernement d'un cadre de mise en cohérence de réformes tendant à moderniser l'Etat. Elle comprend quatre axes que sont: l'aménagement du territoire et la modernisation des infrastructures; la modernisation de l'administration publique; la promotion de la bonne gouvernance et le changement de mentalité et de comportement des dirigeants et des citoyens.
Depuis son adoption par le Gouvernement, la Politique Nationale de Modernisation de l'Etat est devenue le cadre d'intervention permettant la mise en cohérence, la coordination des programmes en matière de réforme, de modernisation de l'Etat et de promotion de la pratique de la bonne gouvernance sous toutes ses dimensions.
Avez-vous fait un état des lieux sur le fonctionnement de l'administration du Niger ?
Nous avons en effet effectué, en partenariat ave le LASDEL, un certain nombre de diagnostics, ce que nous avons analysé comme des comportements non-observants (c'est-à-dire non conformes aux bonnes pratiques, à la morale ou aux textes législatifs ou règlementaires). Ils ont permis d'identifier les comportements, leurs causes et leurs effets sur l'administration. A partir de ces diagnostics, nous avons proposé des dispositifs appropriés pour conduire les changements de comportements privilégiant l'intérêt général.
Quels sont les maux dont souffre aujourd'hui notre administration ?
Ce diagnostic a été établi à maintes reprises, notamment lors de l'élaboration de la stratégie SDDCI Niger 2035 et à l'élaboration du Plan de Développement Economique et Social PDES 2017/ 2021 et malheureusement les constats sont toujours les mêmes...
Notre administration connaît des maux récurrents : lenteur et lourdeur administrative, mauvaise gestion des compétences, corruption, non adéquation profil/poste, insuffisance de la programmation budgétaire, absence d'évaluation des résultats, problème du statut et de la gestion de la fonction publique. Ces maux sont des maux généraux, mais nos concitoyens connaissent bien leurs traductions concrètes. Elles conduisent à des symptômes tels que les absentéismes récurrents, chroniques et une absence de sanctions. Je vous donne un exemple : un ministre nous a écrit le 27 septembre 2018 pour demander la tenue d'une réunion que je devrais présider au HCME le 10 octobre 2018 à 10 heures. Tenez-vous bien, cette correspondance ne nous est parvenue au HCME que le 10 octobre, soit deux semaines plus tard. Comment expliquer cela dans la même ville de Niamey ? Il y a des responsabilités qu'il faut situer et prendre les sanctions qui s'imposent. Ces comportements révèlent souvent des problèmes plus profonds comme l'impréparation des politiques publiques, une gestion incohérente des ressources humaines et un mauvais emploi des compétences qui existent pourtant dans notre pays. Ces maux conduisent même à des démotivations et des frustrations des fonctionnaires les plus assidus.
On assiste également souvent à une démission de la hiérarchie intermédiaire, qui estime ne pas être soumise au respect scrupuleux des horaires de travail. L'exemple, le bon, doit provenir toujours du sommet. A l'heure actuelle, aucun texte ne permet à un cadre supérieur de conception de se soustraire des horaires de travail légalement fixés. Cet exemple est donné par les plus hautes autorités.
Monsieur le Haut Commissaire, que faut-il faire pour que l'administration du Niger fonctionne comme une administration véritablement moderne?
A n'en point douter, la mise en œuvre de la feuille de route du programme de la Renaissance Culturelle contribuera fortement à dynamiser l'administration à travers le changement de comportements et de mentalités attendu des dirigeants et des citoyens.
Nous avons identifié et tentons de remédier aux comportements qui nuisent à la qualité des biens et services délivrés par l'État. Nous pouvons le faire en respectant des principes de base : recruter les agents selon les besoins de l'administration tant du point de vue qualitatif que quantitatif, planifier les mises en formation des agents, mettre en place des dispositifs de suivi-évaluation des activités de l'administration, évaluer les performances individuelles des fonctionnaires, élaborer des plans de travail, faciliter l'accès à l'information à tous les usagers. Il faut aussi doter l'administration d'outils de travail, notamment des manuels de procédures et des politiques et stratégies d'intervention.
En mai 2014 a été officiellement lancé le «Service Public Ambulant » des mairies des zones nomades. Le dispositif repose sur l'association des communes et des services déconcentrés de l'Etat dans sa mise en œuvre sur le terrain. En mettant à disposition des véhicules adaptés aux diverses situations des communes, nous répondons à la pluralité de leurs besoins dans de nombreux domaines: l'Etat civil (délivrance des actes et pièces), la santé humaine, la santé animale, l'hydraulique, la promotion de la scolarisation et de l'éducation, les questions environnementales. Ce dispositif permet donc un accès facilité à des services publics essentiels. Une extension du dispositif est prévue pour une plus large couverture du territoire, notamment avec le soutien de l'Agence Française de Développement dans le cadre d'un projet intitulé Projet d'Appui à la modernisation de l'Etat pour un service public de qualité sur le territoire (AMESP) qui couvrira dans sa première phase les régions de Diffa et de Tillabéry.
Les premiers bénéficiaires de ces expériences sont les populations, y compris dans les zones les plus enclavées, où les services classiques de l'État interviennent rarement. Ceci dit, pour que plus de résultats concrets puissent être observés, les citoyens sont à titre personnel et par leur changement de comportement porteurs de solutions pragmatiques, acceptables, réalisables. A ce titre, tous les efforts faits pour rationaliser et améliorer les services publics dans ce pays sont à encourager.

