Le Sahel

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L'info à chaud et en surchauffe sur la planète WhatsApp


assane-soumanaDe nos jours, avec le nouveau dada dénommé WhatsApp, les infos circulent à la vitesse de l'éclair, et partout. Tellement vite qu'il est pratiquement impossible de cacher quoi que ce soit. Les infos circulent non seulement en textes, mais surtout en audio et en images (photos et vidéos). La dernière en date porte sur ce fait divers survenu à Man, en Côte d'Ivoire, où un groupe de soi-disant djihadistes a cru bon de jeter son dévolu sur le muezzin d'une grande mosquée, en lui ôtant sauvagement la vie, peu après le premier appel pour la prière de l'aube. Miracle ! Un des tueurs, qui a poussé l'outrecuidance jusqu'à s'asseoir sur le corps de la victime pour lui enlever les yeux, est resté ''collé'' à la dépouille du muezzin. Il en fut ainsi jusqu'à l'arrivée des fidèles.
Alertés sur ce fait miraculeux, presque tous les habitants la ville de Man se ruèrent vers les lieux du crime et, surtout, du miracle, ''armés'' de leurs Smartphones. Encerclé par une foule aussi abasourdie que déchaînée, le ''maudit assassin'', encore assis sur le corps de sa victime, sera filmé sous tous les angles en photos et en vidéo, puis ''balancé'' dans les réseaux sociaux, notamment dans les groupes de WhatsApp. Et en peu de temps qu'il n'en faut, les images de la scène miraculeuse firent le tour du monde. De Man à Abidjan, ces images se sont répandues, le temps d'un clic, d'un téléphone portable à un autre jusqu'à Niamey et aux confins du Niger, et sans doute dans d'autres pays de l'Afrique de l'Ouest.
Ainsi va la vie sur la planète WhatsApp où presque tout est permis, ou en tout cas possible ! Moyen facile et efficace de communication, l'application draine chaque jour un nombre exponentiel de messages vocaux, de photos et de vidéos, d'un portable Android à un autre, aux quatre coins du monde. Mais de l'usage excessif à l'abus, il n'y a qu'un pas à franchir. Et nous voilà en plein milieu de l'empire de l'information à gogo et de l'intox. Sur WhatsApp, les rumeurs enflent et inondent les esprits. Pire, la vie privée des usagers en pâtit. Plus grave est la dérive se traduisant par les partages des images à caractère pornographique. Ainsi va la vie dans le monde du WhatsApp où on n'a plus rien à cacher.
Assane Soumana(onep)
www.lesahel.org

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