Interview de M. Abdou Lawan Marouma, président du Comité d’organisation Diffa N’Glaa: «Nous témoignons toute notre gratitude au Président de la République qui a mis tout en oeuvre pour que la paix revienne et

Société

La fête tournante du 18 décembre Diffa N’Glaa se tient belle et bien cette année, cela après le report d’un an. Finalement, est-ce que ce report n’a-t-il pas été profitable pour vous ?
Merci pour l’opportunité que vous me donnez d’expliquer à l’ensemble des Nigériens, particulièrement les ressortissants de la région de Diffa, que ce report a été bénéfique pour nous. Rappelez-vous que, il y’a un an de cela, à la même date on était à 36 ou 37% maximum du taux de réalisation des travaux de la voirie urbaine. Tout le monde sait, à travers les expériences que nous avons vécu à l’occasion des autres fêtes tournantes que la voirie urbaine est l’élément essentiel, sinon l’élément capital qui contribue à la modernisation et à la métamorphose de la ville.
Et en décembre 2020, on n’avait pas cela à Diffa. Ce qui fait que Diffa ressemblait plutôt à une ville en chantier qu’à une ville moderne. C’est dire effectivement que ce report d’un an, nous a été d’un grand bénéfice en ce sens qu’il a permis à l’entreprise qui est chargée d’exécuter les travaux de la voirie urbaine de finir pratiquement l’ensemble des chantiers.
Aujourd’hui, Diffa a 18,6 km de voirie urbaine réalisées, contre une programmation de départ de 14,7 km, donc nous avons gagné pratiquement 4 km sur la programmation initiale. Dans le même ordre d’idée, il y a un an les travaux de l’aéroport n’ont pas du tout démarré. Mais aujourd’hui, on peut le constater de visu que l’aéroport est terminé avec toutes les infrastructures et les équipements qu’il faut et qui peut accueillir n’importe quel type d’avion. Les spécialistes l’ont même dit, l’aéroport de Diffa est le deuxième du pays, après celui de Niamey.
La finalisation des infrastructures a été l’une des insuffisances majeures constatées lors des fêtes précédentes notamment à Dosso, Maradi et Agadez. Qu’en est-il de Diffa ? Quel est le niveau global des réalisations ?
L’essentiel des infrastructures programmées dans le cadre de Diffa N’Glaa sont terminées, sauf les travaux de construction des caniveaux, où quelques 3000 mètres linéaires restent à réaliser. En dehors de celle-là, l’essentiel des infrastructures sont terminées, les deux ou trois qui restent sont à un niveau de 98 voire 99% de taux de réalisation.
Avec le report d’un an, les infrastructures déjà réalisées en particulier celles de la voirie, ont été éprouvées avec la saison des pluies. Ont-elles tenu ? Quel a été leur impact sur le cadre de vie des populations ?
Effectivement on pourra s’attendre à une dégradation de ces infrastructures après un an. Heureusement, compte tenu du sérieux qui a été mis dans la réalisation de ces infrastructures, nous avons trouvé des infrastructures entièrement intactes. La seule chose qu’on a constaté, ce que certaines infrastructures qui sont utilisées ont connu quelques dégradations, notamment au niveau de la peinture et des sanitaires à réparer. Mais là également nous avons vite repris la peinture et les travaux où il se doit.
Quant à l’impact de ces réalisations, j’aurai bien voulu que la question soit adressée à la population bénéficiaire. C’est à elle de dire l’impact. Vous avez suivi lors de la cérémonie du lancement des activités par le Premier Ministre, à travers les témoignages de la population, l’impact de ces infrastructures réalisées sur leur quotidien.
La fête tournante, on le sait, est un rendez-vous culturel. Quelles sont les activités prévues cette année à Diffa ?

Le niveau d’organisation des festivités est très bon. Nous avons suivi le lancement officiel des manifestations, le lundi 13 décembre 2021, par le Premier ministre en sa qualité du président du Comité d’orientation des fêtes tournantes. Donc si nous sommes arrivés à ce stade, cela veut dire que tout est prêt et tout le monde est prêt.
Toutes les régions sont présentes à Diffa pour compétir tant sur le plan artistique, culturel que sportif. Et du point de vue des infrastructures, nous avons tout ce qu’il nous faut pour héberger les festivaliers et les hôtes de marque. Donc effectivement nous pouvons dire que nous sommes prêts à accueillir tous les participants y compris les Chefs d’Etat des pays amis et les étrangers qui ont manifesté leurs intérêts à venir.
L’on a souvent accueilli des délégations étrangères à l’occasion de ces fêtes. Avez-vous déjà des annonces à ce sujet ?
Nous avons des annonces fermes et, Insha Allahou, des Chefs d’Etat amis du Président de la République seront de la fête à Diffa.
La région de Diffa a connu des problèmes liés aux activités des groupes terroristes. Pouvez-vous rassurez les uns et les autres que les conditions sont réunies pour la tenue des activités ?
En parlant de la sécurité, il me plait de rappeler que depuis 7 ans, la région de Diffa vit sous les affres de la secte Boko Haram. Dieu merci, depuis que ce phénomène a commencé, le gouvernement s’est investi à équiper nos forces de défense et de sécurité, à les former, à augmenter leur effectif en recrutant de plus en plus du personnel. Grâce à tous ces investissements faits par l’Etat depuis le déclanchement de cette crise et grâce aussi à la vaillance de nos FDS, auxquelles je rends un hommage appuyé, Diffa a retrouvé une accalmie certaine. Cela a été le premier engagement de campagne que le Président de la République M. Mohamed Bazoum a pris en son temps.
Et trois (3) mois après son arrivée au pouvoir il a concrétisé cet engagement-là, il a relevé ce défi, de façon à ce que les populations déplacées depuis 5 ans voire 6 ans ont aujourd’hui rejoint leurs villages d’origines et elles vaquent normalement à leurs occupations traditionnelles, c’est-à-dire, l’agriculture, la pêche et l’élevage. C’est vraiment l’occasion pour nous, l’ensemble des filles et des fils de la région de Diffa de témoigner notre gratitude à monsieur le Président de la République qui a mis tout en oeuvre pour que la paix revienne, pour que les conditions de la tenue de cette manifestation soient réunies.
Donc nous pouvons rassurer l’ensemble des festivaliers et ceux qui comptent venir et qui ne sont pas encore venus, ou ceux qui ont désisté par crainte de la question sécuritaire, que Diffa est aujourd’hui fréquentable, Diffa est une ville qui est en sécurité. Nous saluons cet effort du gouvernement, celui des forces de défense et de sécurité, et surtout celui de la population qui a su relever ces défis en restant digne, en restant déterminée à ne pas céder aux terrorismes.
Avez un message particulier aux populations de Diffa et celles de toutes les régions en général ?
Le message que j’ai à adresser à la population c’est de la remercier pour tout ce qu’elle a fait pour que cette fête soit possible. Je la remercie pour sa contribution inestimable, en apportant son appui aux FDS et de faire en sorte que cette collaboration soit davantage plus forte. Nous lui témoignons toute notre gratitude et toute notre reconnaissance. A tous ceux qui viendront des autres régions du pays, qu’ils sachent qu’ils sont chez eux. Nous sommes un même peuple, avec un même rêve et un même destin : celui de vivre en paix, dans la cohésion et la fraternité.
Ali Maman, Envoyé spécial(onep)