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Mme Bayard Mariama Gamatié fait l'historique de la Journée

Mme Bayard Mariama Gamatié Mme Bayard Mariama Gamatié

Madame Bayard Mariama Gamatié, ancienne ministre de la Communication et de Culture, est une des militantes de la cause féminine à la base de la lutte pour l'obtention d'une représentativité des femmes à la Conférence Nationale Souveraine. Rappelant les péripéties ayant abouti à la consécration d'une Journée Nationale de la Femme nigérienne, elle indique qu'au début du mois de mai 1991, le Ministère de l'époque en charge de la Promotion de la Femme avait organisé un séminaire pour la définition d'une politique de promotion de la Femme au Niger. ''J'étais une des conférencières de cette rencontre, parmi, bien entendu, d'autres figures féminines nigériennes. La veille de la clôture de notre séminaire, le gouvernement avait publié la liste des membres de la Commission Nationale Préparatoire de la Conférence Nationale Souveraine, et le nom d'une seule femme y figurait, sur plus de 100 participants.

Nous, qui étions en conclave afin que les résultats de nos travaux soient pris en compte par la Conférence Nationale qui se préparait, nous nous sommes senties bafouées et exclues, pour ne pas dire plus, de ce moment historique qui engageait l'avenir de notre pays'', a indiqué Madame Bayard. Alors, poursuit-elle, ''n'ayant pas eu gain de cause par le dialogue avec nos partis et syndicats respectifs, et aussi avec les instances préparatoires, nous avons décidé d'arracher notre participation par la lutte en organisant une marche gigantesque sur la Primature pour dire de vive voix aux autorités en place que la Conférence Nationale Souveraine se fera avec nous ou bien elle ne se fera pas''.
Selon Madame Bayard Mariama Gamatié, ce jour là, un 13 mai 1991, ce fut la déferlante ! Toutes les femmes de Niamey étaient sorties pour battre le pavé, dire non à l'injustice et à la discrimination, et exiger leur participation aux travaux préparatoires et à la CNS.
C'est ainsi, devait-elle rappeler, qu'après la lecture de leur déclaration et sa remise au Premier ministre, un groupe de femmes a investi la salle où siégeait déjà la commission préparatoire pour immobiliser ses travaux par un fracas d'applaudissements ininterrompus. Le second groupe a engagé des négociations avec le bureau de la commission pendant que les membres d'un troisième groupe se succédaient à la tribune pour maintenir la mobilisation de la marche, a-t-elle précisé. Les négociations s'étaient poursuivies au-delà de cette rude journée, y compris par l'implication du Président de la République, le Général Ali Chaïbou. Ce qui, dit Mme Bayard Mariama Gamatié, a permis de parvenir à un consensus selon lequel chaque structure, chaque parti ou association, devra inclure des femmes dans la composition de ses membres pour participer aux travaux de la commission préparatoire et à la CNS.
Elle a rappelé que cette mobilisation a été maintenue durant les travaux de la CNS afin de permettre aux femmes de contribuer, non seulement en tant que participantes, mais aussi comme présidentes de commission et membres du présidium, travers des interventions pertinentes. La mobilisation a également permis aux femmes d'être parties prenantes de toutes les institutions issues de la CNS. ''Suite à l'évaluation que nous avions faite de notre lutte pour arracher notre participation à la CNS et aux différents organes qui en étaient issus, des femmes ont décidé de continuer cette lutte qui nous avait toutes unies par un matin du mois de mai 1991, par la création du Rassemblement Démocratique des Femmes du Niger (RDFN), a dit Madame Bayard Mariama Gamatié.
Un an plus tard, le 13 mai 1992, devait-elle souligner, le RDFN tint un grand meeting à la Place de la Concertation, non seulement pour commémorer cette journée, mais aussi pour réclamer que ce jour soit consacré ''Journée Nationale de la Femme Nigérienne'', en reconnaissance de la lutte des femmes contre l'injustice et la discrimination, et pour la protection de leurs droits et de leur citoyenneté.
