Le Sahel

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Hommage / Ma dernière lettre à Boukary Adji : «On peut être un héros sans ravager la Terre! »



boukaryEn ce 5 juillet 2018 où, au beau milieu d'une de ces palabres de retraités dont seuls les fonctionnaires nigériens ont le secret, nous avons appris le décès, la veille au soir, de notre compatriote Boukary Adji, une grave pensée m'effleura l'esprit. Je me suis dit : « Voilà encore un des meilleurs d'entre-nous qui nous quitte pour toujours ! »
Amadou Hampâté Bâ, le sage de Bandiagara aimait à dire et à écrire qu'ici en Afrique, «un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle »...
Comment ne pas penser à cette vieille maxime quand on connait le capital d'expériences acquises et accumulées par ce grand banquier et homme d'Etat que fut Boukary Adji ? Un homme qui a su, par deux fois et sans calcul aucun, abandonner le confort douillet d'une vie de cadre dirigeant de la BCEAO à Dakar, pour venir se remettre dans la jungle incertaine de la politique nationale...une première fois comme Ministre des Finances du Président Kountché, avec pour mission le redressement d'une économie fortement affectée par la chute brutale du cours de l'uranium ;...une seconde fois, comme Premier Ministre, à la demande du Président Baré, dans des conditions que l'on sait : celles d'une crise de leadership au sommet de l'Etat et d'une sécheresse financière dramatique, qui avait conduit l'Etat nigérien aux portes de la banqueroute.
Tel était le décor avant le 27 janvier 1996...
Venu en pompier à l'instar d'un médecin appelé au chevet d'un malade, l'expert financier international Adji saura vite poser le diagnostic qui convient et prescrire les remèdes à la grave crise financière qui se dessinait alors.
Il s'agissait alors de réussir là où tant d'autres ont baissé les bras. Il s'agissait d'initier et de conduire les indispensables réformes politiques, économiques et sociales dont le pays avait un urgent besoin, pour survivre en tant qu'Etat.
Ces tâches-là, Boukary Adji avait pu les mener avec discrétion, avec diligence, avec efficacité et avec loyauté. Ce qui lui valut, au finish, d'accéder facilement au poste tant convoité de Vice-Gouverneur de la BCEAO à Dakar ; un poste qu'il occupera jusqu'à son départ à la retraite, le 17 octobre 2003.
Depuis lors, et contrairement à beaucoup d'autres, Adji a choisi de revenir vivre au pays, laissant à ses anciens collègues et amis Dakarois, ‟le souvenir d'un homme d'une rare élégance physique et surtout morale" a dit l'un d'entre eux.
Refusant obstinément de se laisser entrainer par les vagues de la politique, il a fait le choix d'ouvrir une nouvelle page de sa vie en consacrant tout son temps à sa famille et à sa nouvelle passion : l'Ecriture. Non pas une écriture de divertissement, mais celle orientée vers la pédagogie de l'exemple et la contribution à la réflexion et à l'action, nous précisait-il. Et d'ajouter : «Mon désir le plus ardent, c'est d'amener les jeunes Nigériens qui me liront, à comprendre que ce n'est pas le chemin qui est difficile, mais le difficile qui est le chemin».
Aimé et respecté pour sa riche expérience, son sens patriotique et sa sagesse, Boukary Adji était considéré par nombre de ses amis, comme ‟le soldat inconnu de l'arène politique nigérienne". L'un d'eux me rappelait hier encore, qu'Adji était ‟ le seul de nos hommes politiques à n'avoir pas vécu par et pour la Politique." Et il a ajouté : ‟Personne n'a vu M. Adji vociférant dans les stades ou exhibant des pancartes."
Je puis moi-même vous l'avouer : malgré mes 35 années passées dans la Presse nigérienne, parfois à des échelons les plus élevés et malgré les nombreuses années de servitude étatique de M. Adji au Ministère des Finances et à la Primature, je n'avais encore jamais eu le privilège de le rencontrer en tête à tête avant ce 22 novembre 2017.
Son épouse, Maître Fati Kountché que je tiens en haute estime et qui me le rend bien, m'avait téléphoné ce matin-là, pour me dire que son mari souhaitait me voir dès que possible.
Bien qu'ignorant tout du motif de la convocation, je me rendis à sa résidence dans la demi-heure qui suivit. Et ce fut pour me voir remettre par M. Adji qui m'attendait au salon, le manuscrit d'un livre qu'il venait d'écrire et qu'il cherchait à éditer. C'était en présence de sa femme et de l'un de ses fils, architecte.
« J'ai envoyé ce même texte à Alassane Ouattara à qui j'ai demandé de voir la possibilité d'en rédiger la préface » me dit-il, tout bonnement.
Ce que M. Adji me demandait dans l'intervalle, c'est ‟de faire une lecture critique et de lui retourner le texte avec mes observations".
Vous pouvez imaginer la joie que j'ai éprouvée à l'instant, pour l'honneur qui m'était fait. Savoir qu'un homme de son calibre, de son expérience et de sa notoriété, peut avoir assez d'humilité pour solliciter les conseils d'un ''plus petit que lui'', m'a procuré une grande satisfaction. Aussi, ai-je mis 3 jours à ausculter son texte. Et pour tout vous dire, il n'y avait rien ou presque rien à rewriter, à part quelques fautes de frappe, des virgules et points-virgules mal placés. J'ai cru bon cependant de mettre par écrit, ce qu'il convient d'appeler ‟mes appréciations" et de le lui renvoyer.
Le texte en encadré ci-joint, est une reproduction exacte de la lettre que je lui avais adressée, ce 25 novembre-là...
Niamey, le 25 novembre 2017

