Quand le labour se conjugue au féminin

Dossier
Spread the love

Sharing is caring!

 

 

Mme Hassane Ramatou Saley vit paisiblement avec ses enfants et petits fils dans leur champ situé à quelques mètres à l’Est du village de Koné Kainé. Elle a perdu son mari en 2019. Ce vide incommensurable fait d’elle désormais chef de ménage avec tout ce que cela comporte comme responsabilité. Le champ qu’elle cultive avec ses enfants appartient à un  habitant de Goudel. L’agriculture périurbaine permet à la veuve d’avoir de quoi satisfaire les besoins alimentaires de la famille et d’autres besoins connexes, notamment les vêtements. En cette période de soudure qui coïncide avec les activités champêtres, plusieurs ménages nigériens sont vulnérables. C’est l’exemple du ménage de Ramatou qui se trouve d’ailleurs d’une extrême vulnérabilité. En tant que chef de ménage, elle n’hésite pas à prendre la hilaire pour cultiver à côté de ses enfants. Le labour n’est pas un secret pour Ramatou. Celle-ci peut même défier les hommes d’autant plus qu’elle sait manipuler cet outil mieux que certains cultivateurs. Ramatou n’est pas bien avancée dans le labour faute de quoi manger. Parmi ces quatre (4) garçons, l’un va à la carrière ou dans un champ de quelqu’un d’autre afin d’avoir un peu de sous pour acheter de la nourriture aux trois autres qui restent cultiver leur propre champ. C’est ce qui explique le fait qu’ils n’ont toujours pas fini de labourer pendant que leurs voisins passent au second labour. Dans cette zone, l’essentiel des champs ont été lotis sauf celui que Ramatou et ses enfants cultivent. Dans ce champ, elle cultive plusieurs spéculation telles que le mil le sorgho, le gombo, l’arachide, le haricot. Certes, les moyens font cruellement défaut, mais la courageuse et battante femme, qui a plus de 50 ans ne baisse jamais les bras.  ‘’ Je laboure pour aider mes enfants afin que nous puissions sortir de cette situation d’extrême pauvreté. Elle multiplie les initiatives qui lui permettent de gagner sa vie à travers le petit commerce. «Malgré la situation précaire dans laquelle je végète, il est hors de question pour moi d’aller quémander. Je préfère gagner ma vie à la sueur de mon front. C’est pourquoi, je dis toujours à mes enfants d’aimer le travail parce que c’est seulement à travers celui-ci qu’on peut devenir libre dans un monde ou l’individualisme est la chose la mieux partagée. Nous allons privilégier le travail et rien que le travail pour améliorer notre condition de vie actuelle.  J’ai trouvé aussi à un de mes enfants le gardiennage d’un jardin appartenant à une femme. Chaque fin du mois, il est payé à 25.000 FCFA. Cette somme nous permet d’acheter un sac de riz ou deux. Tout ce nous cultivons ici, les semences ont été achetées au marché hebdomadaire de Goubé que je fréquente périodiquement. Il semble qu’il y a eu distribution gratuite de semences dans le village de Koné Kainé, mais franchement, je n’ai eu aucune graine de mil ou de sorgho’’, a précisé Ramatou Saley. Malgré le retard qu’accuse Ramatou par rapport au labour, le mil et le sorgho sont au stade de montaison. Quant à l’arachide, elle se trouve au stade de floraison. Bref, les différentes cultures dans le champ de Ramatou présentent une bonne physionomie en raison de l’abondance des pluies. ‘’ Il y aura des précipitations jusqu’à la fin du mois de septembre, nous allons avoir une bonne récolte’’, a conclu Mme Hassane Ramatou Saley.

 

Par Hassane Daouda, envoyé spécial(onep)