Musique moderne nigérienne : L’absence de formation est un frein à la qualité des productions, selon Abdoulaye Bouzou, dit Mona

Culture
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«Quand on n’imite pas un grand, on ne devient pas grand», aime dire, le musicien nigérien Mona. Cet artiste de Tahoua doit en quelque sorte son succès dans la musique en sa foi à cette parole. C’est ainsi que dès le début de sa  carrière musicale, à l’âge de 20 ans, Mona s’est inspiré et a pris comme référence Johnny Hallyday, Jimi Hendrix, des stars dans la musique.

Mona écoutait beaucoup la musique de Johnny Hallyday qui l’a inspiré. «C’est lui qui m’a inoculé le virus de la musique», dit-il. Il a toujours essayé d’imiter Jimi Hendrix qui est devenu son père spirituel musical. «J’écoutais toujours ses chansons, c’est pour ça qu’il y’a une certaine ressemblance entre lui et moi», ajoute le musicien. Abdoulaye Bouzou est un «génie» de la guitare. Sur scène, il gratte sa guitare même avec ses dents sous l’admiration et l’acclamation du public. Mona fait partie de la première génération d’artistes modernes nigériens comme Ali Djibo, Elh Taya, Maman Garba.

Mona faisait ses mises en scène avec son orchestre de l’époque, Azna de l’Ader très connu pour son rock à caractère psychédélique rappelant Hendrix, le père spirituel musical de Mona.

Aujourd’hui l’âge pèse sur lui avec toutes les conséquents qu’on connait sur les capacités physiques de la personne. Âgé de 70 ans, cet enseignant de profession a débuté sa carrière de musicien avec passion dès le tendre âge. Pour ce doyen de la musique moderne nigérienne, il est nécessaire que le pays encourage la formation à la musique parce que beaucoup d’artistes musiciens ne sont pas formés dans cet art. Ils se lancent dans la musique pour tirer profit, d’où le manque de culture pour l’excellence. «La musique moderne nigérienne avance mais pas en qualité», estime Mona. C’est aussi ce qui explique le fait que la musique nigérienne n’intéresse que le Niger alors qu’elle devait aller au-delà de nos frontières. «Nos artistes musiciens doivent se comparer à ceux du Zaïre, du Sénégal, du Mali ou de la Guinée qui, eux, sont avancés dans cet art», souligne-t-il.

Pour Mona, les jeunes musiciens d’aujourd’hui ont intérêt à écouter les grands et les imiter pour la réussite de leur carrière musicale. Bien qu’âgé, Mona est toujours passionné de la musique. Il continue de jouer à Tahoua où il encadre également un orchestre.

 Oumar Issoufou(onep)