Rencontre-dédicace avec Djaïli Amadou Amal : Plus qu’un exutoire, l’écriture est un engagement chez l’écrivaine

Société
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Pour le lancement de la semaine de la francophonie le 12 mars, le CCFN Jean Rouch de Niamey a accueilli, l’écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal, lauréate du Prix Goncourt des Lycéens 2020, avec son roman « Les Impatientes ». Lors de cette rencontre-dédicace, Djaïli Amadou Amal a partagé avec le public son expérience, l’histoire de son combat pour l’émancipation, son rapport avec l’écriture et échangé sur ‘’Les Impatientes’’.

Le roman ‘’Les Impatientes’’, au menu de la rencontre-dédicace avec Djaïli Amadou Amal, est un récit sur trois femmes aux histoires différentes mais dont les destins semblent être liés. Elles évoluent dans un monde où les hommes ont tous les droits et les femmes tous les devoirs. La société, la culture, demandent à ces femmes de supporter «avec patience» les violences physiques et morales liées à la polygamie, au mariage forcé, au viol conjugal, etc. Mais….les “Impatientes” refusent le sort qu’on leur impose.

L’écrivaine native de Maroua a évoqué devant le public en majorité féminin, son histoire de femme et de mère ayant vécu dès l’âge de 17 ans la polygamie, la violence conjugale suite à un mariage forcé. Une expérience émouvante qui ressemble à celle des personnages de ses romans. Djaïli Amadou Amal ne se résigne pas car, elle se rebelle face à la violence conjugale et certaines traditions. Un choix assumé afin de protéger ses filles, expliquera-t-elle. D’où sa détermination à se battre, travailler, se supporter, trouvant finalement l’écriture comme exutoire. Ses romans Walaande : l’art de partager un mari (2010) ; Munyal, les larmes de la patience (2017), qui ont du succès et l’accueil reçu par les Impatientes (2020), aussi bien au niveau international que dans son Cameroun natal où il est au programme des classes de Terminale, constituent une reconnaissance et des victoires dans son combat pour l’épanouissement de la femme. Du reste, l’écrivaine ne tourne pas le dos à la vie, telle que la souhaitent les femmes, avec un mari dans un mariage librement consenti.

Plus qu’un exutoire, l’écriture devient chez Djaïlli Amadou Amal, dont le rêve était d’être journaliste, un engagement pour l’émancipation, la liberté et illustre aussi la résilience de la femme.  « J’attends du lecteur une prise de conscience des violences faites aux femmes… », fait savoir la femme des lettres présentée aussi comme militante féministe. Pour les femmes, elle a un message précis quant au rôle qu’elles peuvent jouer pour prévenir les violences faites aux femmes ou alors contribuer à les perpétuer à travers certaines traditions : Les mamans doivent faire attention à l’éducation qu’elles donnent aux enfants, car ils sont les hommes, époux de demain.

La colère qui l’habitait au moment de ses premiers textes est passée, reconnait l’écrivaine âgée aujourd’hui de 47 ans. Mais son engagement littéraire et l’inspiration ne faiblissent pas. Djaïli Amadou Amal que la presse camerounaise surnomme «la voix des sans-voix», annonce la sortie d’un nouveau roman en avril 2022. L’œuvre aborde également des thèmes en lien avec la condition de la femme,

l’impact du changement climatique, la crise sécuritaire…Une littérature au cœur de l’actualité.

 Souley Moutari(onep)