Réalisée par Oumarou Moussa(onep)

12/10/18

 

 

 


inviteMadame la maire, présentez-nous la Commune urbaine de Birni Ngaouré.
La Commune urbaine de Birni Ngaouré, a été créée par la loi N° 2002-14 du 11 JUIN 2012. Elle est limitée à l'ouest par les Communes rurales de Fakara et N'Gonga ; au sud par celles de Kankandi et de Fardji; au nord par N'Gonga et à l'est par la commune de Golé. Le chef-lieu de la Commune qui est Birni Ngaouré est situé à 33 kilomètres de Dosso et à 105 km de Niamey, la capitale – ce qui fait d'elle un carrefour de brassage et d'échanges de cultures. La Commune couvre une superficie de 516 Km2 ; elle compte 62 villages et quartiers administratifs. Sa population est majoritairement composée de Peulhs, Zarmas, Haoussas et des Touaregs ; elle est estimée à 53 323 habitants selon le RGP/H 2012. Les activités des populations de la Commune sont l'agriculture, l'élevage et le petit commerce.

Votre Commune étant un important carrefour économique, peut-on estimer que Birni N'Gaouré est une Commune riche ? Ou plutôt, a-t-elle les moyens de sa politique ?
La Commune n'est pas riche parce qu'elle n'a pas les moyens de sa politique. A titre d'exemple, le PDC qui est quinquennal a un taux d'exécution qui tourne autour de 15 à 20 %.

La Commune dispose d'importantes potentialités : que fait le Conseil municipal pour les exploiter ou les faire exploiter au profit de la population ?
La Commune a des potentialités. Les potentialités sont l'agriculture, le natron, le commerce, l'artisanat, la richesse des nappes phréatiques, la pêche dans les mares permanentes et l'élevage.
Les stratégies mises en place par le conseil municipal sont que, en premier lieu, les sessions sont régulièrement tenues. La sensibilisation sur l'incivisme fiscal et la motivation de la population à retourner vers la terre, et aussi la sensibilisation sur la quiétude sociale, la tenue des restitutions publiques des actions communales, la tenue des cadres de concertation qui regroupent tous les acteurs de développement, l'exécution des décisions issues des différentes sessions après délibération prise en conseil communal. A titre indicatif, pour le budget 2017, le taux de recouvrement de la Taxe Municipale est de 87 % et les investissements sont de l'ordre de 63 %.
En plus, nous sommes constamment à la quête permanente des partenaires au développement pour appuyer la Commune.

Quel est l'état de mise en œuvre du transfert des compétences de l'Etat aux Communes dans votre collectivité ?
Depuis la cérémonie officielle des transferts de compétences, la Commune attend la suite pour un début ; l'on peut dire que les actes sont là. Au niveau de l'hydraulique, les décisions viennent des Communes ; globalement, nous pouvons dire que la maîtrise d'ouvrage est totale car le ministère de l'Hydraulique a transféré depuis 2011 les compétences au niveau des communes.
Dans le domaine de l'éducation, nous sommes au stade premier; celui de la situation du patrimoine par commune (effectif des élèves ; des enseignants ; des classes ; des mobiliers). Aussi, les inspections ont été créées pour chaque commune.

Qu'est-ce qu'il en est de la voirie et de l'assainissement dans la ville de Birni N'Gaouré qui est située dans une cuvette traversée de cours d'eau et de mares ?
En effet, la Commune est assise dans une cuvette (le dallol). Les inondations sont récurrentes et posent un problème social sérieux. Gérer les eaux pluviales usées a été toujours au centre de nos préoccupations.
S'agissant de l'assainissement, la Commune a adopté la politique des latrines publiques ; et aussi avec des partenaires, nous avons entrepris l'ATPC (Assainissement total piloté par la communauté). Toutes ces stratégies visent à prévenir les épidémies. Par rapport aux problèmes d'évacuation, c'est-à-dire de drainage d'eau, la Commune n'a pas les grands moyens pour creuser des caniveaux énormes d'évacuation des eaux mais des politiques sont mises en place à travers des petites canalisations. La Commune, avec le concours d'un partenaire, a prévu l'achat d'une
vidangeuse. Traditionnellement, la population déverse sur les voies les eaux usées et les déchets, ceci n'est pas sans conséquence sur la santé de la population.
Par rapport à la salubrité publique, une équipe de balayeuses, recrutées par la Commune, fait l'effort de balayer la RN1 et les artères principales. Dans chaque quartier, une décharge publique est identifiée ; malheureusement, aucune n'est gérée par la population.
L'éclairage public est assuré par des lampes solaires. La Commune manque de projet urbain de relance (PUR). Cette situation crée tout autour des installations anarchiques qui ne sont pas de nature à favoriser la fluidité des eaux de ruissellement. Mais la Commune est en conclave avec le PGRC / DU.

