Réunion des ministres en charge de la Défense nationale des pays du G5-Sahel : Définir une nouvelle approche pour une meilleure sécurisation de l’espace commun

Société
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Du 31 août au 1er septembre 2021, Niamey accueille une réunion des ministres en charge de la Défense nationale des pays du G5-Sahel, élargie aux Chefs d’états-majors généraux des Armées des pays dudit espace. Définir une nouvelle approche à adopter pour minimiser les conséquences que pourrait engendrer la nouvelle donne sécuritaire et revisiter le concept stratégique de la Force conjointe du G5 Sahel, afin de l’adapter au contexte sécuritaire actuel, en coordination avec les FDS nationales et les forces partenaires en présence, tels sont les objectifs assignés à cette rencontre. Les ministres en charge de la Défense nationale des cinq pays membres dudit espace, leurs chefs d’états-majors, des représentants du Système des Nation Unies, des ambassadeurs et responsables du corps diplomatique ainsi que de nombreux invités ont pris part à la cérémonie d’ouverture de la réunion de Niamey.

A cette occasion le ministre de la Défense Nationale, M. Alkasoum Indatou a indiqué que face aux défis majeurs, dont ceux liés à la sécurité et au développement, qui mettent en péril la stabilité des Etats membres du G5 Sahel, les gouvernements de ces pays se sont engagés, sous les leaderships de leurs Chefs d’Etat et de gouvernement, à mutualiser leurs efforts, par la mise en place d’un dispositifs sécuritaire global dans le cadre de cet espace sous régional, afin de lutter efficacement contre la menace terroriste et ses corollaires. «Aujourd’hui, tout en saluant les efforts entrepris à divers niveaux, force est de constater que la situation sécuritaire sur l’ensemble de notre espace commun reste imprévisible et volatile. Elle demeure particulièrement préoccupante dans le fuseau centre de la Force Conjointe du G5 Sahel, communément appelé zone des trois frontières ou du Liptako-Gourma, avec la menace persistante et croissante des activités des groupes armés terroristes, notamment le groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) et l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS)», a-t-il regretté.

Cette situation préoccupante, caractérisée par des attaques récurrentes et de manière indiscriminée sur les populations civiles et les FDS constitue selon le ministre Alkassoum Indatou, un enjeu majeur pour nos forces. En outre, le retrait annoncé de la Force Barkhane du nord du Mali et de sa transformation future est une nouvelle donne sécuritaire à prendre en compte. «Dans cette nouvelle approche que nous nous devons d’observer une place appréciable doit être accordée aux actions bilatérales et multilatérales, en mettant en exergue nos propres capacités», a suggéré le ministre de la Défense Nationale. Il a par ailleurs relevé ‘‘les résultats forts appréciables’’ obtenus par la Force Conjointe du G5 sahel, lors du 3ème et 4ème mandat de la période d’août 2019 à août 2021. M. Alkassoum Indatou a ajouté que dans le cadre du ‘‘sursaut civil’’, décidé par les cinq Chefs d’Etats du G5 Sahel, les 15 et 16 février dernier à N’Djamena, une implication des populations dans leur propre sécurisation, à travers une collaboration saine et constructive, entre elles et les FDS est plus que d’actualité. «Cette implication et collaboration seront d’autant plus acquises, si nous arrivons à imposer un rapport de force en notre faveur sur le terrain», a estimé le ministre Indatou.

Quant à l’Envoyé Spécial du Système des Nation Unies au Mali, M. El Ghassim Wane, il a mis en relief deux aspects. Le premier est relatif à la nécessité pour les pays de disposer de capacités adéquates, en termes de stockage, pour recevoir le soutien qui sera fourni sur la base du nouveau mode de soutien. Le second aspect porte sur la nécessité de la mise à disposition, par les pays du G5, d’attestation d’exonération des produits destinés aux bataillons. «Cela est urgent, pour permettre aux prestataires de services de mener à bien les tâches qui leurs sont confiées. Nous sommes en train de notifier à tous les pays impliqués les quantités devant être exonérées à cet égard», a déclaré M. Wane.

Procédant à l’ouverture de la réunion, le ministre tchadien de la Défense nationale, le Général des Corps d’Armées, Daoud Yaya Brahim a rappelé que le but de cette rencontre est d’échanger sur la nouvelle dimension de la lutte contre les groupes armés terroristes dans la bande du Sahel et plus précisément dans les différents fuseaux composants les théâtres des opérations de la Force G5 Sahel. «La décision française de la reconfiguration de la Force Barkhane, partenaire opérationnelle de la Force conjointe du G5 Sahel, qui est immanquablement en cours de mise en œuvre, nécessite des dispositions utiles et urgentes à prendre, pour apporter des réponses adéquates à la Force G5 Sahel, afin de lui permettre de garder l’élan, de continuer à remplir efficacement les missions qui lui sont assignées», a déclaré le Général Brahim.

Pour le ministre tchadien de la Défense nationale, cette nouvelle donne ne doit en aucun cas impacter négativement les missions dévolues à la force conjointe G5 Sahel. le Général Brahim a ensuite relevé les multiples défis observés dans la bande du Sahel et qui nécessitent des réponses urgentes et adéquates. «La question sécuritaire doit être une priorité afin de préserver cet espace du banditisme transfrontalier, du trafic illicite et du terrorisme. Aucun pays au monde n’est épargné par ces maux. Nous devons mutualiser les ressources pour arriver à cet objectif. Celui de sécuriser la bande du Sahel afin de permettre une libre circulation des personnes et des biens. Il faut aussi une coopération entre les pays, le renforcement de capacités de nos forces et surtout la mise en commun des ressources pour mener cette lutte. Nous devons mutualiser davantage nos ressources afin de faire face à cette lutte qui semble perdurer dans notre espace communautaire», a suggéré le Général tchadien Daoud Yaya Brahim. «Dans ce monde en perpétuel mutation, gangréné par des menaces traditionnelles et non traditionnelles, les armées du G5 Sahel, à l’instar de celles du monde, doivent revoir leurs méthodes et approches pour faire face à ces défis de l’heure», a proposé le ministre tchadien de la Défense nationale.

Mahamadou Diallo(onep)