Après le meeting, il a fallu entreprendre des actions de lobbying du RDFN en direction des autorités en place à l'époque pour, qu'encore une fois, vers la fin de la Transition, cette journée soit reconnue, a-t-elle dit. Ce qui l'amène à ce niveau à mentionner que le soutien de la ministre en charge de la Promotion de la Femme et celui de la ministre en charge de la Fonction Publique d'alors, ont énormément contribué à l'atteinte des résultats, grâce à des correspondances qu'elle leur avait adressées en tant que présidente du RDFN.
Pour Madame Bayard, cette date commémore une capacité de mobilisation et de lutte impressionnante, une démonstration de force, en somme. La force que nous pouvons avoir si nous étions unies pour défendre la même cause et si seulement nous pouvons surmonter nos différences et nos orgueils pour lutter ensemble, a-t-elle affirmé. Autrement, devait-elle expliquer, le 13 mai symbolise la lutte des femmes nigériennes pour leurs droits civiques, droits que nous n'avons, du reste, toujours pas entièrement obtenus et que cette journée doit aussi servir à le rappeler encore et encore.
Pour Madame Bayard Mariama Gamatié, au-delà de fêter un anniversaire, il faut tirer la leçon d'un évènement qu'il ne faut pas vider de son contenu militant. ''A mon humble avis, cette journée devrait pouvoir être le moment où l'on fait le point de nos luttes communes, où l'on dresse les perspectives, l'on définit les moyens d'y arriver. C'est peut être aussi l'occasion de transmettre aux plus jeunes ces valeurs et ces principes pour lesquels nous nous sommes battues et pour lesquels nous nous battons encore, afin de bâtir une société de justice et de liberté pour tous les citoyens'', a-t-elle précisé.
Par rapport au thème de la présente journée, Madame Bayard indique que les violences faites aux femmes sont, bien entendu, une réalité très inquiétante au Niger, et qui nous concerne tous. Car, dit-elle, les tabous qui l'entourent en font un sujet dont on ignore tout : son profil, sa fréquence et les drames silencieux dans lesquels elle plonge beaucoup de familles nigériennes. ''Au-delà de la violence familiale, c'est la violence dans son principe et dans ses différentes manifestations qu'il faut bannir. Mais pour en finir, il sera nécessaire d'éradiquer les fondements même de la violence dans la société, et qui sont les mêmes qui déterminent la pauvreté, l'analphabétisme, l'obscurantisme et l'oisiveté dans lesquelles végète la grande majorité de notre population'', a-t-elle ajouté.
Elle a poursuivi en précisant que du point de vue du cadre juridique, il y a eu quelques progrès qui traduisent une certaine volonté d'améliorer les conditions de la femme, mais qu'il est évident que des résistances existent encore et s'expriment publiquement en toute impunité. Et c'est aussi une forme de violence qui défie l'autorité de l'Etat. ''C'est pourquoi, le 13 Mai doit être l'occasion de faire des bilans, pas simplement des réjouissances et des discours, mais une véritable évaluation pour connaître la réalité de la situation de la femme au Niger et fixer les acquis'', selon Madame Bayard Mariama Gamatié.
Poursuivant son analyse, elle rappelle que le classement du Niger par les Nations Unies au bas de l'échelle en termes d'indice de développement humain est une claire indication qu'on ne peut pas parler de véritable progrès social, ni de promotion du statut de la femme au Niger. La preuve, devait-elle souligner, ''des facteurs comme la faible scolarisation de la jeune fille, le taux d'achèvement de la scolarité et la mauvaise prise en charge médicale des femmes tirent tous les indicateurs vers le bas et annihilent tout progrès social. Ceci pour dire que ce n'est pas seulement l'accès des femmes aux sphères de décision qui est important, car quand elles y sont, elles ont tendance à oublier de regarder en bas ; ce qui est important, c'est de donner les mêmes chances à tous les citoyens en créant des conditions d'équité de droits et d'une justice qui protège et sécurise''. C'est là que se situe l'obligation d'un Etat de droit, alors seulement on pourra parler de changement, de progrès véritable et de cela on est encore loin'', a conclu Madame Bayard Mariama Gamatié.


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