La petite délinquance serait en croissance dans la Commune : qu'est-ce qui l'explique et que faites-vous pour l'endiguer ?
En réalité, la Commune est sérieusement confrontée à cette recrudescence de la petite délinquance sur toutes ses formes. Une situation qui nous inquiète beaucoup et vous savez, dans toute société, ce genre de tares existe. Mais ce problème, la Commune en a fait une priorité. En premier lieu, la Commune a fait un diagnostic pour relever les problèmes qui sont à la base de cette délinquance : le chômage (l'oisiveté), la proximité de la capitale, le partage avec le Nigeria ; pire, la Force publique n'est pas crainte.

La Commune travaille beaucoup avec le service du Développement Social et une ONG de la place. Les moyens sont mis à la disposition de la police pour les patrouilles ; l'apprentissage des petits métiers à travers le Centre de formation en métiers et le SIFA (Site intégré en formation Agricole).

Votre mot de la fin ?
Nos remerciements à Sahel
Dimanche ; la Commune compte beaucoup sur vous pour une meilleure visibilité. Nous espérons qu'à travers ce reportage, beaucoup de partenaires seront intéressés par la Commune. Enfin, nous en appelons aux populations car la gestion communale n'est pas uniquement du ressort du Conseil municipal mais une affaire de tous les administrés.

Par notre envoyé
spécial Soulé Manzo
05/10/18

 

 

 


Ministre-Marth-6Le 1er octobre prochain, les élèves des écoles primaires vont reprendre le chemin de l'école. Cette rentrée scolaire 2018-2019 s'annonce sous des auspices des réformes initiées par les Autorités de la 7ème République. Le ministre de l'Enseignement primaire, de l'Alphabétisation, de la Promotion des langues nationales et de l'Education Civique, M. Douada Mamadou Marthé, a apporté des précisions sur ces réformes.
Monsieur le ministre, la rentrée scolaire 2018-2019 c'est dans quelques jours. Peut-on savoir les dispositions prises, sur le plan national, par votre Ministère pour une bonne rentrée scolaire?

Des dispositions sont prises, d'abord par l'envoi des fournitures scolaires au niveau de toutes les régions. Nous avons aussi procédé aux affectations inter-régionales des enseignants. Nous avons également pris d'autres décisions pour que des nouvelles inspections soient créées, c'est une centaine d'inspections qui ont été créées, dans le cadre du transfert des compétences et de la décentralisation, où il a été prévu une inspection par commune, en respectant les dispositions qui exigent un minimum de trente (30) écoles et entre 50 à 60 enseignants, pour créer une inspection. Ainsi, c'est pour dire que nous sommes à pied d'œuvre pour que la rentrée scolaire se fasse sans difficultés. Dans ce cadre, j'ai rencontré, ici à Niamey tous les Directeurs régionaux de l'éducation, auxquels j'ai confié un certain nombre de tâches à exécuter avant la rentrée. Nous avons aussi envoyé des missions mixtes, composées des agents du Ministère de l'Enseignement primaire, des associations actives dans le secteur de l'Education, des syndicats, dans toutes les régions du Niger. J'ai aussi personnellement rencontré tout ce beau monde pour lui dire comment la rentrée va se faire. Je puis vous assurer qu'actuellement tous les maires ont la liste exacte des écoles qui sont sous leurs responsabilités. Tous les inspecteurs ont aussi la même liste, ils ont aussi la liste de tous les enseignants contractuels, qu'ils ont trouvés. Donc la première des choses, il faut un contact imminent et immédiat entre les maires et les inspecteurs pour mettre en place un cadre harmonieux de travail. Ainsi, j'ai demandé et je le réitère ici à l'endroit de tous les inspecteurs de l'éducation qu'ils prennent attache avec les maires pour se comprendre et pour voir comment leurs relations, leur travail et particulièrement comment cette rentrée scolaire se feront avec beaucoup plus d'harmonie.

En janvier dernier, le gouvernement a adopté en Conseil des ministres le décret portant adoption du Plan de transfert de compétences et des ressources de l'Etat aux communes et aux régions pour la période 2018-2021, dans certains secteurs prioritaires dont celui de l'Education. Qu'est ce qui justifie cette décision et où en sommes-nous par rapport à son application ?

