M. Gado Sabo Moctar, Ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Entreprenariat des Jeunes: «Notre ambition est d’amener les investisseurs à découvrir nos potentialités industrielles et à y investir dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant »

Invite de sahel dimanche
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Monsieur le Ministre, le Niger a accueilli du 16 au 18 septembre dernier, le 1er Forum des investisseurs pakistanais. Quelle leçon peut-on tirer de cette rencontre et quel appel avez-vous à lancer à d’autres pays pour qu’ils s’inscrivent dans cette dynamique ?

Je vous remercie de cette occasion que vous me donnez pour faire le point sur la toute nouvelle approche que nous sommes en train de développer afin de faire de notre pays une destination attrayante notamment de l’Investissement Direct Etranger (IDE). C’est dans cette dynamique que nous avons organisé du 16 au 18 septembre 2021 le premier forum des investisseurs au Niger avec comme pays invité, la République Islamique du Pakistan.

Ce sont 87 hommes d’affaires pakistanais intervenant dans divers secteurs industriels qui ont bien voulu participer à ce forum au Niger. C’est pour la première fois qu’un tel nombre d’investisseurs se déplacent pour faire une mission de prospection d’investissements hors du Pakistan.

Ceci est le signe que le Niger, eu égard aux réformes engagées ces dernières années visant la mise en place d’un environnement favorable à la promotion et au développement du secteur privé, est devenue une destination d’investissements avec laquelle il faut désormais composer.

Notre ambition est d’amener les investisseurs notamment issus des pays avec lesquels le Niger entretient de bonnes relations économiques, à découvrir nos potentialités industrielles et à y investir dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant avec nos opérateurs économiques, ce qui permettra de renforcer notre tissu industriel et de créer des emplois massifs. A cet égard, je voudrais lancer un appel à tous les autres pays d’accepter nos invitations aux prochains fora qui seront organisés afin d’accueillir et orienter leurs investisseurs vers des secteurs productifs intéressant notamment le développement de nos chaines de valeur agro-sylvo-pastorales et halieutiques qui recèlent d’importantes opportunités d’investissements rentables.

Ces investissements, que nous appelons de tous nos vœux, doivent s’inscrire dans la volonté de répondre à deux problématiques majeures de l’économie du Niger : la réduction des importations par l’encouragement des investisseurs à identifier et opérer dans les secteurs et les branches d’activités qui impactent négativement la balance commerciale mais qui ont un effet significatif sur le PIB ; la création d’emplois décents et durables pour la population surtout les jeunes et les femmes.

Le Niger a adopté depuis quelques années, des réformes pour faciliter les investissements. Concrètement qu’est-ce qui a été fait pour attirer les investisseurs et promouvoir le secteur privé ?

Effectivement, depuis quelques années, le Niger a initié beaucoup de réformes pour améliorer le climat des affaires. Ces mesures ont été d’ordre législatif comme l’adoption de la loi sur le Partenariat Public-Privé (PPP), la loi sur le Code des Investissements, le Small Business Act, la mise en place d’un Bureau d’Information sur le Crédit (BIC) et d’autres facilités d’accès au financement ; la simplification des procédures de paiement des Impôts ; la modernisation des procédures douanières et l’installation du tribunal de commerce de Niamey. L’adhésion à l’Agence Multilatérale des Garanties des Investissements (MIGA) et à l’Africa Trade Insurance qui sont aussi de nature à rassurer les investisseurs.

Nous sommes également en train de créer les conditions de l’émergence des cadres de dialogue public-public et public-privé nécessaires pour accompagner un développement harmonieux du secteur privé. Dans cette optique, nous avons eu à organiser des rencontres avec les opérateurs privés et les administrations en charge de la promotion du secteur privé pour mieux appréhender leurs préoccupations et ensemble apporter les solutions les plus appropriées.

