« J’invite une fois de plus nos partenaires à étudier la possibilité de mobiliser rapidement des ressources permettant de couvrir les besoins ressortant de cette situation d’urgence humanitaire », déclare SEM. Ouhoumoudou Mahamadou

Discours
Spread the love

Sharing is caring!

« Mesdames et Messieurs.

C’est avec un réel plaisir que je préside cette première session de la commission mixte de concertation Etat – donateurs du Dispositif National de Prévention et de Gestion des Crises Alimentaires. De prime abord, je voudrais vous transmettre les hautes appréciations du Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Mohamed Bazoum pour votre sollicitude et votre dynamique accompagnement dans la mise en œuvre de nos actions de développement et de réponses aux crises alimentaires et catastrophes. Je voudrais inscrire la présente session sous le sceau d’un nouveau départ et d’un nouveau dynamisme dans le cadre de notre coopération pour maintenir et renforcer la coopération déjà fructueuse qui existe entre vos institutions et pays respectifs et le Niger.

Mesdames et Messieurs

Lors de la présentation de la Déclaration de Politique Générale, devant la représentation nationale, je rappelais que notre pays continue de faire face au défi sécuritaire du fait de l’activisme des Groupes Armés Terroristes, des bandits armés et des trafiquants de tous bords qui écument l’espace Sahélo Saharien. La menace est d’autant plus inquiétante que la situation socio-politique et sécuritaire dans certains pays limitrophes est préoccupante.

Notre grand défi aujourd’hui est que nous devrons gérer presque au quotidien les conséquences de cette grande insécurité, notamment les flux des populations déplacées. Des zones entières sont vidées de leur population comme c’est le cas des zones d’Anzourou, Toumour, Zaroumdarey, Tchomabangou, Tillia pour ne citer que celles-ci. A l’évidence ce flux continu des populations rurales vers les zones urbaines et semi urbaines soi-disant plus sûres n’est pas soutenable dans le temps. D’une part le repli des populations donne l’occasion aux groupes armés terroristes d’occuper les espaces délaissés, d’en faire des sanctuaires et de s’y établir durablement.

D’autre part le déplacement des populations, lorsqu’il s’inscrit dans la durée, présente des conséquences sociales graves pour la famille et la communauté. Les enfants en particulier, lorsqu’ils sont élevés dans les camps de réfugiés et déplacés, reçoivent une éducation très pauvre, développent une mentalité d’assisté ou deviennent des cibles faciles pour le crime organisé (trafic de drogue, prostitution, vol, etc.). C’est pourquoi à l’expérience, il s’avère plus raisonnable d’aider les populations qui le désirent à exécuter un retour volontaire dans leurs villages et sites d’origines et d’y mettre les moyens qu’il faut en termes de sécurité, d’aide d’urgence, d’infrastructures économiques et sociales suivant les principes bien établis du nexus urgence, développement et paix cher aux nations unies suite au sommet humanitaire mondial d’Istanbul de 2016.

Comme le savez, Son Excellence Monsieur le Président de la République a marqué sa volonté d’engager des actions tendant à un retour volontaire et sécurisé des populations déplacées dans leurs terroirs d’origine. Il s’agit pour nous d’examiner les voies et moyens de ce retour en ayant à l’esprit la diversité des besoins que cela implique : le déplacement, la réinstallation, l’acquisition de moyens d’existence, la sécurité et la stabilisation sans perdre de vue la réouverture des écoles, des centres de santé, des marchés, mais aussi l’accès aux champs et aux pâturages.

Aussi j’invite les structures concernées et nos partenaires à se pencher sans délai sur la question pour des propositions de solutions durables en recensant les localités concernées et les actions à entreprendre dans le court, moyen et long terme. D’ores et déjà, en plus des populations de l’Anzourou, 5191 ménages totalisant ‘’25955 personnes des localités de Bosso, Kablewa et Gueskerou ont accepté volontairement de rejoindre leurs villages d’origine et le gouvernement a engagé les premières actions d’accompagnement de ces déplacés.