Le transfert de compétences et des ressources de l'Etat aux communes et aux régions est l'expression d'une volonté politique forte des Autorités de la République dans le cadre de la décentralisation et c'est pour nous une excellente chose qui permettra de partager nos responsabilités avec les communes, qui sont, en réalité, les structures les plus proches de l'école. Si par exemple, au niveau d'une commune, si tant est que c'est le Ministère qui va constater la présence ou l'absence d'un enseignant ou de celles d'un élève ou encore s'il s'agit de la construction d'une école ou d'une classe, nous ne pouvons que faire des hypothèses de travail. Parfois nos structures qui vont sur le terrain n'ont pas la maîtrise totale de tous ces aspects. Or, un maire, en tant qu'élu local, a toutes les compétences pour mieux connaître et maîtriser ces questions. C'est donc une sorte de partage des responsabilités entre les maires et l'administration, de façon qu'il y ait un bon fonctionnement et suivi de notre système éducatif. Nous avons près de 19.000 écoles au Niger, à partir de cet instant, il nous faut donc une administration de proximité pour que notre système éducatif redémarre. Par rapport à l'aspect du Plan de transfert de compétences et des ressources de l'Etat aux communes et aux régions, la question qui va immédiatement se poser est celle de la signature des contrats. Tous les enseignants contractuels qui sont dans notre système éducatif, à partir du 1er octobre 2018, vont signer des nouveaux contrats. Contrats qui les rattachent à la Mairie. Donc nous leur demandons urgemment de prendre attache avec les maires pour qu'ils signent ces nouveaux contrats, non pas sur le champ, car le processus peut prendre deux à trois mois. A cet effet, un planning sera fait entre les inspecteurs et les maires, c'est un dispositif interne, pour programmer et savoir pour telle école ce sera à telle date, etc. donc des nouveaux contrats seront signés en 4 exemplaires. Un pour l'enseignant, un destiné à l'inspection, un pour la Mairie et enfin un pour le Ministère. Dans tous les cas même en situation normale c'est cette procédure qui est appliquée. Cependant, il y a le cas des enseignants titulaires, ces derniers ne signent pas de contrats. Ils sont concernés par un acte du préfet du département où se trouve la commune, qui, par décision désigne que tels et tels enseignants sont mis à la disposition de telle commune. Par exemple, le préfet de Kollo, peut dire, les 20 enseignants qui figurent sur cet acte ou sur la décision exerça à N'Dounga sont mis à la disposition de la commune de N'Dounga. Seul lui peut le faire maintenant, il revient au maire, à partir de cet instant, de procéder à l'affectation de ces enseignants titulaires. La même chose pour les agents contractuels, tous les actes administratifs que les préfets ont signés avant, que ce soit les affectations, les nominations des directeurs, tout cela devient caduque. Donc il faut maintenant que le maire prenne un acte, même si c'est pour confirmer un enseignant à son poste. Il faut un nouvel acte, par exemple, pour dire qu'un tel enseignant qui était à N'Dounga est encore confirmé à N'Dounga et changer de commune s'il est affecté ailleurs. Quoi qu'il en soit, même pour un directeur il faut ce nouvel acte. Donc même pour les titulaires il faut des nouveaux actes. Ainsi, aussi bien pour les enseignants contractuels que pour les titulaires il faut des nouveaux actes pour les nommer ou pour les affecter. C'est donc désormais les maires qui font les affectations ou les confirmations, c'est aussi eux qui nomment les directeurs d'écoles même si c'est pour confirmer et c'est eux aussi qui vont créer les écoles. Le décret 2000-457/PRN/MEP du 8 décembre 2000, stipule les conditions de la création d'une école. Après la création de l'école, le maire nous fait, avec l'inspecteur le compte rendu. Les maires, les inspecteurs et les directeurs font donc le recrutement, les affectations, la construction de classes, les transports et la gestion des fournitures. Mais le maire n'a le pouvoir d'affectation qu'au niveau de sa commune, donc il ne peut pas affecter un enseignant d'une commune à une autre. Par contre, le préfet lui, peut mettre des enseignants à disposition d'une commune à une autre. Le Gouverneur peut lui, à son tour, mettre à disposition des enseignants d'un département à un autre, c'est que le préfet et le maire ne peuvent pas faire.

Monsieur le ministre, pensez-vous que nos communes et nos régions ont les moyens pour réussir ce transfert de compétences, surtout quand on sait que certaines communes ne sont pas viables ?

Ce n'est pas une question de viabilité seulement. Car en fait, la commune n'a pas en tant que telle la responsabilité, par exemple, de faire un financement pour l'instant de grande envergure. Il y a des compétences précises qui leur sont reconnues et définies. Il y a des textes qui explicitent ce que le maire doit faire. Par exemple, la construction, l'équipement et l'entretien des infrastructures scolaires; l'acquisition et la gestion de fournitures, l'élaboration de la carte scolaire ainsi que le recrutement et la gestion de contractuels. En vérité, on restera dans le même schéma que nous avons actuellement, à la seule différence qu'il y a des points précis où les maires doivent agir. Par exemple, concernant la construction des classes. Ce n'est pas qu'ils vont construire ces classes mais c'est à eux de faire la passation des marchés, or à l'état actuel des choses, c'est le Gouverneur qui signe les marchés au niveau local ou régional. Donc au lieu que le Gouverneur signe le contrat de la construction d'une classe, c'est maintenant au maire de le faire. Et le paiement ne se fera pas par le budget de la commune, mais par l'agent spécial donc le responsable financier au niveau du département. Donc on ne donnera pas les biens de l'Etat aux communes, en tant que tel mais plutôt on donnera la responsabilité d'attribution des marchés aux maires et les paiements se feront par les responsables financiers départementaux. Concernant les salaires des enseignants titulaires et des contractuels, à l'état actuel des choses, les états de paiement sont signés par les inspecteurs et les préfets. A partir de décembre 2018 ou janvier 2019, certes les inspecteurs garderont leur signature, au lieu que les préfets signent c'est aux maires d'apposer leurs signature sur ces états de paiement et ce paiement se fera toujours au niveau des départements. Si on continuait de payer par billetage, il y aura à termes des problèmes. C'est donc pour qu'il n'y ait pas de confusion que nous allons demander à tous les enseignants du Niger, titulaires comme contractuels, d'ouvrir un compte. Ainsi, automatiquement, de la même manière que moi fonctionnaire je suis payé à travers mon compte bancaire, l'enseignant, contractuel ou titulaire, quelle que soit sa localité, le sera aussi par l'entremise d'une banque...

