Le Sahel

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d-2Elles sont nombreuses les populations du Niger et bien d'autres pays qui vivent du liquide précieux tiré directement ou indirectement de cette source naturelle d'eau qu'est le fleuve Niger. Ce dernier est certainement la source en eau la plus importante du pays. Ce fleuve est malheureusement fortement menacé aujourd'hui par l'ensablement dont les conséquences sont déjà vécues par les populations riveraines comme en témoignent les inondations cycliques auxquelles elles assistent impuissamment chaque année. En effet, s'il est vrai qu'il y avait eu des projets et programmes dont le travail sur le terrain consistait à lutter efficacement contre l'ensablement du fleuve Niger, force est de constater que les résultats n'ont pas été probants. Et pour preuve, le fleuve continue de mourir à petit feu.
Pour véritablement se rendre compte de la gravité de ce phénomène, il suffit de faire un tour au bord du fleuve Niger à Niamey. Le visiteur ou le touriste sera surpris quand il verra qu'il y a actuellement des endroits où on peut tranquillement traverser le fleuve à pied sans avoir la moindre inquiétude. On n'a pas besoin d'être un spécialiste de ressource en eau, encore moins un ingénieur en hydraulique pour se convaincre de l'assèchement inquiétant du fleuve Niger. Néanmoins, certains diront que c'est la période de l'étiage ou de décrue. Soit. Mais que le fleuve se retire jusqu'à ce que la traversée soit possible à pied relève quand même d'un problème réel, celui de l'ensablement.
Toutefois, en attendant un projet ou un programme digne de ce nom pour sauver le fleuve Niger de cet ennemi commun, les conducteurs de camions qui ravitaillent les différents chantiers en construction dans la capitale tentent de désensabler. L'ennemi commun est justement cet ensablement qui menace le fleuve lui-même et dans une certaine mesure les populations riveraines dont la survie en dépend fortement. En plus, cette menace touche aussi toutes ces espèces aquatiques dont l'existence ne serait possible que dans cette source de vie, autrement dit le fleuve Niger. Bref, c'est notre environnement, notre bien commun, qui est menacé de plein fouet. C'est d'ailleurs sous cet angle qu'il faut comprendre nos spécialistes des questions environnementales quand ils ne cessent de tirer la sonnette d'alarme sur la nécessité de trouver les voies et moyens permettant d'apporter la thérapie qui convient au mal actuel du fleuve Niger.
Le travail de fourmis des camions de transport de sable ...
Il est exactement 12 h 15mn ce samedi 3 juin 2017 au bord fleuve Niamey. Les faits se déroulent précisément vers l'Institut National de la Jeunesse et des Sports (IJNS). Les camions font à longueur de journée la navette au bord du fleuve, histoire de remplir les véhicules de sable destiné à la vente. Un particulier qui emprunte cette route ne comprend que dalle. Et pour cause, l'extraordinaire poussière qui se dégage tout au long du passage. On peut aisément se demander s'il y a un chantier de grande envergure dans les parages. Oui, les auteurs de ce type d'interrogations n'ont pas totalement tort. C'est en fait dans le fleuve Niger qu'une activité se produit. Une carrière au cœur du fleuve à Niamey où on extrait du sable.
L'ensablement du fleuve est une réalité. Il suffit d'emprunter le premier pont et regarder à gauche et à droite pour se convaincre de la triste réalité. On peut apercevoir sur plusieurs hectares l'assèchement dans le lit du fleuve sans aller à l'endroit où les camions prennent le sable. Mais le plus choquant, c'est qu'il y a une partie sur le lit du fleuve qui s'apparente à un dépotoir sauvage, donnant ainsi l'occasion aux troupeaux de vaches de paître du foin et même les déchets solides couverts de plastiques.