L’économie mondiale, plus précisément les échanges commerciaux ont été impactés ces dernières années par la pandémie de la COVID-19, Comment se présente la situation au Niger ?

La COVID a eu au Niger comme partout ailleurs des répercussions négatives sur les activités économiques notamment sur certains secteurs clefs comme la restauration, l’hôtellerie, le transport, le secteur manufacturier avec le renchérissement du coût des facteurs notamment le transport. Cependant la situation au Niger n’est pas autant dramatique au regard des mesures d’accompagnement prises par le gouvernement en concertation avec les acteurs du secteur privé. Nous constatons une reprise progressive et quasi normale des activités dans les secteurs avec le respect des mesures barrières. Nous travaillons davantage à faire des interventions ciblées pour prendre en compte les spécificités sectorielles.

Qu’est-ce que l’Etat du Niger a fait pour accompagner les opérateurs économiques pour surmonter le choc de la pandémie ?

La pandémie de la Covid-19 a affecté beaucoup d’entreprises et à divers degrés. Afin de permettre aux entreprises d’absorber les chocs subis, le Gouvernement a mis en place un Fonds d’Appui à l’Innovation et au soutien des entreprises dans le contexte de la covid 19. Même si ce fonds n’a été sollicité par les entreprises qu’à hauteur de 15% pour plusieurs raisons, il a permis à celles qui y ont accédé d’amortir certains effets négatifs occasionnés.

La cherté des produits de première nécessité est déplorée par des consommateurs, comment comptez atténuer la souffrance des populations et rendre les produits accessibles à tous ?

Effectivement, ces derniers temps, nous constatons une augmentation des prix au niveau de certains produits sur l’ensemble du territoire national.

Cette hausse concerne deux (2) catégories de produits : les produits manufacturés importés de l’extérieur de notre zone tels que le lait, le sucre, le thé, l’huile et le riz ; les produits provenant de la sous-région tels que les céréales et les produits de cru. Pour les premiers produits cités, la hausse est certainement due à l’envolée des frais maritimes liée à la COVID 19, car ces frais se sont vus multipliés par 3.

Pour les autres produits provenant de la sous-région tels que les céréales et les produits de cru, la hausse des prix découle de la raréfaction de ces produits causée par certaines mesures d’interdiction de sortie érigées par certains pays voisins. Ces interdictions de sortie portent sur les céréales notamment.

Pour parer à cette situation de hausse des prix des produits de première nécessité, le Gouvernement entend poursuivre la distribution gratuite et la vente à prix modérés.

Pour rappel, cette année, le gouvernement a prévu au titre de deux opérations précitées d’injecter, à l’endroit des populations, 76 600 tonnes de céréales.

L’entrepreneuriat des jeunes est au cœur du programme de la renaissance. Votre département ministériel a-t-il des

programmes spécifiques permettant d’accompagner les jeunes ? Si oui lesquels ?

Oui, il y a la Stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat des Jeunes au Niger, adoptée en 2019, qui vise à favoriser l’accès des jeunes des deux sexes à des opportunités de création d’entreprises et d’emplois indépendants, décents, durables et de qualité. Cette Stratégie Nationale de Promotion de l’Entrepreneuriat des Jeunes est assortie d’un premier plan d’actions et de financement quinquennaux 2022-2026, d’un mécanisme de mise en œuvre et d’un dispositif de suivi-évaluation. Il faut noter également que, dans le cadre de la mise en œuvre de cette stratégie, un Réseau dynamique des Structures d’Accompagnement des jeunes entrepreneurs a été mis en place. Aussi, des Centres Agripreneuriat, des Business Promotion Center (BPC) et des Incubateurs seront créés pour l’accompagnement des jeunes dans les différentes filières des chaines de valeur porteuses. Une Charte Nationale des PME sera bientôt adoptée afin de mieux soutenir et accompagner les jeunes dans le cadre du développement de leurs entreprises./.

Réalisée par Laouali Souleymane(onep)