...Et dans les localités où les banques n'existent pas ?
A ce niveau c'est des mutuelles qui s'en chargent. Par exemple, à un certain moment nombreux sont les contractuels qui étaient à Asusu, maintenant nous sommes en train de négocier avec Al-Izza et Nita qui sont des agences de transfert d'argent, et qui sont beaucoup plus déconcentrées et implantées un peu partout sur notre vaste territoire, pour que ces enseignants puissent, à travers ces mutuelles et ces structures, accéder à leurs salaires et pécules et que la répartition se fasse sans accroc. Surtout qu'il y a la question de la gestion de temps scolaire. Certains enseignants, pour chercher leurs salaires prennent jusqu'à 15 jours. Souvent ils arrivent à l'endroit où ils doivent percevoir les salaires et on leur dit qu'il n'y pas de disponibilité financière. Ce qui prolonge la durée d'attente. C'est aussi pour éviter ces genres de désagrément que nous avons pris des mesures, pour qu'au même moment que le paiement des fonctionnaires se fait dans les banques, qu'aussi ces enseignants, contractuels et titulaires soient payés par ces
mutuelles et ces agences de transfert d'argent.

L'année scolaire 2017-2018 a été caractérisée notamment par un important redéploiement des enseignants contractuels hors de Niamey. Redéploiement qui continue d'ailleurs et qui fait beaucoup parler de lui. Où en est-on sur cette question ?
Ces redéploiements entrent dans le cadre d'une gestion rationnelle du personnel. On s'est retrouvé, dans les centres villes avec beaucoup d'enseignants, certaines classes enregistrent des surplus d'enseignants alors que dans certaines localités vous avez des écoles qui n'ont pas suffisamment de maîtres. A Niamey par exemple, nous avons enregistré 3.800 enseignants en surnombre. Des régions comme Tillabéry, Tahoua et Dosso avaient un besoin. Nous avons aussi constaté qu'à Niamey il y avait plus de femmes en surnombre et surtout elles ne tenaient pas de classes. Nous avons donc décidé de les redéployer, en attendent que nous réfléchissions et trouvions une solution. Nous avons donc affecté environ un millier de ces contractuels hommes comme femmes. Ils ont été principalement redéployés à Dosso, Tillabéry et Tahoua. Au cours de ces vacances, nous avons fait le point. Pour essayer de rapprocher les épouses de leurs maris et de leurs enfants. Nous avons donc essayé de faire une réorganisation au niveau de Niamey. Ainsi, 126 secteurs pédagogiques ont été créés qui seront dirigés par des Conseillers pédagogiques et des inspecteurs faisant fonction. A ces secteurs pédagogiques nous allons envoyer 2 à 3 anciens enseignants ayant des numéros matricules tournant entre 50 à 60.000, car on pense qu'ils sont les plus expérimentés. Nous allons leur apporter une formation en encadrement et c'est eux qui vont servir d'encadreurs des nouveaux enseignants qui seraient sur le terrain, particulièrement à Niamey. Avec ce processus, nous allons créer un besoin à Niamey. Si nous arrivons à créer un besoin de 200 voire 300 postes, nous allons ramener certaines femmes mariées à Niamey. Les autres, nous allons là aussi fait le point pour essayer de ramener certaines dans la périphérie de Niamey. Au niveau de cette périphérie, nous avons créé l'inspection de Liboré, N'Dounga, Bitinkodji, Kollo, Karma et Hamdallaye. Nous avons affecté quelques 400 enseignants à affecter au niveau de cette périphérie et cela juste pour faire venir les femmes mariées redéployées à Tahoua, Dosso et Tillabéry. C'est pour dire, qu'en tous cas, nous sommes en train de prendre toutes les mesures nécessaires pour ramener ces femmes auprès de leurs enfants et de leurs époux.

Réalisée par par Mahamadou Diallo



inviteMonsieur le Maire, pouvez-vous nous présenter la commune rurale de Falmey?
La commune rurale de Falmey se situe dans la zone Sud-ouest de la région de Dosso. Elle couvre une superficie de 1.172 km2 avec une population de 79.632 habitants. Elle est limitée à l'Est par les communes de Djilladjé et Golé, à l'Ouest par la commune de Kirtachi et le parc du W, au Nord par les communes de Kankandi et de Fabirdji et au Sud par le Bénin.

Quels sont, Monsieur le Maire, les types d'infrastructures publiques dont dispose la commune rurale de Falmey?
Tout d'abord, dans le cadre de la maison du paysan, nous avons une radio communautaire, un magasin central de stockage des vivres, une boutique d'intrants, un magasin pour aliments pour bétail. Nous disposons aussi d'une vingtaine de banques céréalières. En immobilier, nous avons le siège même de la mairie qui comporte tous les services qu'on doit trouver dans une mairie, nous avons un foyer féminin où les jeunes filles de notre commune apprennent entre autres la couture et le civisme. Nous avons aussi le Centre de Formation aux Métiers (CFM) et un Site Intégré de Formation Agricole (SIFA).

