Le ministre en charge des Affaires Etrangères préside une session du Conseil de Sécurité des Nations Unies : «Effets humanitaires de la dégradation de l’environnement sur la paix et la sécurité», thème de la réunion

Société
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Le ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur, M. Kalla Ankouraou, a présidé une réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies, hier dans l’après midi, par visioconférence. Cette réunion a pour thème central « Effets humanitaires de la dégradation de l’environnement sur la paix et la sécurité ». Elle a vu la participation de plusieurs personnalités représentant leurs pays et autres organisations internationales intervenant dans le domaine. Cette réunion présidée par le chef de la diplomatie nigérienne entre dans le cadre de l’agenda de la présidence du Conseil de Sécurité des Nations Unies par le Niger pour le mois de septembre 2020.

Dans le discours qu’il a prononcé à cette occasion, le ministre des Affaires Etrangères de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur a d’abord présenté, au nom du gouvernement nigérien, sa compassion envers toutes les victimes des inondations au Niger, dans le Sahel, en Afrique de l’Est et dans d’autres régions du Monde. «A l’heure où nous examinons la question relative aux effets du changement climatique, ces catastrophes (…) viennent nous rappeler une fois de plus la gravité de ce phénomène qui ne cesse de se reproduire, qui met nos modes de vie en’ danger et remet en cause la stabilité écologique qui a jusque-là permis de garantir une certaine harmonie entre l’homme et son environnement», a souligné le ministre des Affaires Etrangères.

Le ministre Kalla Ankouraou a ensuite relevé les diverses contraintes qui expliquent cette   situation, parmi lesquelles les difficultés d’adaptation, la désertification, la raréfaction de l’eau et des terres cultivables, l’assèchement et la baisse des niveaux des eaux. « Tout cela ne va pas sans conséquence sur la vie économique et sociale des populations de par le monde, qui se trouve le plus souvent dans des situations d’extrême précarité », a-t-il déclaré. Le ministre a souligné que c’est le cas en particulier dans l’espace sahélien et de la région du Bassin du Lac Tchad, qui sont marqués par une grande fragilité et une croissance démographique exponentielle, sont illustratifs, a-t-il remarqué. « Ces régions sont soumises à une très forte variabilité climatique qui se traduit par la modification des régimes pluviométriques, l’apparition de phénomènes météorologiques extrêmes, les sécheresses récurrentes, avec des effets perceptibles sur les terres agricoles, les pâturages et la disponibilité en eau. La fréquence de ces chocs climatiques réduit fortement la résilience des ménages », a-t-il précisé.

Parlant de la sécurité, M. Kalla Ankouraou n’a pas perdu de vue le choc sécuritaire aux conséquences dévastatrices et tragiques que vit le sahel. «L’aggravation de la violence dans la zone dite des trois frontières et dans le bassin du Lac Tchad a conduit à une augmentation du nombre des personnes déplacées à travers la région. Actuellement, dans le Sahel, une (1) personne sur quatre (4) vit en zone de conflit et 4,5 millions de personnes sont soit des déplacés internes ou des refugiés. Dans ce contexte de double choc, comme l’ont si bien indiqué les organismes présents sur place, le changement climatique et la dynamique des conflits créent une boucle de rétroaction, où les impacts du changement climatique engendrent des pressions supplémentaires, tandis que les conflits sapent les capacités des communautés à y faire face », a-t-il expliqué. D’où l’appel qu’il a lancé en vue d’une prise en charge effective de ce problème qui nécessite des politiques de coopération mieux adaptées à ces nouveaux défis.

Selon lui, la lutte contre les risques sécuritaires liés au changement climatique nécessitera un changement de comportement qui mettra l’accent sur un changement de mentalité ouvert sur la quête constante d’un équilibre harmonieux qui va réconcilier à terme l’homme et son cadre de vie. « En tant que Conseil, notre objectif n’est pas seulement de résoudre les conflits. Nous avons aussi la responsabilité fondamentale de les prévenir. Il est donc essentiel, à cet égard, de comprendre les causes, les effets et les complexités du changement climatique surtout dans les zones de conflits. Il est indispensable que la communauté internationale garantisse le droit humanitaire international pour permettre l’acheminement de l’aide, sans considération politique, à des  millions de femmes et d’enfants précarisés par le triple impact des conflits, de la pandémie du COVID-19 et des effets du changement climatique, notamment en Syrie, en Palestine, au Yémen et en Lybie », a dit le ministre des Affaires Etrangères.

Le ministre Kalla Ankouraou a saisi cette opportunité pour assurer la communauté internationale de l’engagement du Niger à œuvrer pour toute initiative régionale ou internationale qui apporterait des réponses fortes aux problèmes liés à la dégradation de l’environnement et à son impact sur la paix et la sécurité. Dans le même sens, il a exprimé la disponibilité du Niger pour une meilleure coopération avec les autres États, les organisations internationales et toutes les autres parties prenantes.

Il faut noter que plusieurs personnalités ont eu à intervenir au cours de cette réunion. Il s’agit entre autres de M. Peter Maurer, président du Comité International de la Croix Rouge, de M. Ibrahim Thiaw, Secrétaire Exécutif de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification et de Mme Inna Modja, Ambassadrice des Terres et militante écologiste.

 

Ali Maman(onep)