Nourathou H. Oumarou alias Nourath La Debbo-Slam : La reine des rimes, qui soigne les maux par les mots

Société
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Le slam devient de plus en plus un moyen d’expression pour les jeunes artistes nigériens. C’est le cas de Nourathou H. Oumarou alias Nourath La Debbo-Slam qui s’impose sur les scènes des spectacles vivants au Niger. Elle a choisi de  »slamer » pour se faire entendre et promouvoir les droits des femmes. Avec des mots qu’elle utilise pour soigner les maux, Nourath reste incontestablement l’étoile montante du slam et la reine des rimes et des calembours.

Membre du collectif So’o Niger et de l’association Art Pluriel, Nourath évolue aujourd’hui en carrière solo avec son premier album en chantier dont les premiers titres sont déjà disponibles en avant-goût au grand plaisir des fans. 

La Debbo-Slam a fait son premier pas dans le domaine de la culture dès le bas âge par le théâtre, puis la danse, à travers les clubs culturels des écoles et  lycées. A l’université de Niamey, en 2014, elle intègre la CAC (commission des affaires culturelles) de L’UENUN où elle rencontra plusieurs artistes en herbe dont des slameurs. Durant des années, elle faisait du slam sans le savoir. Dans sa vie d’étudiante à l’UAM, la  slameuse dit avoir beaucoup bénéficié de son expérience d’actrice dans les clubs culturels pour mieux incarner la poésie orale et les prestations sur scène.

A chaque occasion qu’elle monte sur scène, la puissance de ses mots provoque des émotions vives et intenses. Parfois des rires et larmes sont au rendez-vous, et les émotions, tant dans le public que sur la scène, sont palpables. Souvent la force et le sens de ses textes donnent de la chair de poule au public. « J’ai commencé à écrire des textes poétiques. Je ne savais même pas ce qu’est le slam. J’ai participé à des ateliers de formation en écriture au CCFN et au niveau de la CAC de l’UENUN. C’est de là que j’ai fait la découverte du slam. Après j’ai intégré un collectif Plume du Sahel composé de jeunes poètes et slameurs. Le Collectif avait des scènes mensuelles ‘’je déclame tu m’acclames’’.  Ce collectif me permettait d’avoir régulièrement des scènes ; de perfectionner et de faire une auto-évaluation >> dit-elle.

Avec les expériences cumulées, Nourath a créé le concept, « Debbo-Slam» qui désigne « la femme qui slame » en peulh. Sa vision à travers ce concept, c’est d’être la voix des femmes surtout celles qui sont marginalisées et qui n’ont point de voix. « Il nous faut plus de femmes dans le domaine des arts, précisément dans le slam. Il faut que Debbo-Slam soit une signature pour toutes les filles qui se battent pour la promotion de la femme et pour un monde meilleur » déclare la slameuse.    

Nourath se réclame comme une artiste  »pêle-mêle » quant au choix des thèmes qu’elle aborde. Cependant en vraie gardienne et défenseuse des droits de la femme, elle donne plus une orientation féminine à sa plume. « Je suis un artiste pêle-mêle. J’essaie d’aborder plusieurs thématiques, mais j’ai donné une orientation féminine à ma plume pour lutter contre toutes formes de violence basée sur le genre, magnifier la femme, etc. Aujourd’hui si ma voix peut porter et être entendue plus loin, pourquoi ne pas être la voix de mes semblables, la voix de mes sœurs, etc. » a-t-elle témoigné.   

Le festival slam school à l’actif de la slameuse !

Le collectif dans lequel Nourath évoluait est devenu une association dénommée ‘’Art pluriel’’. Etant la seule fille qui suivait le rythme des ateliers de répétition, elle a initié le festival slam school féminin pour permettre aux jeunes filles de découvrir le slam et l’art de l’écriture.

