Journée commémorative de l’anniversaire des conventions de Genève du 12 août 1949 : «Le droit international humanitaire et les défis posés par les conflits armés contemporains», thème retenu

Société
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La Commission Nationale des Droits Humains (CNDH) a organisé hier dans ses locaux en collaboration avec le Rassemblement des acteurs pour la Promotion et le Respect du Droit International Humanitaire et des droits de l’Homme (RASAPRES-DIH-DH) et le soutien du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), une journée commémorative de l’anniversaire des conventions de Genève du 12 août 1949. C’est le président de la CNDH, Pr Khalid Ikhiri qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette manifestation.

 

L’objectif assigné à cette journée de discussion est d’analyser les points du Droit International Humanitaire qui font face à des défis et qui mériteraient des adaptations.

Soixante-dix ans après leur adoption, ces conventions dites de Genève, aident à la limitation et à la prévention  de la souffrance des hommes et des femmes pendant les conflits armés, a indiqué le président de la CNDH, Pr Khalid Ikhiri. Ces instruments a-t-il rappelé, sont d’une importance capitale pour son institution. Ils constituent en effet la pierre angulaire du Droit International Humanitaire. Ratifiées par 195 Etats dont le Niger, les conventions de Genève sont selon Pr Khalid Ikhiri quasiment applicables partout dans le Monde. Elles sont relatives aux conflits armés, mais elles ne portent pas sur la conduite de la guerre elle-même. «Elles protègent les personnes qui ne participent pas ou qui ne participent plus à la guerre à savoir : les civils, les membres du personnel sanitaire, les blessés et les prisonniers de guerre», a-t-il expliqué. Cependant, déplore Pr Khalid Ikhiri, depuis quelques années ces conventions font face à plusieurs défis liés notamment au développement du terrorisme qui invite inévitablement à repenser la notion même du conflit armé et les ripostes des Etats au terrorisme qui ont vu apparaître des pratiques opposées aux principes des droits des combattants prisonniers, faisant ainsi naître la nécessité d’un débat plus large sur l’actualisation desdites conventions.

A travers le monde, en Afrique et dans la sous-région notamment au Sahel, les exemples font légion, où les actes posés par les terroristes et les Etats ne font aucune distinction entre les personnes civiles et les combattants. C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres que la CNDH et le RASAPRES, ont décidé de commémorer l’anniversaire des Conventions de Genève par la présentation de plusieurs communications en lien avec la mise en œuvre du Droit International Humanitaire (DIH) au Niger et les défis posés par les conflits armés contemporains.

Auparavent, le conseiller juridique CICR, M. Romaric FERRARO a indiqué qu’il y a de très nombreux points communs entre le DIH et le DH qui en fait sont complémentaires. En effet souligne-t-il, la CNDH et le Comité International de la Croix Rouge ont un objectif et une finalité commune qui est celle de la protection des personnes les plus vulnérables, chacun dans la limite de son mandat et de ces attributions.

Pour sa part, le président du RASAPRES-DIH-DH, M. Alfred E. Goubadjé a souligné l’importance de cette commémoration du 71ème anniversaire des conventions de Genève du 12 août 1949, qui a-t-il rappelé intervient dans un contexte marqué par la multiplication des attaques terroristes tant dans notre pays, dans la sous-région que dans les pays occidentaux. Une situation qui a-t-il soutenu interpelle tous les acteurs impliqués à multiplier leurs efforts dans le plaidoyer et la diffusion du DIH ou mieux repenser d’autres stratégies à même de leur permettre de relever les défis. «Certes, un grand pas a été franchi mais beaucoup d’efforts reste encore à fournir en vue du respect strict des règles du droit international humanitaire sur les différents théâtres des hostilités», reconnait M. Alfred E. Goubadjé.

 Aïchatou Hamma Wakasso(onep)