Mesdames et Messieurs

Le lancement officiel conjoint du Plan de Soutien et du Plan de Réponse Humanitaire 2021 a eu lieu le 4 Février dernier. Ce lancement conjoint témoigne de la collaboration et de l’harmonisation des outils qui ont permis l’articulation et les synergies entre le Plan de Réponse Humanitaire et le Plan de Soutien du Gouvernement aux populations vulnérables. Cette harmonisation était nécessaire pour créer davantage une synergie dans l’identification des besoins, des cibles ainsi que leur prise en charge avec plus d’efficacité et d’efficience tout en s’alignant sur les priorités de mon Gouvernement. En effet, les réponses doivent nécessairement être en cohérence avec les besoins réels exprimés par les populations.

Mesdames et Messieurs,

La présente réunion a pour objet principal de susciter une mobilisation générale, cohérente et agissante face aux défis multiples qui nous assaillent. Pour cela nous devons estimer les ressources déjà disponibles, les actions menées ou en cours, mais également analyser, les difficultés rencontrées. Je voudrais rappeler ici que la première évaluation faite en novembre 2020 a identifié pour la période de soudure 2021, environ 1 731 000 personnes en insécurité alimentaire sévère. Aussi, conformément au principe de l’évaluation de la situation alimentaire nationale à travers l’outil régional de Cadre Harmonisé, une deuxième évaluation est intervenue au mois de mars 2021 et a identifié cette fois-ci, environ 2 300 000 personnes en insécurité alimentaire sévère dont 218 000 personnes en situation d’urgence pour lesquelles des dispositions conséquentes ont été initiées.

Du fait de la persistance de l’insécurité civile, il est dénombré plus de 563 000 personnes déplacées forcées résultant principalement de l’activité des groupes armés non étatiques dans le bassin du Lac Tchad, les zones frontalières du Nigeria, dans la région de Tillabéry, principalement dans la zone dite des 3 frontalières du Liptako-gourma et le nord de la région de Tahoua. A cela s’ajoute la persistance de l’impact de la pandémie de la Covid-19 et l’impact des inondations 2020 ayant touché environ 61 263 ménages pour une population de 516 251 personnes sinistrées dans 112 communes et 46 départements.

La situation nutritionnelle quant à elle est marquée par une hausse du taux de malnutrition aigüe au niveau national passant de 10,7% en 2019 à 12,7 en 2020. Pour faire face à ces situations, le Gouvernement a élaboré et validé un Plan de Soutien 2021 d’un montant d’environ 202 milliards de FCFA à l’issue de la réévaluation de la situation alimentaire nutritionnelle et pastorale entérinée par la deuxième rencontre technique d’évaluation du Dispositif National de Prévention et de Gestion des Crises Alimentaires, tenue en avril 2021.

Ce Plan de soutien a prévu de toucher la cible de 1 731 303 personnes en insécurité alimentaire sévère ayant besoin d’une assistance alimentaire pendant la période de soudure 2021 ainsi que 231 000 réfugiés (maliens et nigérians) et 310 000 déplacés internes. Dans cette cible, la CCA devra toucher environ 1 000 000 de personnes soit 150 000 ménages vulnérables, pour des besoins en stocks de 45 000 tonnes de céréales et 5000 tonnes de niébé dans le cadre de la diversification de la ration alimentaire en 3 phases de Distribution Gratuite Ciblée. Le reste de la cible devant être couverte par les partenaires. J’invite à présent les parties prenantes concernées à se retrouver pour proposer au gouvernement une feuille de route portant sur la valorisation des achats locaux auprès des petits producteurs et sur une planification et mobilisation des ressources respectant le calendrier dicté par cette modalité de reconstitution de nos stocks d’intervention. Pour répondre à ces besoins d’assistance alimentaire d’urgence pendant cette période de soudure, ce sont environ 8 331 675 000 F CFA que l’Etat a engagé pour l’acquisition des vivres de la DGC 2021. Ces acquisitions permettront de dérouler incessamment la première phase de la DGC, concomitamment à la distribution d’environ 500 tonnes de farines fortifiées à 26.474 enfants de 6 à 23 mois pour prévenir la malnutrition durant la période de soudure dans les régions de Zinder, Tahoua, Maradi, Tillabéry, Dosso et Niamey.

Comme vous pouvez le constater, des ressources additionnelles sont encore nécessaires à mobiliser pour couvrir d’une part les besoins nécessaires à l’acquisition d’un stock conséquent pour faire la deuxième et la troisième phase de la DGC. J’invite, par conséquent, une fois de plus nos partenaires à étudier la possibilité de mobiliser rapidement des ressources permettant de couvrir les besoins ressortant de cette situation d’urgence humanitaire.