Liboré : le village de Banigoungou durement touché

Dossier
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La commune rurale de Liboré, située à une dizaine de kilomètres de la Ville de Niamey, n’a pas été aussi épargnée par l’inondation due à la montée des eaux. Ici, bon nombre des habitations en banco n’ont pas résisté à la fragilisation du sol, un peu comme dans beaucoup de villages, à proximité des bras morts du fleuve, carrément inondés.  Les rizières sont complètement invisibles, elles sont submergées par les eaux. Selon les témoignages, des populations riveraines, c’est pour la première fois que certains villages, malgré leur proximité avec le fleuve, sont inondés.

Pour barrer les écoulements qui font pression, les bras valides du village tentent bien que mal de renforcer les barricades, un peu partout. Mais dans un village encerclé par les eaux, où l’on ne peut pas acheminer du sable d’ailleurs, pour ce faire ils ont creusé sur l’« île ». Et leur grande surprise fut d’atteindre l’eau à environ 1m du sol. Ce qui est un signal fort du risque énorme qu’encourent les habitants réticents à quitter les lieux. Pourtant, sur cette île la majorité des toits sont effondrés. Un décès a endeuillé Banigoungou, celui d’un enseignant père de 6 enfants, mort électrocuté les pieds sous les eaux, alors qu’il voulait mettre hors tension sa ligne électrique afin d’éviter à sa famille le sort qui lui ôtera, du coup, la vie.

Ramatou Hassane, une mère de 6 enfants rencontrée dans la cour de l’école où sont relogés les sinistrés, décrie leur condition de vie précaire. « Nos vivres sont emportées par l’eau et même nos habits. Plusieurs familles partagent une même salle.  En cette période de pic du paludisme, nous sollicitons de l’aide en fourniture de moustiquaires et si possible de vivres ».

Le chef de village de Banigoungou, Tidjani Garba ayant perdu sa maison envahie par l’eau indique que beaucoup de maison sont effondrées selon un premier bilan et ce bilan peut s’alourdir à l’allure ou le niveau du fleuve monte. C’est du jamais vu, depuis l’existence du village selon ce chef de quartier.

Selon Halidou Gazibo, un vieil homme âgé de 89 ans du village de Banigoungou l’inondation de leur localité est inexplicable et inimaginable, car c’est une première fois dans l’histoire du village. « C’est une réelle catastrophe car nous déplorons la perte en vie humine d’un natif du village qui, de son vivant est un enseignant de profession, laissant derrière lui 5 enfants. Sa disparition suite aux inondations est une lourde perte pour la communauté ».

Boubacar Hamani, habitant du village de Banigoungou, âgé de 57 ans, lui aussi explique que c’est pour la première fois que leur village est inondé malgré la proximité du village avec le fleuve. Du coup, cette inondation fut une surprise pour les habitants du fleuve. « Nous sommes inquiets et car beaucoup de familles se sont retrouvées sans abri. En plus notre grande inquiétude est aussi que l’eau ne fait qu’augmenter et se dirige toujours vers le village. Les maisons s’écroulent d’un moment à l’autre », témoigne Boubacar Hamani.

 

Par Issoufou A. Oumar (onep)