Projet Multinational de la Route Transsaharienne (PMRTS) : La gestion des infrastructures sociales connexes au menu d’un atelier avec les bénéficiaires à Gothèye

Société
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Depuis le début de l’année 2021, les usagers de la route Niamey Téra via Farié vivent un véritable soulagement. En effet, finies l’attente et la perte de temps liées à l’étape du bac pour la traversée du fleuve Niger. Désormais un majestueux pont, dénommé Pont Djibo Bakari enjambe le fleuve avec des voies d’accès aménagées et dotées de tous les équipements notamment l’éclairage et des carrefours giratoires situés sur les deux rives du fleuve. Il a été inauguré le 2 janvier 2021. Mais en plus du pont, diverses infrastructures sociales pour le compte des communautés locales dans les communes de Gothèye et de Sansané Haoussa. Certes, construire des infrastructures est une initiative noble, mais les entretenir l’est encore davantage et cela ne sera une réussite qu’avec la participation des bénéficiaires. Et c’est dans cette logique que s’inscrit la démarche du Projet Multinational de la Route Transsaharienne (PMRTS).

La construction d’infrastructures sociales s’inscrit dans le cadre de la politique du gouvernement et en particulier dans la démarche du Ministère de l’Equipement, qui dans le cadre des grands projets structurants, prend en compte les préoccupations des communautés locales et tente de leur trouver des solutions idoines. C’est ainsi que dans le cadre de la réalisation du pont Djibo Bakari, le Projet Multinational de la Route Transsaharienne (PMRTS) a construit de nombreuses infrastructures sociales. Il a construit l’école Medersa de Delewa Farié avec 4 classes, un bureau du directeur, un magasin, deux blocs de latrines (pour filles et pour garçons) ainsi qu’une mini-AEP dotée de pompe solaire. Le PMRTS a aussi construit 4 autres classes dans l’école primaire du même village dont 2 pour le jardin et des blocs de latrines. Il a aussi clôturé le cimetière du village.

Toujours dans le cadre du PMRTS, le village de Delewa a bénéficié d’un marché moderne en deux parties. Une partie pour le marché hebdomadaire et une partie réservée au marché à bétail, le tout clôturé et doté d’équipements adéquats dont un bureau, des boutiques, deux grands hangars en matériaux définitifs et une rampe pour l’embarquement et le débarquement du bétail.

Au village de Farié Haoussa, le PMRTS a clôturé l’école du village et y a construit huit (8) classes, une mini-AEP solaire. Des logements pour enseignants y sont aussi prévus et le site est déjà aménagé et clôturé. Au total, le PMRTS a réalisé 16 salles de classes et deux mini-AEP solaires, soit le double de la programmation initiale.

Au niveau du chef lieu de la région, le PMRTS a construit quatre villas F4, une case de passage et un bâtiment à usage administratif comprenant de nombreux bureaux. Les villas, la case de passage et les bureaux sont entièrement équipés.

Enfin, du carrefour giratoire de la rive gauche à celui de la rive droite en passant par le pont, la route a été totalement aménagée et bitumée. Au total 180 candélabres (lampadaires) solaires y ont été installés donnant ainsi un aspect urbain à la zone.

Visite guidée et prise de conscience de l’importance de s’approprier les infrastructures

Ce sont des infrastructures déjà utilisées par les populations qui seront officiellement remises. C’est dire que la problématique de l’appropriation et de l’entretien desdits équipements va se poser. Et c’est en prélude à cette étape que le PMRTS a organisé le samedi 10 avril 2021 à Gothèye, un atelier de renforcement de capacité des populations bénéficiaires des infrastructures construites dans le cadre de la construction du pont Djibo Bakari.

Cet atelier a regroupé une quarantaine de personnes comprenant des représentants des autorités administratives et communales ; des responsables des services techniques déconcentrés de l’Etat et des collectivités locales ; des élus ; le représentant du chef de canton ; des chefs de villages ; des leaders religieux ; des représentants du COGES ; des représentants des associations féminines ; ceux de la société civile locale. Pendant cinq (5) jours les représentants du PMRTS et divers experts ont entretenu les participants sur tous les aspects de la gestion de ces infrastructures connexes.

