Le Sahel

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L'air du temps



assane-soumanaEn cette période de récolte des produits agricoles, l'heure est à la bombance dans nos villages et hameaux du Niger. Surtout dans les zones où la campagne agricole a été relativement féconde. Une ambiance radieuse hélas contrariée, pour beaucoup de ces producteurs ruraux, par les charges inhérentes aux dettes accumulées pendant la période de soudure. Aussi, c'est le moment des comptes pour honorer les engagements contractés par système de troc, dans certains cas, à raison de deux bottes de mil à rembourser pour une empruntée. Ensuite, une bonne partie de la récolte est ventilée sur le marché où elle est carrément bradée. Une bonne affaire pour les spéculateurs aux dents longues qui y viennent pour constituer des stocks de vivres acquis à vil prix en vue de les revendre, quelques mois après, aux mêmes paysans à des coûts inabordables frôlant le double du prix d'achat.
Cette pratique qui frise le gaspillage et la dilapidation s'explique à certains égards par le fait que la période des récoltes correspond à la saison des réjouissances de mariage et autres manifestations culturelles et sociales. Ainsi, pour faire face aux dépenses liées à ces manifestations festives, nos laborieux paysans se sentent en devoir de vendre une bonne partie de leurs récoltes de mil, de haricot, d'arachide de sorgho et autres denrées. Certains excellent dans les dépenses fantaisistes (comme par exemple prendre une 2ème ou 3ème épouse), au détriment des autres membres de la famille. Et là, gare à celui des fils ou des femmes qui oserait hausser le ton devant le ''vieux père'' pour s'opposer à son ruineux projet. Quant aux plus prévoyants soucieux de conserver une grande partie de leurs récoltes dans leurs greniers, ils doivent faire preuve d'une grande vigilance doublée d'endurance pour mettre les stocks à l'abri des regards des vilains ''maraudeurs'' de bottes de mil, tapis dans la verdure et prêts à sévir.
Qu'à cela ne tienne, en période des récoltes, il fait bon vivre au village !... La solidarité et l'hospitalité africaines sont à leurs plus beaux jours. Et surtout, c'est le moment du boom et du grand divertissement. Le soir, la place publique du village retrouve toute son intensité en termes d'animation. Des randonnées inter-village sont organisées à longueur de journées et cela pendant des semaines. Les jeunes affluent de tous les villages voisins, pour des soirées de détente.
Jadis, ces soirées culturelles étaient agrémentées par le chant et la danse aux sons des tam-tams et autres sons du terroir. C'était l'époque des chaudes nuits d'escapade au cœur de l'ambiance, avec des filles et des garçons chantant et dansant aux rythmes du bitti-harey dans le Zarmaganda, de l'agaïta et du ganga dans le Manga, du ''douma'' et du Kalangou dans le Gobir et le Katsina, du goumbé dans la région du fleuve, du dondon et du kountché-harey dans le Boboye et le Zigui, du tendé et de l'akazam dans l'Ader et l'Aïr, etc.
Mais, de nos jours, rien de tout cela ! La musique moderne a fini par supplanter nos rythmes authentiques jusque dans le milieu rural. Et c'est avec le fameux ''boomer'' qu'on fait le show au village, quitte à provoquer de longues nuits d'insomnie chez les plus anciens dont les oreilles supportent mal ces rythmes cahoteux et ces sons tonitruants. Mais enfin, l'ambiance est toujours là...
Assane Soumana(onep)
26/10/18

Publié dans L'air du temps
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