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Dossier


d-3Tchémaya qui signifie en haoussa, tchéton rey na mataa daa yara autrement dit sauver la vie des femmes et des enfants est une Ong qui a fait beaucoup parler d'elle dans le domaine du don de sang au Niger. Don de sang, sensibilisation des populations pour faire le même geste, sont entre autres, les actions que mène Tchémaya depuis une vingtaine d'années dans notre pays. L'ong est, il faut le dire bien connu dans ce domaine. Sa présidente, Mme Fatoumata Tilly Gaoh, clame haut et fort que c'est une amertume qui l'a poussée à intervenir dans le domaine du don du sang au Niger. En 1979, rappelle t-elle, j'ai assisté impuissante à la mort d'une femme d'Agadez par manque de sang. La femme avait aussi un problème cardiaque. « C'est depuis cette année là que j'ai commencé les sensibilisations sur les dons de sang», affirme Fatoumata qui, des le départ n'a pas voulu faire cavalier seul. « Je partageais mes idées avec certaines personnalités comme le chef de cabinet de feu Ali Chaibou, et feu Idé Oumarou qui m'ont beaucoup encouragé. En ce temps là, l'association n'a pas été créée, je faisais les choses individuellement ». Néanmoins, reconnait elle, « je recevais le soutien et l'appui de certains députés et préfets, ce qui m'a permis de sillonner le Niger et d'élargir mes activités jusqu'à la création de l'Ong Tchémaya en 1996. J'ai eu le récépissé provisoire 3444 et le 2 mars 1998, j'ai obtenu le récépissé définitif avec l'arêté n° 085 du ministère de l'intérieur».
Fatoumata Tilly Gaoh se dit fière d'être aujourd'hui présidente de l'Ong Tchémaya qui a mené plusieurs actions de don de sang dans plusieurs régions du Niger. Pour elle, « le don de sang est une œuvre sociale très importante, une seule goutte de sang peut sauver une vie. Il faut donc que les gens s'y adonnent ». En effet affirme t-elle, le don de sang n'est pas seulement le travail d'un service, d'une ong ou d'une association. C'est un travail dans lequel chacun doit s'impliquer et collaborer. « Nous en tout cas, nous allons continuer à le faire » dit elle déterminée.
Avec l'appui de certains bailleurs de fonds, Tchémaya intervient aujourd'hui dans plusieurs régions du Niger notamment à Maradi , Guidan Roumji, Tessaoua, Dakoro, Doutchi, Gaya, Matamèye et Gouré, etc. A Niamey, l'ong mène le même combat partout y compris dans les écoles professionnelles avec la conviction que le don de sang est un don de soi, une œuvre salutaire qui mérite d'être poursuivie.
Sur le terrain, Tchémaya mène aussi des actions de sensibilisation. Dans le temps affirme sa présidente, « nous sensibilisons les populations et nous les acheminons vers la banque de sang. Maintenant que l'ONG a grandi, nous demandons aux donneurs de se diriger eux mêmes vers le centre ».
Avec plus de 200 donneurs mobilisés par mois rien que les gens qui passent par l'Ong, Tchémaya peut être sûr de contribuer aujourd'hui à sauver la vie des femmes et des enfants au Niger. Une contribution importante surtout que l'Ong travaille aussi à fidéliser les donneurs.
Mme Fatoumata Tilly Gaoh regrette toutefois que malgré la forte demande de sang dans les hôpitaux, maternités, cliniques et autres centres de soins, beaucoup de gens ne veulent pas effectuer ce geste qui sauve en donnant du sang. Elle balaye d'un revers de la main toutes les rumeurs qui courent sur la mauvaise gestion du sang dans notre pays et appelle les Nigériens surtout les autorités à être des donneurs de sang. Dans certains pays dit-elle, ce sont les responsables qui servent d'exemple en matière de don de sang et c'est une fierté.
La présidente de l'Ong Tchémaya qui œuvre avec conviction, affirme que les donneurs, sont bien suivis. « Quand les gens viennent vers nous, nous les sensibilisons et ils partent d'eux même au centre. Mais, il est aussi toujours important de conduire, reconduire les donneurs et vérifier s'ils ont effectivement été et effectuer l'opération. Il faut que ça soit une continuité. Il faut fidéliser les donneurs », précise t-elle.
Pourtant, malgré toutes ces actions et celles menées au centre, le manque de sang est souvent un problème crucial dans les centres de soins au Niger. Pour Fatoumata Tilly Gaoh, ce n'est ni la faute de la banque de sang, ni la faute des associations. « La Population est dense, il y a toujours des maternités et des cliniques en création. Voilà pourquoi, le sang est insuffisant. Aussi, beaucoup de gens ne veulent pas donner. Nous sensibilisons les populations, nous faisons de notre mieux. Certaines personnes donnent, mais vraiment le maximum est réticent». Selon la présidente de l'Ong Tchémaya, il faut reconnaitre aussi, qu'il y a des périodes mortes comme celle de l'hivernage au cours de laquelle, beaucoup sont en vacances ou sont partis pour les travaux champêtres. Pour elle, c'est pendant cette période que les autorités doivent elles mêmes aller faire ce geste qui sauve en donnant du sang.
Les difficultés évoquées par Mme Fatoumata Tilly Gaoh dans son œuvre combien salutaire portent aussi sur le manque de financement et le problème de transport. «Souvent, il y a des gens qui font appelle à moi pour les aider à trouver du sang. Pour satisfaire leur demande, je peux même faire venir des donneurs de l'intérieur du pays. Je paie leur transport pour qu'ils viennent donner du sang et sauver ainsi des vies ». Mais les difficultés se posent surtout avec les groupes négatifs affirment-elle.
Pour le moment, elle exerce la plupart des activités avec les jeunes animateurs et affirme avoir une bonne collaboration avec la banque de sang.
La détermination de cette Ong à œuvrer pour sauver la vie des femmes et des enfants mérite tout simplement d'être soutenue.

Idé Fatouma(onep)
21/07/17

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