Pour le Secrétaire général de la Mairie de Gothèye qui présidait la cérémonie d’ouverture de l’atelier, la construction du pont Djibo Bakari de Farié est un vieux rêve qui s’est concrétisé. C’est pourquoi M. Idrissa Moussa a exprimé la gratitude des populations aux autorités du pays et aux partenaires techniques et financiers et au PMRTS pour cette réalisation qui vient désenclaver leur zone.

Quant au Coordonnateur du PMRTS, M. Ibrahim Tamou, il a insisté sur la nécessité pour les populations de s’approprier de ces infrastructures et surtout de les entretenir pour leur bien. «Ce sont des infrastructures qui ont été réalisées à grands frais. Et ces équipements appartiennent plus à la population qu’à l’Etat. C’est elle qui les utilisent pour l’amélioration de leur cadre de vie. Nous voulons qu’au sortir de cette formation que les participants aient une idée claire et qu’ils répercutent l’information au sein de leurs communautés pour que ces infrastructures soient pérennes», a expliqué M. Ibrahim Tamou ajoutant qu’une seconde phase est en cours de préparation pour d’autres infrastructures sociales.

Au cours du déroulement des travaux, le Chef du projet Pont Farié, M. Mounkaila Dan Gayi a entretenu les participants sur la démarche qui a abouti à la réalisation de ces infrastructures. En effet, a-t-il, expliqué, le PMRTS a, en plus des doléances des communautés, pris en compte les aspects genres et jeunesse dans la réalisation des infrastructures connexes. «Déjà pour la 1ère phase des infrastructures connexes, le PMRTS est allé au-delà même des programmations initiales», a-t-il précisé. Cela s’explique par la bonne gestion du projet. En effet, des économies d’environ deux milliards ont été faites.

Et c’est ce qui permet au PMRTS d’engager d’autres travaux d’infrastructures connexes dans le cadre de la seconde phase. D’après le Chef de projet Pont Farié, il est prévu pour cette seconde phase, la construction de deux complexes multisports à Gothèye et à Sansané Haoussa ; quatre mini-AEP de grandes capacités, 28 salles de classes ; deux Centres de santé intégrés ; des logements ; l’équipement des classes. «Si il ya une bonne appropriation des infrastructures de la première phase, cela encouragera l’Etat et ses partenaires pour réaliser la seconde phase», a-t-il expliqué. «La démarche du PMRTS, c’est de faire en sorte que les populations profitent directement des retombées des grands projets. Cela passe par la prise en charge de leurs préoccupations locales», a précisé M. Mounkaila Dan Gayi.

Après, des échanges en salle, les participants ont été transportés sur les différents sites pour apprécier d’eux-mêmes les réalisations. Sur place l’émerveillement se mêle à une certaine impatience d’en prendre possession des infrastructures ainsi réalisées et des les utiliser surtout le marché moderne de Delewa Farié, les logements et les bureaux de Gothèye. Un sentiment de satisfaction animait beaucoup de participants. «Il m’arrive de prendre ma famille la nuit et de l’amener visiter les carrefours giratoires et la voie qui les relient via le pont. C’est très beau la nuit», confie le receveur municipal de la commune rurale de Sansané Haoussa.

Pour Djibo Idrissa, représentant du chef de village de Delewa, ces réalisations ont permis d’améliorer le cadre d’étude pour les élèves dans les écoles du village et surtout la sécurité grâce à l’éclairage. «La nuit on a l’impression qu’on est à Niamey», renchérit Aichatou Alkassoum, membre du COGES de Delewa. «Le projet nous a fait un gros cadeau, je pense que nous devons entretenir ces infrastructures pour notre bien», estime Mme Aissa Idrissa, présidente des femmes de Delewa.

Pour rappel, il faut noter que le pont de Farié ou Pont Djibo Bakari est une des composantes du PMRTS. Il a été financé par la Banque Africaine de Développement à hauteur de 11.776.965.410 FCFA pour les travaux et 1.167.300.000 FCFA pour les prestations de contrôle.

 Siradji Sanda(onep)