Sabre National de lutte traditionnelle : 11 lutteurs restent encore debout sur les 80 engagés

Sport

Ouverte le vendredi dernier 24 décembre 2021, la 42ème édition du Sabre National de la Lutte Traditionnelle suit son cours normal. Hier, à sa 6ème journée et sur les 80 lutteurs engagés, il reste encore 12 en lice pour la conquête du prestigieux Sabre National. Le samedi, dans l’après-midi, on connaitra la liste définitive des invaincus pour la deuxième phase des combats, c’est-à-dire les huitièmes de finale, les quarts de finale, les demi-finales et pour la finale. A ce stade de compétition, où tous les principaux lutteurs, notamment ceux que l’on considère comme favoris certains sont tombés et d’autres restent en course, plusieurs personnes se prononcent pour apprécier la qualité des combats et relever les insuffisances.

Ainsi selon M. Issoufou Kodo, journaliste à la retraite, l’une des mémoires de la lutte traditionnelle au Niger, analyste des combats et de la qualité des lutteurs, les 3èmes jours de chaque édition de la lutte constituent des journées charnières. C’est la journée au cours de laquelle on sent l’appétit des compétiteurs. « Plus on avance, plus on voit des signes avant-coureur », dit-il, tout en restant prudent parce que la lutte est ce qu’elle est, parlant des aspects mythiques et aspect technique que certains lutteurs peuvent développer. A cette 42ème édition, dès cette troisième journée, des surprises ont été enregistrées avec la chute des grands favoris, mais aussi et surtout l’élimination de la région de Zinder, une situation incroyable et inattendue a expliqué M. Issoufou Kodo. « Je crois que, cette édition devient décisive à partir de cette 3ème journée. Je crois que l’hémorragie des vainqueurs monte. C’est une édition rare où on se retrouve dès la première journée avec moins de la moitié des lutteurs et à la troisième journée, on se retrouve avec 22 invaincus. C’est vraiment rare », témoigne Issoufou Koko.

Parlant de l’aspect technique, M. Issoufou Kodo a précisé que, sur ce plan, beaucoup reste à faire. Les lutteurs manquent du niveau même si on constate quelques individualités qui se démarquent.  « L’aspect technique honnêtement, jusqu’ici on ne voit pas l’énergie des lutteurs. Parce que c’est toujours les mêmes lutteurs que nous connaissons, qui reviennent en boucle », a-t-il dit. Mais, le grand observateur qu’il est, Issoufou Kodo a émis des exceptions sur trois lutteurs qui ont enregistré des progrès. Il s’agit de Issaka Issaka de Dosso qui en 3 combats, a procédé à 3 modules (techniques) différents, il y’a aussi, Yacouba Adamou qui a présenté 2 modules différents et enfin Aïbo Hassane de Maradi qui dans certaine mesure présente quelque chose de nouveau. « Honnêtement, il manque dans l’ensemble un travail de base. Il manque encore l’aspect entrainement. C’est clair dans une compétition de sabre. Je suis d’accord il y a une jeunesse mais dans une compétition, il faut toujours penser à l’après-compétition. Il manque cette politique au niveau national et régional, qui consiste à sédentariser les lutteurs qui sont tantôt au Nigeria, tantôt en Côte-D’Ivoire », a expliqué M. Kodo. Donc sur le plan technique, il a vivement invité la fédération, les ligues, et les autres acteurs comme les sponsors à financer les formations des jeunes lutteurs et à organiser des compétitions en permanence, au plan national, régional, départemental et communal, en dehors du sabre national. « C’est au niveau de ces compétitions que les jeunes lutteurs mettent en exerce leurs capacités. Parce qu’en sport de combat, comme la lutte, il faut partir toujours de 1, 2 ou 3 combats avec des techniques de base. Je reviens sur mon assertion il faut des compétitions, plusieurs compétitions pour nos jeunes lutteurs », a-t-il insisté. M. Issoufou Kodo mentionné aussi, une autre faiblesse, qui est liée à la sélection. Il a précisé que les sélections régionales ne se font plus comme avant. « A l’époque, le championnat commence successivement au niveau des cantons après au niveau des départements et enfin au niveau des régional, avant de sélectionner l’équipe qui va au sabre national », a souligné M. Issoufou Kodo.

Par Ali Maman(onep)