Monsieur le Maire, quelles sont les principales sources de revenus de votre commune?
Notre principale source de revenus reste avant tout la taxe municipale ou taxe de marché. Il y a les revenus qui nous viennent des services de l'environnement comme les taxes sur le bois, et les taxes prélevées sur les transporteurs. Nous sommes une commune rurale, donc nous sommes très limités en matière de sources de revenus.
Tout comme dans les autres communes, dans la commune rurale de Falmey, nous rencontrons beaucoup de difficultés dans le recouvrement des taxes municipales. Nos populations sont de plus en plus hostiles à ces taxes. Souvent c'est dû aux pratiques des politiciens. Mais le plus souvent, ce sont des gens riches qui font la promesse de payer l'entièreté des taxes d'un village sur un certain nombre d'années et ne tiennent pas parole. Ils disent aux villageois qu'ils vont payer les impôts du village jusqu'à la fin de leurs mandats ou même jusqu'à la fin de leur vie sur terre. Les arriérés vont s'accumuler jusqu'à arriver à un niveau où la personne ne pourra pas payer. C'est à ce stade qu'elle décide de se désengager et la population ne pourra plus payer. Nous avons des villages qui accumulent 3 à 5 ans d'arriérés d'impôts tout simplement parce que des gens ont fait des promesses et n'ont pas tenu parole.

Y a t-il, Monsieur le Maire, des projets gouvernementaux et non gouvernementaux qui interviennent dans votre commune?
Dieu merci! Nous avons plusieurs partenaires qui nous accompagnent dans notre travail. La Coopération Luxembourgeoise nous accompagne dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'environnement. Nous avons aussi la coopération suisse qui nous accompagne dans les domaines de l'agriculture, de l'environnement, de l'éducation et même de l'équipement, tel que le désenclavement de certaines zones à travers la réalisation de pistes rurales. La GIZ nous appuie dans la coopération transfrontalière avec le Bénin et dans la transhumance.
La cellule crise alimentaire nous accompagne dans le domaine de l'agriculture et de l'alimentation. Nous avons des fédérations comme la fédération des unions des groupements des exploitants de riz (FUCOPRI), la fédération FNEN DADDO qui intervient dans le secteur de l'élevage et de la prévention des conflits, la fédération MORIBAN qui intervient dans les secteurs de l'agriculture, de l'élevage et du social. En plus de ces partenaires cités, il existe plusieurs autres qui nous appuient dans le domaine du développement socio-économique.

Il y a déjà quelque temps, le Gouvernement du Niger a décidé du transfert de quatre compétences vers les communes. Il s'agit de l'agriculture, de l'élevage, de l'hydraulique et de l'éducation. Peut-on dire que le transfert de compétences dans ces secteurs est effectif ?
C'est vrai que les autorités essayent d'accélérer le transfert de compétences dans ces quatre domaines. Dans un premier temps, nous avons été informés et sensibilisés par l'association des maires du Niger (AMN). Ensuite, nous avons été approchés, sensibilisé et formé par plusieurs partenaires de l'État qui voulaient renforcer les capacités des structures impliquées dans ces transferts de compétences, c'est à dire les services techniques concernés, les mairies, les préfets, etc. Tout dernièrement à la 7ème journée des communes du Niger à Agadez, le Premier Ministre, accompagné des ministres concernés, nous a expliqué en profondeur les tenants et aboutissants des transferts de compétences. En hydraulique par exemple, le transfert de compétences a été effectif avant tous les autres services. Il y a huit ans déjà que la gestion des points et des adductions d'eau a été transférées aux communes. Jusqu'à ce jour, nous sommes en collaboration avec les services techniques dans le secteur de l'hydraulique mais en réalité c'est nous qui gérons.
Le transfert de compétences dans le secteur de l'éducation devait commencer il y a de cela un ou deux ans. Le ministre de l'éducation a assuré que cette année, le transfert sera effectif, avec notamment la gestion des contractuels. A partir d'octobre donc, il reviendra à la commune de s'occuper de tout ce qui est école primaire et formation de base. Même la signature des contrats doit se faire à la mairie. C'est donc la mairie, en collaboration avec les services techniques de l'éducation, qui va assurer les prestations d'accueil et de mise en route des enseignants et enseignantes.

Votre mot de la fin ?
Je vous ai déjà parlé de notre principal problème qui est le recouvrement de la taxe municipale. Les populations doivent tout faire pour payer eux-mêmes les taxes. C'est vrai que nous avons l'État et les partenaires qui nous accompagnent. Mais la viabilité même d'une commune dépend de sa capacité à mobiliser ses propres ressources. Avec la garantie de la disponibilité de ces ressources, on peut investir dans n'importe quel projet. D'où mon appel aux populations des communes pour qu'elles s'acquittent des taxes municipales. Du côté des autorités, nous souhaitons que la bonne collaboration qui existe entre nous perdure à travers le travail minutieux de ces services techniques qui nous appuient nuit et jour en conseils. Une façon pour moi de relever ici la disponibilité et le professionnalisme dont ces services techniques font montre à notre égard.

