Paludisme : Les services de santé débordés face à l’afflux des malades

Dossier
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Malgré ses conséquences socio-économiques, la Covid-19 (69 décès) n’aura pas inquiété les nigériens autant que les inondations (77 décès), encore moins le paludisme qui fait des centaines de morts dans le pays. Pour ainsi dire, parmi tant de maladies, le paludisme reste et demeure la première cause de morbidité au Niger. En effet, en 2019,  rien qu’à Niamey, plus de 500 pertes en vies humaines. Pour l’année en cours, on déplore 309 décès à Niamey, à la date du 7 octobre 2020.

Le constat en est suffisamment probant dans les formations sanitaires publiques et  les cliniques privées dans la capitale. Dans les halls d’attentes, d’accueil, à la caisse, les bancs sont tous occupés. Partout, les agents de santé sont « harcelés». Chacun se préoccupe du sien (patient), parent, ami ou connaissance, pour la plupart souffrant du paludisme. Le nouveau coronavirus n’est plus d’actualité. D’ailleurs, seuls quelques agents de santé portent la fameuse bavette. Les patients se distinguent plutôt par un bracelet de cathéter.

« Cette année, nous avons reçu beaucoup plus de cas de paludisme que les années précédentes. Sur plus de 150 patients par jour, en moyenne, environ 80% sont des cas de paludisme, dont aussi la moitié souffre de paludisme de forme sévère, avec souvent des anémies, ces temps-ci. Pour mieux s’y prendre, nous avons renforcé nos équipes, afin de prendre en charge avec plus d’efficacité, autant que faire se peut, les patients, malgré les petites situations de débordement. Les lits d’hospitalisation ne sont plus pris en permanence. Les patients s’alternent. Ce qui nous permet de traiter le maximum des personnes », confie un médecin à la clinique Lafia, qui lance plutôt son cri de cœur pour des dons de sang, afin de répondre promptement aux besoins des situations d’anémies.

« Les cas de décès sont liés, surtout, au retard de la population à utiliser les services de la santé publique », déplore la directrice régionale de la santé publique de la région de Niamey, Mme Abdoulaye Mariama Moumouni Dioffo, au regard de la tendance plausible vers l’automédication contre le paludisme, comme l’illustre l’affluence devant les pharmacies dont, pour la plupart, sans prescriptions formelles des médecins. Elle estime que s’il y’avait un recours prompt aux services de santé, ces cas de décès auraient beaucoup plus diminué. Justement, beaucoup se sont orientés vers l’automédication ou les cliniques privées.

« L’année passée, il a été enregistré 189.609 cas de paludisme sur l’ensemble des structures sanitaires de Niamey contre 169.079 cas à la date du 7 octobre, en 2020», a déclaré la Directrice régionale de la santé publique, Mme Abdoulaye Mariama Moumouni Dioffo, pour qui la situation de cette année n’est pas aussi grave que celles connues dans le passé, après tous les efforts consentis par l’Etat et ses partenaires. Seulement, la forte affluence de ces jours-ci marquant le pic de la maladie donne l’impression que la situation est assez particulière.

En matière de structures sanitaires, la région de Niamey compte un Centre Hospitalier Régional (CHR), un Hôpital de District,  62 Centres de Santé Intégrés et 5 Cases de Santé. Ces structures  qui assurent la prise en charge de toutes les maladies, y compris le paludisme, se sont, compte tenu du contexte de la pandémie de Covid-19 et d’inondations dont la région a été victime, réorganisées de manière prompte pour s’y prendre avec plus d’efficacité, selon la directrice régionale de la santé publique. C’est ainsi qu’au niveau du CHR Poudrière, avec l’appui des partenaires du secteur de la santé, l’extension au moyen de tentes commodes a permis d’augmenter la capacité d’hospitalisation.

Dans le même sens, l’Etat a fourni des efforts pour assurer la disponibilité et subventionner des produits de prise en charge du paludisme, outre la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées dans le cadre de la prévention. « Toutes les structures sont approvisionnées de manière permanente en antipaludiques », rassure Mme Abdoulaye Mariam Moumouni Dioffo.

 

Par Ismaël Chékaré(onep)