Un véritable pôle d'activité où les entreprises spécialisées dans la vente du sable utilisé dans la construction peuvent engranger des sous sans coup férir. Cette activité constitue une aubaine pour les jeunes ruraux qui pratiquent l'exode saisonnier à Niamey. Munis de leur matériel de travail, les bras valides convergent par groupes le matin de bonne heure vers le fleuve à la recherche de leur pitance quotidienne. ''Nous vendons notre force de travail pour subvenir à nos besoins ponctuels et ceux de la famille qui est restée au village. Nous formons des petits groupes de cinq (5) à six (6) personnes pour le service que nous réalisons sur le fleuve. Nous chargeons chaque camion de 5000 à 7000FCFA. C'est un travail pénible car il nécessite de la force'', a confié M. Moussa Oumarou.
Si le service est accompli manuellement par ces jeunes, il n'en est pas le cas pour la société Suka qui dispose des matériels sophistiqués à l'image de la chargeuse que nous avons trouvée sur place. Cette société est chargée de l'approvisionnement en sable de construction sur un certain nombre de chantiers de la Satom Sogea, une société française spécialisée dans la conception et la construction des grands travaux. Selon le gérant de la société Suka, M. Sadou Seyni, ceux qui assurent le travail, en l'occurrence les chauffeurs, sont tout le temps rançonnés par la police. '' Elle s'en fiche éperdument des pièces de nos véhicules. L'essentiel est de leur donner de l'argent, mais pas un montant dérisoire. Sur chaque véhicule intercepté, le chauffeur paye 5000FCFA sans le moindre reçu permettant de faciliter la suite du chemin à parcourir. Nous sommes éternellement la proie de la police'', a déploré M. Sadou Seyni.
Chaque camion de la société Suka fait en moyenne 8 à 10 tours de voyage par jour et cela en fonction de la destination. Pour Amadou Hamidou, président des chauffeurs de camion de sable de la ligne Rive droite, cette activité au bord du fleuve a débuté cette année avec l'ensablement avancé du fleuve. Elle est exercée sous le contrôle du cinquième arrondissement communal de Niamey. Et pour preuve, la mairie affecte chaque jour un agent sur le site de prélèvement du sable pour percevoir la taxe. Elle est de 1000 FCFA sur chaque camion chargé de sable. Nous vendons le voyage de sable de 25.000 à 30.000 FCFA parce qu'il est de bonne qualité. Ceux qui ont des chantiers en font la demande régulière. Nous demandons simplement que l'activité soit plus organisée par la mairie. Cette dernière doit créer les conditions, ne serait-ce que la réhabilitation des voies d'accès pour faciliter ce travail de désensablement du fleuve'', a souhaité M. Amadou Hamidou.
Mais, avec les matériels précaires comme les pelles, est-il possible de désensabler le fleuve qui a emmagasiné pendant des années des quantités énormes de sable ? Le véritable désensablement suppose un contrôle rigoureux des services compétents pour que le nivellement soit conforme. Ce qui se passe actuellement au bord du fleuve n'est pas un mal en soit, mais il faut plus de contrôle et de rigueur pour que les parties où il n'y a pas que du sable soient aussi désensablées.
Selon Dandou Balma, l'agent de l'arrondissement communal Niamey 5 que nous avons rencontré sur le site, le prélèvement du sable dans le lit du fleuve a été autorisé par la mairie pour permettre à cette importante ressource naturelle en eau de retrouver ses positions initiales. Cette exploitation du sable du fleuve permet à la mairie de gagner quelques sous à travers la taxe que payent les chauffeurs.
Pour chaque véhicule chargé de sable, le chauffeur paie 1000F. Mais comme il n'y a pas de force contrainte sur place, certains refusent de payer. ''Notre rôle est de prendre l'immatriculation des véhicules qui ne respectent pas la règlementation pour transmettre à qui de droit. Ce qui fait que par jour on ne dépasse guère 30.000 à 35.000F de recettes, a précisé M. Dandou Balma.

Hassane Daouda(onep)
30/06/17

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