Réalisé par Souleymane Yahaya (Stagiaire)


inviteMonsieur le préfet, veuillez nous présenter le département de Falmey
Le département de Falmey est créé par la loi 2011-22 du 8 Août 2011 érigeant les anciens postes administratifs en départements et fixant le nom de leurs chefs-lieux. Poste administratif de 1962 à Août 2011et rattaché à Boboye, l'actuel département de Falmey compte deux (2) communes rurales (Falmey et Guilladjé) pour une population de 103.271 habitants selon les résultats définitifs du 4ème recensement général de la population et de l'habitat réalisé en 2012. Cette population est repartie dans 71 villages administratifs. Il est situé à 100 km du chef-lieu de la région de Dosso et à 155 Km de Niamey et couvre une superficie de 2.072 Km2 dont 1.172 Km2 pour la commune de Falmey et 900 Km2 pour la commune de Guilladjé. Il est limité au sud par le Bénin, au Nord par le Boboye, à l'est par le département de Dosso et à l'ouest par le Département de Kollo et celui de Say (Parc de W).
Pour l'appui et l'encadrement de ces populations, le département dispose des directions suivantes : la direction du Plan, AT/DC, la direction de l'Agriculture, la direction de l'Elevage, la direction de l'Environnement/SU/DD, la direction de l'Hydraulique et Assainissement, la direction du Génie Rural, la direction départementale de l'enseignement primaire, la direction de la Promotion de la femme et de la Protection de l'Enfant, le district sanitaire départemental, la direction de la Promotion de la Femme et de la Protection de l'Enfant ainsi que l'Inspection départementale de
l'enseignement primaire.

Beaucoup de services étatiques n'existent pas encore dans votre département : est-ce dû à sa jeunesse ou à des difficultés liées à la mise en œuvre de la politique de déconcentration et de décentralisation ?
Votre constat est juste. Nous avons besoin de la création des autres directions techniques, de l'hôpital de District, d'un trésorier départemental, de la création d'un commissariat de police et de la création d'un tribunal de Justice. En plus, il manque la viabilisation des gros centres (lotissement) et la dotation des services de l'Etat en espace pour les constructions de bureau et logement des services.

Quels sont le potentiel socio-économique et les contraintes de votre département ?
Les principales activités économiques des populations sont l'agriculture, l'élevage, la pêche, le commerce, l'artisanat et l'apiculture. Mais, la vie des populations autour de ces activités est jalonnée de problèmes et de conflits dont, entre autres, ceux mettant en cause Agriculteurs-Eleveurs, Agriculteurs-agriculteurs, Eleveurs-éleveurs, Eleveurs-pêcheurs ; il y a ceux liés au partage de l'espace et ceux existant entre Administration et populations (gestion de la réserve, des mares permanentes, le braconnage, la lutte contre la drogue et les armes illicites).

Y a-t-il d'autres défis auxquels est confronté ce jeune département ?
Oui. Dans le domaine des routes, le département ne compte que trois (3) routes latéritiques insuffisantes et défectueuses alors que le département regorge beaucoup de potentialités en transport. Dans le cadre de l'environnement, il y a la difficulté de lutter contre la coupe abusive des arbres, la question de la préservation de la réserve, de la récupération des terres dans les sites communautaires et surtout individuel, celle du faucardage des mares et leur empoissonnement, de la lutte contre le braconnage, de la gestion des animaux sauvages sortant du Parc W ainsi que la question de la préservation de ce qui reste de la réserve.
Dans le cadre de l'élevage, nous avons en chantier le balisage des aires de pâturage et des couloirs de passage reconnus par le SAF ; en effet, le département compte vingt-sept (27) couloirs de passage d'une longueur totale de 308,028 km dont trois (3) sont entièrement balisés et trois (3) autres partiellement balisés ; dix-sept (17) aires de pâturage d'une superficie totale de 3 164,1004 ha dont quatorze (14) sont balisées et la lutte contre les espèces envahissantes dans les aires de pâturage et l'ensemencement. Dans le cadre de l'Hydraulique et de l'Assainissement, l'Etat a consenti d'énormes investissements mais, du fait de la disponibilité de l'eau de surface, leur utilisation cause des problèmes. II faut donc amener les populations à l'usage de l'eau potable, nantir les populations riveraines d'infrastructures modernes.
Dans le cadre de l'Aménagement du Territoire et du Développement communautaire, il faut orienter les partenaires à favoriser l'aménagement des sites individuels en cas de financement, restructurer les sites collectifs déjà existants, former les bénéficiaires en vie associative et en gestion, mettre un dispositif conséquent autour de toutes les infrastructures pour mieux les pérenniser.
Dans le cadre de la sécurité, il convient de doter les FDS de moyens roulants fluviaux, mettre en œuvre la patrouille transfrontalière avec le Bénin, effectuer des missions de sensibilisation pour lutter contre les stupéfiants et les armes illicites tant la présence et le mutisme des populations sont inquiétants. Enfin, dans le cadre de l'enseignement primaire, le département de Falmey compte cette année un effectif de 10.401 élèves dont 6264 garçons et 4137 filles pour une population scolarisable de 16 855 enfants. Le taux de scolarisation est de 61,70 %. Les filles scolarisables sont de 9 345 et les filles scolarisées 4 137 soit un taux de scolarisation des filles de 44,26 %.