Par Amadou Ousmane



Monsieur Adji et cher Grand frère,
J'ai lu avec grand intérêt, votre manuscrit et je voudrais d'abord vous remercier pour l'honneur que vous m'avez fait d'être parmi les premiers à l'explorer.
J'y ai trouvé grand plaisir, notamment dans l'évocation de votre petite enfance. Pas seulement parce que l'histoire est belle : celle d'un petit garçon destiné à n'être au mieux, qu'un modeste instituteur de brousse, mais qui a su, par son intelligence, son courage et l'aide de Dieu, escalader une à une les marches de son destin.
J'y ai aussi trouvé du plaisir, parce que vous avez su, avec humilité et grâce à un style très accessible, rendre touchante, émouvante même, l'évocation de ce parcours exceptionnel d'un enfant du Damergou.
J'ai aussi beaucoup appris, notamment sur les réalités passées et présentes du Damergou des temps heureux des caravanes de sel, de dattes et de mil.
J'ai aimé le survol que vous avez fait de l'histoire récente de notre pays et de vos années de job dans les institutions nigériennes et étrangères... Même si, sur ce chapitre particulièrement, vous avez préféré, par modestie sans doute ; laissé parler certains de vos proches de la BCEAO qui vous ont longtemps côtoyé, ici et ailleurs.
Assurément, il y a là, beaucoup d'enseignements à tirer par les futurs lecteurs de ce bel ouvrage que nous attendons tous.
Je pense notamment à toute cette masse de jeunes Nigériens qui ignorent peut-être qu'il y a eu des hommes qui ont su servir leur patrie avec amour, abnégation, compétence et discrétion. Et qui ont su se retirer avec élégance et dignité.
A tous ceux-là, il convient peut-être d'inculquer les notions supplémentaires de persévérance, de civisme et de patriotisme. C'est ce que vous avez essayé de faire à travers les belles pages de cet essai autobiographique.
J'ai aimé enfin sincèrement cet autre passage de votre livre où, en tentant d'expliquer les raisons qui vous ont poussé à l'écrire, vous avez dit que « Au soir d'une vie plutôt bien remplie, je n'ai aucun besoin de me mettre en exergue. L'amical amour de quelques-uns, l'amour des miens me suffisent. Je suis en paix et même heureux.»
Par contre, vous avez tenu à préciser : « Une inquiétude m'habite : celle que mes enfants et les enfants de leurs enfants connaissent un monde plus difficile que celui dans lequel j'ai eu le privilège de grandir, d'étudier et de mener cette vie bien accomplie. »
Quelle belle leçon d'humanisme !
La leçon que moi je retiens de votre excellent parcours, c'est celle-ci : «On peut être un héros, sans ravager la Terre !»

Amadou Ousmane
écrivain nigérien

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