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ASSAINISSEMENT : 5EME ARRONDISSEMENT DE NIAMEY : RETENIR LES LEÇONS DES INONDATIONS SURVENUES

La question de l'assainissement est l'un des aspects les plus significatifs dans la gestion urbaine. Au regard de l'importance que revêt le phénomène dans une ville comme Niamey, le défi qu'entend relever les autorités nigériennes est de créer un cadre de vie sain et salubre aux populations. Cela concourt à garantir et à protéger les citoyens des maladies qui découleront du manque d'assainissement. Ce problème constitue en effet une véritable préoccupation en matière de santé publique. Situé sur la rive droite du fleuve, le 5ème arrondissement de La région de Niamey connait beaucoup de problèmes lié à l'assainissement.

Les activités humaines passent d'abord dans un espace bien déterminé, avec des structures organisées. Face à la croissance démographique et celle des nouveaux besoins qui se créent, l'amélioration de cadre vie des citoyens s'impose. Il est ainsi, conçu de créer un système d'évacuation des eaux usées, des eaux vannes, ainsi que les ordures ménagères, afin de mieux gérer les déchets solides et liquides. Le 5ème arrondissement est une entité de la ville de Niamey, sise à la rive droite et le fleuve constitue la limite naturelle entre cet arrondissement et les autres arrondissements. Il est à environ 180 m d'altitude, contrairement à la rive gauche qui se situe aux environs de 220 m d'altitude.

L'un des faits attirants sur le terrain au niveau du 5ème arrondissement, c'est entre autres l'occupation anarchique du foncier et la présence massive des déchets. Selon Dr Bontianti Abdou, Directeur de l'Institut de recherches en sciences humaines (IRSH) de l'Université Abdou Moumouni de Niamey, géographe et auteur de plusieurs recherches sur la gestion des déchets dans la ville de Niamey et de recherches connexes, une bonne partie de cet arrondissement est situé dans l'ancien bras du fleuve. Il a expliqué que c'est pratiquement toute la zone de Karadjé, celle de Banga Bana, en descendant vers Kirkissoye, sont placés sur une zone inondable. Aussi, a-t-il affirmé, dès qu'il y a le trop-plein des lits mineurs, il y a un déversement vers ces quartiers. C'est pour cette raison que les quartiers Zarmagandey, Karadjé, ainsi que d'autres endroits, ont été récemment inondés.

Selon lui, cette situation qu'on a connue cette année peut survenir régulièrement. Cela se justifie par un manque d'aménagement, parce que les gens ont construit dans des zones non constructibles et aussi l'ensablement du fleuve est entrain de changer le profil du fleuve. A cet effet, il a souligné que dans cet arrondissement, le niveau de la nappe phréatique est faible, c'est à ce niveau qu'il faut voir le lien avec l'assainissement. On a un système d'assainissement autonome avec les fosses étanches qui communiquent directement avec la nappe phréatique dit-il. Selon lui, les ordures ménagères sont gérées de façon anarchique dans tous les arrondissements de Niamey et en particulier dans le 5e. La décomposition de ces ordures ménagères, explique-t-il, finit dans les flaques d'eau et le nitrate s'infiltre pour contaminer la nappe phréatique. Il a indiqué qu'un véritable problème de santé publique se pose. Le risque de contamination bactériologique est très élevé dans cette zone.

Une ville, estime Dr Bontianti Abdou, doit être planifiée, ce qui n'est pas le cas de la ville de Niamey. Ici, les instruments de planification, c'était le schéma d'aménagement et d'urbanisme (SDAU) qui a été élaboré en 1984, mais qui n'a pas véritablement fonctionné. En outre, il a noté que le SDAU devait normalement être accompagné d'un plan d'occupation de sol (POS) pour chaque commune. S'il y avait le POS au niveau du 5e arrondissement, on allait dire par exemple que Zarmangadey est une zone inconstructible, ainsi que Banga Bana. Il allait avoir des dispositions dans ce POS qui interdirait la construction dans cette zone et si une autorité autorise de construire elle en assume les conséquences, a-t-il poursuivi. Il a annoncé que depuis les années 2000, il existe le plan de référence, qui a remplacé le SDAU. Ce plan a été largement dépassé avant même son adoption par l'Assemblée nationale.

S'agissant des moyens dont dispose cet arrondissement pour entretenir une meilleure politique d'assainissement, il a indiqué que ces moyens sont limités au plan matériel, humain, financier et technique, cela crée un manque de ressources humaines et des compétences techniques nécessaires. En 1992, l'ensemble de la ville de Niamey était organisée en zone de ramassage des ordures ménagères et à chaque zone était affecté un poli bene pour évacuer le containeur. On connait le nombre de containeur qui existait et leur position. A l'heure actuelle, les containeurs sont usagés, ce qui constitue selon lui, un coup dur à l'assainissement. Malgré les efforts consentis et les initiatives qui se sont succédées, force est de constater que, nous sommes loin du compte, tant du point de vue de l'évacuation des déchets solides notamment les ordures ménagères et autres que du système d'évacuation des déchets liquides (eaux usées, eaux vannes, eaux pluviales et les excrétas), a déclaré Dr Bontianti Abdou.

Chaque ménage s'organise à gérer ses propres déchets, ce qui est difficile dans le 5ème arrondissement. En d'autres termes, c'est l'incinération des déchets plastiques et des déchets solides d'une manière générale, qui conduit au dégagement provoqués par les fumées. Cela contribue même si c'est à une quantité infime au réchauffement à travers le gaz à effet de serre. Car les fumées contiennent aussi du gaz carbonique et les déchets plastiques quand on les brule dégagent la dioxine, qui est cancérigène. Au regard des risques que cela expose les populations, les gens ne mesurent pas la dimension de cette pratique. Hormis chez les êtres humains, les déchets plastiques présentent de graves dangers chez les animaux.

 

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