Vous oubliez le travail des enfants, les conflits agriculteurs et éleveurs ou encore l'exode rural qui semble être le sport favori de vos administrés : comment les freiner ?
Le travail des enfants est un problème récurrent ; il trouve sa source dans la tradition des éleveurs comme des agriculteurs. Les enfants font paître les animaux ou participent aux travaux champêtres. Il y a aussi la déperdition scolaire qui pousse un tiers (1/3) des enfants dans la rue. Cette déperdition est en grande partie due à l'inaccessibilité des écoles du fait des routes coupées par les pluies ou les cours d'eau. On s'attèle à régler ce problème par la sensibilisation, les cours de vacances, la création des « Espaces sûrs », etc.
S'agissant des conflits entre agriculteurs et éleveurs, on les gère en recherchant des solutions locales en rapport avec les chefs de village, les leaders religieux et d'opinion et en empêchant la descente précoce des éleveurs vers les aires de cultures. Mais, je dois avouer que ces conflits sont parfois « alimentés » par de riches ressortissants du département vivant en exode dans les pays voisins. Nous essayons de casser ces liens malsains entre ceux d'ici et ceux de là-bas. Quant à l'exode rural proprement dit, il est très important parce qu'il y a beaucoup de gens qui y ont réussi leur vie.

Quelles opportunités votre département offre-t-il aux investisseurs et touristes ?
Il y a la réserve étendue initialement sur 330 000 ha, le Dallol Bosso qui traverse le département sur plus de 40 km, les sites RAMSA sur lesquels est posée la commune rurale de Guilladjé et où vivent des milliers d'espèces d'oiseaux locaux et migrateurs, le fleuve Niger qui longe sur 70 km le département, des sites touristiques inexploités tels que le ParcW à Bossia, l'île de Karey kopto chargée de son histoire mystique, l'hôtel de Brigambou, le Koma Barma de Sakalagonga, le célèbre site de la bataille entre Bayero et Issa Korombé à Boumba, dénommée "Boumba Hané".

Y a-t-il des motifs d'espoir ?
Oui. Et nous remercions la Cellule Crise Alimentaire (CCA) pour nous avoir financé les travaux de récupération des terres, de faucardage et d'ensemencement des aires de pâturage ; le SAP/GC qui finance la vente à prix modéré des céréales et du son de blé, la distribution gratuite ciblée des céréales et des intrants (semences améliorées) ; la CAIMA qui finance la Vente à prix modéré des intrants (engrais) ainsi que la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix qui a financé la mission de sensibilisation des populations sur la quiétude sociale dans notre département.
Nous sommes reconnaissants à tous ces partenaires et nous souhaitons la poursuite de leur intervention afin d'aider notre jeune département à se développer. Ce faisons, nous en appelons aussi aux ONG et AD ainsi qu'aux PTF pour qu'ils s'installent dans le département de Falmey où il y a tant et tant à faire pour le développement local.

Réalisé par Sani Soulé Manzo(onep)

14/09/18

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M. Douada Mamadou Marthé, ministre de l'Enseignement primaire, de l'Alphabétisation, de la Promotion des langues nationales et de l'Education Civique : « Ces réformes sont une volonté des Autorités de la République de transférer les compétences et le

Le 1er octobre prochain, les élèves des écoles primaires vont reprendre le chemin de l'école. Cette rentrée scolaire 2018-2019 s'annonce sous des auspices des réformes initiées par les Autorités de la 7ème République. Le ministre de l'Enseignement primaire, de l'Alphabétisation, de la Promotion des langues nationales et de l'Education Civique, M. Douada Mamadou Marthé, a apporté des précisions sur ces réformes.Monsieur le ministre, la r...

M. Moussa Younoussa, Maire de la commune rurale de Falmey : «La viabilité d'une commune dépend de sa capacité à mobilise…

M. Moussa Younoussa, Maire de la commune rurale de Falmey : «La viabilité d'une commune dépend de sa capacité à mobiliser ses propres ressources »

Monsieur le Maire, pouvez-vous nous présenter la commune rurale de Falmey?La commune rurale de Falmey se situe dans la zone Sud-ouest de la région de Dosso. Elle couvre une superficie de 1.172 km2 avec une population de 79.632 habitants. Elle est limitée à l'Est par les communes de Djilladjé et Golé, à l'Ouest par la commune de Kirtachi et le parc du W, au Nord par les communes de Kankandi et de Fabirdji et au Sud par le Bénin.Quels son...

M. Hamani Kondi, préfet du département de Falmey : Les défis sont «le lotissement des gros centres et la dotation des se…

M. Hamani Kondi, préfet du département de Falmey : Les défis sont «le lotissement des gros centres et la dotation des services de l'Etat en espace»

Monsieur le préfet, veuillez nous présenter le département de FalmeyLe département de Falmey est créé par la loi 2011-22 du 8 Août 2011 érigeant les anciens postes administratifs en départements et fixant le nom de leurs chefs-lieux. Poste administratif de 1962 à Août 2011et rattaché à Boboye, l'actuel département de Falmey compte deux (2) communes rurales (Falmey et Guilladjé) pour une population de 103.271 habitants selon les résultat...

AG/ONU

Editorial

Editorial : Chapeau Nigelec !

lundi 10 septembre 2018

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