Prévisions saisonnières (PRSEASS – 2021) : Les experts prévoient une saison globalement humide avec d’importantes quantités de pluies et des risques élevés d’inondations

Société
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Une saison des pluies 2021 qui s’annonce globalement humide avec  des quantités de pluies équivalentes à supérieures aux moyennes saisonnières de la période 1981-2010 sur le Sahel Centre et Est, un démarrage précoce à normal, une fin tardive à normale, des séquences sèches à tendance plus longues en début de saison et moyennes vers la fin, et des écoulements globalement moyens à supérieurs. Tel est la quintessence des prévisions saisonnières issues du forum virtuel sur les Prévisions Saisonnières des caractéristiques Agro-hydro-climatiques de la saison des pluies pour les zones Soudaniennes et Sahéliennes (PRSEASS – 2021), tenu du 26 au 30 Avril 2021.

Il ressort de la synthèse des travaux que « des quantités de pluies globalement équivalentes à supérieures aux cumuls moyens de la période 1981-2010 sont attendues en juin-juillet-août et juillet-août-septembre, sur la bande sahélienne et soudanienne couvrant les parties Sud et extrême ouest du Tchad, la bande agricole du Niger, le Burkina Faso, le Sud et Centre Mali, les parties Nord du Nigeria, du Bénin, du Togo, de la Côte d’Ivoire et l’extrême Nord-est de la Guinée. Par contre, les zones littorales de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée Bissau, de la Guinée, du Nord Sierra Léone, de l’Est Libéria, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo, du Bénin, du Nigéria et du Cameroun pourraient enregistrer des cumuls pluviométriques équivalents à inférieurs à la moyenne sur toute la saison ».

Les tendances font également ressortir que

 « des dates de début de saison précoces à normales sont probables sur presque toute la bande sahélienne élargie aux parties Nord des pays du Golfe de Guinée ». De même, soulignent les experts, des dates de fin de saison tardives à normales sont attendues sur les bandes sahélienne et soudaniennes s’étendant sur le Sud Tchad, la zone agricole du Niger, le Sud Mali, le Burkina Faso, l’extrême Sud de la Mauritanie, le Sénégal (excepté l’extrême Sud-ouest), la Gambie, la moitié Est de la Guinée et les parties Nord du Nigeria, du Benin, du Togo, du Ghana et de la Cote d’Ivoire.

Aussi, ajoutent les experts, des séquences sèches longues à moyennes sont attendues en début de saison sur le Sahel Est (Est Niger et Sud Tchad élargi aux parties Nord du Nigeria, du Benin et du Togo) et sur la partie Nord du Sahel Centre et Ouest (Centre Mali, extrême Sud Mauritanie, Sénégal et Nord-est Guinée). Par contre, sur le Burkina Faso, la partie Ouest du Niger, le Sud Mali, les parties Nord du Bénin, du Togo, du Ghana, de la Côte d’Ivoire de la Guinée et les parties littorales allant du Nord Sierra Léone à la boucle du Sénégal, les chances d’observer des séquences sèches plus longues, équivalentes ou plus courtes que la moyenne sont le mêmes.

Enfin, des écoulements équivalents à supérieurs aux moyennes de la période de référence 1981-2010 sont attendus dans les bassins ci-après : Niger, Sénégal, Gambie, Volta, Chari, Logone, Komadougou-Yobé, Bandama, Comoé, Ouémé, Mono et Oti. Quant aux bassins du Sassandra, du Cavally, du Mano, de Saint Paul, de Saint John et de Lofa au Libéria, ils devraient enregistrer des écoulements globalement moyens à tendance déficitaires.

Au regard de ces prévisions, les experts ont formulé des recommandations en vue de réduire les principaux risques. C’est à ce titre que, face aux risques élevés d’inondations liés aux cumuls de pluies globalement supérieurs à la moyenne attendus sur la bande sahélienne et des écoulements moyens à excédentaires prévus dans la plupart des bassins fluviaux, il est recommandé de : prévenir l’occupation anarchique des zones inondables, en particulier dans les zones urbaines, prendre des dispositions pour anticiper la sécurisation des personnes et la maintenance des infrastructures installées dans les zones inondables ; renforcer les digues de protection contre les inondations ; assurer le curage régulier des caniveaux d’assainissement ; suivre de près les seuils d’alerte dans les différents sites à haut risque d’inondation ; renforcer la communication des prévisions saisonnières et la sensibilisation des communautés vulnérables, etc.

D’autre part, face aux risques phytosanitaires et d’insécurité alimentaire, les experts ont recommandé le  renforcement de la surveillance du criquet pèlerin dans les zones à risque et le maintien de la vigilance contre les autres nuisibles des cultures dont la chenille légionnaire d’automne. D’autres recommandations ont été également formulées pour réduire les risques de maladies liées à l’eau (Cholera, malaria, dengue, bilharziose, diarrhée, etc.) dans les zones humides ou inondées.

Pour la valorisation des opportunités, il est recommandé aux agriculteurs, éleveurs, autorités, gestionnaires des ressources en eau et de l’hydro-éléctricité, Projets, ONG et OP de soutenir le déploiement de techniques d’augmentation de rendements des plantes fourragères et des cultures, à travers le choix des variétés à hauts rendements et des bonnes périodes de semis et d’apport des fertilisants (fumure organique et engrais minéral); de renforcer les dispositifs d’encadrement et d’assistance agro-hydrométéorologiques des producteurs, etc.

Enfin, conclut la synthèse, « il est recommandé à tous les acteurs du suivi de la campagne agricole d’être attentifs aux mises à jour qui seront faites par le Centre Régional AGRHYMET, l’ACMAD et les services météorologiques et hydrologiques nationaux ».

Par Assane Soumana(onep)