Elle est aussi membre du collectif ‘’Soo Niger’’, exclusivement réservé aux femmes artistes, créé par le Label artistique et culturel Art Disc Records. Parmi les 8 artistes qui composent le collectif, elle est la seule slameuse. Dans ce collectif elles ont exécuté le projet musical dit  »Woybordandji »,  »femme courageuse » en zarma, pour faire honneur à la femme. « Quand ils m’ont contacté pour le projet de la création du collectif ‘’Soo Niger’’, dit-elle, je n’ai pas hésité parce que c’est toujours bien d’être avec ses sœurs et d’évoluer avec d’autres artistes. Ensemble on va aller très loin».

Selon le Manager général de ‘’Art Disc Records’’, le Label porteur de l’initiative ‘’Soo Niger’’, Nourath est une artiste qui fait preuve d’un professionnalisme hors pair. Elle sait où elle va et elle se donne les moyens pour atteindre ses objectifs. « Artistiquement parlant, Nourath est très disciplinée. Vous savez, la discipline est l’une des règles de base de la réussite d’un artiste. Elle fait toujours ce qu’on lui demande de faire. Elle est très attentive et attentionnée à sa discipline. Elle n’est pas dans la dynamique des artistes qui pensent tout connaître et que personne ne peut leur apprendre quelque chose. Elle est toujours dans le besoin d’apprendre et de découvrir davantage dans son métier » a témoigné le manager Killer. 

Pour mieux gérer sa carrière d’artiste, Nourath travaille parallèlement à ‘’Alternative Espace Citoyen’’ en tant qu’assistante chargée des projets et relation jeunesse. « C’est le côté artistique qui m’a donné l’occasion d’être sur ce poste. Sincèrement, j’arrive à maintenir l’équilibre et à avoir le juste milieu entre mon travail d’assistante et ma carrière d’artiste. J’ai vraiment trouvé le juste milieu, parce que les deux activités que j’exerce sont des professions qui se complètent » a-t-elle expliqué.

Selon Nourath, l’art est un métier qui peut nourrir son homme. « Au Niger, nous avons tous les atouts. Le terrain est là, il suffit juste de se mettre au travail pour y arriver. On est plus de 22 millions de nigériens. Aujourd’hui, combien d’artistes sont écoutés et suivis. Je pense que si on travaille bien, chacun trouvera sa place. Et si la carrière est suivie de bons projets de vie, les artistes vont s’épanouir ».

Pour permettre aux jeunes filles de découvrir le slam, l’artiste a initié un festival dédié aux jeunes scolaires dénommé » festival school féminin ».  »Ce festival a permis à des jeunes filles lycéennes et collégiennes de découvrir le slam et l’art de l’écriture. Nourath est un modèle pour beaucoup de jeunes filles qui n’hésitent pas à adhérer à l’association Art Pluriel. Aujourd’hui, cette association compte plusieurs filles qui excellent dans cette spécialité dont Fatoumata, Mouna, etc.

‘’Ma Lettre’’ : le hit du moment

Très coquette, Nourathou a un teint de belle femme africaine, son petit corps raide et solennel, sur les visuels de son premier clip du slam en solo. Cette dernière sortie de l’artiste intitulée ‘’Ma Lettre’’ est incontestablement le hit du moment, le tube qui cartonne en ce moment. Sorti le 13 mai 2022 à 13h, en bande sonore et vidéo sur des plateformes numériques, cette œuvre continue de cartonner sur les supports audio-visuels. Cette œuvre va permettre à l’artiste de contribuer à sensibiliser sur l’importance de la relation entre mère et fille. ‘’Ma Lettre’’ met en exergue le contenu d’une lettre qu’une défunte mère aurait laissée à sa fille. Cette dernière découvre des conseils extraordinaires dans la lettre, alors que sa mère n’est plus. C’est une histoire très émouvante. Le contenu du texte, le son et les images de ‘’Ma Lettre’’, donne une idée des efforts fournis pour la réalisation de ce chef-d’œuvre, disponible sur la chaine YouTube de la slameuse : ‘’Nouth Debboslam’’.

Par  Abdoul Aziz Ibrahim(onep)