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PROMOTION DES INDUSTRIES CULTURELLES AU NIGER : LA CONVENTION DE L'UNESCO APPUIE L'INITIATIVE

Dans le cadre d'une réflexion avec l'équipe de l'Agence de Promotion des Entreprises et industries Culturelles(APEC) pour élaborer une stratégie de formation et une stratégie d'appui aux entreprises culturelles du Niger, deux experts de l'UNESCO ont récemment séjourné au Niger. A l'issue de leurs travaux, ces experts de l'UNESCO ont noté qu'il ya au Niger un intérêt et une réelle attente, de la part des artistes d'une part, mais également des entrepreneurs, à l'endroit de l'Agence de promotion des entreprises et industries culturelles. Ils espèrent voir des actes concrets susceptibles d'améliorer leur situation.


L'APEC, qui est l'Agence de Promotion des Entreprises et industries Culturelles, a été créée en 2009 par le gouvernement du Niger à travers une loi d'orientation relative à la culture. Selon son Directeur général, M. Oumarou Moussa, que nous avons rencontré, « la mission de l'APEC est la dynamisation de l'entreprenariat artistique et culturel, et la promotion de la création des entreprises culturelles au Niger.

Cette mission découle d'un certain nombre d'objectifs, dont les plus importants sont entre autres, de redynamiser l'entreprenariat artistique et culturel, y compris l'entreprenariat féminin ; de contribuer à la professionnalisation des entrepreneurs culturels à travers la formation professionnelle continue ; de faciliter la participation des entreprises dans les foires, les festivals, les salons internationaux des entreprises culturelles ; de collecter, produire et diffuser des informations qui touchent aux questions des entreprises culturelles au niveau de la sous région et au niveau international ; de délivrer les cartes professionnelles et les licences d'entrepreneurs culturels ; et d'accompagner les porteurs de projets dans la recherche de financements au niveau des banques et autres établissements financiers.

Le Directeur général de l'APEC précise qu'à travers ces objectifs, ils ont essayé de traduire en activités certaines préoccupations telles que la formation professionnelle : « Nous avons démarré en 2011 cette formation. En 2012, nous avons réalisé cinq sessions de formation à l'intention des entrepreneurs culturels et du personnel de l'APEC. Dans le domaine de l'accompagnement technique, nous avons accompagné dix porteurs de projets tout au long de l'année. Actuellement nous sommes vers la fin du processus, et d'ici fin décembre, les dix projets qui ont été élaborés et accompagnés par l'APEC, vont être transmis au niveau des banques pour financement. Dans le cadre du partenariat stratégique, l'APEC, grâce à ses efforts, a abouti à travers le ministère de la Jeunesse des Sports et de la Culture, à la signature de deux conventions avec l'UNESCO et l'OIF.
Dans le cadre de l'accès des entreprises culturelles au Niger, nous sommes entrain d'élaborer un projet d'organisation de la première foire des entreprises culturelles au Niger qui aura lieu en 2013. Nous avons également organisé des conférences, et bien d'autres activités de communication », a indiqué M. Oumarou Moussa. Dans le cadre de la mise en œuvre de la convention de l'UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, qui est un document approuvé par l'institution internationale en 2005, et que le gouvernement du Niger a signé et ratifié, M. Oumarou Moussa a précisé « q'une mission d'assistance technique composée d'experts de l'UNESCO séjourne régulièrement au Niger depuis trois mois. Suite à cette ratification, le gouvernement du Niger s'est engagé à poursuivre des politiques culturelles ayant un compromis avec le développement. Grâce à cette ratification il peut bénéficier d'un soutien international pour sa mise en œuvre.

Cette convention parle de l'importance de la diversité culturelle qui existe dans chaque Etat, et qu'il doit y avoir des politiques de protection et de promotion de cette diversité afin d'assurer que la population ait accès aux biens culturels et qu'elle puisse tirer profit de la diversité des expressions culturelles telles que la production d'éditorial, la production audio visuelle, la production musicale, la production de mode, pour générer de l'emploi et de la richesse ».
Selon l'expert Jordi Balta la convention sur la diversité des expressions culturelles est liée de très près à l'affirmation des industries culturelles. « Et les industries culturelles sont les secteurs de production liés au contenu de nature artistique ou créatif mais qui sont produit à travers des processus industriels de production et reproduction, distribution etc. », a-t-il ajouté. Quant à M. Francisco D'Almeida, il a indiqué que depuis plusieurs décennies, les moyens de communications de masse, que sont la radio, la télévision, et l'industrie de la musique, marquent une tendance à la hausse continue. Il relève que « dans les échanges, il y a de plus en plus de contenu de films qui sont diffusés internationalement. Un groupe du Niger qui fait une très bonne musique ou un cinéaste du Niger qui fait un film remarquable ; ce film peut être diffusé en Corée, au Japon ou en Australie ou ailleurs grâce aux médias. Donc ce secteur de la vie culturelle de toutes les sociétés a pris une importance croissante qui a été prise en compte dans l'activité de tous les Etats dans le cadre de leurs politiques culturelles, et en premier lieu de l'UNESCO qui est l'agence des Nations Unies chargée des questions d'éducation de sciences et de cultures. » Par industries culturelles, il faut entendre des domaines comme le cinéma, le livre, la musique enregistrée, etc., qui font l'objet de reproduction en grande quantité et qui ont besoin d'un grand marché pour pouvoir rentabiliser l'investissement.
Selon M. Francisco D'Almeida, ces industries ont pour particularité de donner lieu à la production de service : Un journal, c'est un service ; une radio, c'est un service ; une chaîne de télévision, c'est un service qui diffuse des contenus qui portent l'identité d'un pays. C'est extrêmement important, pour d'abord permettre à une population de se reconnaître dans ces récits, dans ces images, d'entendre parler de soi, de se raconter nos histoires. Deuxièmement a-t-il poursuivi, cela crée des économies et des emplois. Cela crée des emplois non seulement pour les filières elles mêmes, mais pour d'autres filières encore. C'est ce qu'on appelle l'effet secondaire, l'effet tertiaire ; et il y a même un effet quaternaire ; parce que ce sont des secteurs dont l'activité à une incidence sur d'autres secteurs économiques. M. Franscico D'Almeida a conclu en disant que des études économiques ont montré que ce sont là des secteurs qui ont un impact économique très fort en terme de nombre d'emplois créés, et en terme de contributions à la balance commerciale. L'APEC entend bien œuvrer dans ce sens, en faisant des industries culturelles de véritables moyens de lutte contre le chômage et la pauvreté. Pour cela, elle a en perspective un programme d'activités bien étoffé, qu'elle va dérouler dans les semaines et mois à venir pour le rayonnement du Niger à travers son industrie culturelle.

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